• « Depuis L'empire du bien, le Bien a empiré. » nous dit Philippe Muray dans sa préface. Depuis la "fin de l'histoire", l'emprise de la bien-pensance et de l'altruisme ne cesse de grandir (et que dire d'aujourd'hui, vingt ans plus tard !) : nous vivons à l'ère des conformismes, des fausses idoles médiatiques et du vide universel au nom d'un humanisme privé d'humanités... La dictature du prêt à penser et de la bienveillance, rançon de l'inculture, empoisonne nos vies de joyeusetés factices dans laquelle l'homme contemporain se perd. C'est contre ce paradoxe permanent que l'auteur nous invite avec humour à conjurer la pensée unique et la lobotomisation des esprits. Et à célébrer la liberté de penser, et donc de critiquer, avec un humour flamboyant et ravageur.

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  • De 1997 à 2005, Philippe Muray publie l'essentiel de son oeuvre critique en quatre volumes qui rencontrent un succès grandissant. Sous le titre commun d' Exorcismes spirituels paraissent ainsi :
    1- Rejet de greffe (1997) ;
    2- Les mutins de Panurge (1998) ;
    3- Dans la nuit du nouveau monde-monstre (2002) ;
    4- Moderne contre moderne (2005) ;

    Voici les plus percutants d'entre eux, ceux qui reflètent le mieux la diversité et l'ampleur du talent de l'auteur rassemblés en deux volumes pour Tempus.
    Un festival pour l'esprit au confluent de la verve rabelaisienne, de l'acide célinien et de la profondeur balzacienne.
    Constatations générales : 1°) effacement des dernières possibilités d'énonciation du négatif ; 2°) éradication de l'esprit critique ; 3°) disparition du réel ; 4°) festivisation de la société ; 5°) destruction de l'autonomie de la littérature.

  • De 1997 à 2005, Philippe Muray publie l'essentiel de son oeuvre critique en quatre volumes qui rencontrent un succès grandissant. Sous le titre commun d'Exorcismes spirituels paraissent ainsi :
    1- Rejet de greffe (1997) 2- Les mutins de Panurge (1998) 3- Dans la nuit du nouveau monde-monstre (2002) 4- Moderne contre moderne (2005) Voici les plus percutants d'entre eux, ceux qui reflètent le mieux la diversité et l'ampleur du talent de l'auteur rassemblés en deux volumes pour Tempus.
    Un festival pour l'esprit au confluent de la verve rabelaisienne, de l'acide célinien et de la profondeur balzacienne.
    Constatations générales : 1°) effacement des dernières possibilités d'énonciation du négatif ; 2°) éradication de l'esprit critique ; 3°) disparition du réel ; 4°) festivisation de la société ; 5°) destruction de l'autonomie de la littérature.

  • Festivus Festivus L'époque refait le monde, elle y met tous ses soins. Puis elle contemple son ouvrage et elle le trouve bon. L'écrivain Philippe Muray, dans ces dialogues avec Élisabeth Lévy réalisés peu avant sa disparition, se demande plutôt s'il y aurait quelque chose à en sauver. Au fil de sept conversations mouvementées, Muray et Lévy font assaut de désaccords, divergences, dissensions et discordes. Assez souvent aussi, ils tombent d'accord ; mais sur quoi, quand on ne sait plus de quoi est faite la réalité ? Pendant ce temps, l'événement passe et repasse. De Bagdad à Paris-Plage, de la Nuit blanche à la canicule noire, des intermittents en éruption au mariage gay, du Christ de Mel Gibson aux damnés de l'alter(mondialisme), du 11 septembre au 21 avril, nous suivons les aventures de Festivus festivus, « dernier homme » occidental, rebelle rémunéré, créature emblématique de la nouvelle humanité. Et toujours revient cette interrogation lancinante, cette obsédante question de fond : y a-t-il une vie après l'Histoire ? La réponse est oui. Mais dans quel état !

