• étonnant Moyen Âge Nouv.

    étonnant Moyen Âge

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 15 April 2021

    Le Moyen Age a longtemps été considéré comme une période sombre, violente, ignare, bien différente de la lumineuse Renaissance. Heureusement, de nombreux spécialistes se sont efforcés de détruite cette image. En s'inspirant de leurs travaux, jean Verdon restitue le vrai visage du Moyen Age, époque étonnante pour nos contemporains, tant par sa spécificité que par sa créativité et, parfois, par sa modernité. Pour ce faire, il présente une cinquantaine de faits, d'événements, de réalités qui ne peuvent que nous surprendre. En voici quelques exemples.
    - La campagne se prolonge dans la ville, au point qu'à Paris un cochon fait tomber le cheval du fils aîné du roi Louis VI qui trouve la mort dans cet accident !
    - Les rapports sexuels entre époux, les seuls que tolèrent les clercs, sont limités à un nombre réduit de jours, et uniquement pour procréer - selon certains ils entraînent pourtant un péché, et la violation de cet interdit aurait d'ailleurs pour conséquence la mise au monde d'enfants infirmes...
    - L'Eglise, de nos jours unique et très hiérarchisée, voit coexister à la fin du XIVe siècle et au début du XVe trois papes, plus exactement deux papes et un antipape, d'où des années d'anarchie et de désordres.
    - Le cimetière médiéval ne ressemble pas au cimetière contemporain. Outre qu'il est réservé aux fidèles chrétiens, il ne sépare pas toujours les vivants et les morts. Aux derniers siècles du Moyen Age, nombreuses sont d'ailleurs les interdictions faites aux habitants d'y résider, faire du commerce, tenir des réunions, danser ou jouer...
    - Alors que la vie est bien plus courte que de nos jours, les voyages peuvent durer des mois, voire des années. Et si le commun des mortels voit toute sa vie bornée à un horizon restreint, les gouvernants passent leur temps à voyager, n'hésitant pas à franchir les continents.
    - Les Anglais appartenant aux classes les plus élevées, dont on dit qu'ils détestaient les Français, parlent pourtant la langue de ces derniers durant plusieurs siècles après la conquête de leur pays, en 1066, par Guillaume, duc de Normandie.
    Autant d'étrangetés, parmi beaucoup d'autres, qui donnent à voir un autre Moyen Age, bien loin des poncifs véhiculés.

  • Entre « Naître » et « Mourir », les vingt-deux chapitres de ce livre - appelé à devenir un classique - scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen-Âge.
    L'on découvre ainsi qu'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux, surtout la femme, n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place importante au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent même l'existence d'un art érotique. L'éducation, quant à elle, est décrite à la fois sur le plan religieux, pratique et intellectuel, et les anecdotes décrivent de façon plaisante la vie des étudiants dont Villon est l'un des représentants les moins recommandables.
    Les quantités de nourriture et de vin exagérées - aspects essentiels du quotidien - impressionnent assurément nos contemporains fervents de diététique, de même que la vie de ceux qui prient, qui combattent et qui travaillent, ces paysans qui sont l'essentiel de la population. La religion, naturellement, structure cette société et impose à tout homme de préparer sa mort - ce qui n'empêche pas de profiter des instants de loisir bien plus fréquents qu'on ne l'imagine. Jean Verdon brosse avec maestra un panorama sans équivalent, riche et foisonnant.

  • La religion - on l'oublie souvent - structure la vie des hommes du Moyen Age. Les dogmes qui régissent la foi chrétienne ont été essentiellement définis lors du concile de Nicée en 325. Certes des pratiques païennes ont subsisté, mais elles ont diminué au cours des siècles. Et l'Eglise a su en assimiler certaines en christianisant d'anciennes fêtes.
    L'auteur a choisi de suivre ce chrétien tout au long de sa vie, du baptême qui le lave du péché originel à la mort qui l'introduit dans l'au-delà, où il obtiendra récompense ou châtiment. Après son baptême, il reçoit une éducation religieuse, notamment auprès de sa mère, puis au fil des ans, satisfait à des pratiques collectives, par exemple l'assistance à la messe, ou individuelles, comme la réception des sacrements de l'eucharistie, de la pénitence, du mariage. Il doit respecter une morale en particulier dans les domaines de la sexualité, de l'argent ou du comportement : ne pas s'adonner à la violence.
    Si les dogmes, vérités à croire car elles sont révélées, ne changent pas, les pratiques ou certaines croyances peuvent connaître des transformations. Le baptême par immersion fait place au baptême par aspersion. Le purgatoire, esquissé par saint Augustin, naît véritablement au XIIe siècle. Les limbes apparaissent vers la même époque pour les enfants morts sans baptême, qui n'ont pas mérité des châtiments éternels. La naissance du purgatoire a entraîné une inflation des messes en faveur des défunts, car elles permettent de raccourcir le temps passé en ce lieu, d'où la floraison des indulgences.
    Moins libres que nous d'exprimer leurs doutes sur le plan religieux, plus sensibles aux pratiques et aux rites (reliques, miracles), les chrétiens du Moyen Age sont bien souvent écartelés entre les tentations de ce monde durant leur existence et la crainte du châtiment divin au moment de leur mort.
    Une synthèse limpide par un spécialiste incontesté.

