• La contribution des peuples amérindiens à notre histoire collective est inestimable. Techniques agricoles et nouvelles habitudes alimentaires (plus de la moitié des aliments consommés aujourd'hui viennent des Amériques), modes de gouvernement et pharmacologie moderne (dont l'usage de la quinine et de l'aspirine), développement économique et systèmes de pensée (ne serait-ce que par l'inspiration que Montesquieu, Rousseau et Marx ont puisée dans les sociétés indiennes) : ce livre fondamental, en dévoilant tout ce qu'ils nous ont apporté, bouleverse notre vision du monde et nous rappelle, plus de cinq siècles après Christophe Colomb, que l'Amérique reste à découvrir.

  • Gitans, tsiganes, roms : idées reçues sur le monde du voyage Nouv.

    Gitans, tsiganes, roms... ces mots désignent-ils toujours les mêmes personnes, ou au contraire des familles aux expériences humaines différentes et que l'on regroupe sous des termes larges et un peu flous ? Présents en Europe, mais aussi en Amérique, « ces gens-là » ont toujours attiré le regard de leurs contemporains et l'attention, quand ce n'est pas la suspicion, des pouvoirs publics.
    Beaucoup d'idées reçues circulent à leur propos, témoignant à la fois de la peur et de la fascination, et bien souvent de l'ignorance : « Les Gitans viennent de l'Inde », « Les Gitans vivent dans des camps », « Les Roms sont des Gitans nomades venus de l'Est », « Ils n'envoient pas leurs enfants à l'école », mais aussi « Les Gitanes savent lire les lignes de la main », « Les Gitans ont la musique dans le sang », etc.
    On loue leur sens de la famille et leur culture. Mais on leur interdit l'entrée de nos villages et le stationnement dans nos villes. Cet ouvrage est une invitation à ouvrir les yeux... et les esprits !

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  • Dieu point zéro : une anthropologie expérimentale Nouv.

    Un dieu peut-il s'incarner dans une machine ? Une machine fait-elle un bon piège à dieux ? Comment se préparer ici et maintenant à l'émergence de formes de divinités inconnues, à travers quel genre d'expérience-limite ? La métaphysique occidentale a progressivement soustrait le concept du divin au domaine de l'expérience, au point de le réserver à la pure spéculation. Les sciences humaines l'ont reconduit sur terre, mais au prix de n'étudier que les mécanismes de la croyance ou de la pratique religieuses.
    C'est par un tout autre biais que ce livre aborde ce problème, en plaidant pour un véritable tournant expérimental en anthropologie. Dans la tumultueuse ville de Mumbai, on suit les aventures métaphysiques d'une machine télé-opérée à l'apparence du dieu Ganesh, qui permet à n'importe qui d'incarner Dieu et d'avoir un dialogue avec un interlocuteur. Très vite, les incarnants affluent ainsi que les interlocuteurs prêts à tester la capacité de ce dispositif à faire un bon support de divinité.
    C'est alors que l'anthropologie rejoint la métaphysique, car quiconque se prête à ce jeu d'incarnation, soit comme incarnant soit comme interlocuteur, prend le risque au cours du dialogue de voir ses certitudes s'effondrer et de devoir tout reprendre à zéro : Dieu, l'humain, la technologie, la politique, la religion ou encore l'écologie.

  • Et essai est le plus grand livre de philosophie politique d'Alasdair MacIntyre et constitue un sommet de la pensée politique contemporaine. Il s'interroge sur le fait que l'animalité, la dépendance et la vulnérabilité sont des états centraux de la condition humaine. L'homme n'est pas qu'un individu rationnel indépendant comme l'Occident a fini par le croire. La vie en société nécessite ce que MacIntyre appelle les « vertus de la dépendance reconnue » que la modernité a oubliées.
    En rappelant, il y a vingt ans, lors de sa parution aux États-Unis, que l'homme était aussi un animal, MacIntyre était avant-gardiste. En soulignant que sa rationalité et son indépendance d'être rationnel n'occultent pas sa fondamentale dépendance vis-à-vis des autres sur le plan de la vie en commun, il est aujourd'hui prophétique.
    Une réflexion philosophique essentielle sur la faiblesse et la fragilité de l'être humain.

