• En 1761, l'homme de lettres français Louis Gougenot décrivait la fascination exercée sur les artistes contemporains par les vestiges des jardins du prince de Guise à Arcueil. Ce domaine connut son âge d'or au début du XVIII e siècle. Proche de l'aqueduc construit pour Marie de Médicis entre 1614 et 1624, le château était entouré par un vaste jardin comportant parterres, surfaces boisées, galeries couvertes et escaliers. La Bièvre, canalisée et bordée des deux côtés par des parterres et des potagers, traversait le bas de la propriété près d'un moulin.
    Après la mort du prince de Guise en 1739, le domaine changea de propriétaire puis fut morcelé par ses héritiers. En 1752, lors de sa vente, le château et le parc furent détruits dans des circonstances qui demeurent obscures. On rasa la maison principale et l'orangerie, on combla les bassins, on coupa des arbres. Entre les XIX e et XX e siècles, aux alentours de l'aqueduc, surgit la ville d'Arcueil et de ce grand ensemble, aux jardins somptueux et aux nombreuses dépendances, il ne reste aujourd'hui que des fragments.
    Cependant, la mémoire historique de ces lieux demeure dans les dessins de paysages d'Arcueil réalisés dans les années 1740 par quatre artistes : Jean-Baptiste Oudry, François Boucher, Jacques-André Portail et Charles-Joseph Natoire. L'exposition et le catalogue dédié réunissent pour la première fois la quasi-totalité de ces dessins.

  • En Pologne, 2012 fut proclamée Année Janusz KORCZAK. Ainsi s´agissait-il de rappeler qu´en 1912, cet éducateur visionnaire avait créé un centre pour enfants en difficulté dont le fonctionnement était particulièrement innovant : la Maison de l´Orphelin. Quatre-vingts ans avant la rédaction de la Convention Internationale des droits de l´enfant (CIDE), cet établissement, très vite surnommé « la République des Enfants », sensibilisait ses pensionnaires à leurs droits et à leurs responsabilités.

    2012 était également le rappel d´un événement tragique, celui d´un jour d´août 1942, où l´orphelinat avec ses deux cents pupilles, ses éducateurs et son directeur fut transféré par les nazis du ghetto de Varsovie au camp d´extermination de Treblinka.


    Henryk GOLDSZMIT, plus connu sous son pseudonyme de Janusz Korczak, fit tout ce qui était en son pouvoir pour nous faire prendre conscience que l´enfant est une personne à part entière, dont le bonheur dépend de la bonne volonté et de la compréhension du monde qui l´entoure. Homme de conviction, Korczak affirma avec force que les enfants ne diffèrent que très peu des adultes - la différence intervient dans le domaine des émotions. Plus qu´une célébration d´anniversaires, 2012 se posait donc comme la proposition de jeter un regard pertinent sur l´héritage universel d´un militantisme en faveur du respect de l´enfance que nous laissa cet être d´exception. Le présent ouvrage renouvèle l´éclairage porté sur son oeuvre de précurseur.

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