  • Malgré certains travaux novateurs, le Moyen Age continue d'être considéré comme une période barbare, marquée par la violence, le famine et la peste. Entre l'Antiquité et la Renaissance, la nuit planterait sur dix siècles d'histoire occidentale. Pour dissiper cette vision caricaturale, l'auteur met en regard les bons comme les mauvais cotés de l'existence des contemporains de Charlemagne, de Saint Louis ou des Médicis. En dix chapitres portant notamment sur l'alimentation, la médecine, les femmes, l'intolérance, les plaisirs ou la mort, il brosse un tableau nuancé et vivant, qui rend la civilisation médiévale profondément attachant et la restitue dans toute sa vérité.

  • Du haut en bas de l'échelle sociale, à la ville comme à la campagne, l'homme médiéval pratique une foule de distractions. Les nobles chassent, assistent aux fêtes de cour ou aux tournois, lisent, font de la musique, festoient. Les autres, paysans, bourgeois et même prêtres, participent à d'innombrables fêtes dont l'Église cherche à limiter les «débordements» et à codifier les résurgences païennes. Tous boivent ferme, pratiquent le sport et les jeux de société, fréquentent les bains publics. La synthèse riche et colorée de Jean Verdon, jamais entreprise jusqu'à présent, nous montre une civilisation qui sait compenser la dureté et la brutalité du quotidien par une imagination, une santé mentale, un débordement de vie difficilement imaginables aujourd'hui. Dans la mesure où la connaissance des loisirs est une composante fondamentale de l'histoire des attitudes devant la vie, son travail constitue un livre majeur.

  • entre l'antiquité d'ulysse et la renaissance des grands explorateurs, le moyen age, malgré des difficultés de tous ordres, fut une période où l'on se déplaçait beaucoup.
    comment voyageait-on ? jean verdon passe en revue les voies de transport (routes, fleuves), les moyens de locomotion (marche, cheval, chariots, bateaux), l'intendance (haltes, auberges), les connaissances géographiques du temps. qui voyageait et pourquoi ? souverains, diplomates, courriers, officiers de justice et de finances, marchands, étudiants, pèlerins, paysans en quête de meilleures conditions de vie..., c'est une foule de voyageurs, du plus modeste à l'aventurier, que présente jean verdon dans ce vaste tableau d'un monde dont la mobilité est loin de se limiter aux pèlerinages et aux croisades.



  • Par une sélection judicieuse d'exemples vivants, d'informations concrètes et de documents significatifs, Jean Verdon étudie les plaisirs apportés par tous les sens en un temps où la mentalité et la sensibilité apparaissent fort différentes des nôtres : la sexualité, engendrant des plaisirs qui n'étaient pas sans remords dans une société dominée par l'Eglise, les plaisirs de la table et du vin, les fêtes, les activités physiques et ludiques, la musique, le spectacle et la contemplation d'oeuvres d'art. Professeur émérite d'histoire du Moyen Age à l'université de Limoges, Jean Verdon a publié, depuis 1991, huit ouvrages chez Perrin, dont deux couronnés par l'Académie française et fréquemment traduits, y compris en coréen : "La Nuit au Moyen Age, Le Plaisir au Moyen Age, Voyager au Moyen Age, Boire au Moyen Age"... Le présent livre constitue comme la synthèse d'une oeuvre abondante et appréciée.