  • Cet ouvrage offre un état des lieux à la fois théorique, méthodologique et empirique, de la manière dont les anthropologues traitent de la question du travail et des professions aux 20e et 21e siècles.
    L'ouvrage se centre sur différents angles d'approche du travail :
    Relativité de la notion de travail ; construction des travailleurs ;
    Pratiques langagières au et sur le travail ; que travaille-t-on et comment ; lieux et espaces du travail ; et temporalités du travail ;
    Chaque chapitre, illustré d'encarts « théorie », « méthodologie », et/ou « exemple de terrain », débute par une série de questions, soulevant ainsi un certain nombre d'enjeux associés à la thématique du chapitre.

  • Qu'est-ce que l'anthropologie des sociétés modernes ? Peut-on pratiquer l'anthropologie chez soi ? Au premier abord, ces questions peuvent sembler étranges, tant l'anthropologie reste associée aux sociétés traditionnelles et exotiques, à la distance et à l'éloignement. Pourtant, toutes les sociétés humaines peuvent aujourd'hui faire l'objet d'un discours anthropologique. La décolonisation, puis la globalisation, ont contribué à la possibilité d'un tel renouvellement de la discipline, de sorte que l'idée d'une anthropologie « chez soi » est devenue de plus en plus acceptable. Comment, dès lors, tourner vers soi-même le fameux « regard éloigné » de l'anthropologie ? L'ouvrage analyse les notions de temps, d'espace, de culture, de société et de corps, qui sont des thématiques transversales pour témoigner des diverses façons de faire de l'anthropologie de la modernité, tout en prenant en compte les dynamiques contemporaines de la globalisation et de la fragmentation.

  • Le continent noir n'existe nulle part. Il est une utopie, un rêve blanc de génocide. À ce titre, il est un lieu du malheur, une dystopie. L'Afrodystopie est le concept critique des complications, des paradoxes, des contradictions, des ambivalences et des ambiguïtés de la vie africaine et afrodescendante dans ce rêve d'Autrui. Un rêve qui crée sans discontinuer des espaces dystopiques, matériels et psychiques de l'État, de l'Argent, de la Famille, de la Jouissance, dela Mort, dont le paradigme empirique est un rêve collectif d'irrésistible, intense et épuisante sexualité appelée maris de nuit. Avec le concept d'Afrodystopie, Joseph Tonda propose une analyse bouleversante de la manière dont l'imaginaire d'une chimère réelle éclaire la vie dans le rêve des abstractions et des choses. Du rêve colonial du premier président gabonais, Léon Mba, de faire de son paysun département français, au mea culpa postcolonial, en 2007, de son successeur, Omar Bongo Ondimba qui reconnut avoir fait du Gabon une dystopie ; en passant par l'utopie mobutiste de création d'un État, d'un fleuve, d'une monnaie authentiques qui se transforma en dystopie zaïroise ; du délire planétaire suscité chez les Africain(e)set Afrodescendant(e)s par le blockbuster Black Panther dont le nom Wakanda est institué en paradigme afrofuturiste de la puissance africaine, à la régulation de la vie sociale et politique démocratiqueafricaine par la Mort, cet essai, qui s'inspire de nombreux auteurs (More, Marx, Freud, Orwell) met au jour un paradigme méconnu : le paradigme de la vie humaine entrée dans le rêve des choses et des abstractions. Un rêve compliqué, au sens freudien, étrangement commun aux imaginaires de l'Afrique, du colonialisme, de l'impérialisme et ducapitalisme à l'ère néolibérale.

  • « Je suis en train d'écrire un texte qui intègre des aspects de mon expérience d'anthropologue politique - et qui trouve son origine dans un autre grand mouvement social, celui de Mai 68, auquel j'ai activement participé - quand les Gilets jaunes font irruption dans la vie politique.

    Au coeur de cette réflexion a surgi - incontournable - le fait que les humains, qu'on a dits si souvent enclins à obéir, à se soumettre, à plébisciter l'autorité et l'homme providentiel, manifestent une inclination puissante à s'assembler, non seulement pour débattre, mais aussi pour agir.

    L'anthropologie du temps présent offre de précieux instruments pour appréhender les tensions et les soubresauts qui se font jour un peu partout aujourd'hui.
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    Je relate dans ce livre la manière dont s'est imposée l'urgence de porter un regard différent sur le pouvoir et les lieux d'où s'énonce une parole citoyenne. » M. A.

    Une anthropologie de la politique pour comprendre ce qu'est la prise de parole publique, émergence d'une expression démocratique.

