• Comment pouvons-nous vivre ensemble, égaux et différents, sans que des logiques de maximisation des intérêts de quelques-uns président systématiquement à l'organisation sociopolitique ? Pour le sociologue allemand Hartmut Rosa, l'avènement d'un monde commun transformé, de l'après-croissance, est possible à partir de l'établissement de relations vivantes et responsives avec le monde, les autres et la terre. Cette « résonance » doit sortir l'humanité de l'ornière au sein de laquelle le néolibéralisme sans limite l'a placée. Et elle doit le faire sans violence.
    Mais ce concept est-il suffisamment puissant pour penser une transformation radicale du monde tel qu'il va ? La résonance est subversive, mais un renouvellement du monde en profondeur peut-il faire l'économie de la rupture ? Ne serait-il pas préférable d'entrer en résistance et d'engager une révolution ? Les convivialistes dont les contributions sont réunies dans ce volume s'interrogent : comment éduquer les générations futures à un nouveau rapport avec le monde ? Comment se former pour transformer ? Faut-il entrer en résonance ou en résistance ?

  • Le triomphe du néolibéralisme a de nombreuses causes. Mais l'une d'entre elles est aussi essentielle que mal perçue et mal comprise : la puissance des idées lorsqu'elles sont soutenues par des personnes et des moyens tels qu'elles s'emparent des masses. La puissance des idées néolibérales a subordonné la planète. Elle est la raison d'être de ce manifeste. C'est elle qui a ouvert la voie à ce capitalisme d'un nouveau type, un capitalisme à l'état pur, libéré de toutes les contraintes morales ou politiques qui l'entravaient encore il y a quelques décennies. Et c'est à cette idéologie que le Second manifeste convivialiste répond.

empty