• « Sous son titre sage et méthodique mais dont on saisit vite l'ambivalence, L'Emploi du temps est d'abord un roman policier, bâti, selon la définition qu'en donne l'auteur, "sur deux meurtres dont le premier, commis par l'assassin, n'est que l'occasion du second, dans lequel il est la victime du meurtrier pur et impunissable, du détective qui le met à mort...". Par un raffinement supplémentaire, c'est également un roman policier, intitulé de façon ambiguë et analogique Le Meurtre de Bleston, qui servira de guide à Revel au long de son enquête. À l'aide de cette clé il va essayer toutes les serrures, découvrir des repères. Sa tâche est celle du détective qui ouvre ses dossiers, suit sa piste, consigne, dépose et, par une entière connaissance des faits et causes, s'efforce de reconstituer "l'accident".» (Monique Nathan, Critique, n° 116, 1957)

    L'Emploi du temps est le deuxième roman de Michel Butor, paru en 1956.

  • «Des mots dans la peinture occidentale ? Dès qu'on a posé la question, on s'aperçoit qu'ils y sont innombrables, mais qu'on ne les a pour ainsi dire pas étudiés. Intéressant aveuglement, car la présence de ces mots ruine en effet le mur fondamental édifié par notre enseignement entre les lettres et les arts. Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n'est jamais pure vision. Nous entendons parler des oeuvres, nous lisons de la critique d'art, notre regard est tout entouré, tout préparé par un halo de commentaires.
    Ce n'est pas seulement la situation culturelle de l'oeuvre, mais tout le contexte dans lequel elle se présente à nous qui est transformé par le titre : la signification de cette organisation de formes et couleurs change tout au long de la compréhension parfois fort progressive de ces quelques mots. La composition la plus "abstraite" peut exiger que nous lisions son titre pour nous déployer toutes ses saveurs, toutes ses vertus.»
    Michel Butor.

  • Le Génie du lieu, paru en 1958, premier essai de Michel Butor, se compose de deux parties. La première est une série de portraits de sept villes de la Méditerranée, Cordoue, Istanbul, Salonique, Delphes, Mallia, Mantoue et Ferrare, suivi d'une réflexion toute butorienne, mélange de rêverie, de poésie et d'anecdotes personnelles, sur l'Egypte, où il a vécu et qu'il a toujours aimée.
    Loin des fades commentaires sur les paysages c'est en promeneur enchanté, inspiré par ses souvenirs, que Butor digresse sur l'histoire et la littérature des lieux qu'il visite. Il hisse ce qu'il appelle la « critique géographique » au rang d'oeuvre d'art, n'oubliant jamais que les villes ne sont pas des miracles de la nature, mais les chefs-d'oeuvre des hommes. Des empereurs y ont construit des palais avant que des conquérants ne les détruisent.  Des sculpteurs y ont élevé des statues. Des écrivains y ont écrit des livres. Au tour de Michel Butor de s'inscrire dans la mémoire des lieux.  Voilà pourquoi on croisera Borges au détour d'une ruelle de Salonique, Averroès à un carrefour de Cordoue et Philippe de Macédoine assis sur une ruine de Delphes.
    Le Génie du lieu est-il le lieu du génie de Michel Butor ? Ses admirateurs continuent de se disputer : de La Modification ou du Génie du lieu, lequel est son plus grand livre ?

  • « Chaque moment est complexe, au sens mathématique de "nombre complexe" ; il est traversé d'échos, d'harmoniques. Et, parmi les activités humaines, parmi tous les registres possibles de paysages, la marche en montagne est la plus propice pour générer ces harmoniques. »
    Infatigable voyageur, Michel Butor a côtoyé tout au long de sa vie les cimes du monde. Source inépuisable d'émerveillement, la montagne fut pour lui un formidable catalyseur d'idées, occupant une place primordiale dans son travail d'écriture. Depuis les versants du Nouveau-Mexique jusqu'aux sommets du Japon, en passant par le massif des Voirons, l'auteur de La Modification nous convie à une promenade intime et littéraire au gré des sentiers de son existence.
    Dirigée par Fabrice Lardreau, la collection « versant intime » propose des rencontres avec de grandes figures des lettres, des arts, des sciences ou du voyage, passionnées par la montagne et, plus largement, par la nature. Elle invite le lecteur à pénétrer leur jardin secret et à découvrir leur rapport aux éléments, mais aussi leurs lectures, leurs voyages, et leur émerveillement devant la beauté (parfois fragile) du monde.