  • Le Temps et les Autres s'est imposé depuis des décennies comme un classique de l'anthropologie critique qui a contribué à refonder les supposés théoriques de la discipline.
    Posant la question de l'usage du temps dans la construction de l'altérité en anthropologie, Fabian démontre comment le temps partagé lors de la rencontre ethnographique disparaît ensuite dans les travaux académiques. Ce scandale épistémologique, le déni de co-temporalité, conduit à l'élaboration d'un discours allochronique rejetant les Autres dans un autres temps, pour instaurer finalement des rapports de domination. Une invite à reconsidérer les attendus philosophiques, historiques et politiques de l'anthropologie.

  • Cultures

    Philippe Descola

    « En matière de football, chez les Achuar, en Amazonie, il ne s'agit pas du tout que l'un des camps triomphe sur l'autre. Les tactiques sont extraordinaires, tout le monde court après le ballon, y compris les gardiens de but. Le nombre de participants dans les équipes est fluctuant, cela n'a pas d'importance qu'ils soient cinq d'un côté et dix de l'autre. Ce qui compte, c'est le jeu, la capture de la balle et marquer un but. Lévi-Strauss, en commentant l'arrivée des jeux de balles chez les Gahuku-Gama en Nouvelle-Guinée, avait montré que le jeu est essentiel mais qu'il ne doit surtout pas y avoir d'inégalité au terme du jeu, car si l'un des groupes se trouve dans une situation d'inégalité, cela met en pé- ril l'ensemble de la reproduction sociale. Ceci est très commun à de nom- breuses sociétés non modernes pour lesquelles le jeu est une fin en soi. » Philippe Descola, grande figure de l'anthropologie contemporaine française, interroge notre rapport au sport au regard de la pratique qu'en ont les sociétés primitives, notamment chez les Amérindiens qu'il a longuement étudiés. Il montre de quelle manière le modèle occidental du sport de compétition, avec toutes les inégalités qu'il porte en lui, s'est imposé au reste du monde. Dans la lignée de la réflexion qu'il a menée sur le dualisme nature/culture, il s'empare de la question de l'hybridation de l'homme et de la machine et du problème plus général du corps augmenté. Et réfléchit à la place qu'aurait le sport dans l'universalisme auquel il aspire.

  • Cet essai explore le lien entre vulnérabilité, dépendance, violence et pouvoir, notamment à partir d'enquêtes ethnographiques menées sur des conflits vil- lageois en Nouvelle-Calédonie et sur une milice paysanne au Katanga, mais aussi de l'analyse de textes anthropologiques, philosophiques et littéraires.

    L'auteur présente une anthropologie politique renouvelée : de la violence, de la pré- dation, du capitalisme, interrogeant la fragilité de la reproduction sociale ainsi que nos rapports avec l'environnement. Pour ce faire, il assume un point de vue, celui de la vulnérabilité, c'est-à-dire de l'exposition à la violence en ce qu'elle implique les subjectivités, les affects, les émotions et les pensées des personnes entraînées dans des situations de crise et de trouble.
    Les sciences sociales peuvent-elles décrire la vulnérabilité, l'incertitude, la désaffiliation, la solitude ? De tels objets supposent pour l'anthropologie d'assumer sa prise de réel dans l'enquête ethnographique, dans l'interaction, à travers une approche pragmatique mettant en cause le statut du témoignage.

  • La vulgarité est omniprésente aujourd'hui. Elle s'exprime dans les manières, le langage, l'accoutrement, les arts ; on la rencontre dans la foule comme dans les élites, et jusqu'au sommet de l'État ; elle prolifère dans la publicité, les médias, sur Internet et les réseaux sociaux. Qui plus est, elle s'affiche sans vergogne, elle est assumée, souvent agressive même.
    Cependant, malgré son essor et son aggravation, malgré les désagréments qu'elle engendre, la vulgarité n'a jamais fait l'objet d'un examen systématique. Ce livre entreprend de réparer cet oubli.
    Pour saisir au mieux son sens, l'ouvrage enquête sur les critiques très vives que la vulgarité suscite depuis deux siècles et les remèdes qui furent mis en oeuvre, en vain, pour la prévenir. Il part à la recherche d'un nouvel antidote en remontant aux sources qui la rendent possible et autorisent, voire encouragent son déploiement.
    La vulgarité est le fruit d'une modernité intempérante et sa propagation reflète les errements de la postmodernité. L'examen des principes fondateurs de l'Occident contemporain met au jour les ressorts profonds du phénomène et suggère la voie à suivre pour nous prémunir contre lui.
    Au-delà de la vulgarité, il s'agit de relever la tête face à la radicalisation de la modernité, qui dévoie le projet d'émancipation qu'elle porte et contrarie l'épanouissement de notre humanité.

