• Et si, à raison d'un poème par jour, il ne fallait que quatre ans pour lire ce livre ?

  • Victoire a un projet, qui est un projet de vie, qui est un projet de vie amoureuse : elle connaîtra dans sa vie un amour et un seul, ni plus ni moins. Avec cet amour, elle fera l'amour une fois et une seule. Bonne chance, Victoire!

  • MONSIEUR JOURDAIN.
    Qu'est-ce donc que je parle en ce présent moment ? 
    MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
    De l'excellente prose, incontestablement ! 
    MONSIEUR JOURDAIN.
    Quoi ? quand je dis : « Nicole, apportez mes pantoufles Et mon bonnet de ski, mes après-ski, mes moufles ! » C'est toujours de la prose ? 
    MAÎTRE DE PHILOSOPHIE. 
    Hé oui, monsieur.

  • La dernière France

    Jacques Jouet

    À leur mort, vous héritez de vos parents.Dans la hotte, vous trouvez des petites choses banales : quelques pièces d'or, un appartement, des dettes négligeables... et puis ce à quoi vous ne vous attendiez vraiment pas : une bibliothèque cachée, très orientée, un "enfer". C'est une bibliothèque très complète (inachevée) de la pensée et de l'activisme éditorial et journalistique d'extrême droite en France depuis Édouard Drumont jusqu'à Vichy.Vous êtes Lémoni ou Clotilde sa soeur. Qu'est-ce que vous faites, quand vous êtes des personnages de roman ?

  • Agatha de Mek-Ouyes

    Jacques Jouet

    On ne sait jamais où est Mek-Ouyes. Mek-Ouyes est une savonnette qu'aurait avalée une anguille. On ne sait jamais par où prendre Mek-Ouyes. Mey-Ouyes est insaisissable. D'aucuns le disent ingérable. Qui est Mek-Ouyes? Mek-Ouyes avait été le fondateur-président-citoyen unique de la République de Mek-Ouyes. Mek-Ouyes avait été élu président du Monde-Mondes Il est officiellement toujours en poste. Mey-Ouyes avait aimé Agatha de Win'theuil. Où en sont leurs amours? Or, Agatha de Win'theuil en a par-dessus la tête que Mey-Ouyes lui échappe perpétuellement. Aussi décide-t-elle de se venger. Et sa vengeance, oh alors, sa vengeance est tellement vindicative qu'elle va même lui péter dans les doigts! À la suite de manipulations génétiques particulièrement sauvages, Mek-Ouyes récupère pour lui tout seul toute la libido du Monde-Mondes, le reste du Monde-Mondes s'en trouvant simultanément dépourvu. De cette vengeance, nos héros sortiront-ils indemnes? Une autre fois, un référendum exige que Mek-Ouyes et Agatha se marient. Pour s'y préparer, Agatha de Win'theuil cherche à se pré-marier avec tous les citoyens du Monde-Mondes. Elle est véritablement l'icône de la polygamie heureuse. Les noces agatho-mey-ouyiennes auront-elles lieu? Une autre fois, Agatha de Win'theuil visite Paris où elle retrouve un Mek-Ouyes en mission secrète. Il n'est pas sûr que Paris, ville lumière et des Lumières, ne soit pas aussi la ville de l'ombre.

  • Un dernier mensonge

    Jacques Jouet

    Bernardine, qui hante les souvenirs du narrateur, revient un soir dans sa vie pour une sorte de cauchemar provoqué par un petit mensonge qui va en entraîner beaucoup d'autres. Le mensonge de confort (comme on dit un « médicament de confort ») va prendre des proportions aussi inattendues que peu souhaitées.Ce court roman (qui n'est pas un roman oulipien), est celui d'une figure de femme, soixante-huitarde et post-, puisque le narrateur la retrouve une vingtaine d'années après le joli mai. C'est une battante, une fille dure et exigeante, une violente à l'occasion. Elle ne transige pas avec ses engagements et ni avec la vérité.