  • L'intrigue, ou plutôt les intrigues de ce premier roman, rêvé et rédigé à l'étranger (en Égypte et surtout en Angleterre, dans les années 1952-1953), se déroulent à l'intérieur d'un immeuble parisien, qui doit fonctionner comme une maquette de la réalité, une sorte d'échantillon de Paris. Cette ville, confiera Butor, dans Curriculum vitae (Plon, 1996), « je l'avais énormément explorée, j'y avais beaucoup flâné à pied, et pourtant elle m'échappait. [...] J'avais donc besoin de représenter Paris en réduction, afin de l'apprivoiser. » Entre les étages de cet immeuble circule une foule de personnages, qui se croisent d'un appartement à l'autre, les douze chapitres correspondant aux douze heures de la nuit au cours de laquelle une adolescente meurt. Évocation de Paris, adieu à l'enfance, le livre joue aussi sur la mobilité des points de vue, l'enchevêtrement de l'espace et du temps, et les mots de son titre : le milan plane sur la ville comme I'oiseau-narrateur sur son texte.


  • Michel Butor a fouillé, remué les vieux cartons du grenier hugolien qui regorge de surprises, livrant au lecteur de longs extraits, souvent inattendus, et même quelques dessins.
    « Il en fait trop : non seulement le théâtre, mais le roman, non seulement les invectives, mais les chansons, les petites épopées, mais le promontoire du songe ; non seulement la littérature mais le dessin. Il finira par nous prendre toute la place ! »
    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains contemporains à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
    Figure emblématique du nouveau roman, Michel Butor est aussi poète et essayiste. Il a publié plus de deux cents ouvrages, le plus connu étant La Modification (1957, prix Renaudot).

  • Gauguin intervient non seulement par le titre de son grand tableau de Boston, mais aussi parce que, à un tournant décisif de notre histoire, il a tenté, Occidental, de s'immerger dans une culture antérieure au livre. D'où venons-nous ? Réflexions sur l'évolution du livre, instrument fondamental de notre civilisation, notamment au coeur des trois grandes religions monothéistes, dans sa forme et dans sa teneur. Où sommes-nous ? La place du livre a déjà profondément changé dans notre vie. Devant les problèmes actuels de la librairie, on assiste à la floraison d'un certain nombre de travaux qui mettent en question son fonctionnement et proposent des voies différentes. Une certaine confusion règne dans l'éclosion de genres plus ou moins nouveaux : livres illustrés, livres de peintre, livres de luxe, livres de poche, etc. Il s'agit d'y mettre un peu de clarté. Où allons-nous ? Les progrès des communications confrontent le livre auquel nous étions habitués à de nombreux défis. Quel parti peut-on tirer de ceux-ci pour améliorer le passage vers l'océan qu'on espère pacifique d'un nouveau millénaire ? Reproduction du tableau de Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? sur le site du Museum of Fine Arts de Boston.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Picasso disait, je ne sais plus quand, je ne sais plus où, qu'il s'était bâti une solitude à toute épreuve. Je jouis ainsi dans mon recoin d'une liberté périlleuse qu'il s'agit de faire durer, car je me sens toujours du pain sur la planche pour cent ans. Il s'agit de la faire partager pour qu'elle dure, en dehors de moi comme en moi, de tous côtés de ma frontière, de la frontière poreuse que je suis, après, par exemple.

  • C'est Béatrice Didier qui interroge l'auteur sur les premières pages d'un livre datant de quelques années, imprimé en trois couleurs, avec une mise en pages singulière. Par un jeu de questions serré, elle parvient à le mettre en confiance, à pousser certains de ses verrous, ouvrir quelques portes de sa mémoire. Ainsi, peu à peu, souvenirs d'enfance et d'adolescence viennent au secours du lecteur ou de l'interprète, lui facilitant le voyage à l'intérieur de cet archipel littéraire ou, plus exactement, de cette flotte qui navigue elle-même entre les continents. Les questions abordées deviennent, chaque année, plus pressantes : situation de la France et de sa culture par rapport à l'émergence de faces nouvelles de la planète : Amérique du Nord et du Sud, Australie, Japon, Pacifique. Pour celui que l'audace des ouvrages antérieurs aurait intimidé, cet autoportrait assisté forme la meilleure des introductions. C'est un salon d'accueil avec son hôtesse.