  • Au Moyen Âge, ce sont essentiellement des hommes, et particulièrement des clercs soucieux en principe d'éviter les contacts avec le sexe faible, qui parlent des femmes. Ces sources définissent un idéal sans indiquer en quoi consiste la réalité.
    Les documents s'intéressent, surtout pour le haut Moyen Âge, à deux catégories de femmes, les moniales qui se sont consacrées à Dieu et les grandes dames qui manifestent des qualités viriles. Il faut attendre les derniers siècles de cette période pour qu'apparaissent vraiment des femmes de basse condition, en particulier dans les lettres de rémission.
    L'histoire de la femme au Moyen Âge comporte de nombreuses spécificités et Jean Verdon ne manque pas ici de mettre en valeur une thématique riche, allant des invasions barbares aux grandes découvertes.

  • " Et renseignez-nous sur l'orientation des affaires ! ", écrivait à la fin du Moyen Age un marchand vénitien à son commis envoyé à Bruges. Car les marchands ont besoin de maîtriser l'information partout où le commerce se fait. Ils ont aussi besoin de communiquer, à l'instar des souverains, des hommes d'Eglise et des combattants. Au Moyen Age, l'information se diffuse avant tout oralement. Vers l'an mille, Gerbert d'Aurillac, futur pape, utilise ses fidèles messagers. On les voit alors parcourir les campagnes, chevauchant à bride abattue leurs bêtes pour apporter la précieuse nouvelle. C'est aussi l'époque où l'on " crie " les ordonnances royales avant de les appliquer. Au XVe siècle, l'imprimerie bouleversera la donne en intronisant l'écrit. La gestion des affaires du monde s'appuie également sur la désinformation. La propagande, en particulier, la calomnie, les faux en tous genres abondent. Les espions ne transmettent pas seulement des nouvelles confidentielles, ils s'efforcent aussi de semer le trouble dans le camp ennemi. Et Louis XI prévient ses ambassadeurs : " Ils vous mentent, mentez bien ! " L'historien s'en amuse rétrospectivement, mais il lui faut à son tour démêler le vrai du faux, comprendre les rouages de la circulation des rumeurs, qui sont autant d'armes au service du pouvoir. Avec brio, Jean Verdon poursuit ici son décryptage du monde médiéval dont les us et coutumes nous semblent étrangement familiers.

  • La Chronique de Saint-Maixent, connue également sous le nom de Chronique de Maillezais, occupe les 207 premiers folios du manuscrit latin 4892 de la Bibliothèque nationale de Paris.
    Les folios 1-189, où le chroniqueur s'est borné à recopier divers textes, relatent l'histoire du monde depuis les origines jusqu'au règne de Charlemagne.
    Le texte édité commence au folio 189b. De nombreuses sources sont encore recopiées, mais certaines d'entre elles ont été perdues, la Chronique offre ainsi un grand intérêt.
    La Chronique de Saint-Maixent fournit des renseignements concernant l'histoire générale, mais, pris à d'autres sources, ces renseignements offrent peu d'intérêt : l'auteur ainsi rapporte les principaux événements relatifs aux Carolingiens, aux Capétiens (jusqu'à Louis VII), à la première croisade.
    Mais l'ouvrage constitue un document important pour qui veut étudier l'histoire politique du Poitou et, dans une moindre mesure, des régions voisines du début du IXe siècle au milieu du XIIe siècle, la vie religieuse de la France de l'Ouest à la même époque, la reconquête chrétienne en Espagne (fin du XIe-début du XIIe siècle).

  • Rire au moyen age

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 5 April 2001

    " Le rire est le propre de l'homme ", " le Christ n'a jamais ri ".
    Ces deux formules manifestent la contradiction suscitée par le rire au Moyen Age, époque où la religion structure toute l'existence terrestre qui doit préparer au salut éternel, alors qu'une réalité charnelle ne peut évacuer la gaieté, le plaisir. On peut même tracer une chronologie du rire : dans le haut Moyen Age le rire semble étouffé sous l'influence monastique, à la fin de la période il apparaît débridé.
    Le rire touche naturellement toutes les catégories sociales. Si le moine doit garder la plus grande modération pour exprimer sa gaieté, le prédicateur a recours à de plaisantes anecdotes pour réveiller des auditeurs plus ou moins attentifs ; les laïcs rient différemment selon leur état ; quant aux jongleurs et aux fous de cour, ils ont pour mission de distraire. Rires, plaisanteries, chahuts, divertissements font partie de la vie quotidienne, du petit enfant qui exprime sa gaieté par le jeu aux vieillards qui se racontent d'amusantes histoires le soir à la veillée en passant par les adultes qui rient bien souvent pour se moquer.
    Et cela tout au long de l'année, avec des temps forts comme la fête des fous ou le carnaval, mais aussi lors des nombreuses occasions qui émaillent la vie familiale (mariage et charivari... ) ou sociale (fêtes aristocratiques, entrées princières... ). Quant aux textes destinés à faire rire (fabliaux et nouvelles, théâtre profane comique), ils permettent de repérer la spécificité du rire médiéval. Au total, même quand les hommes connaissent les pires difficultés (la peste, la guerre), ils rient et se distraient beaucoup, comme pour conjurer les malheurs qui les cernent.

