• " Comment un philosophe a-t-il pu surgir des buissons corréziens ? " Qu'importe si la maison ne ressemble plus du tout à celle qu'il a connue et aimée. Il a fait sienne la philosophie dépouillée d'Epicure : la voie du bonheur passe par la réalisation des désirs naturels et nécessaires, et le dédain des désirs vains. Alternant souvenirs d'enfance chronique du monde paysan au début du XXe siècle, évocations de ses amours et réflexions philosophiques, Marcel Conche nous offre ici une lumineuse leçon de vie et de sagesse.

  • La nature et les mondes

    Marcel Conche

    Pour le philosophe, la vérité est au bout d´un long chemin de réflexions, de méditations, d´analyses. Mais il y a ce qui lui est offert dès qu´il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté - beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme. La vérité est un point d´arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.

  • « Moi qui n'ai d'autre fin que vivre et me réjouir ». La conscience chrétienne est conscience malheureuse, dit Hegel : elle est séparée de son bonheur. La conscience montanienne (ou « montaignienne ») est conscience heureuse : être heureux est à la portée de main, par la sagesse et le sentiment de l'être. Dès lors que l'on est sans faute et sans repentir, la condition du bonheur est simplement d'aimer la vie et de savoir la goûter à chaque moment, en réflexion et en sagesse - « sagesse » qui n'est que le « oui » de la vie elle-même. La vie est un don qui nous est fait. Il ne reste à l'homme qu'à accepter ce don avec gratitude, et à rendre grâce à « ce grand et tout puissant Donneur », qui, « tout bon, a fait tout bon » - Dieu ou la Nature.

  • La nature et nous

    Marcel Conche

    La « nature et nous », mais que sommes-nous, sinon un produit de la nature, qui nous a créés comme les arbres, les fleurs et les bêtes ? De là la règle épicurienne de suivre la nature, cest-à-dire de nous en tenir aux désirs naturels dont la satisfaction est toujours possible et de rejeter les désirs « vains » dont la satisfaction est impossible.

  • En 1991, Marcel Conche accepta de répondre par écrit à une trentaine de questions posées par la philosophe Lucile Laveggi. On y retrouve la plupart des grands thèmes de son oeuvre et de son enseignement : la nature, le matérialisme, les penseurs grecs, l'idéalisme, etc. De façon assez touchante, l'auteur confesse qu'il y manque cependant une réflexion sur l'amour - dont, octogénaire, il avait jusque-là négligé l'importance « philosophique ». Cette question est bien entendue traitée dans l'autre ouvrage que nous publions en même temps que celui-ci.

  • La nature et la beauté

    Marcel Conche

    Pour le philosophe, la vérité est au bout d'un long chemin - de réflexions, de méditations, d'analyses.
    Mais il y a ce qui lui est offert dès qu'il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté - beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme.
    La vérité est un point d'arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.

  • Cet ensemble de textes est, pour l'essentiel, ce que Marcel Conche appelle le « nécessaire retour aux Grecs ». En substance : penser le monde selon nos seules ressources, celles de la raison, en laissant de côté les idées religieuses (« Dieu », « l'âme immortelle ».). Il se trouve que la philosophie moderne (à l'exception notable de Spinoza) a toujours été un mixte de rationalité et de théologie. Dans cet ouvrage, Marcel Conche essaie de renouer avec l'innocence grecque qui tenait la « Nature » - et non le Dieu Biblique - pour cause de toutes choses.

  • "Peut-on dire qu'une philosophie est vraie ?" [et la réponse négative de Canguilhem], "la réalité des philosophies" [et l'idéalisme radical de Gueroult], "Les deux systèmes de métahysique" [et la place de Spinoza], "Comment je vois la Nature", "Les points cardinaux de ma philosophie", "Comment philosopher", "Faire son devoir" [ce qui compte est l'acte] sont parmi les chapitres de cet ouvrage. Ceux-ci sont secondaires : "Bergson et Eucken", "Palmyre", "Kant contre Spinoza" [sur la place des définitions].

  • « Si l'on veut se rendre présent à la présence de la Nature, ce qui est requis est non pas l'ingéniosité du doute cartésien, mais, au contraire, un supplément de naïveté, par laquelle on revient, en delà même des évidences communes, à une évidence première, plus immédiate. » Les onze essais ici réunis, bien qu'apparentés par leur thème - la Nature -, ainsi que par l'expérience métaphysique qui les sous-tend et par leur visée, n'en sont pas moins indépendants les uns des autres. La composition du livre, plutôt que linéaire, est comme étoilée.
    La Nature s'offre diversement, et l'on tente de l'approcher de divers points de vue : méditation sur la phusis grecque, sur l'infini, sur le temps, sur telle pensée de Pascal, tel poème de Wislawa Szymborska ou de Rimbaud, aussi bien que sur le cours incertain de la Nature et le risque écologique.