  • Qui étions-nous  ? Pour répondre à cette question, Paul Jorion dresse l'inventaire de ce que nous, êtres humains, avons pu comprendre jusqu'ici de notre destin. Il convoque pour ce faire les phares de notre réflexion sur nous-mêmes, certains aux noms attendus  : Confucius, Socrate, Aristote, Paul de Tarse, Hegel, Nietzsche et Freud, ou moins attendus, tels Machiavel, Shakespeare et Victor Hugo, voire inattendus, comme Mao Tse-toung et Jacob Taubes.
    Cette évaluation est réalisée en vue d'assurer notre salut, lequel est sérieusement compromis aujourd'hui, dans un contexte de destruction accélérée de nos conditions de vie à la surface de la Terre. Le scénario le plus optimiste parmi les plus plausibles a cessé d'être celui de machines de plus en plus intelligentes à notre service, pour être celui de notre remplacement pur et simple par celles-ci. Si nous voulons survivre en tant qu'espèce, il nous faut sans plus tarder passer la vitesse supérieure. Il faut pour cela réunir l'équipe de ceux qui ne se résolvent pas à notre disparition, des femmes et des hommes qui soient précisément résolus, bâtissant sur les principaux acquis de l'humain, de la réciprocité au génie technologique. C'est l'appel lancé dans cette Défense et illustration du genre humain.
      Anthropologue et sociologue, Paul Jorion révolutionne depuis dix ans le regard que nous portons sur la finance et l'économie. Il a récemment publié chez Fayard À quoi bon penser à l'heure du grand collapse  ?

  • Le lotissement a été le grand rêve urbanistique de la seconde moitié du vingtième siècle. Le rêve d'une maison à soi, où reconstituer une vie qui rassemblerait tous les traits d'une Arcadie à la fois familiale et communautaire, fondée sur l'égalité et la propriété. Il n'en a rien été. Aujourd'hui, le lotissement pavillonnaire est devenu le repoussoir absolu - le lieu d'une vie où ne règneraient plus qu'ennui, vide et mauvais goût.
    En retraçant, par une multitude virtuose de moyens, l'histoire presque quotidienne d'un lotissement disparu, Fanny Taillandier dresse ainsi le portrait mi-grinçant, mi-ému, d'une utopie et du douloureux réveil qui a suivi son effondrement, en même temps que de ce qui, dans cet effondrement même, continue à nous séduire. Car, à travers cette histoire, c'est encore notre quête naïve d'un habitat idéal qui continue à se lire - quête qui se déplace désormais ailleurs, dans d'autres rêves, appelant d'autres déceptions.

  • Voici un panorama inédit des acquis et des perspectives qui vont de l'économie au politique et au religieux, concernant les inventions et institutions humaines, qui toutes expriment un pluralisme limité par la nécessité de construire l'identité sociale et personnelle. L'ouvrage montre que l'ethnologie, loin d'être la science des sociétés dites périphériques, constitue une méthode d'analyse et un savoir permettant de saisir les aspects les plus concrets de la vie d'aujourd'hui.
    Destiné aux étudiants, il s'adresse également à un large public soucieux de découvrir les « sciences humaines ».

  • Dans cette chronique de traîtrise et d'abandon, d'ostracisme et d'exil, l'anthropologue américain Vincent Crapanzano se penche sur le sort des harkis et de leurs descendants. Sous le terme 'harki', il englobe le quart de million de supplétifs algériens qui ont combattu aux côtés des Français durant la guerre d'Algérie et qui, après l'indépendance en 1962, furent pour la plupart désarmés et renvoyés dans leurs villages par leurs officiers.
    Dénoncés comme traîtres par les Algériens, trahis par les Français, plus de soixante mille d'entre eux furent emprisonnés, sauvagement torturés et exécutés. Ceux qui réussirent à rejoindre la France furent cantonnés dans des camps, certains pendant près de vingt ans. Selon l'auteur, ils y sont devenus une population doublement à part : à la fois ghettoïsée et emmurée dans le silence. Et quand à leurs enfants, ils souffrent d'une double blessure : celle qu'ils ont eux-mêmes endurée et celle produite par le mutisme de leurs pères.
    Plus qu'un simple retour sur le sinistre passé des harkis et leur douloureux présent, cette enquête ethnographique retrace les nombreux paradoxes d'une identité forgée par l'indignation, le ressentiment et la soif de justice. Elle nourrit en outre une puissante réflexion sur la façon dont les enfants portent la responsabilité des choix de leurs parents, dont l'identité personnelle est façonnée par les forces impersonnelles de l'histoire et dont la violence elle-même s'insinue dans chaque aspect de la vie humaine.

