• Le tirage au sort a une longue histoire politique. Il constitue l'une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, utilisé dans les républiques médiévales et renaissantes, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d'assises dans les démocraties modernes ? Et pourquoi les expériences se multiplient-elles aujourd'hui à l'échelle internationale : jurys citoyens, conférences de consensus, sondages délibératifs, collèges tirés au sort dans les conseils de quartier et les budgets participatifs ?
    Yves Sintomer montre dans ce livre incisif, paru une première fois en 2007 sous le titre Le Pouvoir au peuple, qu'un nouveau terrain politique est en train d'émerger. Face à la " démocratie " d'opinion et à sa fascination obsessionnelle pour les sondages, une démocratie participative s'invente où les citoyens et les mouvements sociaux peuvent prendre leur part. Qui donc aurait à perdre si les citoyens pesaient réellement dans les prises de décision, si les élus devaient rendre des comptes devant des publics bien informés ? Si la politique retrouvait sa crédibilité, elle pourrait regagner plus de poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques. Face à un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d'expérimenter.

  • Pour disqualifier un ennemi politique, le fanatisme est l'un des meilleurs outils possibles. On peut l'utiliser contre des peuples non « civilisés », fanatisme irrationnel . Mais on peut aussi accuser de fanatisme les esprits froi ...

  • Continuation des rapports politiques ordinaires, les crises ont aussi une dynamique propre dont l'intelligibilité suppose de s'attacher ce qui se joue dans les mobilisations constitutives de ces processus et dans les transformations brusques des espaces sociaux dans lesquels les protagonistes sont pris et agissent ; en somme, dans ce qui s'y passe.
    Les crises politiques ou, mieux, les conjonctures fluides dont ce livre ébauche la théorie apparaissent ds lors sous un jour nouveau : états particuliers des systmes sociaux, dont l'auteur met en évidence une plasticité insoupçonnée jusqu'alors, mais surtout logiques de situation spécifiques qui contraignent perceptions, calculs et tactiques des acteurs.
    Paru en 1986, réédité ds 1992 au format poche, ce livre a pris rang de classique. Pour cette troisime édition, l'auteur a remanié l'ouvrage pour en faciliter la lecture et l'a augmenté d'une préface inédite éclairant sa portée pour les débats actuels des sciences sociales.
    Ce livre est la preuve qu'une réflexion exigeante sur la société n'a que faire des conflits d'école opposant artificiellement l'individu et les structures, le sujet et la totalité sociale. (Revue française de science politique) A major contribution to the study of political crises. (Acta Sociologica) Ce livre a l'immense mérite de restituer au phénomne de crise politique son statut de normalité. (La Quinzaine littéraire)

  • A l'occasion du centenaire de la naissance de Jean Vilar, le Comité d'histoire du ministère a choisi de rééditer cet ouvrage, paru en 1997 et épuisé depuis lors.
    Cet ouvrage rassemble les comptes-rendus inédits des « Rencontres d'Avignon » avec les entretiens inédits d'artistes, d'élus, d'administrateurs... dont la portée émancipatrice de leurs réflexions devait permettre de structurer une nouvelle vision de la politique culturelle populaire. Voici les thèmes abordés au cours de ces entretiens successifs :
    - Développement culturel (Premières Rencontres - Avignon : 20-31 juillet 1964) ;
    - L'École, institution culturelle ? (Deuxièmes rencontres - Avignon : 21-26 juillet 1965) ;
    - Le développement culturel régional (Avignon : 30 juillet-4 août 1966) ;
    - La politique culturelle des villes (Quatrièmes rencontres - Avignon : 29 juillet-3 août 1967) ;
    - La politique culturelle de sept villes françaises (Cinquièmes Rencontres - Grenoble : 28-30 mars 1969) ;
    - Le développement culturel dans les collectivités locales en Europe (Sixièmes Rencontres - Avignon : 20-24 juillet 1970).
    Parmi les témoignages, on retrouvera ceux de : Michel et Sonia Debeauvais, Pierre Jacquier, Bernard Gilman, Paul Puaux, Jean Verpraet, Jack Ralite, Maurice Imbert, Joffre Dumazedier, Jean Hurstel, Gabriel Monnet, Augustin Girard...

