• Nicolas Weill propose une lecture stimulante de ces textes qui constituent une des découvertes philosophiques les plus importantes de ces dernières années. La publication des " Cahiers " redonne une actualité brûlante à la question qui divise épigones et détracteurs du penseur allemand : comment continuer à philosopher avec Heidegger sans tenir compte d'une éventuelle contamination de cette philosophie par l'idéologie nazie ?

    Par une analyse sans concession des " Cahiers ", en se concentrant sur les Réflexions (tenues par Heidegger de 1931 à 1941) mais tout en cherchant à en dégager les éléments proprement philosophiques, cet ouvrage invite à une approche équilibrée, quitte à " penser avec Heidegger, contre Heidegger ", comme le suggérait Jürgen Habermas dès le début des années 1950. Il montre notamment comment l'auteur d'Etre et temps, en inventant une nouvelle forme de philosopher, a poursuivi et prolongé dans ces carnets la critique de la modernité telle qu'elle a été formulée par la " révolution conservatrice " allemande et par Oswald Spengler, le théoricien du déclin de l'Occident.

  • La saga des revues

    Nicolas Weill

    • Cnrs
    • 24 March 2011

    Le livre Les lecteurs du Monde ont fait leur délice, durant l'été 2010, de la série consacrée à l'histoire de trente grandes revues françaises et étrangères. Voici ces textes réunis en volume, présentés par Nicolas Weill et en coédition avec le grand quotidien du soir. Un témoignage de la richesse de la vie intellectuelle telle qu'elle est répercutée, depuis deux siècles, au travers de ces publications à la fois savantes et généralistes. Une saga qui s'identifie l'histoire de la littérature, des sciences humaines, des religions, à celle de l'édition et à celle des rapports souvent contrariés entre intellectuels et pouvoir politique. De La Revue des deux mondes, vieille dame née sous Charles X, à La Nouvelle Revue française, fondée par Gide et Schlumberger en 1909, de l'éclectique Summer Fiction à l'érotisme d'épouvante porté par Midi-Minuit fantastique, ce tour d'horizon sans équivalent interroge tout le champ du savoir et les modalités de sa diffusion. Au-delà des aventures éditoriales que chacune représente, ces revues se confondent avec l'histoire des groupes et des personnalités qui les ont fondées et animées : Emmanuel Mounier et la revue Esprit, Sartre et les Temps modernes, Debord et L'Internationale situationniste, Marcel Gauchet et Le Débat...
    Un livre salutaire pour comprendre le débat intellectuel d'hier et d'aujourd'hui.

  • Un paradoxe est à l'origine de ce livre.
    Depuis l'automne 2000, les agressions antijuives se multiplient dans les villes et les banlieues de France. Des synagogues sont incendiées, leurs portes défoncées. Dans les écoles ou à l'université, on ne compte plus les humiliations verbales ou physiques que subissent, souvent en silence, les jeunes Juifs. Il se trouve pourtant des intellectuels pour douter encore de la réalité de la vague nouvelle d'antisémitisme, la première de cette ampleur en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
    Certains clercs qui devraient être aux aguets pour la combattre s'attardent à contester son existence. Au point que retracer l'histoire de l'antisémitisme dans ses manifestations les plus contemporaines équivaut, hélas, à faire le récit d'un aveuglement qui prend des proportions chaque jour plus flagrantes. Quels freins ont lâché sans qu'on s'en aperçoive ? N.W.

  • Si l'on admet qu'il y a un problème d'antisémitisme en France, cela ne dit rien encore de la question de savoir s'il faut parler d'une vague nouvelle de l'antisémitisme ou d'un nouvel antisémitisme. Nicolas Weill pose ce problème et nous invite, à partir de là, à interroger, dans un contexte fortement marqué par l'actualité géopolitique, la vitalité démocratique de notre République, en réfléchissant tout particulièrement à la manière dont se pose la question de l'identité et des communautés dans la France d'aujourd'hui. Il y ajoute une réflexion très neuve sur la façon dont nos médias traitent ces questions et, par là-même, " sculptent " la réalité dont il leur incombe de rendre compte. En d'autres termes : " l'" antisémitisme " ou le " communautarisme " de la France contemporaine ressemblent-ils vraiment à ce qu'en décrivent nos médias ? En quoi s'en distingue-t-ils ? Et qu'est-ce qui se joue dans cet " écart " entre la réalité et sa représentation oe

  • Depuis les attentats du 11 septembre et la montée en puissance des forces du radicalisme religieux, le débat sur la contestation des Lumières a repris de la vigueur. Pour les uns, cet événement vécu comme une rupture a montré que la civilisation issue du rationalisme des XVIIe et XVIIIe siècles constituait un patrimoine à défendre, au besoin par les armes. Pour les autres, la décomposition d'un monde dominé par la technique sonne définitivement le glas d'une époque marquée par la confiance dans le progrès et l'irruption sur la scène internationale de peuples qui ne doivent que peu à l'esprit des Lumières européennes. La question se pose sur un mode de plus en plus pressant de savoir si l'on peut sacrifier au nom du pluralisme des valeurs les principaux acquis des Lumières : l'unité du genre humain et l'autonomie des individus qui le composent. Considérer l'esprit des Lumières comme une histoire des vainqueurs serait tel, donc gravement méconnaître qu'elles font l'objet d'une contestation permanente et de tous bords et qu'elles suscitèrent dès leur surgissement les mises en causes les plus radicales. Cet esprit est-il pour autant perdu ? A-t-il fini par succomber aux coups de ses détracteurs ? C'est à travailler sur cette interrogation, dans toute l'étendue de sa complexité, que furent conviés les participants au dix-huitième forum Le Monde / Le Mans.