  • Tristan et Iseut, Héloïse et Abélard - l'amour a divinement inspiré les auteurs du Moyen Age.
    Les troubadours proposent un art d'aimer et une " carte du tendre " s'élabore. Les oeuvres littéraires nous parlent d'amour, et la sexualité n'est pas si mal connue, d'autant que les Arabes tout proches ont une culture raffinée de l'art amoureux... Même si, pour l'Eglise, l'amour est une passion inquiétante qui fait perdre la tête, le lien amoureux existe à l'intérieur du mariage. D'Alcuin, dans la première moitié du IXe siècle, ne cache pas son immense douleur après la mort de son épouse.
    Des rapts ont lieu, avec le consentement des jeunes femmes, pour permettre des unions que refusent les familles. Hors mariage, l'amour triomphe aussi : ainsi le concubinage de saint Augustin ou la passion éprouvée par Roméo et Juliette... Historien du Moyen Age, spécialiste de la vie quotidienne, Jean Verdon a pris un plaisir évident à composer ce manifeste de l'amour au temps des troubadours et parvient avec finesse à montrer comment les hommes vivaient réellement un sentiment qui met en jeu à la fois le corps et l'esprit.

  • Intrigues, complots, trahisons foisonnent dans les archives du Moyen Age. Le « livre noir » et néanmoins réjouissant que nous déroule ici Jean Verdon n'est pas glorieux ! Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Au fil des pages, l'historien reconstitue l'univers dans lequel se tissent des situations parfois extrêmes, tendues jusqu'à la mort.
    Toutes les catégories sociales sont touchées : les membres des cours princières, les clercs lettrés, le bourgeois, le boucher... La détresse, le ressentiment peuvent inspirer le pire et le milieu familial reste le cadre idéal pour passer à l'acte : l'infi délité conjugale ou la jalousie sont monnaie courante au tribunal avec ou sans morts d'hommes. Mais les coulisses du pouvoir sont pavées de bien mauvaises intentions et de Frédégonde à Louis XI, bien peu n'ont pas cédé à leurs emportements... L'esprit de vengeance n'est pas propre au monde occidental. En Orient, à Byzance, on ne s'embarrasse guère de scrupules. Si parfois le pardon est accordé, bien plus souvent un terrible châtiment attend celui qui est pris ! Anecdotes tirées de la grande histoire ou faits divers illustrent tour à tour la panoplie de ces intrigues et autres complots dont la contemporanéité ne laisse pas de nous surprendre.

  • Une sainte diffère peu d'une magicienne ou d'une sorcière. L'une a langue avec Dieu quand les deux autres font commerce avec Satan. Jeanne d'Arc ne sera-t-elle pas condamnée pour sorcellerie ? Ces êtres maléfiques ou pas, bons ou mauvais, qui savent les secrets des hommes, connaissent les herbes et parlent aux cieux inquiètent leurs contemporains et, du coup, exercent sur eux un vrai pouvoir. L'histoire des superstitions au Moyen Age s'ouvre chez les Celtes - au temps du paganisme et des idoles -, et s'achève à l'ombre des bûchers sur lesquels des sorcières furent brûlées par milliers. Les mentalités évoluent lentement. Plusieurs siècles sont nécessaires, qui voient fleurir les pratiques magiques pour conjurer un sort, changer les destins, ou concurrencer les usages religieux et le pouvoir des reliques. Historien, spécialiste des mentalités, Jean Verdon raconte ici la longue histoire de ces traditions jugées populaires mais suivies par tous, qu'écrivains, magistrats et savants n'auront de cesse de combattre, en une véritable guerre des croyances.

  • Au travers de la vie des Franaises de toutes conditions pendant la guerre de Cent Ans, c'est un tableau des moeurs de la socit franaise au cours de plus d'un sicle de notre histoire.

