• Ce troisième volet cherche, historiquement, systématiquement et prospectivement, à interroger le sens de la marche de l'histoire mondiale, à questionner les grandes dimensions de la pensée et du monde et à ouvrir la problématique d'une nouvelle voie. Au début des années soixante, bien loin encore de la mondialisation actuelle, la pensée « planétaire » que lançait Kostas Axelos avait de quoi surprendre.
    Pourtant cette pensée énigmatique et questionnante saisit bien vite cette modernité européenne qui déjà conduisait vers sa propre universalisation, sa mondialisation et son dépassement. D'une manière incisive et prémonitoire, cette pensée « planétaire » se penche sur les grandes traditions qui se déploient dans l'espace-temps, dévoile l'actualité et la vigueur des présocratiques, pour examiner par la suite le logos fondateur de la dialectique par rapport aussi au vivant, au mouvement et la graphie. La pensée fragmentaire de la totalité chez Pascal, Rimbaud et la poésie du monde planétaire, Marx et la question de la philosophie marxiste, Heidegger et le problème de la philosophie, Freud ou la politique planétaire, sont des thèmes qui se déploient dans les divers chapitres de ce livre dont l'auteur a très vite vu et affronté la provocation que lance la technique à l'égard de tout ce qui est.

  • Pour comprendre la dialectique - platonicienne, théologique et chrétienne, hégélienne et marxiste - il faut remonter à héraclite, chez qui nous rencontrons une pensée originelle, avant la constitution systématique de la philosophie et de la métaphysique, avant le fractionnement des disciplines (en logique, théologie, métaphysique, physique, biologie, anthropologie, éthique, politique et esthétique).
    On s'efforce de présenter ici la pensée d'héraclite dans son ensemble cohérent, dans sa totalité fragmentée et fragmentaire. car cette pensée, qui reconnaît la vérité de l'errance et la puissance de la bêtise, contient déjà les pensées qui se développèrent ensuite dans les perspectives autonomisées ; elle éclaire toute la problématique de la fondation et du dépassement de la philosophie. il s'agissait donc de grouper autour des grands foyers - du logos, du cosmos, du divin, de l'homme, de la cité - les fragments qui s'y rapportent le plus explicitement, tous les fragments émanant d'un même centre et convergeant vers lui : l'être en devenir de la totalité une, le jeu suprême.

  • En quete de l'impense

    Kostas Axelos

    Marquant les derniers mots d'un penseur qui n'a jamais cessé de se confronter aux questions du monde, du temps, du jeu, de la technique, En quête de l'impensé se veut le témoignage de qui, au seuil de la mort, s'attache à scruter le secret des secrets, porté par le souci de ce qui meut l'homme contemporain à une époque régie par la rationalité technique. Il en va ici de la question de l'impensé qui submerge et interpelle l'homme, de cette énigme du temps qui demande à être scrutée par ce fragment pensant du monde, taraudé par l'angoisse, pris dans l'histoire mondiale et jeté dans l'aventure techno-scientifique. Il y va de la quête de cet impensé qui suppose un éveil et une audace, mais également le pâtir et l'agir de ces « penseurs poétiques qui ont laissé derrière eux la plate recherche du bonheur ». C'est cette angoisse fondamentale que la pensée d'Axelos nous propose ici d'assumer, nous montrant qu'il est possible de frayer, en en faisant l'épreuve de manière radicale, le chemin d'une sérénité vibrante, renouvelée.

  • Paru pour la première fois en 1969, le livre de Kostas Axelos, Marx penseur de la technique, constitue sa thèse de doctorat qui avait provoqué par son originalité de vives discussions lorsqu'elle fut soutenue (1959) à la Sorbonne.
    Aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après, la pensée de Karl Marx - devenue après lui marxisme, méthode et doctrine, théorie et pratique officiellement systématisées, essor d'un système politique et d'un monde pourtant effondrés - exige davantage cette « autre » lecture : la lecture incisive et originale que lui avait fait le jeune Axelos ayant distingué dans l'oeuvre de Marx (en dehors de ses interprétations doctrinales et de toute manipulation idéologique) une pensée plus qu'actuelle qui part de l'homme et du développement technologique des forces productives qui constituent la base réelle de tout développement de l'humanité.
    « Marx est avant tout un technicien de l'analyse de l'aliénation accompagnant l'essor de la technique. [.] La technique, constituant le secret de l'époque moderne et prenant des aspects divers, est aussi à l'oeuvre dans l'oeuvre de Marx, et l'effort marxien ne vise qu'un déploiement désaliéné et total de la puissance de la technique ». La question de la pensée et de la réalité, de la conscience et du monde ne surgit-elle pas constamment jadis et toujours ? Il y a plein de questions qui se posent et que l'écrivain n'hésite pas à affronter.
    Par-delà Marx et le marxisme, l'approche qu'en fait Kostas Axelos et qui nous apparaît vraiment très actuelle, vise une meilleure compréhension de la technique mondiale. La promotion de cette nouvelle pensée, ouverte et multidimensionnelle, planétaire, questionnante et énigmatique, Kostas Axelos l'avait sans cesse développée jusqu' à la fin de ses jours.

