• Les presque-humains : mutants, cyborgs, robots, zombies... et nous Nouv.

    Ni transhumain, ni posthumain, ni inhumain, le « presque-humain » désigne un nouveau domaine : celui qui se dessine en deçà de l'humain, là où notre condition devient une question plutôt qu'une évidence. Que nous disent-ils de ce que nous sommes devenus ces êtres (zombies, mutants, robots, cyborgs, goules, etc.) qui ne parviennent pas à être nos semblables, mais qui désirent nous ressembler au point parfois de devenir des caricatures de nous-mêmes ? Qu'ils soient amis ou ennemis, ces êtres fictifs hantent nos fantasmes et remettent en cause notre autonomie. Ils nous rappellent qu'être humain, c'est toujours être susceptible de faillir. C'est aussi un idéal auquel beaucoup aspirent. Entre menace de chute et rêve de plénitude, les presque-humains interrogent de manière originale ce que signifie être un homme ou une femme.

  • Combien y a-t-il de sexes ? « Deux ! », répond l'opinion. « Deux ! », répond la science. Heureuse concordance : c'est donc que l'opinion a raison, conclura-t-on. Mais est-on si certain que l'opinion et la science disent, sur la question du sexe, la même chose ? Quand l'opinion affirme qu'il y a deux sexes, elle soutient qu'il existe, dans chaque espèce, deux types d'individus et seulement deux. Il y aurait alors le masculin et le féminin comme il y a le Soleil et la Lune ou Mars et Vénus. Mais quand la science avance qu'il y a deux sexes, que vise-t-elle ? Quelle est, pour un biologiste, la signification des termes « mâle » et « femelle » ? En tentant de compter les sexes, on doit bientôt se risquer à distinguer le normal du pathologique. Offrant un riche panorama des connaissances biologiques sur le sexe, Thierry Hoquet barre la route à toute récupération hâtive visant à transposer aux humains ce que l'on pense savoir de la « nature ». Croisant des outils empruntés à l'épistémologie, à l'histoire des sciences et au féminisme, cet essai brise le cercle des questions : le genre précède-t-il le sexe, ou le sexe précède-t-il le genre ? Thierry Hoquet est professeur de philosophie à l'université Jean-Moulin Lyon 3, spécialiste de l'histoire et de la philosophie de la biologie. Il est l'auteur notamment de Darwin contre Darwin (Seuil, 2009), Cyborg philosophie (Seuil, 2011) et Sexus nullus, ou l'égalité (iXe, 2015). Il a dirigé l'ouvrage collectif, Le Sexe biologique. Anthologie historique et critique, en 3 volumes (Hermann, 2013) et traduit plusieurs essais.

  • "De la maternelle au baccalauréat, l'école est mixte, les enfants sont élevés ensemble, sur des programmes communs, avec des examens communs. Il est révolu le temps où, pour obtenir le certificat d'études, les filles devaient subir une épreuve de couture et les garçons de travaux manuels. À la majorité, qui est la même pour tout le monde, il n'y a plus en France de service militaire. Tous les citoyens de plus de dix-huit ans ont le droit de vote et paient leurs impôts de la même manière. L'instauration, en 2013, du mariage pour toustes a supprimé le dernier bastion où la différence des sexes pouvait faire sens: aujourd'hui, nos concitoyens et concitoyennes se marient avec la personne de leur choix, à l'exception de leurs consanguins. Ainsi, dans de multiples composantes de la vie publique la République se passe très bien de connaître le sexe des individus. Pourtant, on le fait toujours figurer à l'état civil. Au nom de quoi?"
    Lancée lors d'une morne campagne présidentielle, l'idée fit son chemin. Et si cet hurluberlu d'Ulysse Riveneuve avait raison? Si le grand problème de l'égalité femme-homme tenait à un si petit détail? À la fixation sur une identité sexuée au demeurant accessoire et sans pertinence pour les actes de la vie civile...
    Les médias avaient besoin de nouveau grain à moudre, ils se jetèrent sur la proposition. Et c'est ainsi que les dirigeants politiques et les médecins, juristes, féministes, virilistes, philosophes et psychanalystes, religieux de tous bords et anonymes de tous poils s'engagèrent passionnément dans le débat, et que le vieux pays, arraché à sa morosité, ouvrit au monde la voie de l'égalité universelle.