  • En 1958, quand de Gaulle revient aux affaires, la France n´a plus de politique arabe. La guerre d´Algérie, l´expédition de Suez et la livraison à Israël de sa technologie nucléaire ont réduit à leur plus simple expression ses relations séculaires avec le monde arabe. Le Général rétablit les liens en restaurant la paix en Algérie et en offrant une troisième voie entre le soutien inconditionnel de Washington à Israël et l´appui de Moscou aux régimes socialisants. Mais c´est à l´initiative de Georges Pompidou que l´Europe des Neuf évoque pour la première fois, en 1973, « les droits légitimes » des Palestiniens. Si, par la suite, Paris a pu parfois faire entendre sa voix en ce domaine, c´est grâce à d´éminents ministres comme Michel Jobert, Claude Cheysson, Hubert Védrine ou Alain Juppé. Cependant, la France - pas plus que l´Europe - n´a guère pesé dans le règlement du contentieux israélo-arabe, encore moins depuis le réalignement de Nicolas Sarkozy sur Washington. Est-ce cette impuissance qui l´a conduite à se montrer trop souvent aussi affairiste et indifférente au respect des droits humains que ses partenaires dans ses relations avec les dictateurs ?
    Il est vrai que la donne a changé avec l´apparition de l´islamisme radical, les menaces qu´il fait peser, et, par ailleurs, avec la difficile intégration d´une immigration maghrébine dans un contexte de crise économique et de réflexes sécuritaires. La France a peut être encore un rôle à jouer, des idées à défendre, mais lesquelles ?
    Ignace Dalle, journaliste, fut chargé des questions arabes à l´AFP, en poste à Beyrouth, à Amman puis au Caire et, enfin, à Rabat. Il est l´auteur chez Fayard des Trois Rois, la monarchie marocaine de l´indépendance à nos jours (2004) et de Hassan II entre tradition et absolutisme (2011). Il a collaboré également au Monde diplomatique et au site Bakchich.  

  • Dix ans après sa création, la Société Française de l'Evaluation fait le point sur les pratiques d'évaluation initiées depuis vingt ans en France. Ces contributions soulignent leur diversité, leur richesse, leur efficacité, mais aussi les défis à relever : toucher le grand public, développer le savoir sur l'évaluation, diffuser en profondeur une culture de l'évaluation, décloisonner les disciplines et les méthodes, mieux utiliser leurs résultats.

  • L'éducation est aussi une réalité économique. Elle a un coût, elle détermine des professions et donc des salaires et des revenus, elle est un investissement pour les Etats et les collectivités, un objet d'appropriation pour les individus. Elle est un bien. Mais un bien s'apprécie (s'évalue), s'échange, s'acquiert, se transmet en héritage, s'achète, se vend. Ni la mondialisation, ni le néolibéralisme ne sont à l'origine du processus de marchandisation du savoir comme de l'éducation, mais l'une et l'autre ont fondamentalement changé la donne.

  • Après avoir élaboré une présentation de la Comédie-Française, les résultats de l'enquête permettent de dégager l'image de la salle Richelieu, les caractéristiques de son public, les mobiles et les modalités de la fréquentation de cette salle et les attentes des spectateurs.

  • L'homme providentiel est une représentation politique venue des origines de notre histoire. Thiers, Boulanger, Clemenceau, de Gaulle ont, entre autres, incarné cette figure. Pourtant ils ne se ressemblent pas, et leur place, laissée dans l'histoire, est inégale. Quel est leur point commun ? Avoir su répondre à l'attente du pays et incarner l'image du chef capable de rassembler les Français, réformer l'Etat et représenter l'avenir. Depuis l'avènement de la Ve République, l'image du sauveur a disparu de notre paysage politique. Pourquoi ?

  • Comment le chiffre est-il devenu depuis 2006, date d´entrée en vigueur de la Loi organique sur les lois de finances, la pièce maîtresse d´une manière de gouverner dans laquelle la décision politique est soumise à une logique du résultat ? L´auteur s´interroge sur l´emprise actuelle de l´évaluation gestionnaire sur la définition de l´activité de gouvernement. Il montre comment elle affadit les pratiques démocratiques. Il aborde les formes de résistance que les agents de la fonction publique et les citoyens peuvent opposer à cette érosion.