  • Trois pontes

    Jacques Jouet

    Il faut prendre au mot les coquilles typographiques, par exemple celle-ci, lue un jour dans un journal : 'Les Trois contes de Gustave Flaubert sont l'un des sonnets de la littérature universelle.' Trois pontes ont été déduits, de manière ouvertement oulipienne, de cette bourde. Le coeur simple de la Marie Bismati d'Une mauvaise maire y est devenu plus coriace sous les apparences d'Une bonne maire ; Héraclès, esprit libre et laïc, y court le sanglier : Armand-Gaston Camus, conventionnel, figure avec dignité la Ire République trahie, en 1793, par le général Dumouriez. Trois pontes au panthéon de La République roman.

  • Vanghel ; théâtre IV

    Jacques Jouet

    Les amours de Mina de Vanghel, fille d'un général comte prussien vainqueur des armées napoléoniennes, usurpent le pluriel. Mais la seule fois de l'amour, dont elle est une héroïne extrême, en fait une figure de décision et de fermeté fatales que Jacques Jouet admire au point qu'il l'a empruntée à Stendhal, comme Stendhal lui-même affirmait l'avoir empruntée à Adam Oehlenschläger. Du père à la fille se pose aussi la question des conquêtes : «Un peuple a-t-il le droit de changer la manière intime et rationnelle suivant laquelle un autre peuple veut régler son existence matérielle et morale?» (Stendhal), devenant : «Un être a-t-il le droit de changer la manière intime et pas toujours rationnelle suivant laquelle un être différent paraît avoir réglé son existence affective et sexuelle?» Vanghel est une pièce de théâtre en trois actes et une soixantaine de personnages.

  • Le cocommuniste

    Jacques Jouet

    La scène se passe : en banlieue parisienne dans les années 1970 puis en URSS entre la mort de Lénine et celle de Staline puis dans le bassin creillois entre 1950 et 2010 puis dans une «démocratie populaire» après la destruction du rideau de fer puis en France avant Karl Marx puis en Amérique latine aujourd'hui et puis encore, pour finir, en banlieue parisienne aujourd'hui. Le communisme dans l'idée ; le communisme dans le concret. Vains dieux, la confrontation!

  • Une mauvaise maire

    Jacques Jouet

    La vie quotidienne dans une mairie de gauche et de banlieue au temps de Chirac est un mélange d'affaires courantes et de situations cocasses. Marie Basmati, qui n'est pas indienne, est madame la maire. Dans «sa» ville et dans son bureau, elle vit pleinement ses convictions et ses amours. Suivons-la, quelques jours durant. Un scandale rôde.

  • « J'ai vécu mon enfance dans un chantier où le bois était en piles rigoureuses comme le sont les vers d'un poème, avec de l'air qui passe dans l'entre-ligne. Ce chantier est aussi un recueil de chants, et le lieu de la construction des poèmes. Certains sont des poèmes à forme fixe (sonnet, rondeau, morale élémentaire, filigrane, berrichon...) d'autres non. » J.-J.

  • Poemes avec partenaires

    Jacques Jouet

    «Ces poèmes sont avec partenaires pour avoir été composés en sollicitant des écrivains vivants. Que chacun me donne trois mots de sa langue (le plus souvent pas française) et je me charge de composer une redonde, poème à forme fixe de 15 vers en trois strophes avec répétition réglée de chacun de ces trois mots, cinq fois. Le poème est en français, mais il accueille des mots d'ailleurs, de langues voisines, de langues lointaines, du turc au finnois, de l'espagnol à l'albanais, du roumain au letton... Le voyage dit Train Littérature Europe 2000 qui a voituré quelque cent écrivains selon une ligne Lisbonne, Madrid, Bordeaux, Paris, Lille, Bruxelles, Dortmund, Hanovre, Malbork, Kaliningrad, Vilnius, Riga, Tallin, Saint-Petersbourg, Moscou, Minsk, Varsovie et Berlin, fut le cadre heureux de cette entreprise.» Jacques Jouet

  • La cantate de proximité est une affaire profane, langagière, contrainte, impure, immanente et transitoire. Elle est donc de la poésie. Elle s'intéresse à ses contemporains qu'elle est allée, quatre ans durant, portraiturer dans certains de leurs groupes : un collège du Pas-de-Calais, un hôpital psychiatrique au Bénin, une filature lilloise occupée par ses salariés en lutte, une troupe d'acteurs jouant Marivaux, une équipe féminine de basket de haut niveau à l'entraînement, un collectif d'architectes, liste non close... Parallèlement, d'autres cantates s'occupent de groupes trouvés sur des photos de presse ou encore sur les cimaises d'un musée : Valentin de Boulogne, Gustave Courbet, Max Beckmann. Si les cantates de proximité ne sont pas destinées à être chantées lors d'un office dominical, elles n'en expriment pas moins une certaine révérence à Jean-Sébastien Bach.