  • Nombre de débats et discussions acharnées n'ont cessé et ne cessent de se succéder sur l'ainsi dénommée « crise grecque », alors même que se profile, à mesure qu'on en prend conscience, une crise européenne de plus large ampleur. On avance ainsi des chiffres, élabore force plans de sauvetage, négocie des taux d'intérêts bancaires au nom de « marchés » anonymes et tout-puissants, sans bien comprendre ce que cette crise recèle. Pourtant, des voix s'élèvent, de plus en plus audibles, qui s'efforcent d'identifier et de diagnostiquer les causes profondes de ce qui se révèle progressivement comme une crise plus vaste, qui touche non seulement à l'identité grecque, mais à la pensée, à un véritable malaise de notre culture, qui outrepasse le seul « cas » grec.
    En juillet 1954, alors qu'il venait d'avoir trente ans, exilé en France et dans l'impossibilité de retourner en Grèce, Kostas Axelos publie ce texte prémonitoire et d'une lucidité accablante, s'efforçant de scruter les origines profondes du mal-être grec. À peine sorti de la Résistance et d'une sanglante guerre civile, le jeune Axelos s'attaque ici au Destin de la Grèce moderne, en y posant des questions cruciales. Assurément, il n'y a pas à en douter: le destin de l'Hellade est bien « moderne ». Plus encore, « elle ne peut être sans destin au sein du monde moderne dominé par les grandes puissances ». L'interrogation fondamentale concernant la Grèce demeure ici d'une étonnante actualité: « Comment établira-t-elle l'harmonie entre sa puissance et son impuissance? Et pour s'approprier son être ne vendra-t-elle pas son âme au diable? S'assurera-t-elle sa place dans le monde sans abandonner sa nature et saura-t-elle maintenir l'équilibre entre la physis et la technè ? »

  • Le jeu du monde

    Kostas Axelos

    Le jeu du monde se joue à travers les grandes puissances qui relient l'homme au monde - mythes et religion, poésie et art, politique, philosophie, sciences et techniques -, elles-mêmes, mises en mouvement par les forces élémentaires : le langage et la pensée, le travail et la lutte, l'amour et la mort, ainsi que le jeu de l'homme qui est joueur, jouet et déjoué. Le jeu "est" le jeu de l'être en devenir de la totalité fragmentaire et fragmentée du monde multidimensionnel et ouvert, il se déploie comme Dieu-problème, monde cosmique, homme dans le monde, histoire mondiale, être-néant, tout-rien, monde-immonde.
    Le jeu du monde contient et dépasse - en tant qu'horizon sans fond - tout jeu dans le monde, il broie et embrasse tous les jeux et toutes les règles, toutes les transgressions et tous les calculs, toutes les significations et toutes les interprétations, toutes les vérités - figures triomphales de l'errance. Jeu du temps, il supporte toutes les lectures massives ou cassées qui en sont données, mêmes celles qui l'occultent, et il révolutionne toutes les appellations.
    "Il" semble exiger pour être dit une pensée questionnante et planétaire, un langage à la fois encyclopédique et aphoristique, une écriture systématique et fragmentaire.

  • Il paraît que le travail de la pensée s'éclaircit et se précise dans l'entretien. C'est Kostas Axelos lui-même qui l'affirme. Tout au long de sa vie Kostas Axelos a développé sa pensée essayant sans cesse d'ouvrir la problématique d'une nouvelle voie à travers la provocation que lance la technique à l'égard de tout ce qui est, et ceci en privilégiant toujours le dialogue. Il n'a jamais cessé de s'entretenir - et il s'y adonnait avec fougue et plaisir - avec les autres et parfois avec « soi-même » aussi, comme on peut le constater dans certaines pages de ce livre ; il n'a jamais cessé de provoquer et de nourrir cet échange fécond qu'est le dialogue, lequel - de par son origine étymologique - n'est rien d'autre que ce dia-logos productif et générateur de pensée, qui tient du logos et se situe bien au-delà d'une simple communication réciproque de paroles ou d'idées.
    Les dix entretiens reproduits dans ce livre correspondent à des moments espacés du parcours philosophique de Kostas Axelos. Déjà parus dans des recueils ou des revues françaises ou grecques ils ont été choisis parce qu'ils offrent au lecteur - même le moins avisé - la possibilité d'une approche plus aisée et directe de cette pensée énigmatique et questionnante qui a affronté le jeu du monde et prévu le destin planétaire et l'errance de l'homme actuel en essayant de (lui) tracer un chemin marqué par l'amicalité.
    Il y va ici du monde de demain, de la technique dominante et des grandes questions qui se posent non seulement dans notre quotidien mais dans notre transquotidien aussi.