  • "Choses vues" dans les dernières années du XXe siècle, les chroniques ici rassemblées dressent un portrait aussi précis que possible de notre temps; et, simultanément, elles ébauchent une théorie générale de ce moment de la civilisation que Philippe Muray appelle l'ère hyperfestive, car l'accumulation illimitée de fêtes en est devenue l'occupation la plus fervente et la consolation la plus quotidienne. L'individu inédit que cette civilisation est en train de façonner a donc lui aussi un nom qui n'était encore jamais apparu nulle part Homo festivus. Après l'Histoire est le récit, à la fois inquiétant et comique, des aventures de ce personnage qui ne ressemble plus à rien de connu jusque-là. On y trouvera des aperçus étonnants sur son idéologie, son langage, ses habitudes, son comportement intime, sa morale publique, ses nouvelles méthodes pour faire régner l'ordre et même, de plus en plus souvent, et de manière impunie, la terreur. Pour espérer comprendre quelque chose à notre époque, il est indispensable de faire le pari que la métamorphose des hommes a déjà eu lieu et que leur mutation n'est envisageable qu'à partir de l'hypothèse d'une sortie définitive de la période historique, pour autant qu'Histoire et humanité étaient synonymes. Après l'Histoire veut donc dire aussi : après l'humain.

  • Desaccord parfait

    Philippe Muray

    La perspective de pouvoir me désolidariser encore de quelques-unes des valeurs qui prétendent unir tant bien que mal cette humanité en déroute est l'un des plaisirs qui me tiennent en vie.
    Quand les professeurs de vertu rétrospective et anhistorique racolent dans les médias ; quand n'existe plus d'ardeur que pour ce qui relève de la noyade dans l'indifférencié ; quand le chaos festif et touristique devient la trame de nos vies concrètes dans un monde qui se réaménage à toute allure en " espace de loisirs " ; quand la religion culturelle ne connaît plus les arts que pour les forcer à incarner le collectif euphorique, alors il est nécessaire de reprendre à zéro la critique d'une époque si pénible.
    La plus rude bataille, comme disait l'autre, contre qui doit-on la livrer ? contre tout ce qui fait de vous un enfant de son siècle : on ne peut penser clairement que ce qui tente de vous rejeter ou de vous dénoncer.

  • Le xixe siècle n'est pas seulement une période comme les autres.
    Arrière-monde du xxe, il en annonçait aussi l'étrange futur consolateur, avec le socialisme, l'occultisme et diverses formes de religions du progrès. dissemblables sinon opposés en apparence, ces mouvements, et d'autres apparentés comme le féminisme ou l'antisémitisme, obéissaient en fait à un code commun, à la fois simple et mystérieux, que philippe muray a entrepris de déchiffrer. a quelle nécessité politique répondait en effet hugo en exil lorsqu'il faisait tourner les tables ? pourquoi le positiviste auguste comte finit-il par fonder une religion, et blanqui, le socialiste, composa-t-il un ouvrage sur l'éternité par les astres ? de quel ciel jusqu'alors inconnu tomba l'ahurissante série des ultimes " évangiles " de zola ?.
    Au terme de cette enquête originale, le xixe siècle apparaît d'une brûlante actualité, car ce sont les " sorcières modernistes " de notre époque que philippe muray nous fait mieux comprendre : les sortilèges dont elles usent pour enthousiasmer les populations, obtenir leur obéissance, et même leur participation et les conduire, sans trop de problèmes, vers un avenir abominable.

  • Le volume II du Journal de Philippe Muray, publié en 2015, recouvrait les années 1985-1988, celui-ci prend donc la suite. 1989-1991, ce sont trois années cruciales pour l'écrivain, puisqu'il publie l'un de ses livres les plus brillants, La Gloire de Rubens, et qu'il se libère de ses anciens éditeurs pour entrer aux Belles Lettres, sur l'invitation de Michel Desgranges. En 1991 y paraît en effet L'Empire du Bien, où pour la première fois Muray peut s'exprimer en toute liberté et trouver enfin son style.

  • Céline

    Philippe Muray

    Écrire sur Céline, tout Céline, analyser le romancier génial, l'atroce pamphlétaire antisémite, l'amateur de ballets, de légendes médiévales, l'étrange promoteur d'un «socialisme à la française», avant la lettre, le pacifiste d'avant 40 et le collabo d'après 40 : tel est le pari de Philippe Muray qui, par-delà le commentaire détaillé de l'oeuvre, trace le portrait d'un des écrivains les plus coupables et les plus fulgurants de notre temps.