  • Dans son célèbre ouvrage, L'Origine des espèces, Darwin ne s'est pas uniquement préoccupé d'établir la sélection naturelle : il y mène également une réflexion sur les variations, les causes qui les produisent et les lois par lesquelles elles sont transmises ou non à la descendance. Cette tension entre variation et sélection, qui traverse l'ouvrage dès 1859, influença la réception de L'Origine. Elle autorisa en effet plusieurs manières d'être darwinien ou antidarwinien, au point de susciter des revendications paradoxales : certains crurent que l'important était la recherche des lois de la variation, et qu'ils pouvaient se proclamer darwiniens tout en rejetant la sélection naturelle si centrale dans le darwinisme... Les querelles de traduction et les ambiguïtés nées des modifications apportées par Darwin lui-même aux éditions successives de son oeuvre aggravèrent encore les tensions. Au fil de l'analyse, on constate que darwiniens et non-darwiniens composent une palette fort nuancée et qu'ils finissent par se rejoindre dans une commune posture : pour défendre leurs positions, tous jouent Darwin contre Darwin.Thierry Hoquet est maître de conférence en philosophie à l'université Paris X-Nanterre.

  • Cyborg hante la culture contemporaine, au cinéma ( Robocop, Terminator ) ou dans les mangas. Il s´incarne dans les sportifs dopés, dans les prothèses médicales et dans les fantasmes d´« humanité augmentée », voire immortelle.
    Mais Cyborg est aussi - et surtout - une figure philosophique. Cet hybride d´organisme et de machine bouleverse en effet les dichotomies fondamentales de notre pensée : nature/artifice, humain/non-humain nature/culture, masculin/féminin, normal/pathologique, etc. À partir d´une lecture personnelle des travaux de Georges Canguilhem et de Donna Haraway, Thierry Hoquet explore l´énigme de cette figure : Cyborg est-il un instrument susceptible de nous conduire vers une humanité libérée des dualismes, colombe platonicienne rêvant d´un ciel sans air où elle pourrait voler plus librement ? Ou marque-t-il au contraire notre asservissement à un système technique de contrôle et d´oppression, incarnation d´une humanité perdue dans le cliquetis mécanique de l´acier ?
    Penser philosophiquement Cyborg, c´est réfléchir sur les rapports entre la machine et l´organisme et sur la possibilité de les composer. C´est aussi penser la différence des sexes en lien avec la nature et la technique et, peut-être, ouvrir la voie à une autre manière d´articuler le masculin et le féminin. On l´a compris : Cyborg vient troubler la philosophie - il décrit notre condition et ses insolubles contradictions.

  • This root-and-branch re-evaluation of Darwin's concept of sexual selection tackles the subject from historical, epistemological and theoretical perspectives. Contributions from a wealth of disciplines have been marshaled for this volume, with key figures in behavioural ecology, philosophy, and the history of science adding to its wide-ranging relevance. Updating the reader on the debate currently live in behavioural ecology itself on the centrality of sexual selection, and with coverage of developments in the field of animal aesthetics, the book details the current state of play, while other chapters trace the history of sexual selection from Darwin to today and inquire into the neurobiological bases for partner choices and the comparisons between the hedonic brain in human and non-human animals.Welcome space is given to the social aspects of sexual selection, particularly where Darwin drew distinctions between eager males and coy females and rationalized this as evolutionary strategy. Also explored are the current definition of sexual selection (as opposed to natural selection) and its importance in today's biological research, and the impending critique of the theory from the nascent field of animal aesthetics. As a comprehensive assessment of the current health, or otherwise, of Darwin's theory, 140 years after the publication of his Descent of Man, the book offers a uniquely rounded view that asks whether `sexual selection' is in itself a progressive or reactionary notion, even as it explores its theoretical relevance in the technical biological study of the twenty-first century.

  • L'objet de cet ouvrage est, comme sa composition, double : interprétatif et documentaire. Il donne à penser la relation entre la science de Buffon et son illustration. En première partie, une étude historique et épistémologique dégage les principaux caractères et la grande harmonie de ce corpus, en le comparant à d'autres ouvrages illustrés (Ruysch ou Perrault) ou au contraire privés d'images (Linné). À tirer ainsi les leçons de l'illustration pour la lecture de l'Histoire naturelle, on est alors surpris de découvrir la profonde unité de l'ouvrage, à travers les contributions des différents collaborateurs : Buffon bien sûr, Daubenton évidemment, mais aussi De Sève. Dans un deuxième temps, l'ouvrage présente un corpus iconographique unique, qui met à la disposition des lecteurs l'ensemble des planches illustrant la première série de l'Histoire naturelle générale et particulière (édition princeps, 1749-1767, quinze volumes in-4°). Par là, il s'agit de rendre l'iconographie disponible pour de nouvelles recherches sur l'Histoire naturelle. On peut espérer que ce corpus, exhaustif mais restreint aux quinze premiers volumes, rendu maniable par sa réunion en un volume inédit, suscitera de nombreux travaux.

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