  • Après avoir gouverné sa république personnelle sur une aire d'autoroute, la République de Mek-Ouyes, dont il était à la fois le président et le citoyen unique, Mek-Ouyes est allé de l'avant. Il a exploré les nouveaux territoires du Monde-Mondes, que le pouvoir général a dégagés, pour en découvrir finalement les limites et les monstruosités. Ce roman feuilleton (un roman-feuilleton étant par définition un roman qui ne finit pas, puisqu'il est placé sous l'injonction à suivre) reprend ses activités pour deux nouvelles aventures. Dans La lectrice aux commandes, on retrouve Mek-Ouyes objet fuyant d'une passion amoureuse décoiffante, celle qu'assume la Lectrice en personne qui prend, avec la bénédiction de l'auteur princeps, les rênes de la narration afin de transformer ce roman politique en roman d'amour. Y réussira-t-elle? Mek-Ouyes, après quoi, reprend la parole pour raconter dans Mek-Ouyes chez les Testut de quelle façon les constructeurs de balances de l'usine béthunoise ont lutté, pied à pied, coude à coude et la main dans la main, avec le soutien de lui-même amoureux, pour que la fermeture de leur usine ne signifie pas, dans la foulée, celle de leur gueule.

  • Avant de nourrir et d'héberger, l'hôtel et le restaurant se doivent d'être les lieux rêvés de l'amour. C'est là la conviction de Georges Romillat, jeune professeur d'amour à l'École hôtelière. Avec une de ses élèves qui devient sa femme, il fonde l'Hôtel du Large afin que la pratique ressemble à la théorie. L'imprévisible imprévu voit la naissance d'un fils phénoménal : Sylvain, enfant prodige et prodigue, champion du sexe précoce, de l'homosexualité, de la mythomanie, du spectacle-roi, du bonheur marginal, de la générosité et de l'irresponsabilité financière (liste non close). Le roman familial qui traverse les «Trente glorieuses», la guerre d'Algérie, Mai 68 et jusqu'aux années sida et à l'euro, voit pour finir la chute de la maison du Large laminée par l'apparition des grandes chaînes hôtelières.

  • Du jour

    Jacques Jouet

    Le rêve hasardeux du poète de l'ère mondiale est que ses quelques poèmes soient traduits et lus en toutes les langues par des milliards d'être humains. Un rêve concurrent, beaucoup plus modeste, est que chaque être humain ait son poème à lui, dont il serait le sujet ou qui lui serait adressé, dont il serait le premier lecteur, peut-être le dernier, c'est-à-dire le seul ou presque. Les poèmes du jour inaugurent cette drôle d'ambition particulière et planétaire. Considérons que ce n'est qu'un début.

  • Déçu par la vie et par la République de France, René Pascale-Sylvestre, ancien chauffeur de préfet puis de sous-préfet, pour l'heure chauffeur routier, décide de changer de vie et de nom. Son épouse (Thérèse) et lui se séparent. Il s'appellera dorénavant Mek-Ouyes. Il arrête son camion sur une aire d'autoroute (l'aire de la bouscaille) ; il s'empare de son chargement, extrêmement sensible de tricoruzène défoliant ; il fonde, sur cette aire, la République de Mek-Ouyes. Le monde entier s'intéresse à la République de Mek-Ouyes. Des individus soutiennent solidairement Mek-Ouyes dans sa décision. On lui apporte du vin et des vivres. Le Lesotho et les États-Unis reconnaissent la République de Mek-Ouyes et envoient des ambassadeurs. Bien d'autres États suivent leur exemple. Un véritable village diplomatique se crèe à côté de la République de Mek-Ouyes, avec tout ce qu'il faut, y compris un bordel qui est tenu par Thérèse elle-même... Pendant ce temps, Alexandre, vieil ami et confrère de Mek-Ouyes, convoie, pour des raisons humanitaires, 500 pioches au Rubamgué (Afrique) et se retrouve au coeur d'une guerre civile. Pendant ce temps, Abdel fait des pieds et des mains pour devenir citoyen de la République de Mek-Ouyes. Pendant ce temps, Mek-Ouyes fait la connaissance, intra muros, d'un sanglier philosophe. Comment va réagir la République de France? Que vont tramer les puissances occultes qui s'intéressent au tricoruzène défoliant, pensant qu'il représente une source d'énergie ou de dissuasion militaire importantes?

