Langue française

  • « Le sport est comme un point d'un hologramme qui porte le tout de la société en lui, mais aussi sa singularité : le jeu, dont le péril de la dégénération en violence est contrôlé par l'arbitre. Il en est de même de la démocratie, contrôlée par le vote. Tout système vivant démocratique vit à la limite du danger. La démocratie elle-même manque du système qui lui permettrait d'empêcher un parti totalitaire de prendre le pouvoir. Nous sommes certes dans un monde où la violence délirante s'accroît, et il est curieux que le sport n'y soit pas plus entraîné. On ne lance pas des bombes dans les stades. » Edgar Morin aime le sport en tant qu'il procure de la joie au « peuple ». Il connait la liesse des stades, et particulièrement celle du Maracanã Mais c'est en sociologue qu'il nous livre son analyse critique du phénomène sportif. Infatigable combattant de la cause des opprimés, le penseur de la complexité s'exprime ici sur l'idéologie de la performance, le culte de la jeunesse et l'identité nationale.
    Face à une vision économique et sociale regrettable, qui peut faire du sport une aliénation, Edgar Morin nous rappelle que l'un des caractères fondamentaux de l'être humain, c'est d'être Homo ludens, l'homme du jeu.

  • « L'homme de Néandertal était petit, râblé, puissant. On le voit bien meilleur boxeur et catcheur, quand les premiers Homo sapiens étaient certainement plus forts à la course à pied. Ce serait drôle de voir leurs différentes qualités sportives si vous les mettiez tous les deux sur un stade ! » Comment s'est opéré le passage de la quadrupédie à la bipédie ? Qu'appelle-t-on chez les sportifs le syndrome de Lucy ? Quand l'homme a-t-il développé sa capacité à jouer ? Quel avenir envisager pour l'Homo sapiens toujours en quête de performances nouvelles ?
    Par le prisme du corps et du sport, Yves Coppens nous livre un passionnant petit traité de l'évolution humaine, faisant le point sur les connaissances que nous en avons aujourd'hui et sur le fruit de ses propres recherches. Il décrit le passé et questionne l'avenir de l'homme, préférant à un certain pessimisme ambiant une curiosité et un enthousiasme toujours renouvelés.

  • « La résilience par le sport, c'est la métamorphose du handicap auquel on ne se soumet pas, et qui nous conduit ainsi à la réparation narcissique. Au concept de "morale sportive", je préfère celui d'empathie, dans lequel je me représente le monde de l'autre. Même sans loi, quelque chose m'empêche. Dans le sport, c'est le règlement qui freine, et non le sujet lui-même. L'empathie est plus morale que le sport.
    J'aime le sport de «petit niveau» parce qu'il socialise, il moralise, il produit une relation humaine, et fait naître une épopée. » Par le prisme du sport, qu'il a pratiqué jeune adulte, Boris Cyrulnik nous entretient de la « condition humaine », avec la bienveillance qui le caractérise.
    Phénomène social majeur du xxe siècle, le sport constitue à ses yeux un magnifique terrain de reconstruction. Le concept de résilience, qu'il a fait connaître, trouve dans le sport une application exemplaire.
    Son approche anthropologique le conduit aussi à former l'hypothèse de la naissance des conventions de jeux dès l'avènement de la conscience de l'autre chez l'enfant, et du plaisir qui jaillira de se mesurer à lui. Ainsi, ce « protosport » de l'Homo ludens s'enracinerait dans l'être en devenir dès les premiers temps de l'humanité.

  • Yannick Noah, Michel Platini, Laurent Jalabert, Jean Galfione, David Douillet, Guy Drut ... À l'âge du service militaire, les jeunes espoirs du sport français ont écrit la légende du mythique Bataillon de Joinville. Plus qu'un bataillon, Joinville était une véritable école du sport de haut niveau, où les appelés s'entraînaient dans des conditions dignes des professionnels, tout en recevant une instruction militaire.
    La fin de la conscription n'a pas interrompu le soutien apporté par l'armée au mouvement sportif. Soixante ans après sa création, le Bataillon de Joinville porte toujours les couleurs de la France dans les compétitions internationales et ses nouveaux soldats se nomment Florent Manaudou, Martin Fourcade, ou encore Élodie Clouvel et Marie Bochet... Sportifs d'hier et d'aujourd'hui nous racontent la formidable histoire de ce bataillon mythique et nous livrent des souvenirs de régiment pas tout à fait comme les autres...

    Témoignages inédits de Michel Jazy, Roger Lemerre, Walter Spanghero, Jean-François Lamour, Marc Lièvremont, Tony Estanguet, Alain Bernard, Gwladys Epangue, Martin Fourcade... et bien d'autres encore.

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