• Ce livre est une sorte d'autobiographie filmique à travers 40 ans de critique cinématographique dans la célèbre revue
    Positif. Ecrites comme des récits intérieurs, ces chroniques nous prennent là où nous sommes, lorsque nous prenons place devant l'écran, et que la projection sur l'écran se double d'une projection propre à chacun d'entre nous. Partant de l'idée que nous nous " faisons notre film " de chaque film, il est une formidable introduction au cinéma et nous montre les moyens par lesquels un film nous concerne singulièrement.
    L'expérience couvre une gamme ouverte de cinémas nationaux et de cinéastes qui marquent la grande histoire du 7e art jusqu'à tout récemment. Notamment le cinéma allemand des années 1980 (Herzog, Fassbinder, Wenders), italien (depuis Antonioni et Bertolucci en passant par Sergio Leone), américain à travers l'oeuvre de Martin Scorsese ou de Woody Allen, et anglo- américain (Tim Burton, Stanley Kubrick). Ce livre permettra à la fois d'appréhender des films vus et connus, de se constituer sa biographie cinématographique mais aussi de mieux comprendre ce que seul le cinéma peut nous dire.

  • Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l'auteur.Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d'une oeuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l'émotion considérable qui s'est répandue à l'annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu'auprès de gens qui ne l'avaient jamais lue ni entendue.Ce récit de chagrin livre le portrait d'une femme exceptionnelle, en même temps qu'il médite sur les rapports père-fils, l'origine du sacré et l'aura d'un être qui avait « la passion de l'amitié ».« Ses traits s'étiraient dès qu'elle voyait autrui heureux. Il n'y a pas beaucoup de gens qui nous donneraient envie d'être heureux rien que pour les rendre heureux. »

    Jean-Philippe Domecq est romancier et essayiste. Il a publié une trentaine d'ouvrages, dont Robespierre, derniers temps (Folio Gallimard), Comédie de la critique. Trente ans d'art contemporain (Agora Pocket), Le jour où le ciel s'en va (Fayard).
    Parmi ses derniers titres parus : Le Livre des jouissances (Pocket, « Agora », 2017). Deuxième chambre du monde (Safrand 2017). Qu'est-ce que la Métaphysique Fiction ? (Safran 2017)

  • Lorsque les historiens butent sur une énigme, sur l'apparemment incompréhensible - par exemple, comment et pourquoi, en Thermidor, Robespierre au faîte de sa puissance refuse de combattre l'offensive antiterroriste et se laisse si facilement abattre par ses opposant coalisés, cinquante jours après l'apothéose de la fête de l'Être suprême ? -, que peuvent leur apporter l'intuition de la littérature, les outils de la fiction, la grammaire du romanesque pour dénouer ce qui les retient, les empêche ?
    À cette question, Jean-Philippe Domecq, dans Robespierre, derniers temps et le texte inédit ' La littérature comme acupuncture ', réponde de manière éclairante : quand la crise du pouvoir mêle éthique et mythes, la littérature fait preuve d'une plus grande clairvoyance introspective que l'historien à ses archives.

  • À présent que les hommes ont de plus en plus d'objets et que la planète n'en peut plus, la richesse nécessaire aux économies ne peut plus venir de la seule croissance. Cette contrainte impose une grande bascule aux nations d'Europe qui devront en être la tête chercheuse, comme elles le furent de l'industrie et de la consommation. Occuper le temps en le libérant : voilà ce que propose ce livre. Satisfaire les potentialités de l'être, et non du seul avoir, n'est pas qu'affaire métaphysique, c'est le moyen de faire des affaires. Le laps de vie qui dynamise notre conscience de mortels attendait son économie depuis toujours. L'ère démocratique, en rapprochant le temps historique du temps individuel, a aussi précipité cette prise de conscience.
    Egalement chez Pocket : Une nouvelle introduction à l'art du XXe siècle, La Situation des esprits, Ce que nous dit la vitesse, Comédie de la critique et Le Livre de la jouissance.
    INEDIT

  • La condition humaine semble la plupart du temps passer à côté de la jouissance, qui, par excellence, nous déborde, nous retourne, nous perturbe. Et, puisqu'une volupté est toujours amplifiée d'être dite, il vaut le coup de trouver à chacune son langage bien particulier, tantôt strident comme un saxo, tantôt sirupeux comme une caresse à se tordre, ou violent comme la vengeance qui nous occupe mieux que tout autre divertissement. Du sexe libertin à l'orgasme mystique, de l'hypersuperficialité du tissu à la profonde volupté fidèle, de ces chansons de lit qui font remuer les reins malgré nous à la mort frôlée par la vitesse sportive, ce livre va aussi chercher les jouissances qu'on n'a guère dites tant elles gênent, comme le rire bête, consternant mais vertigineux, la brutalité fictive lorsqu'elle devient trop énorme, ou le plaisir d'avoir raison et d'y prétendre...
    INÉDIT

