• « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Critique farouche de toute forme d'essentialisation - qu'elle touche le genre, la nationalité ou l'appartenance à n'importe quelle entité close et figée -, C. N. Adichie porte une voix, rare et puissante, d'émancipation.

  • Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte motagneuse, où poussent des arbres tropicaux et gîtent des animaux sauvages. L'aventure apparaît d'abord aux enfants comme de merveilleuses vacances. On peut se nourrir de fruits, se baigner, jouer à Robinson.
    Mais il faut s'organiser. Suivant les meilleures traditions des collèges anglais, on élit un chef. C'est Ralph, qui s'entoure de Porcinet, « l'intellectuel » un peu ridicule, et de Simon.
    Mais bientôt un rival de Ralph se porte à la tête d'une bande rivale, et la bagarre entre les deux bandes devient rapidement si grave que Simon et Porcinet sont tués. Ralph échappe de justesse, sauvé par l'arrivée des adultes.
    /> Ce roman remarquable a un sens allégorique qu'il n'est pas difficile de comprendre : c'est l'aventure des sociétés humaines qui est tragiquement mise en scène par les enfants. Mais l'oeuvre vaut avant tout par la description de leur comportement et par l'atmosphère de joie, de mystère et d'effroi qui la baigne.

    2 Autres éditions :

  • Quiproquos amoureux, complexité des sentiments à l'âge où s'éveille le désir : les deux nouvellles qui composent ce recueil, "Une histoire au crépuscule" (1911), sorte de marivaudage gothique, et "Petite nouvelle d'été" (1906), qui évoquera certainement quelque chose aux lecteurs de «La Pornographie» de Gombrowicz, parlent de cruauté, d'aveuglement et d'emprise. Brillant et psychanalytique, Zweig y montre qu'aimer et être aimé coïncident beaucoup plus rarement qu'on le croit...

  • Aller aux fraises Nouv.

    Aller aux fraises

    Eric Plamondon

    • Quidam
    • 4 February 2021

    Aller aux fraises, c'est partir en voyage au Québec, avec une langue qui sillonne les bois, les champs, les usines, les routes sans fin, les bords de rivière. C'est le sort de ceux qui deviennent extraordinaires à force d'être ordinaires. On s'y laisse porter par les souvenirs d'un père qui s'agrègent pour devenir les légendes du fils. Ce fils qui veut construire son propre récit et qui retrouve sa mère le temps d'un nouveau cycle.
    Eric Plamondon raconte la démesure de l'ordinaire. C'est sur le vif, drôle et émouvant.

  • « Mon manager, Bradley Stevenson, qui au cours des années a été un ami précieux à sa manière, soutient que j'ai en moi l'étoffe d'un vrai pro. Pas seulement comme musicien de studio, mais comme vedette de première division. Il est faux que les saxophonistes ne deviennent plus des vedettes, affirme-t-il, et il répète sa liste de noms. Marcus Lightfoot. Silvio Tarrentini. Ce sont tous des musiciens de jazz, fais-je remarquer. C'est bien ce que tu es, non ? réplique-t-il. Mais je ne le suis encore que dans mes rêves les plus secrets. Dans le monde réel - quand je n'ai pas le visage entièrement enveloppé de pansements comme en ce moment - je suis juste un ténor payé à la journée, raisonnablement sollicité pour l'enregistrement en studio, ou lorsqu'un groupe a perdu son saxo habituel. S'ils veulent de la pop, je joue de la pop. R&B ? Parfait. Publicités pour des voitures, thème musical d'un talk show, j'accepte. Ces temps-ci je suis un musicien de jazz seulement quand je suis enfermé dans mon réduit. »   Deux textes mélancoliques et désenchantés issus du seul recueil de nouvelles - Nocturnes, Cinq nouvelles de musique au crépuscule - de Kazuo Ishiguro, qui a reçu le prix Nobel de littérature en 2017.

  • Modern love Nouv.