  • Essais

    Philippe Muray

    L'oeuvre de Philippe Muray (1945-2006) est de celles dont on ne se remet pas. Méchante pour certains, quasi prophétique pour d'autres, elle jette sur le monde une lumière si vive que la rétine s'en trouve brûlée, et superpose aux choses une indélébile petite tache d'ironie.
    Car ce qui caractérise notre époque est pour Philippe Muray son sérieux terrible, sa certitude agressive et béate d'être meilleure qu'un avant dont elle ne veut rien savoir et de se diriger vers un avenir aussi paradisiaque et inéluctable que désincarné. Cette dévotion à un Bien qu'on ne peut remettre en question est la source d'innombrables sottises, comme le chemin le plus court vers des formes nouvelles de barbarie.
    Pour la première fois, Les Belles Lettres publient donc, en un seul volume, sept des plus grands textes de Philippe Muray (L'Empire du bien, les deux tomes d'Après l'histoire et les quatre Exorcismes spirituels), afin de permettre au lecteur de saisir toute la puissance de sa vision, mais aussi de goûter à tout le brio de son style. Car si Philippe Muray porte un regard désespéré sur le monde, son désespoir n'est ni triste ni ennuyeux. On s'amuse beaucoup en compagnie d'une vaste galerie de personnages digne des Caractères de La Bruyère, dans laquelle un index permettra de se promener à loisir. Une annotation soignée éclaire également les diverses allusions factuelles.
    Parce que les cibles véritables de cette plume acérée sont toutes les formes de bien-pensances, son extraordinaire liberté de ton, outre l'hilarité qu'elle provoque, procurera à certains un véritable enthousiasme en ces temps souvent sombres.

  • « À quoi peut bien servir un Journal, celui-ci particulièrement ? À témoigner, mieux que les ordonnancements et les compositions des livres eux-mêmes (reposant sur un tri a priori) du tohu-bohu, du mélange, du perpétuel bordel dans une tête, de la superposition constante de préoccupations d'ordres multiples et différents.
    Ce témoignage peut-il intéresser qui que ce soit ? Encore faut-il que celui qui l'élabore ait réussi à se rendre intéressant. Qu'on ait envie de connaître sa vie, les mélanges amers de sa vie. Toute l'échelle des souffrances. » (Philippe Muray, 5 novembre 1984)

  • Nécessité de tenir mon Journal : dire le plus crûment possible tout ce que je pense être vrai et qui ne peut en aucune façon être avoué publiquement. Il y a des choses dont l'aveu vous condamne à jamais. Ça s'est passé à toutes les époques, mais plus encore dans notre société cordicole d'aujourd'hui. Donc, Journal. Cette activité « archaïque » justifiée par ce qu'il y a de plus moderne ou post-moderne dans l'ambiance de maintenant : l'impératif de Vertu totale dont les médias surveillent quotidiennement l'application.

  • Postérité

    Philippe Muray

    « Eh bien, voilà : tout le monde est tranquille sur les plages, c'est le train-train des, familles et des livres qui n'ont pas plus d'importance que des crèmes de bronzage, quand, tout à coup... Un cri ! Une vague de cris ! Le requin est là, il happe et déchiquète les mamans, les grands-parents, les enfants, l'eau est rouge de sang, c'est affreux, le soleil bascule. Un livre-pirate, à pavillon noir, entré en douce dans la baie ? Oui, l'innommable « Postérité », de Philippe Muray : (.) 438 pages de fiction furieuse, déchaînée, tassée, claire, lisible - mais il faut vouloir lire ! (.) Le narrateur : Jean-Sébastien, est correcteur d'épreuves dans une maison d'édition, le BEST. Cette entreprise est une usine de fabrication de livres en tous genres ;
    Sujets programmés à l'avance, vedettes venant demander d'être écrites par une équipe de nègres spécialisés. Le patron s'appelle Bauquer. Les deux principaux « écrivains » (avec IBM), Alex et Parneix.
    Leurs femmes, compagnes ou concubines : Angélique, Minisy, Selma, Camille. Les livres se succèdent à une cadence infernale, il faut couvrir tous les thèmes, dossiers confidentiels, astrologie, spiritisme, pornographie, espionnage, biographies, magie, alchimie, histoire enchantée, romans hypercommerciaux. Tous ces mots à consommer et qui ne sont pas faits pour durer, tous ces « succès du mois » sont avalés et traités par la machine dont la description ouvre le livre, la Cameron : « La vérité, c'est la machine. Et la machine se fout éperdument des longs placards imprimés qu'elle fait gicler sur ses tapis roulants, à travers ses pinces, ses rouages, ses broches, ses trépidations de pilon... » Bien. Pour Muray, on le voit, pas de nuances : la littérature est terminée, depuis longtemps, il n'y a plus que de la substance industrielle à fantasmes. La « pente » de l'édition est là, entre la clinique et le laminoir. » Ph. Sollers, extrait de l'article paru dans Le Nouvel Observateur, 1988

  • Minimum respect

    Philippe Muray

    Le monde est détruit, il s'agit maintenant de le versifier.The world is in shambles: now it has to be put into verse.