  • Si l'on en croit ce qui nous est dit en France de la littérature française contemporaine, celle-ci est plus vivace que jamais. Est-il permis de douter des " nouveaux Balzac et Dante " qui se vendent mille fois mieux que leurs glorieux devanciers en leur temps ? de leur qualité tant médiatisée ? en premier lieu, dans les pages littéraires des plus prestigieux journaux ? Ce devrait l'être. D'en discuter ? Difficilement, très difficilement... Qui ose débattre de la valeur des livres encensés se marginalise, mais qui ose s'attaquer aux choix idéologiques et partis pris esthétiques de la critique littéraire française s'expose à la cabale.
    En publiant un article consacré à la rentrée 1992 dans la revue Esprit, Jean-Philippe Domecq en fit l'expérience cuisante. Son texte fut l'objet d'un étouffement immédiat, suivi d'une véritable censure.
    Dix ans après, il est enfin temps de rompre d'une voix discordante le concert unanimiste et d'inciter à lire de la littérature. Car celle-ci continue de s'écrire. Dans le monde. Pas - vraiment - lue, pas offerte au public, oblitérée par la peur de cette chair vive. Pourtant, plus que jamais, il importe d'en rappeler les enjeux fondamentaux, enjeux au regard du temps qui passe et qui dépasse le narcissisme des auteurs, enjeux pour ce que la littérature nous a toujours révélé et nous révêlera de l'amour et du désir, enjeux d'exigence aussi. Enjeux auxquels la critique française peut s'ouvrir à nouveau.Jean-Philippe Domecq est romancier et essayiste. On lui doit notamment L'Ombre de ta peau (Fayard, 2001). Amateur d'art, il a consacré deux ouvrages au débat sur l'art contemporain, dont Misère de l'art. Essai sur le dernier demi-siècle (Calmann-Lévy, 1999).

  • Un homme seul chez lui observe : la rue, les toits, tout ce qui s'offre à sa vue. Il se voit vivre, aussi. Au point que plus rien n'est ordinaire dans sa vie pourtant bien banale.
    Un soir, à force de guetter, il aperçoit le reflet d'une fenêtre qui s'allume au-dessus de chez lui. Une femme ? Cette présence silencieuse va progressivement le hanter. Cela débouche sur un très long couloir qui le conduit au bout du monde - mais quel monde ? Car l'homme abandonne tout : santé, travail, amour, en captant la proie pour l'ombre.
    Dans Deuxième chambre du monde, Jean-Philippe Domecq nous engage dans une expérience littéraire et métaphysique où jubilation d'écriture et redoutable humour s'associent pour une étrange et fondamentale interrogation sur la condition humaine.

  • Une réflexion à l'exacte croisée de notre perception métaphysique de la vie et de l'exploration d'un nouveau territoire romanesque. De Proust à Bolaño, en passant par Thomas Bernhard et les dramaturges de l'absurde, l'auteur de cet essai veut " libérer " ce refoulé qu'est la mort au coeur de notre vision des choses.
    Par cet essai Jean-Philippe Domecq envisage une nouvelle donne littéraire comme le fit en son temps, par exemple, Alain Robbe-Grillet pour le Nouveau Roman.

  • La formule 1 est l'un des sports les plus regardés de la planète. Éminemment techniques, menées par quelques "furieux froids" que sont les pilotes, ces jeux du risque modernes fascinent et renvoient à l'image de notre société où l'humain est de plus en plus environné de technologie que non seulement il maîtrise mais pousse à son extrémité la plus absolue : la vitesse pour gagner.
    Au fil des années, la formule 1 a créé sa mythologie, son panthéon, avec parfois d'extraordinaires répercussions, à l'image de la mort d'Ayrton Senna et de son impact mondial. Les grands prix, les circuits, les pilotes écrivent aujourd'hui une page de la sociologie et de la grande narration de notre temps, dont témoignent les courses les plus célèbres que raconte précisément ce livre.
    Nouvelle édition revue et augmentée par l'auteur.

  • Cette pièce tirée du roman Antichambre, du même auteur, sera présentée à Avignon, en juillet 1992.

