• La Berthe ! Il suffit de prononcer ce nom pour que les gens de Mayenne et de l'Orne deviennent intarissables sur les faits et gestes de cette femme et de sa famille. Une histoire pas ordinaire, se répète-t-on. Celle d'une famille paysanne et de son ascension. Tout commence en 1867, avec les premiers succès du père, qui s'est lancé à la conquête de la terre avec 3 hectares en poche. À sa mort, il laisse 300 hectares et 3 millions de Francs-or ! Très jeune, Berthe se distingue de ses camarades. À Villaines-la-Juhel, on se souvient encore de cette étrange fille de fermier, qui livrait le lait en gants blancs et en chapeau à voilette. La Joconde, comme on la surnomma bientôt, n'a qu'une idée en tête : arriver coûte que coûte, seule s'il le faut. Plus rien ne l'arrêtera, pas même la mort de sa mère qui agonise, solitaire, dans le bruit infernal de la batteuse. Mais Berthe se moque du qu'en-dira-t-on, elle rafle les prix aux concours d'élevage, elle agrandit ses terres et n'hésite pas à faire du marché noir pendant la Seconde Guerre mondiale. Seule dans cette immense demeure où personne ne pénètre, Berthe continue d'élever un troupeau de bovins à moitié sauvage, en comptant, à plus de 80 ans, sur ses propres forces. La Berthe est morte en mars 1988, au moment où Joëlle Guillais achevait ce livre, fruit de deux années d'entretiens et de complicité patiemment tissée. Cet ouvrage est ainsi son dernier défi.

  • Tuer son enfant, sa femme, est-il de crime plus monstrueux ? Et pourtant les sociétés - la nôtre comme celle du XIXe siècle - demeurent fascinées en même temps qu'horrifiées. Mais que savons-nous de ces criminels, des mobiles qui les poussent à commettre l'acte irréparable, de leur comportement dans ces heures exceptionnelles ? Pour la première fois, Joëlle Guillais reconstitue, grâce aux archives de la police, l'itinéraire criminel de ces femmes et, surtout, de ces hommes désemparés par la fin d'un amour. Leurs lettres inédites et les témoignages des procès ont permis à l'auteur de suivre presque jour après jour la progression du drame puis d'analyser les réactions contradictoires des juges et des jurés. Ces histoires d'argent, d'alcoolisme et d'adultère donnent de la société du XIXe siècle une image singulière. Enfin le vernis d'une société se craquelle et, loin du silence des voisins ou des juges, apparaît une vie fragile tissée de sang et de larmes.

  • Ce livre est le récit d'une descente aux enfers et d'une rédemption. Les péripéties, les noms de lieux, ont été dévoilés à l'auteur par le personnage principal, après des mois d'entretiens, sous promesse que son identité serait modifiée et tenue secrète pour d'évidentes raisons de sécurité. Agnès est une jeune fille de bonne famille, qui a essayé le haschich par jeu, l'alcool et les médicaments par désoeuvrement, l'héroïne par abandon. À 20 ans, la voici lancée sur la route des Indes, convertie à l'hindouisme et au yoga, assurant ses fins de mois en convoyant du hasch, d'abord seule, puis avec son bébé, fruit d'un amour de rencontre. Cette vie va durer dix ans, jusqu'au départ vers un nouvel Eldorado, le Brésil, et une nouvelle drogue, la cocaïne. Lorsqu'elle est arrêtée, en février 1989, à Zurich, Agnès pèse 44 kilos et consomme 10 grammes de cocaïne par jour. Commence alors un ultime voyage de trois ans, au pénitencier de Hindelbank, où règnent la drogue et l'arbitraire des gardiennes. Trois ans, avant de retrouver la liberté et sa fille... Joëlle Guillais raconte avec la précision d'une anthropologue, et le souffle d'une journaliste, cette lutte incessante contre soi-même, contre les autres, pour survivre et se sauver grâce à l'amour maternel.

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