  • Les multiples réformes qui ont touché les administrations publiques ont profondément transformé l'environnement de travail des employés, les projetant dans une ère nouvelle appelée ici "l'après-fonctionnariat". Ils font actuellement face à de nouvelles conditions d'emploi et manières de travailler ayant pour objectif de rendre le service public davantage performant. Avec quels impacts sur leurs identités et leurs motivations au travail ? Voici les résultats d'une recherche réalisée en Suisse.

  • Les droits constitutionnels des démocrates contemporains accordent une place plus ou moins grande aux liens entre justice et démocratie. Qu'il s'agisse de la justice rendue par des représentants élus, de transparence, d'un contrôle populaire exercé sur les juges ou encore de la participation des citoyens ou jurys, cet ouvrage compare le système de la France à celui de nombreux autres pays. La question de la pertinence de modifications en France, notamment au regard des exigences européennes, est posée.

  • Huit études sur les interactions du développement et de la culture, notamment au niveau de la conception et de la mise en oeuvre des projets; mesures pratiques pour donner une dimension culturelle aux projets de développement.

  • La France est entrée depuis les années 1990 dans une ère nouvelle : l´immigration et les productions culturelles qui ont émergé des communautés postcoloniales ont produit des structures socioculturelles radicalement nouvelles, interrogeant ainsi l´idée de « francité» et le sens même du mot « nation ». Dans cet ouvrage original à plus d´un titre, Dominic Thomas explore les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d´États-nations modernes en faveur de mécanismes économiques, juridiques et politiques supranationaux.

    Pour analyser les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, de l´affaiblissement de l´État-nation et de l´émergence de générations de jeunes exclus, l´auteur s´appuie sur une étude comparatiste des oeuvres littéraires d´écrivains africains, français ou antillais. Ce faisant, il donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l´immigration et l´émergence d´une littérature « afro-française », qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la langue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie. Et en mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, gender studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), cet ouvrage permet d´envisager de nouvelles manières de réfléchir sur la dimension symbiotique des relations entre la France et le monde francophone.

    Soulignant l´importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui prendrait en compte la longue histoire des échanges coloniaux et postcoloniaux, ce livre fait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au coeur de l´ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité.

  • A partir de ses expériences, l'auteur élabore un système concret d'actions et de décisions, forme originale de conduite des projets.il montre comment, en associant les différentes catégories d'acteurs privés et publics, une pratique d'innovation collective peut prendre corps et progresser au niveau local. Cette démarche permet au local de s'ouvrir aux autres niveaux de l'organisation et de la décision territoriale, notamment la région, l'État, l'Europe.

  • Depuis le début des années 80, l'aide aux victimes connaît un essor remarquable dans notre pays. Longtemps cristallisées autour de l'indemnisation des préjudices nés de l'infraction, les politiques publiques actuelles tendent vers la restauration globale de victimes.

  • Ce terme d'arabofrancophonie entend refléter une situation qui, dépassant la simple coexistence, s'affirme dialogue, complicité, symbiose, entre le monde arabe et le monde francophone. De cette rencontre entre deux cultures, par le biais d'une langue partagée, est née ici, ou se dessine là, une nouvelle manière d'être au monde, une identité originale, réponse emblématique aux dangers d'un monde unipolaire, générateur de haines et de conflits.

  • En croissance régulière, les transports aériens sont parfois victimes de leur succès et de leur effet de masse. Si la lutte contre les incidents techniques ou les défaillances humaines (volet sécurité) a progressé ces dernières années, chaque accident frappe les esprits et inquiète. Depuis les années 70, les transports aériens sont des cibles de choix pour les mouvements terroristes justifiant de repenser les politiques de lutte contre cette menace (volet sûreté). Comment la règle de droit peut-elle permettre d'améliorer la sûreté des transports aériens ? D'autre part, contribue-t-elle à un règlement efficace des défaillances de ces transports ?