  • Géographie pourrait être d'abord considérée comme une idée (au sens platonicien du terme) ? Si l'idée d'une " humanité européenne " - chère à Husserl - ne peut plus avoir dans une ère postcoloniale que le sens d'une injonction, ce ne peut être que dans te sens où l'Europe n'accède à l'humanité - ou y retourne après la barbarie de cette ère de fer que fut Le XXe siècle - qu'en se donnant ou se redonnant une finalité spirituelle. Ce 16e forum Le Monde/Le Mans qui s'est tenu du vendredi 22 au dimanche 24 octobre 2004 s'était donné pour tâche de préciser laquelle. Ou lesquelles. Ainsi, si la phénoménologie s'est voulue " philosophie d'Europe ", le projet n'est-t-il pas devenu depuis bien Longtemps L'affaire des politiques voire des " eurocrates " ? Pourtant, le désaveu apporté au projet de constitution européenne par les électeurs français, dimanche 29 mai 2005, jette son ombre sur les perspectives qui ont été développées par les intervenants tout en redonnant paradoxalement ses chances à la philosophie. Quand l'Europe retourne à l'établi, cette dernière ne se révèle-t-elle pas plus que jamais nécessaire ? Pour servir cette réflexion, les croisements de perspectives ont été multipliés. Ainsi les relations de l'Europe aux deux " Orients " qui taraudent et structurent son imaginaire, L'Est et l'islam, sont-ils interrogés en profondeur. De même plusieurs textes abordent les bouleversements que la figure des Etats-Unis a subis sur le Vieux continent, en particulier depuis ta fin de La Guerre froide. D'une manière ou d'une autre, l'Europe continue.

  • La collection " Petite philosophie du voyage " invite NicolasWeill-Parot, historien, à restituer l'atmosphère des bibliothèques et la passion qui anime le chercheur.
    Dépositaires de la mémoire du passé, les manuscrits offrent émotion et connaissance au lecteur désireux d'entreprendre, dans les hauts lieux du patrimoine, un voyage à caractère initiatique.

  • Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aient exercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y ait été cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la vie des hommes, qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissances dans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène, qu'on y ait méprisé les femmes, pour la majorité d'entre nous, cela ne fait aucun doute: le Moyen Age, interminable parenthèse entre les accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance, est le point de référence obligé lorsqu'on veut stigmatiser les temps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à la modernité. Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de la question contestent avec force.

  • Intellectuel à la renommée mondiale, francophone et francophile, Zeev Sternhell demeure pourtant à bien des égards un inconnu pour le public tant sa carrière a eu de nombreux cadres : la France, Israël, les États-Unis. Il appartient aussi à cette génération d'historiens du XXe siècle qui a éprouvé dans sa chair les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi rappelle-t-il volontiers que la ville de Przemysl, dans la Galicie polonaise où il est né en 1935, fut aux premières loges de l' « Opération Barbarossa ». On a su tardivement qu'il fut lui-même un enfant rescapé de la Shoah où beaucoup des siens ont péri. Les entretiens qui composent cet ouvrage retracent dans le détail cet itinéraire biographique exceptionnellement mouvementé.
    /> Homme d'archives et de lectures, polyglotte, Zeev Sternhell se veut résolument un historien des idées et entend avec énergie réhabiliter cette discipline tombée en France dans un discrédit qui l'étonne. Croire à la force motrice des idées (bonnes ou mauvaises), n'est-ce pas redonner tout son sens à ce que l'on appelle non seulement l'engagement, mais également la responsabilité des intellectuels ?
    Que ce soit par ses prises de position sur le conflit israélo-arabe, sur l'État juif, sur le néo-conservatisme américain ou sur le marxisme, Zeev Sternhell ne se soucie jamais des modes et conserve une attention aiguisée à l'actualité la plus brûlante. Une autre face de son travail - l'écriture d'éditoriaux et de tribunes dans la presse - le montre abondamment. Il était temps de revenir sur sa vie et son oeuvre, si singulières.