    L'attente interminable d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto à sa nouvelle conquête ; un premier rendez-vous se terminant aux urgences ; la chronique poignante de la thérapie d'un couple quinquagénaire ; le vertige existentiel de jeunes parents qui découvrent que leur fille adoptive est malade ou encore un amour de vieillesse qui prend fin trop rapidement.
    Les chroniques de Modern Love rapportent des histoires de flirts, d'aventures d'un soir et de passions dévorantes mais aussi d'amour romantique, platonique et familial, balayant ainsi un large spectre de ce qui façonne les relations humaines :
    L'amour.
    Panorama complet de la façon dont nos sociétés contemporaines envisagent et vivent ce sentiment complexe, le livre met en scène les défis qu'elles rencontrent (l'invasion de la technologie dans le dialogue amoureux ou la conjugaison parfois complexe de la relation de couple et du rythme effréné de la vie moderne) et leurs interrogations. Qu'est-ce qui façonne le désir ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Qu'est-ce que le couple ? Qu'est-ce qu'une famille ?

  • Dernières nouvelles et autres nouvelles Nouv.

    Par l'auteur de «La Famille royale» et de «Central Europe» (National Book Award 2005), une incursion aussi magistrale qu'envoûtante dans les territoires infinis du surnaturel à travers des histoires de fantômes, de vampires ou autres créatures démoniaques vaquant à leurs magiques ou funestes besognes des Balkans au Japon en passant par le Mexique ou les États-Unis. Au fil de ce kaléidoscope narratif placé sous le double signe de la mort et de l'érotisme, William Vollmann met à contribution la diversité culturelle des mythologies et joue avec les codes du roman d'aventure, du thriller politique, du fantastique, de l'horreur, ou de la "simple" fiction littéraire, pour transporter le lecteur dans un univers fantastique où l'amour et le désir ne cessent de rendre possible l'inimaginable même.  

  • « Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement ».
    Matthieu Galey

    1 autre édition :

  • Voyage d'hiver

    Jaume Cabré

    Par l'auteur de «Confiteor» (140 000 ex. vendus), quatorze nouvelles indépendantes et pourtant intimement liées, où l'on retrouve sa manière de fouiller les manifestations du mal, de l'amour, du destin et de ses mauvais tours.

    1 autre édition :

  • Un couple de jeunes mariés vient de remplir son testament. Un médecin raconte pour la centième fois l'histoire de son père immigré. Un homme fantasme sur l'épouse de son meilleur ami. Une femme n'arrive plus à dormir dans la même chambre que son mari après les sombres révélations de sa fille. En traversant les palais du dix-septième siècle et les chambres feutrées d'aujourd'hui, Graham Swift dresse le portrait de son peuple dans toute sa diversité. Le lecteur est témoin de nombreux drames, du plus secret au plus ostensible ; les petites victoires de tous les jours répondent aux défaites qui changent une vie. Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, chaque portrait s'anime pour révéler, dans une prose sobre aux multiples facettes, un émouvant fragment du quotidien.

    1 autre édition :

  • « Et nous sommes comme des fruits. Nous sommes suspendus bien haut parmi des branches étrangement entrelacées, et nous sommes livrés à bien des vents. Ce que nous possédons, c'est notre maturité, notre douceur, notre beauté. Mais la force qui les nourrit coule à travers un seul tronc, depuis une racine qui a fini par s'étendre sur des mondes entiers. Et, si nous voulons témoigner de sa puissance, chacun de nous doit vouloir l'utiliser dans le sens qui est le plus propre à sa solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, plus émouvante et plus puissante est leur communauté. » Dans cette composition de jeunesse (1898) - ici enrichie de trois textes sur l'art de la même période -, se forment et se dessinent les plus grandes percées de la poétique de Rilke : de ce qui se nommera, dans les Élégies de Duino, « l'Ouvert » et « l'espace intérieur du monde ».

  • « Ta Pénélope d'envoie cette lettre, trop tardif Ulysse : ne réponds rien, mais viens toi-même. » 10 lettres d'amour, 10 voix de grandes héroïnes éplorées, 10 explorations de la passion amoureuse.