  • Ce livre retrace le développement de cette activité spécifique de la gendarmerie qu'est la police de la route, en retraçant son histoire depuis les années 1920, tout en insistant sur les évolutions importantes intervenues au cours des dernières années. A partir d'une enquête de terrain sont mises en évidence ses caractéristiques organisationnelles et culturelles, notamment son orientation répressive et les difficultés d'évaluation de son impact sur la sécurité routière.

  • Les questions sanitaires et sociales sont au coeur du débat public, notamment la question des retraites et de l'assurance maladie. Cet ouvrage analyse les enjeux des débats contemporains en étudiant le développement et le fonctionnement des principales institutions du secteur. L'éclairage porté sur les systèmes de pouvoir et de décision du gouvernement de la protection sociale permet de comprendre la manière dont les problèmes sociaux sont posés aujourd'hui et les types de réponses qui y sont apportées.

  • Jean-Claude Gillet poursuit ici son travail de description et d'analyse sur les apports du Parti socialiste unifié (PSU) dans la vie politique française (1960-1990). Après un ouvrage sur les étudiants de ce parti, un sur les liens entre luttes sociales et combats politiques théorisés par cette organisation, un consacré à la fédération corse du PSU et un à la fédération catalane, l'auteur propose pour la première fois une étude transversale de la praxis du Parti socialiste unifié, de sa pensée et de son action, dans le champ de l'éducation populaire, de la culture et de l'animation socioculturelle.

  • L'hospitalité n'est pas seulement une valeur traditionnelle. Elle est aussi, dans le contexte municipal, un ensemble de pratiques plus ou moins codifiées, destinées à encadrer l'arrivée et le séjour de l'étranger, réglant ainsi les frontières de l'intégration. Ces pratiques, à la fois politiques, juridiques et sociales, s'adressent elles-mêmes non seulement aux étrangers stricto sensu (l'étranger national), mais à tout groupe, famille ou individu considéré comme « autre » en vertu de sa provenance, sa mobilité, sa culture ou sa religion. Où commence cette altérité ? En vertu de quelle légitimité est-elle ainsi définie ? Quel régime lui applique-t-on ? Quelles sont les contradictions et les conséquences de la division entre « ressortissants » et « non ressortissants », consubstantielle à la pensée d'État ? C'est en convoquant des approches disciplinaires diversifiées - en particulier historiques, sociologiques et juridiques - que le présent ouvrage entend clarifier ces questions pour percevoir, sous les logiques affichées, les ressorts normatifs de l'accueil des « étrangers » qui incombent aux municipalités, responsables de fait de la cohésion sociale.

  • Etude de la crise qui a débuté le 11 avril 1996 avec le déclenchement de l'opération Raisins de la colère et qui s'est terminée le 26 avril par l'instauration d'un nouveau cessez-le-feu.

  • Ce cinquième volume de l´Histoire de la IVe République marque l´aboutissement - sinon encore le dénouement ! - d´un travail sans égal entrepris il y a quarante-cinq ans (son premier tome, La République des Illusions, parut en 1965). Comme ses prédécesseurs, devenus ouvrages de référence, ce volume est le fruit d´une enquête exhaustive, de la confrontation de centaines de documents d´archives françaises et étrangères, très souvent de première importance, jamais encore consultés, avec les témoignages des principaux acteurs. C´est un livre hors normes qui nous conduit dans une société française à mille lieues de la France d´aujourd´hui. Les révélations y abondent, sur les sujets les plus variés : guerre d´Algérie, drame des populations, écartèlement de l´armée, scandales politico-policiers, dysfonctionnements du régime, retour du général de Gaulle au pouvoir, etc. L´auteur a connu et souvent vu vivre les personnages qu´elle évoque. Sous sa plume, ils deviennent des êtres de chair et de sang avec leurs faiblesses, leurs erreurs, mais aussi, pour beaucoup, leur courage et leur dévouement à la chose publique. Voici des années que l´éditeur et l´auteur reçoivent des lettres de lecteurs réclamant la suite et fin de cette foisonnante Histoire de la IVe République. En ouvrant cet ouvrage qui a demandé une bonne décennie de travail, ils ne seront pas déçus.

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