• Dans « Une énigme », un vieux cow-boy déambule dans la rue principale de Livingston (Montana) après la fermeture des bars. « Il ne restait plus beaucoup de spécimens de son genre, de ces types qui s'étaient fait amocher par des chevaux dans des coins éloignés de tout secours et qui avaient toujours les mains aussi dures que du cuir. Ils ne quittaient jamais leur vieux Stetson afin qu'on ne les prenne pas pour des cheminots. » Suivent un architecte maussade, un accident de voiture, un pirate de la route, un rapport sexuel inopiné et une explication avec un policier, tout cela en l'espace de cinq pages. Dans le dernier paragraphe, l'image du vieux cow-boy arpentant la rue déserte prend une tout nouvelle signification qui vient éclairer les vicissitudes de l'humaine condition. « Kangourou » met en scène un homme en liberté conditionnelle, récidiviste, qui traverse l'État pour aller récupérer les cendres de sa mère, pourchassé par son contrôleur judiciaire et un flic nerveux de la gâchette ; « L'Automobiliste » un enfant victime inconsciente d'une mère négligente ;
    « Little Big Horn » un narrateur qui évoque, avec humour et à ses dépens, une histoire d'amour de jeunesse qui tourna court ; dans « Tango » un médecin se remémorant ses difficultés à communiquer avec une certaine femme et les conséquences tragiques de cet échec.
    Thomas McGuane livre ici neuf textes ciselés qui confirment, s'il en était besoin, son statut de maître de la nouvelle. Son art, qui convoque et mêle avec fluidité le merveilleux et le terre-à-terre, s'attache à dépeindre avec un fatalisme grinçant mais non exempt de compassion les rêves brisés et les mauvaises décisions d'exclus, de marginaux et de contestataires qui cherchent à faire la paix avec le monde. L'auteur sait extraire l'ordre du chaos et, en un seul paragraphe, rendre cohérents des événements et des images en apparence sans rapports.

  • Premier roman de Thomas McGuane, Le club de chasse se déroule dans le Nord-Michigan, parmi les rivières limpides et les forêts verdoyantes. Au beau milieu de cette nature idyllique s'est bâti un club de chasse luxueux où se retrouvent des hommes d'affaires raffinés et de jeunes rentiers de Détroit qui viennent se reposer dans un club très select fondé par leurs grands-parents, au bord d'un lac.
    Si le cadre est paradisiaque, McGuane plonge rapidement le lecteur dans une spirale de destruction. En effet, tandis que le candide narrateur n'aspire à rien d'autre qu'à se reposer, Vernor Stanton, va semer le trouble. Ce dernier, fils de bonne famille, est un trublion notoire. Il prend un malin plaisir à ridiculiser tous les membres du club, qu'il considère vieux avant l'âge.. Violence, expériences limites, toutes choses qui rôdent à la lisière des consciences et de l'apparente civilité des membres du club surgissent alors.
    Thomas McGuane livre ainsi un roman explosif où l'on se livre à des duels pervers, on dynamite un barrage, des incendies éclatent, d'augustes bâtiments sont volatilisés et, pour le plus grand plaisir du lecteur, ce feu d'artifice s'achève en un bouquet final aussi spectaculaire qu'inattendu.


  • histoire d'une famille, ce roman relate avant tout celle de bill champion.
    caracolant dans un ranch aux airs de conquête de l'ouest, géographiquement tout proche, mais si éloigné de la ville, de ses valeurs factices et de ses embrouilles financières, le cow-boy d'un autre âge observe en silence les déchirements d'une famille qu'il a toutes les raisons d'aimer clandestinement. c'est sans doute lui le véritable héros de ce récit oú le comique de farce le dispute au macabre et à l'élégie d'un monde qui disparaît et qui pourtant renaît.
    à la cadence de l'herbe.

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  • Et si le secret du bonheur se trouvait dans quelques échappées solitaires au bord des plus belles rivières du monde ? Si le monde trouvait enfin son sens alors qu'armé de sa canne à pêche, on tente pour la millième fois le lancer parfait ? Avec ce récit autobiographique, Thomas McGuane nous ouvre la porte d'une enfance et d'une vie passée au contact de la nature et nous invite à une parenthèse salvatrice pour mieux savourer la richesse du monde qui nous entoure et "éveiller de plus grandes réverbérations en nous-mêmes".
    Icône du nature writing américain, enfant terrible de l'Ouest, Thomas McGuane nous berce de sa prose sans égale nous entraînant dans un monde sauvage dont il sait parfaitement révéler la lumineuse splendeur.