    Liste des lettres :
    Pénélope à Ulysse - Briséis à Achille.
    Phèdre à Hippolyte - oenone à Pâris.
    Hypsipyle à Jason - Didon à Énée.
    Hermione à Oreste - Déjanire à Hercule.
    Ariane à Thésée - Médée à Jason.

  • De quoi parlent les histoires d'Alice Munro ?

    De baisers donnés.

    De meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer.

    De trahisons nécessaires.

    De mots d'adieu.

    De femmes déchirées entre la passion et la vie domestique, le désir d'être libre et la bonne éducation.

    Neuf histoires d'amour, en somme.

    1 autre édition :

  • « J'ai retrouvé une lettre de P. dans un dossier de factures datant des années quatre-vingt. Une grande feuille blanche pliée en quatre, avec des taches de sperme qui avait jauni et durci le papier, lui donnant une contexture transparente et granuleuse. Il y avait seulement écrit, en haut, à droite, Paris, 11 mai 1984, 23 heures 20, vendredi. C'est tout ce qu'il me reste de cet homme. »Passion sensuelle, amour maternel heurté, vertiges du transfuge, écriture-révolution, hommage à Pierre Bourdieu... En douze textes, composés entre 1984 et 2006, ce recueil est une invitation à découvrir l'écriture rare d'Annie Ernaux et à s'initier, pas à pas, à ses thèmes les plus obsessionnels et fondateurs.

  • «Personnellement, je suis quasiment certaine que c'est lui l'assassin, mais il me manque la preuve ultime, la preuve inébranlable.» Après la survenue d'un drame épouvantable, Betsy se replonge dans ses souvenirs.
    Lui, personne ne peut l'imaginer en meurtrier calculateur. Pourtant, elle en a l'intime conviction... Qui soupçonne-t-elle d'avoir commis ce crime?

    Deux nouvelles qui explorent avec justesse les sentiments qui peuvent nous habiter, de la jalousie destructrice à la bonté désintéressée.

  • « J'en tremblais, mon coeur brûlait d'amour sublimé, le vent soufflait, le ciel était gris et sauvage, mais de temps en temps un soleil pâle faisait briller les vaguelettes, tout était un peu sombre mais vivant, contrasté, plein d'espoir. » Ces neuf nouvelles nous placent à la lisière de deux mondes, là où se croisent humains en déroute et animaux semi-sauvages. Chacun tente de rejoindre l'autre, mais l'on ne sait qui, de la bête ou de l'humain, est en quête de protection. La cane Frou-Frou ou l'homme qui prend farouchement soin d'elle ? Une fillette ou son cheval Mensonge, qui l'emmène loin de l'hypocrisie des adultes ? Une mère endeuillée ou l'écureuil qu'elle nomme Rudi en hommage à son fils disparu ? Autant d'alliances discrètes, autant d'existences menacées mais libres à leur manière.

    1 autre édition :

  • Nouvelles

    Edgar Hilsenrath

    Ce recueil de nouvelles réunit des textes écrits par Edgar Hilsenrath sur une trentaine d'années. C'est un ensemble insolite, qui va de la farce au récit tragique, du témoignage au conte, en passant par le manifeste politique et la critique littéraire. Entre réminiscences et imaginaire, Edgar Hilsenrath raconte la Bucovine de son enfance, évoque l'écriture et la publication de ses trois romans les plus connus, invente une correspondance délirante entre un général et le coiffeur juif Itzig Finkelstein (alias le meurtrier de masse Max Schulz) - personnage principal de Le Nazi et le Barbier -, livre un éloge d'un de ses deux modèles - Erich Maria Remarque -, dénonce le néonazisme et fait une déclaration d'amour à la langue allemande.
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    On retrouve dans ces nouvelles d'Edgar Hilsenrath sa verve, son humour et son cynisme caractéristiques, mais on y découvre aussi un auteur plus sérieux, parfois amer, toujours engagé. Absurdes, drôles, acerbes, nostalgiques, souvent satiriques, les textes de ce recueil sont touchants de sincérité.
    « Où ai-je ma place ? Au fond, nulle part. Mon pays est dans ma tête. Tant qu'elle reste claire, tout va bien. » (Edgar Hilsenrath)