  • Ça commence sur une plage d'été, bondée, du temps on y allait en foule, avec ses criailleries, sa torpeur d'ennui trompé en masse. Tout va bien, comme toujours. Vers six heures, deux coups de vent - les ballons qui s'envolent, les piquets et fanions qui sifflent, les nappes des paillotes qui se soulèvent. Et puis, rien. Deux heures plus tard, c'est la Rafale. Tout le sable soulevé. Jusqu'au dessus de la falaise d'immeubles d'été, jusqu'aux parkings et routes où fuiront, après le souffle qui a tout aspiré, les marées de voitures en panique. Dans les bars, les rues, les halls d'hôtels, les gens se sont engouffrés, n'entendant même pas que leurs cris ne résonnaient plus qu'en eux. C'était comme un écho qui aurait siphonné le son, se dira-t-on plus tard. Et certains, les uns partis vers les dunes et d'autres réfugiés dans une villa abandonnée, sont assez loin de tout ça pour remarquer que le ciel paraît se tendre inexorablement, lisse, en rideau peu à peu tiré vers un fond qui là-haut s'éclaire jusqu'à l'aube, comme si apparaissait l'espace derrière... derrière le ciel, pour le dire à l'humaine. Pendant ce temps, bien sûr, les êtres continuent leurs petites intrigues; mais, dépassés, ne comprenant rien à "ce qui arrive", ils communiquent et perçoivent comme jamais.
    Un roman de métaphysique-fiction, dans cette veine qu'a inaugurée Jean-Philippe Domecq et qui paraît tirée elle aussi derrière l'horizon par une écriture où l'excès, la faconde captent la nuance avec cet humour subreptice que donne le vertige de l'infini. Infini dont ce récit nous montre que ce n'est encore pas assez.

  • " Que ceux qui se trouvent bien de ce qui se passe dans les arts, en littérature et en politique en France referment aussitôt ce livre. "
    Parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, parce que la crise des arts, de la littérature et du politique persiste depuis plus d'un quart de siècle, parce qu'elle est entretenue par ceux qui en rendent compte, parce que Domecq et Naulleau ne s'y résignent toujours pas, ces entretiens sans complaisance analysent ce qu'est aujourd'hui pour eux la situation des esprits en France. Loin d'en rester à un état des lieux peu encourageant, ils proposent des alternatives qui jamais ne s'érigent en dogme. Et stimulent ainsi la réflexion de ceux pour qui la vie ne se vit pas à n'importe quel prix.

  • Le mot d'intellectuel a fait son temps, comme avant lui le philosophe des Lumières. Un autre mot viendra, avec l'éthique de responsabilité et le supplément de lucidité qui, à l'origine, caractérisaient les intellectuels. En attendant, la position d'autorité n'étant plus tenable que par les bateleurs, mieux vaut la position de perplexité. Ainsi, mimer cette sous-conversation publique que chacun mène avec soi-même en écho aux informations. Durant ces années 80 par exemple, en quoi le monde sous nos yeux aura-t-il changé notre vision de l'histoire et nos comportements, si l'on considère les trois spectacles qui ont monopolisé l'attention : le show politique - l'écran des taux de change - la liturgie sportive ? La politique ? Elle ne veut plus invoquer le sens de l'histoire, depuis que cette croyance, à l'Est, se retourna contre elle-même. Mais comment orienter le débat public, comment orienter le citoyen hors de nos ego, vers l'avenir, vers autrui, sans faire le pari de l'histoire ? C'est cela qui fut interdit, l'interdit formel des ultra-libérales années 80. Rien au-delà de mon intérêt et de ma durée de vie, il n'y a de libertés et de profits qu'individuels. Et la politique a un dernier droit : faire tourner l'économie-monde, pour qu'elle tourne. Comme sur un circuit automobile : la concurrence pour la concurrence, dans les règles. Au coeur de celles-ci, la valeur d'estime : l'argent, nécessité première et passion primaire, est aujourd'hui fin dernière. Ainsi, la démocratie tend-elle à se confondre avec le marché et l'individualisme démocratique avec la consommation narcissique.