  • Avec des textes souvent cités, où l'auteur s'essaie à l'analyse structurale de matériaux bibliques : "La Genèse comme mythe", "La légitimité de Salomon" ; avec d'autres sur la communication non verbale, sur les "Injures et catégories d'animaux", sur la guerre, sur "Cheveux, poile, magie" où il s'attache à distinguer symboles publics et privés, où il prend aussi ses distances avec la psychanalyse sur "Les Vierges-mères", sur "Frazer et Malinowski" : voilà un recueil qui apporte la preuve d'une ombrageuse liberté d'esprit, et qui fait mieux connaître en France le maître de Cambridge, l'une des grandes figures de la vie intellectuelle britannique.
    Malgré une "adhésion nuancée" aux thèses structuralistes, l'auteur s'y montre volontiers empiriste. Il veut voir autre chose que "symbole et signification" dans la façon dont les "primitifs" conçoivent le monde : car ce monde, ils le modifient aussi. Reste que l'anthropologie ne saurait être une "science naturelle", et que Leach repousse les explications matérialistes sommaires (sociobiologie, déficience alimentaire selon Harris, etc.).
    Il observe que l'homme n'a cessé de concevoir comme limitée l'unité de son espèce, d'opposer "nous" aux "autres", "nous" aux "monstres". Mais il affirme que la culture humaine est sans frontières, mémo si elle est diverse et contrastée. Nous l'observons comme un kaléidoscope de modèles "transformationnels" dont aucun ne peut être considéré en lui-même. Aussi ne distingue-t-il pas - à la différence de Lévi-Strauss, par exemple - entre le "sauvage" et le "domestiqué".

  • Cet ouvrage est né au moment où Richard Pottier disparaissait. C'est son dernier voyage. Celui-ci nous emporte, dans un rythme ressemblant à une promenade, dans le monde de la bioéthique. Critique, philosophe, Richard aborde les grands thèmes avec sa bienveillance et son humanisme. Au-delà d'une immersion dans le monde de la bioéthique. Il nous fait partager les préoccupations d'un grand observateur des mondes des sciences médicales. Dans sa postface, il ouvre des portes de réflexions qui sont tellement importantes au moment où l'auteur n'est plus, mais que la pandémie persiste. En fidèle de Montaigne, Richard nous aide à apprendre à vivre. Il soutient le lecteur dans sa quête du sens, il redonne des couleurs aux valeurs de la vie et lui apprend à mourir. Le voyage explore le corps, la personne, le rapport au corps, se poursuit dans les débats éthiques autour de la procréation, du don, de la fin de vie et se termine dans les étoiles de la médecine « méliorative » allant de l'eugénisme au transhumanisme, en passant par des questionnements intelligents sur l'intelligence artificielle.
    L'auteur

  • Le parcours de Pierre Bonte a laissé un héritage scientifique considérable, offrant sur près d'un demi-siècle (1965-2013) des avancées significatives dans la compréhension des sociétés musulmanes, en particulier ouest-sahariennes. Cette anthropologie foisonnante, toujours soucieuse de faire le lien entre la parenté, le politique, le religieux et l'économique, n'a eu de cesse d'ouvrir de nouvelles pistes de réflexion à partir d'une ethnographie de terrain rigoureuse et d'une connaissance approfondie de la littérature anthropologique française et anglo-saxonne.
    Les articles publiés dans cet ouvrage ont été exposés lors du colloque international organisé en son hommage au Collège de France en janvier 2015. Ils reflètent la diversité des thématiques de recherche qu'il a abordées, de ses premiers travaux sur le pastoralisme aux Récits d'origine (Karthala, 2016) dont le manuscrit était pratiquement achevé lors de son décès. Divisé en cinq parties (Sociétés pastorales et nomades ; Parenté et rapports sociaux de sexe ; Tribus, États et compétition ; Sacré et protection ; Récits d'origine, histoire et mémoire), l'ouvrage constitue une oeuvre utile pour celles et ceux intéressés par l'anthropologie comparative des sociétés et cultures musulmanes. Il permet aussi aux chercheurs de réfléchir aux nombreux chantiers que ses travaux invitent à poursuivre.