  • "Je ne parle d'art que parce que j'ai réussi à identifier l'art aux femmes et les femmes à l'art. Je juge les tableaux comme je juge les femmes, je les prends et j'en jouis comme il m'arrive de les prendre, elles, et d'en jouir. De la même façon aussi, je les oublie.

    Le Beau a toujours été une femme, quels que soient les prétextes idéalistes ou spiritualistes invoqués par les conceptions d'art successives en usage dans la civilisation. C'est pour représenter des femmes, des "Vénus", que le réalisme a été inventé, qu'un système de représentation mentale de plus en plus raffiné a été élaboré. Je vais à l'art par bouffées. Je ne peux aller à l'art que par bouffées. Je vais, je monte, je désire. Je préfère tel ou tel peintre, celui-ci plutôt que celui-là, comme je préfère telle blonde à telle brune, telle rousse à telle blonde, pour des raisons aussi radieusement futiles. Et, de même que l'"idéal féminin" c'est toujours une fille aussi belle qu'intelligente, de même, en art, l'idéal c'est de la peinture aussi belle qu'intelligente. Donc Rubens. Je réalise, en somme, le souhait de Baudelaire critique d'art: transformer la volupté en connaissance."

  • On ferme

    Philippe Muray

    A travers des personnages et une intrigue simples (il cherche des aventures sans lendemain, elle veut des lendemains sans aventure), ce roman explore dans son ensemble ce que tous les menteurs à gages, tous les charlatans de l'approbation du monde contemporain annoncent comme une civilisation nouvelle, et même vivable, alors qu'un mot suffit à la qualifier : désastre.

  • L'Auteur :
    Philippe Muray est romancier et écrivain. On lui doit les romans Chant pluriel (Gallimard, 1973), Jubila (Le Seuil, 1976), Postérité (Grasset, 1988) et On ferme (les Belles Lettres, 1997). Il a publié de nombreux essais remarqués, notamment : Céline (Le Seuil, 1981 ; Gallimard, Tel, 2001), L'Empire du Bien (Les Belles Lettres, 1991), Exorcismes spirituels I et II (Les Belles Lettres, 1997-1998), Après l'Histoire I et II (Les Belles Lettres, 1999-2000), et Désaccord parfait (Gallimard, 2000).

    Le livre Chers djihadistes... se présente comme une lettre adressée, après les attaques du 11 septembre 2001 et leurs suites, par le « dernier homme » - au sens nietzschéen, c'est-à-dire l'homme occidental moderne posthistorique - à l'ennemi islamique qui veut sa peau.

    Il s'agit, en substance, d'expliquer à celui-ci ce qu'est réellement cette civilisation terminale de l'Occident, et pourquoi c'est elle qui, par sa faiblesse même, jointe à une technologie démesurée, triomphera.
    De ce point de vue, Chers djihadistes... se veut une critique par prétérition de notre monde.
    D'un autre point de vue, il s'agit de suggérer dans ce livre :

    1° Que sous les dehors d'un assaut effrayant, criminel et grandiose contre les positions occidentales les plus avancées, c'est au contraire, et paradoxalement, l'irrésistible processus de démocratisation, d'alignement et de pacification de l'Islam qu'ont engagé, à leur propre insu bien entendu, les plus furieux des terroristes islamiques.
    2° Que l'Occident, de tout temps, a été fatal à Dieu (celui-ci, toujours né en Orient, est toujours venu se dissoudre dans la négativité occidentale) ; et que l'Internationale benladéniste, cette Djihad Company qui se veut universellement conquérante, n'est peut-être que le moyen choisi par le dernier dieu encore virulent de l'histoire des religions pour réussir son suicide.

    En d'autres termes, Chers djihadistes... est une analyse globale et limpide de la situation née des attaques contre le World Trade Center et Washington. Bien entendu, cette analyse est menée de façon vivante, à travers des exemples concrets, et non, comme ici, de manière théorique.
    Philippe Muray entend donc nous poster une lettre ouverte, forcément réjouissante, qui promet de répandre ses pensées « anthracites », irrésistibles d'intelligence et d'humour.
    Il nous avait laissé après l'Histoire. Avec ses « chers djihadistes », il nous propulse avant l'Histoire, chez les benladénistes, et nous annonce la « bonne nouvelle » dela victoire prochaine du post-historique ! Optimisme échevelé ?