  • Penser encore

    Marcel Conche

    À quatre-vingt-treize ans Marcel Conche a encore quelque chose à dire sur la nature, l'infini, la vérité, la tradition, la création, le moi, le silence, le tragique, l'amour, la mort ou les mathématiques, mais aussi sur Descartes, Leibniz ou Héraclite. 12 petits chapitres sont consacrés à une nouvelle approche de Spinoza.

  • « Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur » écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme « la prépondérance du coeur sur l'esprit » et entend instaurer le « règne du coeur ». De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
    M.C.

  • "Je me souviens du passé, mais la mémoire de l'esprit, qui oublie, est différente de la mémoire du coeur, qui n'oublie pas. "Je me souviens" mais surtout "Je rêve dans le passé": je revis mon passé sous la forme du rêve."

  • Après un livre plutôt austère sur Héraclite, l'auteur revient à la libre expression de soi (« C'est moy que je peins ») - où « expression de soi » ne signifie pas oubli des autres, qu'il s'agisse de ses proches, de ses amis (plusieurs fois présents par leurs lettres), de philosophes (« Rencontre de Pascal », « Hegel et le mal ») ou d'hommes politiques (« Macron et la Crimée »). Reste que bien des chapitres ont un accent personnel - chapitres qu'une émotion inspire : nostalgie (« Au lycée d'Évreux »), fierté (« Mon sujet de fierté »), humiliation (« Le vélo »), résignation (« Vieillir ») - tout cela à l'ombre des préoccupations métaphysiques fondamentales (« La Nature comme Tout et source de vie », et « Vers la Nature infinie »).

  • Regain

    Marcel Conche

    Bien que philosophe par vocation depuis mon enfance et n'ignorant pas l'importance de l'élément conceptuel, je n'ai pu séparer la philosophie de la vie. C'est pourquoi si, dans ce livre Regain , je fais une large part aux questions qui touchent à la morale et à la métaphysique, telles que « Où placer la liberté ? », Le « réel », le corps, « La cause et la raison », l'idée d'« être », la valeur des systèmes, la « création du monde », la vérité, la pensée, « Liberté et vérité », et si je fais intervenir des philosophes comme Pascal ou Éric Weil, il reste que nombre de chapitres sont dus soit à ma connaissance et à mon expérience de l'histoire - ainsi « L'enfant qui est en moi », « Les héros dans l'histoire », « 1936 » - soit à mon expérience du travail - ainsi « La patraquerie », « Seize heures par jour », « Le plaisir d'enseigner » - ou à ce que j'ai vécu : l'amour (« Si je relis de vieilles lettres »), la peur (« Mes peurs »), la pitié (« Maria et Marissou »), la déception (« Oncle Urbain »), la nostalgie (« Nostalgie »), le regret (« Mon ressentiment »). Il n'y a pas de chapitre sur la joie.
    C'est peut-être que mon humeur n'est pas gaie - du moins quand je suis seul.

  • Sur Epicure

    Marcel Conche

    Dans mon ouvrage Lucrèce et l'expérience (éd. Seghers, 1967, rééd. PUF, 2011), j'ai exposé le système d'Épicure. C e travail a été complété en 1977 par l'édition des Lettres et maximes d'Épicure (éd. de Mégare, puis PUF en 1987). J'ai éprouvé le besoin de préciser certains points concernant le plaisir selon Épicure, en particulier le droit fondamental à une mort naturelle. S'y sont ajoutés, cette même année, le texte sur « Nietzsche et Épicure », et un texte moins historique que proprement philosophique (et personnel) « Avec et sans Épicure », où est indiqué ce que serait une société naturelle selon Épicure. Les textes « Pascal et Lucrèce [Épicure] » et « Être Épicuriens aujourd'hui » viennent en complément.
    M.C .

  • "Pourquoi redonner vie à ce Lucrèce, si longtemps après qu'il ait vu le jour, en 1967, aux éditions Seghers ? Après la cessation d'activité des éditions Fides, il était devenu introuvable.
    Or, il reste, de l'avis général, la meilleure introduction à Lucrèce. De plus, le poème de Lucrèce est sans doute la meilleure façon d'entrer de plain-pied dans la philosophie, si du moins la philosophie est la " vraie philosophie" (orthè philosophia) dont parle Epicure : méditation non pas sur les objets culturels, créations de l'esprit de l'homme, mais sur ce qui s'offre à nous, que l'on a sous les yeux, qui nous entoure et nous transit - la Nature (phusis) infinie, omnienglobante.
    J'ajoute que j'ai eu plaisir à ajouter un avant-propos, où je me figure l'effroi de Pascal découvrant Lucrèce" - Marcel Conche.