  • De Rabelais à Sartre, une exploration passionnée de la littérature française
    A la fois écrivain, critique, universitaire, voyageur et poète, Michel Butor est l'auteur d'une oeuvre littéraire dont la modernité reflète l'évolution extraordinaire du XXème siècle. Dans ces entretiens, menés avec Lucien Giraudo, il propose une histoire personnelle de la littérature française, ressaisie de l'intérieur par l'écrivain, mais présentée avec simplicité et passion par le professeur.
    Connaissez-vous vraiment Chrétien de Troyes, La Fontaine, Racine, Perrault, Rousseau, Chateaubriand, Proust, Artaud ou Céline ? Dans ces leçons vivantes, Michel Butor situe ces auteurs et les mouvements qu'il sont incarnés ; grâce à ses clefs originales et efficaces, il met en scène la grande fresque de la création artistique à travers les siècles et redonne vie aux oeuvres majeures de notre patrimoine culturel.
    Lola CAUL-FUTY FRÉMEAUX
    Entretiens avec Lucien Giraudo.
    Réalisés par Jean-Lou Steinmann.

  • "Ici et là" est le premier ouvrage de Michel Butor, illustré par dix collages de l'auteur lui-même. Ces illustrations ont pour motif la mappemonde, qui fit tant rêver Rimbaud, Baudelaire, ainsi que tous les enfants « amoureux de cartes et d'estampes ». "Ici et là" est un livre où la notion même de genre littéraire est en péril : tissu de textes, poèmes, journal, fictions, épopées réécrites, élégies, entrelacs de souvenirs et de choses vues lors de périples au long cours. Autant d'images captées, capturées par la mémoire, ou fixées dans l'instant, au centre de Brooklyn, dans les vestiges de Pétra, ou la médina de Tunis. Le lecteur est intronisé compagnon de route du poète, il le voit réagir à la beauté d'un paysage coréen, autant que s'interroger sur le destin des indiens d'Amérique. Si, parfois, il lui prend l'envie de réécrire la traversée de la Mer Rouge par les Hébreux, le lecteur est invité à communier dans le merveilleux langagier du vieux mythe universel. Soudain, devant l'église d'Auvers-sur-Oise, le poète devient Van Gogh, épouse chaque geste, chaque pensée intime du peintre à l'oreille coupée. Un peu plus loin, le voilà qui médite sur le désert, où il décèle en germe l'éclosion de toute civilisation. Ou sur une aurore boréale en Alaska, qui lui inspire certaines de ses plus belles proses poétiques. Quand Michel Butor fait sa moisson de « paysages choisis », qui sont aussi - bien souvent - des visages, quand il glane des images, c'est presque toujours pour les offrir à quelqu'un, ou en souvenir d'une balade avec un ami, que cet ami s'appelle Georges Perros, Claude Simon ou qu'il soit jeune Bédouin croisé par hasard. Lire "Ici et là", c'est se souvenir que la planète n'est pas uniquement, n'est pas essentiellement un décor de journal télévisé, un immense laboratoire de scoops en tous genres, destinés à flatter la mauvaise curiosité ou à exacerber le sentiment d'impuissance du genre humain. Michel Butor, dernier vates itinérans dans une société rongée par la lèpre médiatique, transfigure le monde, le réenchante, nous le fait voir à travers mille détails, autant que dans une perspective trans-historique, et nous réapprend à l'aimer.

  • Icare, poursuivant son rêve, traverse mers et siècles pour aboutir à Paris, de nos jours. Il rôde autour d'un lieu qui lui rappelle son labyrinthe d'enfance : le Centre national des arts et métiers. Là, il rencontre d'autres fantômes d'inventeurs qui s'entretiennent avec des écrivains, tous passionnés de machines.