  • « Pour les sombres luzernes et les sainfoins odorants, Roussard, le lièvre roux roux du bois de Valrimont, se rendant à l'invite de la sécurité crépusculaire, allait quitter le fourré de ronces de la Combe aux Mûres, où il s'était gîté par une aube de juin. Il y avait dormi les yeux ouverts, comme s'il eût craint que ses oreilles mobiles de vieux chemineau forestier ne pussent suffire à explorer les bruits de la campagne ; et le décor du sous-bois, changeant avec la lumière que secouaient les frondaisons, favorisait dans ses somnolences les cauchemars quotidiens qui trouaient son repos d'épouvantes tragiques. »     Renard, fouine, lièvre ou grenouille, tels sont les héros de ces cinq contes tragiques composés par l'auteur de La Guerre des boutons.

  • Avec ce premier livre incroyablement inventif, Nana Kwame Adjei-Brenyah s'est imposé aux États-Unis comme une nouvelle voix explosive dans la lignée de Colson Whitehead et Marlon James. Entremêlant dystopie, satire et fantastique, et ses nouvelles donnent à voir avec une effarante lucidité la violence et la déshumanisation de notre monde.
    Qu'il mette en scène le procès d'un Blanc accusé du meurtre effroyable de cinq enfants noirs (et qui sera acquitté), le parcours d'un jeune qui tente de faire diminuer son « degré de noirceur » pour décrocher un emploi, le quotidien d'un vendeur de centre commercial confronté à des clients devenus zombies, ou celui des employés d'un parc d'attractions faisant du racisme ordinaire une source de divertissement, AdjeiBrenyah le fait avec une maîtrise et une maturité stupéfi antes. On renferme ce livre hébété : si la fi ction peut contribuer à bousculer les mentalités, alors Friday Black est une puissante arme littéraire.

  • Refus d'obéissance rassemble le texte « Je ne peux pas oublier », publié en 1934 dans la revue Europe, dans lequel Jean Giono livre un véritable plaidoyer pour la paix, et quatre chapitres inédits du Grand troupeau, où il décrit dans une langue bouleversante de réalisme la vie, l'attente et surtout la peur des soldats de la Grande guerre.

  • « Au fond, au fin fond de tout, le si justement célèbre IKB ( International Klein Blue) est une prise en compte directe de la vie, hors de toute béquille discursive, un désir de coïncider dans l'instant avec la pulpe du réel. De quoi est-il question, effectivement, en ces altitudes bleuissantes, sinon d'une vie véritable et vivante perçue comme un viatique ébloui - d'une fusion continue entre pensée et sensibilité ?
       Bleu des premières secondes de l'univers. Bleu pour rêver plus juste. Bleu pour enlacer la vie. Bleu pour n'en jamais revenir. »    Une immersion, en abécédaire, dans toutes les nuances sensibles du bleu.

  • Une lettre de la plus haute importance mystérieusement disparue et retrouvée grâce aux brillantes déductions du précurseur de Sherlock Holmes ; un patient mourant plongé dans une transe hypnotique par un étrange magnétiseur ; l'apparition inexplicable d'un monstre qui n'est peut-être qu'une illusion ou alors un présage ; une morte ou supposée telle qui ressuscite...
    De l'enquête policière au conte satirique, du fantastique à l'horreur, ces vingt-trois histoires font l'objet d'une nouvelle traduction entièrement inédite.

  • Presqu'îles

    Yan Lespoux

    • Agullo
    • 21 January 2021

    Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu'à l'océan.
    L'envie de partir et le besoin de rester...
    Presqu'îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu'elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s'assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l'on ne voit pas toujours.
    /> Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l'universel.

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