  • L'Exil est la patrie de la pensée regroupe un ensemble de textes inédits ou introuvables de Kostas Axelos. Prolongeant ses derniers livres (Réponses énigmatiques, Minuit, 2005 ; En quête de l'impensé, Encre marine, 2012, posthume), il questionne la philosophie du XXe siècle et relit sous le signe de l'exil la vie et l'oeuvre du philosophe, éclairant d'un jour nouveau une pensée singulière. On trouvera également dans ce recueil des contributions philosophiques majeures sur Axelos (P. Fougeyrollas, F. Dastur, S. Jollivet, L. Couloubaritsis), ainsi que de nombreux témoignages, dessins et photographies.

  • Il y va principalement de ce qui advient et non pas de tel ou tel advenir, de tel ou tel devenir ou du devenir en général.
    Le même advenir contient les possibilités de différencier ce qui devient. advenu, advenant et à venir, en chacun de ses lieux, en chacun de ses moments, il reste non-dit, impliqué dans le vide et l'impliquant, animant le dire et l'agir qui également le façonnent. ce qui advient se tient aussi lié avec toutes nos actions et nos omissions quotidiennes et transquotidiennes, la fiction lui prêtant ses vêtements qui finissent par faire corps avec lui.
    Depuis les temps immémoriaux, sans le savoir ou sciemment, l'humanité cherche le secret de l'" être " et l'enjeu du " devenir ". des maîtres-mots agissants furent prononcés et suivirent leur cours. l'advenir lui-même ne peut pas être surplombé ni dans le présent ni dans le futur. il provoque et inclut questions et réponses, interprétations et actions qui restent toutes en suspens.

  • Le questionnement donne son élan à la pensée.
    En scrutant l'énigme de la technique planétaire qui domine l'époque en question - époque qui se tient en suspens -, en essayant d'élucider ce qui, plus fort que l'homme, l'anime, le traverse et le dépasse, une approche est tentée. La société des hommes ne constitue pas une référence suprême. Tandis que se déroule l'itinérant questionnement, nous nous rendons compte de la proximité et de l'éloignement de ce qui nous questionne.
    Ainsi s'ouvre un chemin.

  • Un questionnement radical ne peut conduire qu'à des réponses énigmatiques. Celles-ci tentent d'élucider aussi bien l'énigme de la question que celle de la réponse intimement liées -, en interrogeant également le destin de la philosophie. La catastrophe qui ne plane pas seulement mais nous concerne décisivement est à affronter avec amicalité et, en même temps, nous devons scruter la ruse incisive qui se joue de nous et déjoue nos plans. Sensibles aux failles partout présentes, nous avons comme tâche d'effectuer une percée. Pour énigmatiques qu'elles soient, ces pensées n'en constituent pas moins des réponses.

  • Metamorphoses - cloture-ouverture Nouv.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Metamorphoses

    Kostas Axelos

    • Pluriel
    • 17 April 1996

    Les différents essais qui composent ce livre, à la fois divers et uni, interrogent les grandes métamorphoses du monde. il est question, tout d'abord, du long chemin qui a conduit de la mythologie archaïque - à travers la tradition gréco-romaine et judéo-chrétienne - à la technologie moderne et ultramoderne. le passé de l'homme, son présent et surtout son avenir font problème : l'être humain est destiné à connaître un changement. ensuite, c'est l'aventure de la technique scientifique devenue planétaire qui est scrutée. partie de l'europe, la techno-science s'universalise. mais qu'en est-il de l'europe ? dans quel état se trouvent ses formations les plus importantes ? ainsi est posée aussi la question de la fin de l'art, dans toute sa dimension poétique. une même structure et une même histoire - comportant des dimensions multiples et complexes - englobent ce qui est, se fait et se défait. enfin, si notre époque marque une certaine fin, une clôture, elle nous appelle également à une nouvelle ouverture, ici esquissée.

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