Critique de la langue politique : les concepts nomades et l'histoire des idées

Critique de la langue politique : les concepts nomades et l'histoire des idées

À propos

Sommes-nous bien certains de nous comprendre lorsque nous parlons ensemble des mêmes choses avec les mêmes mots ? Certains de savoir toujours ce que nous disons exactement lorsque nous nous exprimons ? Certains que les termes que nous choisissons ne disent pas autre chose que ce que nous pensons dire ? Deux volumes du DICTIONNAIRE DES CONCEPTS NOMADES, publiés en 2010 et 2016, avaient cherché à répondre à ces questions au croisement de l'histoire conceptuelle et de l'histoire des idées politiques, en décrivant les conditions historiques, politiques et linguistiques d'apparition de concepts centraux de sociétés modernes. Ils ont suscité assez de discussions et de prolongements pour qu'il soit aujourd'hui légitime de s'en faire l'écho dans ce volume d'un genre inédit : un dialogue entre politistes, historiens, philosophes sur les enjeux, les méthodes et les perspectives de l'histoire des concepts. Nous vivons une dérégulation sans précédent de la langue politique, dont témoignent à leur façon l'importation continue de termes anglo-saxons, l'acclimatation du lexique du management au champ politique, la multiplication des querelles de mots ou encore la prolifération des néologismes. S'ils peuvent apporter un renouvellement des catégories d'intelligibilité d'un monde en pleine transformation et une compétence linguistique accrue offerte à chacun d'entre nous dans la participation aux affaires publiques, ces changements lexicaux et conceptuels recouvrent parfois aussi une véritable dépossession démocratique en nous enfermant dans des alternatives simplistes, des questions mal posées et des perspectives théoriques sans issue dont certains « débats publics » donnent régulièrement des exemples. En s'interrogeant sur la fabrique de la langue, sur les concepts dont l'apparente familiarité ne tient qu'à notre ignorance de leurs conditions d'apparition et de circulation, sur ce qu'ils disent des hommes et des contextes qui les autorisent, sur ce qu'ils nous obligent parfois à penser et sur ce qu'ils font par conséquent à nos sociétés, cet ouvrage poursuit une ambition à la fois théorique et politique : Construire les outils de la réfl exivité critique sur les usages conceptuels et contribuer par là à la refondation démocratique du débat public.

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Categories : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique > Philosophie politique

  • EAN

    9782356876102

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    240 Pages

  • Longueur

    23 cm

  • Largeur

    17 cm

  • Épaisseur

    1 cm

  • Poids

    200 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Olivier Christin

Professeur d'histoire moderne à l'Université de Lyon II dont il est par ailleurs le président, Olivier Christin est spécialiste des guerres de religion et des relations entre arts visuels et réformes religieuses des XVIe-XVIIe siècles. Sur ces questions, il a publié plusieurs ouvrages et notamment Une révolution symbolique : l'iconoclasme protestant et la reconstruction catholique (Minuit, 1991) ; La paix de religion : l'autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (Seuil, 1997) ; Les yeux pour le croire : les Dix commandements en images (Seuil, 2003).

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