    Philippe Muray ne nous avait pourtant pas habitué à célébrer la créature de la société posthistorique, qu'il a baptisée Homo festivus, et qu'il aime tant observer. Il ne semble donc délaisser que momentanément cet homme nouveau, débarrassé des tâches et travaux qui lui incombaient dans la société historique, à qui on destine un horizon radieux, et toujours plus vaste, de loisirs, de tourisme et de fêtes collectives. Baignant dans un univers de sensations familières et rassurantes, balloté dans l'hébétude infantilisante et régressive, il s'est enfoncé dans le pire totalitarisme, que lui a préparé la société marchande, persuadé que son mode de vie ne manquera pas de gagner le village planétaire, puisque l'Empire du Bien y veille...
    Il y a fort à parier que son djihadiste soit la figure ennemie, et contrariante, de l'Homo festivus.

  • Philippe Muray adore notre époque. Sinon, il n'en parlerait pas tant.
    Encore faut-il en découvrir la clé, le cur et le sens.
    À force de tenir la chronique de tout ce qui défraye et effraye la chronique, Muray pense les avoir trouvés : le Moderne, observe-t-il, ne se bat plus désormais qu'avec le Moderne. La confrontation n'est plus entre l'ordre ancien et les nouvelles valeurs mais entre ces nouvelles valeurs seules, qui se dédoublent à l'infini. Les forces antagonistes en présence veulent le monde nouveau et ne veulent que lui. Le Bien en vient aux mains avec le Bien. La liberté de conscience revendique contre la liberté de pensée. La loi porte plainte contre la loi. La rupture se bat avec la cassure, l'instable avec le mouvant, le déraisonnable avec le délirant, le neuf avec le neuf. L'inconciliable loge dans le Même et il ne loge plus que là.
    On racontait naguère que la modernité était un combat. Elle n'est plus un combat qu'avec elle-même. C'est pourquoi ce quatrième volume d'Exorcismes spirituels s'intitule Moderne contre Moderne. Il expose les débuts d'une guerre sans précédent, et le moyen de s'en amuser sans retenue.
    Une furieuse et grotesque comédie des doubles : tel est le monde selon Muray.


  • La posture Book émissaire Désaccord parfait Pourquoi y a-t-il du Céline plutôt que rien ?
    Aragon ou le roman comme objection de conscience Georges Bataille ou l'art à l'épreuve du rire Le Zimzoum de Borges Dieu est un artiste Homo festivus Les habits neufs du xxe siècle In vitro veritas Rubens profané par sa sépulture même Delacroix en son royaume Daumier le bienheureux La religion sexuelle de Marcel Duchamp Louis-Ferdinand Soutine La peinture mise à nu Le spectacle est mort A la niche les approuveurs du monde Critique de la télé pure Sous l'oeil des vigilants Martine Aubry fait concurrence à l'état civil L'an 2000 tombe mal Etc.

  • Apres l'histoire i

    Philippe Muray

    "Choses vues" dans les dernières années du XXe siècle, les chroniques ici rassemblées dressent un portrait aussi précis que possible de notre temps; et, simultanément, elles ébauchent une théorie générale de ce moment de la civilisation que Philippe Muray appelle l'ère hyperfestive, car l'accumulation illimitée de fêtes en est devenue l'occupation la plus fervente et la consolation la plus quotidienne. L'individu inédit que cette civilisation est en train de façonner a donc lui aussi un nom qui n'était encore jamais apparu nulle part Homo festivus. Après l'Histoire est le récit, à la fois inquiétant et comique, des aventures de ce personnage qui ne ressemble plus à rien de connu jusque-là. On y trouvera des aperçus étonnants sur son idéologie, son langage, ses habitudes, son comportement intime, sa morale publique, ses nouvelles méthodes pour faire régner l'ordre et même, de plus en plus souvent, et de manière impunie, la terreur. Pour espérer comprendre quelque chose à notre époque, il est indispensable de faire le pari que la métamorphose des hommes a déjà eu lieu et que leur mutation n'est envisageable qu'à partir de l'hypothèse d'une sortie définitive de la période historique, pour autant qu'Histoire et humanité étaient synonymes. Après l'Histoire veut donc dire aussi : après l'humain.

