• "Le scénario américain s'est imposé comme modèle du scénario de fiction. Cette critique du scénario américain est celle de la formatisation narrative induite par les exigences externes dans la scénarisation du film à faire. Ces notions étouffent l'ambition du cinéma d'inventer sa propre narration et d'offrir au spectateur la vision non conforme sur le monde. Il s'agit alors désormais de concevoir le scénario et la pratique de l'écriture dans l'intention du film et non le film au service d'une histoire."

  • Ce goût dit vin

    Yves Belaubre

    • Uppr
    • 12 December 2016

    Les dernières découvertes archéologiques établissent que les hommes boivent du vin depuis le Néolithique, et l'on en retrouve les traces aussi bien dans des jarres iraniennes vieilles de 7000 ans, qu'en Turquie, dans des vases vieux de 6000 ans, ou encore dans des tombes de rois de l'Antiquité égyptienne. Certes, les hommes n'ont pas toujours dégusté ni vinifié le vin comme nous le faisons aujourd'hui.
    Toutefois, le vin a toujours été un breuvage spécial, parfois à caractère sacré, souvent métaphoriquement associé aux expériences mystiques. D'un autre côté, l'industrie s'est emparée de ce "produit", mettant en avant les valeurs de plaisir et de partage qu'il véhicule, mais aussi ses atouts socio-économiques. Or, depuis quelques années, des anciens et de nouveaux venus dans le monde vigneron défendent une conception de la culture, du gout et de la convivialité du vin qui rompt avec la standardisation et la logique du rendement.
    Les nouveaux buveurs qui les soutiennent recherchent des vins sans maquillage ni trucage chimique, qui parlent de la générosité de la nature et du savoir-faire respectueux d'hommes et de femmes qui la conduisent jusqu'au verre à travers la fructification du cep. Ces vins, que l'on dit "nature" car sans intrants chimiques ni dans le vignoble ni au chai, sont reconnus plus digestes. Mais surtout, ils expriment un gout unique, non reproductible, aussi nouveau qu'il est ancien : celui d'une nature qui s'offre à la dégustation de ceux qui abandonnent l'illusion paranoïaque de la dominer.
    Ce gout dit vin cache un essai d'éthique contemporaine...

  • Le dimanche 23 août 1942, les cures du diocèse de Toulouse montent en chaire pour lire aux fidèles une lettre que leur a envoyée leur archevêque, Mgr Saliège. Sans détours, dans des termes simples, clairs et charges d'émotion, l'archevêque de Toulouse s'élève contre les arrestations et les déportations de Juifs de l'été 1942. Cette lettre dont le gouvernement de Vichy avait tenté d'empêcher l'envoi sera lue sur les ondes de la BBC et transmise au pape Pie XII. Au même moment, Mgr Saliège protège les activités des ecclésiastiques de son diocèse qui mettent a l'abri des Juifs persécutés en leur fournissant faux papiers, certificats de baptêmes et refuges dans des familles et des institutions. Tous les pouvoirs qui agissent en France s'intéressent a lui : Vichy veut le réduire au silence ; l'armée allemande prépare sa déportation ; la Resistance communiste du Languedoc et la France libre prennent contact avec lui pour qu'il s'engage à leurs côtés.
    Ce récit revient sur l'une des pages les plus sombres de l'Histoire de France, celle de la complicité de Vichy dans la Solution finale et fait revivre les résistances multiples que des Français ont pu organiser face au crime de masse qui se préparait sous leurs yeux. La parole forte de Mgr Saliège ne rend que plus étrange le silence de Pie XII.

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