Généralités sur la médecine

  • Galien de Pergame (129-ca 216) a systématisé l'ensemble du savoir médical ancien et sa doctrine s'est maintenue jusqu'à l'époque moderne. Son oeuvre tentaculaire a aussi innervé la pensée philosophique, logique et théologique. Toutefois, Galien a fait l'objet de critiques de la part de ses contemporains, puis de ses successeurs. Après le triomphe du galénisme à la fin de l'Antiquité, les penseurs islamiques ont introduit les premières brèches dans ce système. Ces attaques, relayées en Occident latin et à Byzance, ont connu une ampleur nouvelle à la Renaissance avec la remise en cause et la déconstruction de l'autorité galénique.

    Dans ce livre est proposée une histoire dynamique de la réception de Galien à travers différents cas d'anti-galénismes. Les études qui y sont réunies portent sur des textes peu connus, voire inédits. Elles recensent les critiques contre Galien, tout en explorant différentes facettes de sa pensée médicale et philosophique. Ce parcours permet ainsi de suivre les changements de paradigmes épistémologiques qui s'opèrent au fil des siècles, mais aussi de mieux cerner, par la négative, ce que fut le galénisme durant sa longue tradition.

    Ont contribué à cet ouvrage : Susan P. Mattern, Anna Motta, Matyáš Havrda, Pauline Koetschet, Philippe Vallat, Joël Chandelier, Nicoletta Palmieri, Danielle Jacquart, Vivian Nutton et Fabrizio Bigotti.

  • La respiration fut précocement reconnue comme indissociable de la vie tant dans des textes de philosophie que de biologie et médecine. Cependant, mobilisant des mécanismes complexes et internes, elle est longtemps restée peu accessible à des études directes et a donné naissance à des théories diverses qui se sont succédées et ont parfois coexisté. À travers l'examen d'ouvrages médicaux des XIVe-XVe siècles (Practicae et commentaires au Canon de la médecine d'Avicenne notamment), cet ouvrage précise les conceptions médiévales relatives à la respiration, en envisageant l'anatomo-physiologie et la pathologie (étiologie, diagnostics, pronostics) étendue à la thérapeutique. Pour chacun des aspects, sont examinés les implications lexicographiques, les héritages, évolutions et aspects polémiques liés aux transmissions et traductions de textes grecs et arabes, les réalités de la pratique médicale.

  • Au croisement d'un comportement social, d'un système de croyance et d'une expérience intime, la souffrance tient, à la fin du XVIe siècle, une place centrale dans le discours chrétien qui s'emploie à la convertir en Passion élective, au profit d'un seul corps valant pour le Divin, celui du Christ. Cependant, ce discours ne se résume pas à l'exaltation du Calvaire : il répond aussi à une nouvelle répartition qui s'établit entre ordinaire et extraordinaire, dévotion spectaculaire et dévotion civile, souffrances zélées du martyr et douleur médiocre du dévot. Par ce regard nouveau porté sur le corps dans sa quotidienneté, il semble que tout particulier puisse revendiquer d'avoir sa souffrance personnelle comme interlocutrice. C'est ce travail de particularisation et de diversification des représentations de la souffrance que nous cherchons à mettre au jour dans cet ouvrage, en explorant martyrologes, biographies spirituelles, poésie de la Passion, Consolations mais aussi écritures de soi.


    Normalienne, agrégée de Lettres Modernes, docteur ès Lettres, Antoinette Gimaret est maître de conférences en littérature du XVIIe siècle à l'Université de Limoges. Elle travaille sur les figurations du corps et sur les liens entre littérature, spiritualité et historiographie.

empty