  • Pour la première fois dans l'histoire du genre humain, c'est à l'assaut des citadelles de la subversion encouragée, et contre les pitres qui en occupent les créneaux, qu'il convient de se lancer.Ph. M.

  • Si Exorcismes spirituels III présentait quelques points communs avec Exorcismes spirituels I ou avec Exorcismes spirituels II, il ne s'intitulerait pas Exorcismes spirituels III, mais, par exemple, Exorcismes spirituels I ou Exorcismes spirituels II. Or, force est de constater qu'il s'intitule bel et bien Exorcismes spirituels III. Et la raison en est simple : c'est qu'il n'a rien à voir avec les deux premiers volumes de la série intitulée Exorcismes spirituels. D'abord parce qu'il est le troisième ; et, surtout, parce qu'on y parle de ce qui s'est passé dans une période toute récente, au cours de ces trois ou quatre dernières années, c'est-à-dire après la publication d'Exorcismes spirituels I et d'Exorcismes spirituels II. Et il s'en est passé, des choses, dans ces trois ou quatre dernières années. Des choses minuscules et des choses gigantesques. Des choses cocasses et des choses tragiques. Le 11 septembre, le basculement dans l'euro, les dernières élections présidentielles en France, d'invraisemblables bûchers de vaches folles, des accusations, des paniques collectives, et ainsi de suite. C'est de tous ces événements, et de bien d'autres choses encore, que traitent les soixante-quinze textes ou entretiens, de longueur inégale, qui composent Exorcismes spirituels III. Il y est aussi question d'écrivains, de films, d'émissions de télévision. On y évoque le harcèlement sexuel, les néo-féministes, Internet, ce qu'il reste de la France et ce qu'il subsiste de la vie érotique par temps d'exhibitionnisme couplé avec la juridiciarisation hystérique de la société. On y découvre également des choses indispensables concernant la « Physiologie du porte-plaintes », l'urgence de « jeter le bobo avec l'eau du bain », et les raisons pour lesquelles « la fin des haricots est terminée ». Et ce ne sont là que des exemples.

    Autant dire qu' on y parle de la société. Et de toutes les tentatives de dressage du genre humain qui peuvent y être observées. On élabore la chronique d'un temps où l'éloge de ce temps remplace de plus en plus la réalité, et où la critique de cet éloge est de plus en plus prohibée. On s'y attaque sans relâche à la religion moderne, qui est tout simplement le Moderne lui-même, le Moderne adoré en tant que Moderne.
    Mon but, plus que jamais, est de tirer le portrait de notre époque ; et de le faire le plus concrètement, mais aussi le plus drôlement possible :
    « La ridiculisation du monde tel qu'il va est une discipline encore dans les limbes. Faire rire de cet univers lamentable, dont le chaos s'équilibre entre carnavalisation enragée et criminalisation hargneuse, entre festivisation et persécution, est la seule manière, aujourd'hui, d'être rigoureusement réaliste. »

  • Le portrait prémonitoire le plus vif, le plus incisif et le plus drôle de Ségolène Royal.
    Comment un sourire a-t-il pu devenir un programme oe
    Suivi de Citoyen,Citoyenneté et Encore plus de plus, deux textes décapants sur la société actuelle.

  • Sujets traités ou maltraités : la culture, le mariage, l'érotisme, le roman aujourd'hui, l'hôpital, les avant-gardes, le sport, les drogues, les jeunes, la politique de la santé, les corps féminins, Disneyland, le nouveau monde vertueux, les artistes contemporains, le Père Noël, le catholicisme, le Bicentenaire de la Révolution, les festivités de l'an 2000, le pacifisme, la télévision, les Louveteaux de la Vigilance, Mitterrand, etc.
    Ecrivains abordés : Procope, Rabelais, Swift, Beaumarchais, Sade, Chateaubriand, Balzac, Hugo, Flaubert, Zola, Bloy.
    Genres pratiqués : analyse, polémique, conférence, chronique, étude de moeurs, poème, apologue, etc.
    Période de composition : de 1978 à nos jours.
    Nombre d'essais : quarante-cinq.
    Constatations générales : 1¡ effacement des dernières possibilités d'énonciation du négatif ; 2¡ éradication de l'esprit critique ; 3¡ disparition du réel ; 4¡ festivisation de la société ; 5¡ destruction de l'autonomie de la littérature.
    Programme : nous allons vous faire détester l'an 3000.

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