  • Apparemment, c'est un récit de sport, et de mort. On dit que c'est le sport cruel, la tauromachie automobile. Apparemment, ce sport consiste à tourner en rond, en circuit fermé. Absurde, et passionnant apparemment - ou passionnant parce qu'absurde. La vie même. Apparemment, ce sport consiste à se doubler les uns les autres, quitte à s'éliminer - le jeu social même. Apparemment, ces hommes savent que leurs prédécesseurs sont morts à proportion d'un sur trois, et ils entrent dans la course. Apparemment, la vitesse, comme un désir, les envoûte : c'est le chant des sirènes par quoi la mort les tente, autres sirènes. Et il y a l'ivresse du triomphe, de la volonté, aux abords du danger. Apparemment, ils ne tiennent pas de discours sur cette expérience qui, le temps d'une course, condense une vie ; ils ont pourtant un langage à eux. Un roman à fleur de nerfs. Apparemment, c'est un roman de corps tendus, casqués, couchés dans la machine, pris dans cette aventure du corps et de l'être qu'on appelle vaguement la concentration. Mais ce n'est pas le dernier thriller sportif, ni le premier roman zen.

  • Au départ, un fait divers authentique : un couple se tue sur une autoroute, en pleine nuit, chacun dans sa voiture, en se heurtant de face. Les enquêteurs récusent l'hypothèse du hasard et concluent au suicide.
    Image même de l'inextricable amoureux. Qu'est-ce qui peut bien pousser un homme et une femme qui s'aiment, ou se sont aimés, à faire ainsi la mort en pleine nuit ?
    Alors commence le roman. Chacun émet des hypothèses. Qui conduisent toutes à la situation la plus classique et la plus romanesque : on s'aime, mais on se met à en désirer un/une autre, et le désir ne s'arrête pas au désir, et de fil en aiguille le filet se resserre, on n'en peut plus, on n'en peut plus de ne pas vivre avec elle/lui, et on n'en peut plus de devoir quitter l'autre.
    Ce roman saisit désir et amour à la crête, là où il faut que ça se dénoue, ou qu'on en finisse. Roman bref, donc, tendu comme une crise au théâtre. « Là-bas les phares qui pointent. Qui s'approchent. On y va, pour toujours, toujours. » On y va.
    Romancier et essayiste, Jean-Philippe Domecq a notamment publié : Robespierre, derniers temps (1984), Antichambre (1991), Le Désaccord (1996), Silence d'un amour (1998).

  • « Le discours politique n'ose plus parler de l'essentiel ; le peuple peut avoir tort contre lui-même. » Quelle question essentielle serait esquivée ?
    L'argent, la finance mondialisée et sa cohorte d'injustices. En quoi le peuple pourrait-il avoir tort ? En son consentement au règne de l'argent, bien qu'il en souffre. Le livre met à l'épreuve ces deux évidences concordantes et occultées.
    L'argent mondialisé tient la place englobante occupée autrefois par le religieux, puis par le politique. Le discours politique de gouvernement n'ose plus parler des injustices criantes ni des disproportions irréalistes que nous impose ce qu'il faut bien nommer : le capitalisme. Le voilà, le manque au coeur du discours politique, et le malaise d'une civilisation où l'argent, de nécessité et passion de toujours, est devenu valeur, valeur destinée à soumettre toutes les autres valeurs.
    Le peuple rejette les politiques qui essaient de limiter ce règne, plus souvent que celles qui le couvrent ou le cautionnent; en même temps, il se plaint de l'injustice qu'elles entraînent. Dire que le peuple reproche aux hommes politiques ce qu'il pourrait assez régulièrement se reprocher pourra paraître iconoclaste, car de quel droit le dire en démocratie ? D'autant que la média-démocratie flatte le « télecteur » dans le sens d'un individualisme toujours plus soucieux des droits du « moi-moi », et toujours moins conscient de son appartenance à une collectivité : la politique a été privatisée. Or, le propos politique est inhibé lorsqu'il est contraint de gommer les perspectives collectives.
    La discussion critique avec l'opinion doit revenir à l'homme politique. Encore faut-il l'y aider, au lieu de toujours le prendre pour bouc émissaire.
    Jean-Philippe Domecq poursuit ainsi la réflexion entreprise avec les deux premiers volets du triptyque, La Liberté sans choix : La Passion du politique (Le Seuil, 1989) et Petit Traité de métaphysique sociale (Quai Voltaire, 1992). Romancier et essayiste, on lui doit notamment L'Ombre de ta peau (Fayard, 2001) et Qui a peur de la littérature ? (Mille et une nuits, 2002).

