• Le travailleur sans papier, le bénévole de la Croix-Rouge, la ménagère, le gros fraudeur, le petit escroc et le jardinier du dimanche, que peuvent avoir en commun ces personnages qu'on dirait sortis d'un roman d'Agatha Christie ? Tout simplement que leurs activités, si différentes soient-elles au premier abord, échappent largement aux statistiques économiques officielles et à toutes formes d'imposition. Discrètes, voire clandestines, elles se prêtent mal à l'évaluation. Ce phénomène est-il récent ? Comment en mesurer l'ampleur ? Quelles en sont les conséquences sur la vie d'un pays, en particulier sur la croissance, l'emploi et la répartition des revenus ? À ces questions, l'auteur de ce livre répond avec prudence et clarté, en s'appuyant sur les études les plus récentes et sur des enquêtes inédites. Il essaie de donner un éclairage nouveau à cette face cachée de l'économie presque aussi considérable, semble-t-il, que sa face visible.

  • L'État-providence n'a jamais été autant décrié qu'aujourd'hui, alors qu'il n'a sans doute jamais été aussi nécessaire. Les critiques qu'il doit essuyer viennent de ceux qui veulent en réduire la voilure comme de ceux qui le trouvent incapable de remplir ses principales missions. Les multiples fractures sociales qui ont conduit une partie de la population à douter des politiques censées la secourir pour finir par basculer dans le vote populiste redonnent toute sa justification à un État-providence plus performant et soucieux de combler le fossé séparant une partie de la population socialement intégrée de celle qui compte les exclus.
    C'est dans cette perspective que se place cet ouvrage. Il présente d'abord un portrait social des pays européens en mettant l'accent sur la France. Il analyse la performance de leurs États-providence face à des obstacles qui ont pour noms « globalisation » et « individualisme ». Il aborde ensuite les principaux domaines où il peut et doit avoir une action : la santé, l'emploi, la retraite et la famille. Il conclut en proposant un certain nombre de recommandations concrètes.

  • Cet opuscule propose une mesure de la performance des États-providence européens fondée sur la manière dont ils traitent des inégalités sociales, de santé, d'emploi et d'éducation. Cette mesure permet de comparer la performance des pays de l'Europe des quinze avec celle des douze nouveaux membres ; elle donne aussi la possibilité de tester l'hypothèse d'un éventuel dumping social à l'oeuvre dans ces pays ; enfin elle peut être utilisée pour mieux appréhender la façon dont les différents États européens prennent en charge les personnes âgées.
    Sans surprise, les pays nordiques présentent les meilleurs scores. En revanche, l'entrée des douze nouveaux membres a eu un effet contrasté. Certains, telles la République Tchèque ou la Slovénie, font aussi bien que les meilleurs de l'Europe des quinze, alors que d'autres, la Roumanie et la Bulgarie en particulier, sont à la traîne. On n'y observe pas de dumping social et, en dépit de l'augmentation du taux de dépendance, le bien-être des personnes âgées n'y a pas progressé au cours de la dernière décennie.

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