  • Comme il m'était arrivé plusieurs fois, tandis que je marchais dans les bois ou sur une plage, de ramasser de vieux papiers souvent tachés, parfois souillés, pour y noter quelque texte ou bribes de texte commençant à se former dans ma tête, en réponse à une demande urgente, j'ai pris l'habitude d'avoir toujours, sur moi, des petits carnets orange de marque Rhodia, en général format 85 x 120 (ils tiennent facilement dans une poche pectorale de ma salopette), que j'utilise à l'italienne pour y noter ce qui me vient dans le train (comme pour cette note), l'aéroport, mon bureau de l'université, les salles d'attente administratives ou chez moi. Le premier que j'aie conservé date de 1985 ; j'ai supprimé toutes sortes de premiers schémas, recherches de mots, listes de personnes à qui écrire au plus tôt, sans parler des petits dessins, gribouillis, essais de crayons, plumes, feutres ou pointes Bic indociles, pour ne conserver que ce que j'ai recopié par la suite. Il n'y a pas de dates à l'intérieur de ces carnets, mais j'ai souvent noté celle du premier recopiage, ce qui donne une précision à quelques jours près. La plupart de ces textes ont déjà été utilisés dans des ouvrages, mais souvent si considérablement transformés, qu'il est difficile de les y retrouver. Les voici donc, dans l'ordre, et sous la forme de leur composition primitive.

  • - Michel Butor, comment allons- nous rédiger cette quatrième page de couverture ? - Eh bien, le mieux serait de la faire sous forme de dialogue ! - Qu'allons-nous dire ? - Il me semble qu'il faudrait un peu un Curriculum Vitæ. L'expression me plaît, je crois qu'elle me va bien. - Pourquoi ? - Parce que c'est du latin, mais du latin encore vivant, que chacun connaît : une épave rescapée d'un monde ancien, un petit iceberg de langue oubliée qui flotte sur la nôtre. Et puis, curriculum, ça gazouille, ça roucoule, ça voltige. - Ça voltige comme vous, qui semez vos livres à tout vent, à la manière d'un oiseau migrateur. Un butor... ce butor-là, va nous ouvrir les portes de ses jardins secrets, raconter sa vie, dire ses passions et ses rêves, fureter à travers son oeuvre niagaresque. - Allons-y !

  • Auteur d'une oeuvre colossale, riche et diversifiée, Michel Butor est l'un des écrivains majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Il revient ici sur son parcours et ses souvenirs, en passant par le commentaire et la contextualisation à la fois personnelle et historique de son oeuvre. Dans une perspective plus large, il évoque avec virtuosité différents enjeux liés à la littérature ainsi qu'à l'art, et pose un regard critique sur l'histoire littéraire. Enfin, il analyse finement la portée et le fonctionnement du langage, et nous fait partager ses points de vue sur les grandes questions de l'homme et sur l'évolution de notre société.

  • Trois amis, réunis au cours d'une soirée, abordent un certain nombre de thèmes « funèbres ». Le mot « vanité » évoque ces natures mortes anciennes où, le plus souvent, figurait un crâne. Cet essai dialogué, on le voit, est une méditation sur la mort - et sur le crâne - qui est, pour Michel Butor, au fond de toute littérature. Faut-il le rappeler ? Le romancier de « La Modification », de « Passage de Milan », de l'admirable « Emploi du temps », de « Degrés », est aussi un prodigieux inventeur de formes sans cesse renouvelées et surprenantes. 

  • Pensées à voix haute

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    lu par Michel Butor

    « Michel Butor est un magicien, un exhausteur de saveurs, qui savamment juxtapose découpes, couleurs, textures et nous laisse circuler entre ces blocs, ces univers, de séduction en surprise... Il renouvelle ici en 28 entretiens les perspectives sur son travail et son univers de création, et nous révèle la subversivité et l'engagement au quotidien de son alchimie langagière - avec le partage, l'émancipation, qui en sont l'horizon. » Alain SICILIANO
    Figure centrale du Nouveau Roman depuis la parution de La Modi¬fication en 1957, Michel Butor est un écrivain majeur de la littérature française du XXe siècle. Ces entretiens offrent toute une pensée en héritage. Par ses mots choisis et son esprit affûté, Michel Butor guide, se donne et nous émerveille. Lola CAUL-FUTY FRÉMEAUX

  • Victor Hugo et les poètes contemporains

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    lu par Denis Lavant; André Dussollier; Laurent Terzieff

    Cet enregistrement reproduit les lectures diffusées sur France Culture dans Poésie sur Parole (une émission d'André Velter - Jean-Baptiste Para - Vanessa Nadjar) au cours d'une semaine spéciale consacrée à Victor Hugo. Chacun des onze poètes contemporains a choisi un texte dans son oeuvre, ou a composé un inédit, en résonance avec l'un de ses poèmes préférés de Victor Hugo. Onze comédiens ont prêté leurs voix à ces jeux d'échos, donnant ainsi à entendre les connivences et les différences.

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