  • Les Femmes en l'an mille

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 14 January 1999

    Alors que depuis quelques décennies, la condition féminine connaît de profonds changements, quels en étaient les principaux caractères il y a mille ans ? Des femmes exercent alors une influence politique importante, dirigent des fiefs, voire des Etats, aussi bien en France - en particulier dans les régions méridionales - et en Allemagne que dans la lointaine Byzance.
    Certaines composent des ouvrages littéraires, telle cette nonne allemande qui écrit des pièces à la manière du poète latin Térence. Certes, les femmes dont parlent les documents de l'époque sont des aristocrates ou des moniales, par conséquent une infime minorité. Mais pour l'immense majorité des femmes anonymes, l'archéologie vient au secours des textes et l'on devine que la femme "moyenne" de l'an mille joue un rôle capital inhérent à sa nature.
    C'est elle qui permet au foyer d'exister. L'auteur pose la question de savoir si les femmes occupent dans la réalité une situation vraiment subordonnée, puis il étudie les fonctions d'épouse et de mère que remplissent la plupart d'entre elles, quand elles ne se consacrent pas à Dieu. Toutes interviennent de diverses façons dans la société de leur temps. En fait, si rien, en droit, ne privilégiait ni ne protégeait les femmes de l'an mille, et si elles ne songeaient à revendiquer quoi que ce soit, elles jouaient dans la réalité quotidienne un rôle qui n'était guère différent des femmes de l'an 2000.

  • Parmi les femmes de mauvaise réputation qui ont marqué l'histoire de France, Isabeau de Bavière se situe en bonne place.
    Accusée de débordements sexuels dignes de Messaline, elle inspira même le marquis de Sade. L'historien se doit de remettre les choses à leur place dans la mesure où il peut s'approcher de la vérité. Les événements sont connus. Mariée à 15 ans avec le jeune roi de France Charles VI, bientôt atteint de crises intermittentes de folie, Isabeau se trouve mêlée aux intrigues politiques qui la dépassent opposant Armagnacs et Bourguignons.
    Après avoir mis au monde douze enfants dont beaucoup sont morts en bas âge, elle accepte que son fils, le futur Charles VII, soit déshérité au profit du roi d'Angleterre. Mais l'ouvrage essaie d'aller plus loin. Analysant les comptes de la reine, l'auteur montre qu'elle est une femme soucieuse de ses intérêts, voire cupide ; les biens ne constituent-ils pas toutefois son seul atout dans un contexte si difficile ! Fut-elle la maîtresse de son beau-frère le duc d'Orléans ? Seuls des textes d'inspiration bourguignonne l'affirment.
    Rien ne peut être prouvé. Sait-on aussi que la reine préfère le poisson à la viande, apprécie les fromages, raffole des fruits et des truffes et possède une véritable ménagerie. Elle aime festoyer. En matière religieuse, elle pratique mais profite des facilités de son époque, accomplissant des pèlerinages et jeûnant par personnes interposées dûment rétribuées. À travers le portrait d'Isabeau qui ne mérite pas le discrédit dont elle fut l'objet mais qui n'a absolument pas le sens politique d'une Blanche de Castille ou d'une Catherine de Médicis, il est possible d'appréhender cette période si trouble de la fin du Moyen Age.

  • Boire au moyen age

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 19 September 2002

    Boire : acte vital, fondamental, universel.
    Mais différent selon les lieux et les époques. Au Moyen Age, par exemple, comment buvait-on ? L'étude des différentes boissons permet de constater que, si le pauvre doit se contenter de l'eau (avec toutes les difficultés pour obtenir de l'eau potable), si le jeune enfant a besoin de lait (par allaitement maternel ou celui d'une nourrice) et si, dans certaines régions, on consomme plutôt de la bière ou du cidre, c'est le vin qui constitue la boisson par excellence de l'homme médiéval.
    Mais quel vin ? Au vin blanc d'abord préféré succède le rouge, cependant que se dessine une offensive des vins forts. Le vin est bu dans l'année, car on ne sait pas le conserver. Peu à peu, sa consommation se répand dans les classes populaires. Et l'on en boit beaucoup au Moyen Age. Le vin constitue également un élément fondamental de la sociabilité : il convient de ne pas boire n'importe comment, d'observer certaines règles.
    Pour mettre en évidence les spécificités de l'acte de boire au Moyen Age, l'auteur de ce livre aussi informé qu'original a dû recourir aux documents les plus divers : chroniques de la vie quotidienne, oeuvres littéraires décrivant les coutumes de l'époque, ouvrages culinaires, archives archéologiques, iconographie - jusqu'aux actes de justice, car le vin menait parfois à l'ivresse, de même qu'il pouvait servir à dissimuler le goût d'un poison !

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