Revue des deux mondes n.12 Revue des deux mondes n.12
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À propos

L'année s'achève, que peut-on en retenir ? Sans doute ce qui demeure la grande affaire : l'Iran. Une élection indigne, le dossier nucléaire, le réveil de la société iranienne, sonnant le glas, n'en doutons pas, d'un régime corrompu et devenu illégitime. Cette société, qui manifeste encore chaque jour contre ce ­régime, n'a pas dit son dernier mot. Il n'est pas interdit de penser que la main tendue de Barack Obama n'y est pas pour rien, comme si ce geste de « bonne volonté » par excellence avait eu tout bonnement de l'effet : on daube beaucoup, ces temps-ci, sur l'absence de résultats concrets d'Obama, l'on moque son art vide des grands discours. Mais c'est bien mal connaître son livre d'histoire que de sous-estimer la puissance des mots. Nanti d'un Nobel de la paix qu'on aurait aussi bien vu décerné à d'autres, Barack Obama (nous y reviendrons en ­détail dans le numéro de janvier de la Revue) s'est lancé dans la bataille en jouant à fond cette fameuse carte de la « bonne volonté ». C'est une carte risquée, que Jimmy Carter avait voulu jouer aussi, mais sans la lucidité de Realpolitik qui doit l'accompagner. Obama semble plus affiné, sur ce point, que son sympathique prédécesseur. En ce qui concerne l'Iran, il semble bien que les choses aillent dans le bon sens : les Russes, qui avaient accueilli à bras ouverts l'élection ­d'Ahmadinejad, ont fait, depuis, machine arrière. En France ? La désintégration de la gauche, la curieuse évolution de Nicolas Sarkozy. À la fois plus sage, plus retenu et en même temps toujours aussi prompt à ignorer les temps morts, ces fameux temps morts si nécessaires à l'action. Sa chute de jogging, que tout le monde a oubliée, aura fait figure de bon symptôme de ce point de vue : d'un homme fâché avec le temps, avec la durée. Quant à l'« ­affaire Jean Sarkozy » : après tout, le fils est peut-être bon ? Pourquoi lui ­refuser le job a priori ? En même temps : comment ne pas voir que ceci ­annule cela ; que l'appel à l'égalité contre la loi des « bien nés » dans la bouche du président, se trouve comme rayé du fait même que Jean Sarkozy soit légitime ou non. La décision de Jean Sarkozy de ne pas y aller a montré que, dans cette affaire, la République a encore du sens ; qu'elle peut faire plier. Une enquête récente vient de paraître sur les « pratiques culturelles des Français » (1), dirigée par le sociologue Olivier Donnat. On ne s'étonnera pas d'y trouver confirmé le triomphe d'Internet, chose désormais banale. La chute du livre est certainement ce qu'il y a de plus désolant dans cette enquête, comme si, là aussi, ce qui se trouvait mis en évidence, était une hantise de la solitude, une panique devant l'expérience solitaire de la lecture. La télévision en prend également pour son grade : elle fait désormais figure de grand-mère un peu ringarde. Étonnant, non ? Enfin, last but not least, la grande question du « ré­chauf­fement climatique », la montée en puissance d'une véritable religion écologique, sous la houlette de M. Hulot et de bataillons entiers de soldats du bio. Qu'en est-il au juste de cette montée en puissance qui paraît bien partie pour mettre au rancart ce bon vieux Parti socialiste qui n'en peut mais. On lira ici la mise au point remarquable de Jean Michel Valantin, manière d'ouvrir un débat que nous reprendrons en 2010. Bonne lecture, bonne année 2010 à tous, Michel Crépu

Categories : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique

  • EAN

    9782356500199

  • Disponibilité

    Disponible

  • Longueur

    24 cm

  • Largeur

    15 cm

  • Épaisseur

    2 cm

Infos supplémentaires : Broché  

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