• Le sel, généreusement dispensé par la nature, a joué un rôle fondamental dans les diverses cultures humaines. Indispensable aux êtres vivants, présent dans chaque foyer, il donne saveur aux aliments, permet de les conserver et joue un rôle biologique important dans l'équilibre d'un organisme. Consommé par tous quotidiennement, on lui accorde également une valeur rituelle et symbolique, voire un pouvoir magique. Produit unique et abondant, il est néanmoins souvent caché, enfoui dans le sol ou bien en dissolution dans la mer. Les hommes ont donc fait preuve, depuis les temps préhistoriques, de beaucoup d'ingéniosité à l'extraire. Comment le sel est-il produit ? Où le trouve-t-on ? Comment s'échange-t-on cette denrée ? Qui en tire le meilleur profit ? En dix chapitres, dix études qui peuvent se lire séparément les unes des autres, le livre répond à ces questions.
    On découvrira la peine des esclaves et des forçats dans les bagnes du sel, le partage des revenus au détriment des sauniers, la construction d'une saline fortifiée aux portes de la Camargue, les efforts des Suisses longtemps démunis pour faire venir le précieux minéral, l'entrée du sel dans l'économie mondialisée dès la fin du Moyen Âge, les flottes des puissances maritimes du nord de l'Europe qui traversent l'Atlantique à la recherche de ce produit stratégique, l'instauration de la gabelle dans un grand nombre d'États, etc. Grand produit agricole, minier, industriel et commercial, le sel est entré précocement dans la révolution industrielle, il a ensuite ouvert les voies de la mondialisation, accompagnant une fois de plus une grande mutation de l'économie-monde et ce, bien avant la fin du XXe siècle.

  • N'existe aucune histoire de Venise à l'époque médiévale en langue française. Ce guide, signé par un historien qui a passé plusieurs années dans les Archives de la Sérénissime République et possède une connaissance intime de la ville, de ses monuments et de ses habitants, met à la disposition du public une histoire renouvelée d'une ville au sommet de sa puissance.

    L'auteur examine les étapes mouvementées de la construction d'un état aristocratique, de la conjuration de B. Tiepolo (1310) pour renverser l'hégémonie du Sénat au sein du gouvernement, jusqu'aux menées monarchistes avortées de M. Faliero (1355). S'appuyant sur une prospérité commerciale dynamique, Venise tente de conserver son impérialisme maritime en luttant contre la redoutable Gênes ou la puissante famille milanaise des Visconti. Sous l'impulsion des Doges, de Dandolo (XIIe siècle) à Foscari (XIVe siècle), Venise s'appuie sur sa noblesse marchande (la famille Polo bien sûr) pour conforter son rayonnement.

    Les hommes qui ont fait cette grandeur occupent la seconde partie de ce guide, avec leurs difficultés (pauvreté, épidémies), leurs croyances (foi et charité), leur culture, la vie familiale, la place de la femme et de l'enfant. Mais Venise est aussi un très grand foyer intellectuel et artistique qui attire encore aujourd'hui des millions de visiteurs venus admirer ses palais, ses places, ses églises, ses musées, l'architecture, les mosaïques, la peinture, la sculpture. L'eau est omniprésente, qu'il a fallu maîtriser, conserver, protéger. L'eau et l'urbanisme sont les deux grands acteurs de cette histoire ; comme le rappelait déjà le chroniqueur Marino Sanudo Torsello, « Les Vénitiens ont été nourris de l'eau ».

  • Clair, concis, enrichi de nombreuses illustrations et doté d'utiles index, ce guide unique en son genre, écrit par un admirateur, éminent connaisseur de la Lagune, retrace de la Renaissance à l'orée du XXIe siècle le développement historique et artistique de Venise, capitale d'un État qui fut puissant en Europe. Il donne au lecteur et au voyageur toute l'information utile à la découverte de la Venise contemporaine, de ses difficultés, de ses habitants.

  • L'on sait que les monastères médiévaux sont, par le jeu entre autres des donations, des lieux importants d'accumulation de capital. Mais rien n'est joué et l'on peut le vérifier de manière exemplaire à Venise si, comme le fait l'auteur dans ce livre, l'on examine le destin comparé de deux institutions : l'une, rurale, la Trinité de Brandolo, à la frontière lagunaire, l'autre, urbaine, placée au coeur politique de la ville, le fameux monastère San Giorgio Maggiore. La première qui avait su pourtant tirer profit de la gestion de la lagune, ne résistera pas aux crises, la seconde saura évoluer et utiliser les instruments du développement économique au point de devenir une véritable puissance à l'intérieur de la Sérénissime.

  • La grande saga qu'on attendait sur la ville qui, chaque année, renouvelait ses "épousailles" avec la mer.