  • Qu'un piano soit criblé de chevrotine par un enfant embusqué dans un arbre, et c'est l'harmonie du monde qui vole en éclats. Mais que cet enfant, le nez plongé dans les entrailles de l'instrument, l'imagine chargé d'épices et voguant intact sur l'océan, et c'est l'imaginaire qui ordonne le chaos. Sous le double signe d'un désordre échevelé, burlesque et jubilatoire, et du pouvoir de l'imagination - de la littérature-, Thomas McGuane reprend à son compte la tradition picaresque de Don Quichotte en la transposant dans l'espace américain des années 70. Son jeune héros, Nicholas Payne, successivement routard paumé, amoureux transi, cow-boy dérisoire, bâtisseur de chauves-souricières pour le compte d'un inénarrable amputé multiple, nous entraîne dans d'invraisemblables aventures, dont la plus vertigineuse est sans doute celle d'une écriture éblouissante, qui oscille constamment entre ordre et chaos, tradition et parodie, burlesque et poésie.

  • Médecin dans le Montana, ostracisé suite à une disgrâce professionnelle, Berl Pickett fait le point sur sa vie : famille tordue, conquêtes féminines indociles, patients toqués, ratages divers. Cocasse, amère, sensualiste, la confession en roue libre de cet aimable excentrique dresse un vibrant tableau de l'Amérique ordinaire et d'une nature sauvage où il fait bon s'oublier.

  • Si vivre, c'est avant tout ne pas manquer de parole à l'éternité, on pratiquera bien sûr la pêche à la mouche dans les rivières du Montana tout en élevant des bouvillons sur un ranch de cow-boy. Mais pour Lucien Taylor, le héros de La source chaude, les choses ne sont pas aussi simples : deux femmes au moins se partagent son coeur et, lorsque après des années tumultueuses il devient enfin riche et respectable en créant un établissement thermal, une question le taraude : est-ce vraiment ça, le rêve américain ? Comme dans ses autres romans, Thomas McGuane raille ici le kitsch des rapports sociaux et des émotions humaine avec une verve corrosive, un sens du burlesque et une compassion inégalable.

  • Intempéries semble être un ouvrage consacré à la pêche à la mouche.
    De la même façon, Moby Dick pourrait être considéré comme un roman traitant de la chasse à la baleine. La vérité est ailleurs.
    Intempéries est à la fois une autobiographie de l'enfant terrible des lettres américaines, un traité de Zen, un livre sur la vie qui passe, un récit d'aventures, un roman comique, un éloge de la nature et de l'amitié, une leçon de philosophie, beaucoup plus encore. Au fil des rivières, Thomas McGuane nous entraîne dans un voyage mouvementé aux quatre coins du monde avec ce style inimitable, cette complicité et cette profonde humanité qui ont fait son succès.
    " Thomas McGuane écrit mieux sur la pêche que n'importe quel autre être humain que cette terre ait porté. " Jim Harrison

  • « Thomas McGuane a un sens inimitable de la satire. Il combine à merveille l'ordinaire et l'extravagant. Et lorsque les deux se mélangent, le résultat peut être détonant. [...] Mc Guane nous offre ici une série de paysages imaginaires aussi mystérieux que séduisants. » The New York Times « McGuane est aussi spirituel et généreux qu'il l'a toujours été. Ce recueil de nouvelles, certainement le meilleur de tous ses livres à ce jour, confirme de façon radieuse et tonitruante son statut de maître de la littérature américaine contemporaine. » Publishers Weekly « Les tensions évoquées dans ces nouvelles sont aussi vieilles que l'humanité, mais la limpidité de l'écriture de McGuane et son acuité psychologique leur donne une nouvelle vie. » Kirkus

  • En deroute

    Thomas Mcguane

    En déroute (Gallatyn Canyon), recueil de nouvelles de Thomas McGuane, permet à l'auteur, en dix textes, de donner toute la mesure de son talent. C'est de toute une palette de sensibilités qu'il joue ici : du truculent " cow-boy " qui rappelle l'Ouest de ses grands romans à " Gallatyn Canyon ", plus proche de A la cadence de l'herbe où l'absence de scrupules côtoie le mépris pour la vie d'un anti-héros vaniteux et finalement assassin, en passant par de très beaux textes sur la découverte de l'âge adulte (" Le Zombie ", " Glace ", " L'Enfant prodige ").
    McGuane n'a pas son pareil pour traquer les petits travers et les grandes lâchetés, les vaillances illusoires et les défaites quotidiennes (" Cercle vicieux ", " Vieux amis "). Jamais grandiloquent, et avec un humour tenace, il brosse ici une série de portraits d'êtres que le lecteur, séduit, ne peut s'empêcher de trouver attachants, malgré - et peut-être à cause de - leurs faiblesses. Alcoolique comme " Le Réfugié ", ou profondément solitaire comme l'avocat de la Côte est qui retourne dans le Montana de ses origines où rien ne lui rappelle plus rien, ce sont, sans tragédie mais avec nostalgie, des images d'humains en déroute.

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