  • Le 5 mars 1798, le directoire exécutif de la jeune république française charge le fougueux général bonaparte d'une expédition vers l'egypte.
    Motif invoqué : entraver la puissance anglaise et restaurer le commerce français au levant. militaire, l'aventure sera aussi scientifique. pas moins de 167 savants et membres de l'institut embarqueront avec l'armée d'orient pour " répandre les lumières de l'europe " sur une egypte jugée décadente et asservie par ses maîtres étrangers, les mamelouks. le 2 juillet 1798, bonaparte et ses troupes débarquent à alexandrie, bataille des pyramides, prise du caire, expédition en haute-egypte : les victoires se succèdent avant que les premiers revers, à aboukir, devant saint-jean-d'acre, en syrie, ou à canope ne marquent la fin du rêve égyptien.
    Laure murat et nicolas weill relatent cette fabuleuse épopée, prélude à la légende napoléonienne, évoquent le formidable échange culturel auquel elle donna lieu et nous permettent de mieux comprendre les fondements de l'égyptomanie.

  • Ce livre vise à mettre en évidence la profonde rationalité de la pensée scientifique scolastique du Moyen Âge - plus précisément du XIIIe au milieu du XVe siècle -, voire son véritable rationalisme, à partir de l'étude détaillée, articulée et comparée de trois questions qui furent autant de défis pour elle : l'occulte naturel, c'est-à-dire les propriétés occultes par lesquelles on expliquait des phénomènes inexplicables par l'agencement des qualités premières (chaud, froid, sec et humide), l'attraction magnétique qui semblait contrarier l'axiome aristotélicien selon lequel, dans tout mouvement, ce qui meut et ce qui est mû sont en contact, et l'« horreur du vide » qui faisait que la nature était amenée à contredire ses processus ordinaires pour éviter toute formation de vide dans un monde qu'Aristote avait voulu plein. L'ouvrage, en analysant un grand nombre de sources, souvent inédites, en particulier des commentaires à la Physique d'Aristote, souhaite ainsi apporter une contribution à la fois à l'histoire de la raison et à celle du concept de nature.

  • L'intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? La question mérite d'être posée. En effet, quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l'une de l'autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIXe siècle faisant de la technique une simple application de la science ? Ce volume, réunissant les recherches d'historiens des techniques et des historiens des sciences, propose un examen attentif des modalités de ce croisement, au travers du contexte et des démarches spécifiques de chaque cas considéré. Ensemble, les études réunies ici jettent un éclairage nouveau sur des liens beaucoup plus profonds qu'il n'a souvent été imaginé.

  • L'intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? Quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l'une de l'autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIXe siècle faisant de la technique une simple application de la science ?
    Ce volume, réunissant les recherches d'historiens des techniques et d'historiens des sciences, d'archéologues et de philosophes, propose un examen attentif des modalités de ce croisement à travers des contextes et des démarches spécifiques. L'ouvrage embrasse le domaine de la médecine et celui de la construction, la production des draps, des métaux, des alliages métalliques et l'alchimie, la mesure des champs et celle du monde, l'élaboration des instruments scientifiques et celle des machines hydrauliques.
    - Catherine Verna est professeur en histoire médiévale à l'Université Paris 8.
    - Joël Chandelier est maître de conférences d'histoire médiévale à l'Université Paris 8.
    - Nicolas Weill-Parot est professeur à l'École Pratique des Hautes Études.

  • Rédigé sur la base d'entretiens avec un haut cadre d'une agence de notation, cet ouvrage propose un décryptage de cet univers fermé mais dont les décisions ont un impact mondial.

  • Le « reverend pere en Diable Picatris, recteur de la faculté diabologicque »... c'est ainsi que Rabelais ironise sur un célèbre livre de magie, le Picatrix. Il s'agit d'une traduction latine, réalisée après 1256 à la cour du roi de Castille Alphonse X, d'un ouvrage en langue arabe, la Ghayat al-Hakim (le But du sage), qui rassemblait des textes magiques d'origine orientale (sans doute mésopotamienne). Cette compilation fut elle-même vraisemblablement réalisée en al-Andalus aux alentours du XIe siècle. La fortune de cet ouvrage, difficilement décelable dans le monde musulman, est complexe dans le monde latin, puisque l'étrange livre n'y réapparaît qu'au XVe siècle. La magie astrale du Picatrix est fondée sur la fabrication et l'utilisation de talismans : ces objets artificiels, ces images en deux ou trois dimensions, captent, le plus souvent au terme d'un rituel élaboré, le pouvoir des astres et des images célestes (constellations, décans, mansions lunaires...). Le présent ouvrage vise à déterminer la fonction et le statut des images dans la magie du Picatrix, sous toutes leurs formes : talismans, éléments figurés dans les rituels les plus divers et images célestes. Cette étude évoque l'histoire de ces textes et de ces pratiques sur une longue période, qui embrasse le temps des sources, probablement harraniennes, celui de la transmission durant le Moyen Âge et enfin celui des héritages, à la Renaissance et au-delà. Cette utilisation spéculative et pratique des images est replacée dans le contexte d'autres formes de magie tant en Orient qu'en Occident.

    L'approche croise l'histoire des doctrines et celle des pratiques magiques, l'histoire de l'art et celle des religions.

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