  • Qu'est-ce qui fait l'humanité de l'homme, qui le détache de l'animalité, du tout biologique ?

    À la question anthropologique fondamentale, cette conférence répond en associant l'animal humain et la blessure une blessure première, primitive : le phénomène de la parole.

    La parole sépare l'homme des autres espèces et de sa propre opacité animale, elle introduit en lui la conscience réflexive qui implique de se savoir mortel et fait surgir la question existentielle de l'identité / altérité. Radicalement soustrait à la relation directe avec le monde, l'individu est arrimé à l'ordre langagier et enchaîne le monde au langage. Dès lors s'instaure l'interlocution de l'homme avec lui-même et avec le monde, devenu figure de l'altérité.

    Ainsi compris, ce fait structural détermine la condition humaine. Il éclaire la fragilité des civilisations, la délicate construction de l'homme et de la société, le lien entre le principe de raison et l'institutionnalité, mais aussi cet enjeu que l'Occident appelle la religion.

    La conférence de Montpellier fait suite à la série de mes Leçons, à laquelle s'ajoutent des livres synthétiques, comme De la Société comme Texte ou Sur la question dogmatique en Occident, tous parus aux éditions Fayard.

  • Réflexion du philosophe sur les motivations des auteurs d'attentats-suicides, depuis la fin du XIXe siècle. Ecartant les explications idéologiques, il démontre qu'ils sont pris dans une guerre des images, rappelant la surenchère visuelle des société...

  • Comment les Amérindiens ont-ils perçu l'alphabet occidental ? Que sait-on de leurs propres écritures ? Quels rôles leur ont-ils fait jouer au sein de leurs dispositifs politiques ou religieux ?

    Les colonisateurs, et les anthropologues après eux, ont longtemps considéré les sociétés amérindiennes comme dépourvues d'écriture, alors qu'elles employaient des techniques subtiles d'inscription graphique, le plus souvent dérobées aux yeux des observateurs extérieurs. La fameuse « Leçon d'écriture » de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques est le témoin magistral de ces malentendus. Cette scène mythique, discutée en son temps par Jacques Derrida, est ici disséquée et repensée.

    En étudiant les conceptions amérindiennes de l'écriture, fragmentées et disséminées dans les arts graphiques, les mythes, les discours des chefs et les rituels des chamanes et des messies, Pierre Déléage établit les coordonnées d'une anthropologie inversée, par laquelle ce sont cette fois les colons et leur culture qui sont pris comme objets de pensée. Ce faisant, il met au jour les conditions épistémologiques et politiques de toute enquête anthropologique, tout en laissant sourdre dans la composition même du livre la violence, symbolique et réelle, qui a donné dans les sociétés amérindiennes forme et valeur à la notion d'écriture.

  • Cet ouvrage expose les changements des habitudes alimentaires dans des villes d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. À travers l'étude des pratiques et des représentations alimentaires de citadins, il montre l'insuffisance d'une analyse de ces changements en termes d'occidentalisation, d'uniformisation, de "transition" ou de convergence vers un modèle qui se généraliserait.

    Menées dans les villes des Suds, les enquêtes révèlent que les citadins inventent de nouvelles formes d'alimentation à partir d'une multiplicité de références locales et/ou exogènes. Le garba abidjanais ou le bâbenda ouagalais sont autant d'exemples de l'invention de cuisines urbaines.

    Les auteurs des chapitres sont chercheurs en sciences humaines et sociales, originaires d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie où ils travaillent. Ils invitent le lecteur à porter un regard sur l'alimentation citadine des Suds, loin des idées reçues sur la pauvreté, la santé ou encore la responsabilité individuelle des mangeurs.

    Ce livre intéressera un public scientifique d'enseignants et de professionnels des systèmes alimentaires, et un lectorat s'intéressant aux dynamiques sociales et culturelles urbaines et à l'élaboration de théories sociologiques et anthropologiques venant des Suds.

  • Trois organisations britanniques de la société civile ont établi, avec des représentants autochtones, un consortium pour le développement d'un projet visant à rendre effectif, dans l'industrie minière, le consentement préalable, libre et informé (FPIC en anglais, CPLI en français). Le présent rapport doit servir de base pour le dialogue. Il comprend à la fois des éléments de droits, le point de vue des autochtones, des études de cas aux Philippes, Canada, Panama et identifie les prinicpaux enjeux et perspectives.

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