  • La philosophie n'a pas en vue l'utilité ou le bonheur, mais la seule vérité. Le sceptique lui-même philosophe sous l'idée de vérité, car, quoi qu'il dise, il ne peut que dire ce qui lui semble vrai. Dès lors qu'il n'y a pas de démonstration en métaphysique, le scepticisme métaphysique est le lot commun de tous les philosophes aujourd'hui. Cela signifie qu'il convient de philosopher en première personne, à l'exemple de Montaigne. Marcel Conche, donc, ne fait que dire ce qui lui semble. Il pose, avec Montaigne (cf. p. 27), la « question de l'être » question que Descartes a ignorée. Concluant au nihilisme ontologique, il substitue à la notion d'« être » la notion pyrrhonienne d'« apparence » (il y a... des apparences). Mais il refuse le nihilisme pratique (axiologique), qu'il s'agisse d'éthique (laquelle répond à la question: « à quoi bon la vie? »), de morale (qui concerne ce que l'on doit à autrui) ou d'esthétique. Toutefois, le questionnement sceptique, à la différence du dogmatique, ne connaît pas l'arrêt. La philosophie n'a donc pas d'aboutissement en elle-même. Mais elle mène à l'au-delà d'elle-même, et, à l'exemple de Socrate, à rendre les armes à la sagesse de l'amour.

  • " quelle bonté est-ce [.
    ] que le trajet d'une rivière faict crime ?" la diversité des morales collectives, des coutumes et des lois, manifeste la relativité des jugements humains. de là " le relativisme culturel ". mais montaigne ne s'y tient pas. loin de se plier à la morale collective de son temps (qui s'accommode de la torture, des procès de sorcellerie, etc. ), il la heurte de front par son affirmation des droits de l'individu : de la morale dite des "droits de l'homme ", il est le précurseur, le héraut.
    Là se trouve la borne qu'il met à son scepticisme. nihiliste en ontologie (à l'échelle humaine, rien n'" est" véritablement), sceptique en épistémologie, montaigne n'est sceptique ni en éthique (une sagesse est possible comme art d'être heureux), ni en morale (car il y a, pour tout homme, un devoir inconditionnel d'honnêteté et de respect d'autrui).

  • La nature est depuis toujours vivante. Source éternelle de vie elle engendre des vivants mortels. L'homme n'est qu'un vivant parmi d'autres, qui ne se distingue des autres que par la conscience de soi. L'animal a la conscience, non la conscience de soi. L'homme seul sait qu'il est au monde non pour simplement vivre mais pour bien vivre, pour vivre en vue du bien.
    Marcel Conche est professeur émérite de philosophie à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, membre correspondant de l'Académie d'Athènes et citoyen d'honneur de la ville grecque de Mégare. Il a été couronné lauréat de l'Académie française pour son édition d'Héraclite en 1987 et pour l'ensemble de son oeuvre en 1996. Il a reçu la médaille d'honneur de la Sorbonne en 1980.

  • L'aleatoire

    Marcel Conche

    Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé.
    Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine : on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.

  • Journal étrange IV.
    "Ce quatrième tome de mon Journal est, comme les précédents, "étrange", en ce sens que je n'y relate pas ce qui m'arrive "au jour le jour", mais seulement ce qui me vient à l'esprit de façon imprévu et non préparée - et qui, la plupart du temps, m'entraîne fort loin de mes occupations du jour. Je vais à l'aventure, accueillant tout, dès lors que j'y trouve quelque trait piquant. C'est le vagabondage de mes pensées. Des observations sur des poètes, des écrivains, des Philosophes (d'Épicure à Clément Rosset) voisinent avec des réflexions sur des problèmes de métaphysique, de morale, d'éthique, de politique avec des échanges épistolaires et les lettres mêmes d'amis ou d'amies (Élodie, Julie, Émilie, Marilyne.). - Il y a toutefois une différence entre ce volume et les précédents. La suite des chapitres n'y est pas gouvernée par le seul hasard des pensées. L'on y trouve, en filigrane, une orientation, et c'est une orientation vers Émilie - qui d'ailleurs donnera son titre au tome V : Émilie. Journal étrange V." (Marcel Conche).

  • Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le Bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime : le nirvâna. Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive, car le nirvâna suppose l'expérience sui generis de la vie allégée de toute souffrance, ils l'interprétèrent comme néant.
    Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie : la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.

  • Temps et destin

    Marcel Conche

    • Puf
    • 1 February 1992

    Le temps, par son concept, est en nous. Mais nous sommes aussi "dans le temps " (Aristote). Car, avant les jours de notre vie, il y avait des jours (pour d'autres vies), et, après, il y en aura encore. Le temps nous est compté. Etre " dans le temps " ? n'avoir qu'une durée de vie limitée, une part de temps. Or, c'est là ce que la notion de " destin " a signifié, originellement, pour les Grecs : n'avoir qu'une part de temps. Le temps, la mort et le destin s'entre signifient. Qu'en est-il du temps si la mort est un événement " destinal " ? On montre que la condition pour qu'il y ait destin est l'absoluité du temps.

    Mais qu'est-ce que le temps ? Et comment est-il possible de penser le temps ? Car le temps signifie la suite des " maintenant ". Or, il n'y a de suite que pour nous. Le temps pensé " se fonde sur la temporalité " (Heidegger). Mais le temps pensé est le temps nié. Le temps lui-même est indépendant de nous. Et quand, avec l'homme, disparaît la pensée du temps, reste le Temps. Le temps vrai, le temps du destin, est le temps de la nature. L'homme, adversaire du temps, invente la mémoire, l'histoire. Mais la nature a le dernier mot.

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