  • L'historien de Venise Jean-Claude Hocquet, auteur de nombreux ouvrages sur la Sérénissime, porte un nouveau regard sur la ville et son histoire qu'il aborde par le prisme de l'histoire de l'art et de l'histoire sociale des relations entre les mécènes nobles ou riches bourgeois et les créateurs. Les architectures de Venise se reflètent dans l'eau partout présente, les églises et leurs coupoles forment une couronne au bassin de San Marco, les palais bordent la plus belle avenue du monde, le Grand Canal. La ville s'est bâtie en un millénaire et sa longue histoire lui impose la diversité ce qui contribue pour beaucoup à sa beauté et à son attrait incomparables. Au XVe siècle, à la Renaissance (le célèbre Quattrocento italien) les architectes et leurs commanditaires commencent à être bien connus et quand l'histoire de la République s'achève, c'est avec la construction du théâtre La Fenice à la fin du siècle des Lumières. Le livre embrasse ces quatre siècles et retrace la vie et les oeuvres des architectes venus de Florence, de Rome ou des provinces de l'État vénitien, souvent simples tailleurs de pierre formés dans les ateliers de leurs illustres prédécesseurs ou théoriciens lecteurs de Vitruve, qui ont construit des églises, des hôpitaux, des palais, des bâtiments commerciaux ou administratifs, mais aussi des monuments funéraires ou des temples dédiés à la musique ou à la glorification des héros. L'architecture s'enrichit de la peinture, de la sculpture et accueille la musique, faisant de Venise la déesse des arts et de ce livre ambitieux, riche de 230 photographies personnelles au plus près du texte, le couronnement d'une oeuvre de création historique.

  • Dans presque toute l´Europe, dès l´âge du bronze, les populations savaient extraire le sel, au bord de la mer, près des sources salées ou dans des mines. Devenu « l´or blanc » indispensable à la vie et arme de lutte contre la famine, l´extension de sa production à partir du Xe siècle a contribué à l´essor économique et culturel de l´Europe au Moyen Âge.
    Le sel est devenu l´instrument de la richesse des États quand ils l´ont taxé d´un impôt particulier, la gabelle : les soulèvements armés des victimes de l´impôt commençaient au cri de « Vive le Roi sans la gabelle » et prenaient pour cible les greniers à sel, les gabeleurs et les privilégiés.
    Le Sel et le Pouvoir, synthèse sur un millénaire d´histoire européenne préparée par vingt ans de recherches, analyse dans la longue durée le labeur des sauniers, l´évolution des techniques de production, la gestion des salines, le commerce maritime ou terrestre, la consommation, l´impôt et la fiscalité, la politique des pouvoirs.
    Il trace aussi une galerie de portraits où se côtoient les puissants, papes, empereurs, rois, princes, évêques et abbés, marchands, fermiers et le monde du travail, les paludiers, sauniers, ingénieurs, inventeurs, paysans, contrebandiers, marins, haleurs de barques à la remontée des fleuves.
    L´auteur nous guide ainsi dans une réflexion sur la société d´Ancien Régime et la nature du féodalisme. Il nous entraîne à la poursuite du sel transmué en or, vieux rêve alchimiste, dès que les puissants s´en emparent, jusqu´à ce que la révolution industrielle du XIXe siècle, en supprimant l´impôt, rende à ce vil produit son rang de marchandise ordinaire.

    Jean-Claude Hocquet, agrégé d´histoire, docteur ès lettres, professeur à l´Université de Lille III, a écrit Le Sel et la fortune de Venise (1200-1650) et de nombreux articles de revues d´histoire maritime, économique, financière et sociale.

  • Venise et le monopole du sel déplace l'intérêt de l'histoire du sel vers une histoire globale - de Venise et de ses États - articulée sur une double voie d'eau, maritime au départ des terminaux du commerce, et fluviale par la navigation sur le Po et l'Adige. Venise a obtenu du sel des gains considérables, ce produit-clé aide à comprendre la politique militaire et diplomatique de la République, la complexité du maniement des finances, les arcanes de l'administration et des centres de décision, le mécanisme des relations entre la capitale et les cités d'Italie ou l'empire maritime de l'Istrie à Chypre et avec les seigneuries étrangères, le foisonnement de la vie artistique autour du palais ducal. Venise fut la ville du sel qui a financé les monuments publics et les palais et les villas des familles d'armateurs nobles.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Condiment indispensable aux hommes et aux animaux, principal agent de conservation du poisson, de la viande, des légumes jusqu'aux techniques de la conserve du froid, substance utilisée dans diverses activités artisanales, excellent support de la fiscalité seigneuriale et étatique, le sel est un objet historique de tout premier plan.
    La recherche, tout en continuant à s'intéresser aux débouchés locaux et internationaux, porte également aujourd'hui son attention sur la production, ses techniques, ses modes sociaux d'exploitation, donc sur les marais salants en eux-mêmes et leurs sociétés.

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