  • « Le Rien, je l'ai vu à ma petite échelle lorsque plus rien, plus rien ne m'a paru banal. Plus rien de ce que je trouvais tel auparavant. Ce n'était pas la plénitude pour autant, non c'était beaucoup trop tremblé pour cela, surtout pas assuré. Alors, s'il m'est permis de me prendre pour support d'expérience, j'ai constaté qu'une tranquille avidité résulte chaque fois de notre redécouverte ahurie d'une parcelle du monde. on n'appréhende jamais mieux que dans l'inquiétude. Inquiet, on est prêt à tout capter, d'où que ça vienne, surtout de là où on ne l'attend pas, on éprouve la jubilation de l'étonnement. Devant un bâtiment, un paysage, un infime détail. De banalité apparente. Car tout se joue dans l'apparent, évidemment. Le banal n'est pas, il paraît tel. II est verbalement étiquetée « banal ». Un a priori hérité nous fait penser que tel objet, tel lieu, tel comportement est banal, et le regard glisse dessus, nous passons à autre chose. C'est apparemment que ceci nous semble banal et cela non. Donc ceci, qui nous semblait banal, peut ne plus nous le sembler. Tout dépend de notre regard, constatais-je.
    Le banal n'est pas dans la masse du réel, il n'est que dans notre tête, dans la masse des préconceptions et préjugés dont elle est farcie et en vertu desquels nous regardons là et pas ailleurs. C'est pourquoi cette petite affaire de banal, anodine s'il en est, m'a paru engager jusqu'à la pensée et la conception que l'on s'en fait. Jusqu'à la pensée de notre pensée, autrement dit. »
    Dans les années 1970, à la suite des promenades surréalistes et des dérives situationnistes, Jean-Philippe Domecq invente une nouvelle discipline du regard, la banalyse. Un dépôt Pernod, une usine désaffectée, des maisons abandonnées, sa chambre, des couloirs - lieux d'une uniformité à couper le souffle -, tout est bon pour l'exercice qui lui offre des expériences toujours troublantes. II en naît des textes poétiques, souvent drôles, que le romancier et critique littéraire rassemble dans ce Traité de banalistique.

  • Avant de se consacrer exclusivement à l'écriture, Jean Philippe Domecq a, pendant plusieurs années, mené une double exploration littéraire et picturale, dont Une scrupuleuse aventure porte témoignage. L'interrogation intérieure y est inséparable d'une appréhension de la vie quotidienne, de ses chances comme de ses troubles, jusque dans ses recoins les plus « banals ». Il poursuit actuellement cet apprentissage de soi et du monde à travers une expérience autobiographique qui relève du journal intime autant que du reportage n'est-on pas à la fois le promeneur et l'arpenteur de sa vie ?

  • Paru en 1991, ce roman connut un succès d'estime et mérite sans doute plus encore. Il pourrait rester comme le roman d'une génération, celle qui, ayant atteint la maturité dans les années quatre-vingt, n'a pas tout à fait oublié ses révoltes des années soixante. Roman psychologique aussi, qui explore comme jamais l'espace de la dépression, avec une écriture en vrille lancinante au fond de soi. Roman d'amour en même temps, d'amours croisées mais fidèles au fond, et qui remontent de la mémoire sans qu'on puisse échapper à leur charme enfoui, jamais enfui. Roman total en fait, qui, partant du plus bas de la déréliction intime, emporte le lecteur jusqu'au plus haut de la pyramide sociale, jusqu'à ce crâne de chef d'Etat où miroitent flux et reflux de l'opinion.
    Etonnant roman qui commence par une fatigue. Une fatigue étrange. « Que s'est-il passé avant que l'insomnie commence ? Je ne vois pas, je ne vois pas ce qui a pu se passer. Tout allait bien pour moi, tout allait bien en mars, mars avril et avant voyons, bien avant, des années et des années que tout va bien pour moi ! » Alors pourquoi cette insomnie qui traîne et va l'entraîner loin, Gabriel, si loin de sa vie de tous les jours, si près des jours d'avant, avant qu'André ne se donne la mort, avant que Suzanne entre eux ne se glisse, puis disparaisse...
    « L'année 1991 commencerait-elle par un livre-jalon, à l'instar des Choses de Perec en 1965 ? Et Domecq, ça rime avec. Ces quatre cents pages psalmodient le « à quoi bon ? » d'une génération qui n'est plus flouée, mais noyée. »
    André Rollin, Le Canard Enchaîné
    « Domecq est un de ces très rares écrivains de sa génération à faire vieillir tout le reste de ce qui se publie. Il est vraiment un contemporain capital. »
    Jacques-Pierre Amette, Le Point
    « Un nouveau mal du siècle ? »
    Pierre Mertens, Le Soir

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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