  • Romillat : un nom de fait divers... Son âge ? La quarantaine, empreinte parfois de la délicieuse certitude d'avoir atteint les sommets de la dignité. Sa profession ? Un bon métier, quoi qu'il en soit, et un solide sens du devoir. Pour qui vote-t-il ? Il ne le dit pas et déteste avoir à se justifier. Comment a-t-il rencontré sa femme ? Le plus simplement du monde, et s'il ne songe pas à en prendre une autre, il cède volontiers à l'irrésistible besoin de changer de lit. Des enfants ? Deux ou trois, avec lesquels il joue d'une paternelle bonté ou d'un autoritarisme glacial... Une rencontre avec lui provoquera, c'est selon, de simples étincelles, des feux de plancher plus graves ou de véritables sinistres. Romillat est un favori du fait divers. Voici onze rencontres, avec autant de facettes de ce personnage qui pourrait être un type.

  • Bodo

    Jacques Jouet

    À l'origine était le wassan kara, une fête théâtrale dans la population haoussa de Zinder, au Niger. Il s'agit de représenter les événements politiques, avec les personnalités officielles du moment en les faisant jouer par des monsieur-tout-le-monde qui en sont les sosies. C'est ainsi que Bodo le colonisé tint le rôle de Baudot le colon, à la fin des années quarante. On ne peut pas confondre Bodo et Baudot, dont les noms sont homophones. Ils ne s'écrivent pas de la même façon. Des deux porteurs, l'un est noir et l'autre blanc. L'un nigérien, l'autre français. Pourtant, il y a des moments de leur vie où tous les deux sont africains, peut-être, où tous les deux sont européens. Qui est univoque? On ne peut pas confondre non plus Bodo, qui est Bodo le père, et Bodo, qui est Bodo le fils. Entre le Niger et la Champagne, entre Zinder ou Niamey et Colombey-les-Deux-Églises, il y a l'Indochine en guerre, les camps d'entraînement de guérilleros au Ghana, les paysages du grand fleuve, l'origine des hommes, les amours et les familles... Entre 1940 et aujourd'hui, un morceau de l'Afrique roman.

  • Mrm

    Jacques Jouet

    «Le poème qui est dans ce livre est celui d'une vie. Le poème est achevé, mais la vie, elle, ne l'est pas, par bonheur. La famille est normande ; la guerre est violente ; l'école des Chartes est légendaire ; les bibliothèques sont épiques ; la recherche est fructueuse : Lamartine est un sacré bonhomme ; les voyages se suivent ; les amours et les amitiés se devinent ; la Bibliothèque nationale est complexe ; la retraite est une présence ; le métier est une conscience... Le poète soulève son chapeau, comme dans le tableau de Courbet : - Bonjour, Mme MRM.»

  • On a trop dit que le poème n'a d'autre sujet que lui-même, annulant par là toute fonction narrative ou descriptive, historique ou morale, comique ou de circonstance, politique ou biographique... 107 âmes sont 107 poèmes biographiques. Chaque poème a pour sujet une personne, bien vivante et nommée, qui a fourni elle-même au poète demandeur la matière de sa vie. Il y a des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes filles, des vieillards et des familles... Puisque les humains devraient naître et demeurer égaux en droits, chaque âme fait ici le sujet d'un poème de même dimension et de même forme.

  • Connu du grand public pour quelques livres détonants Exercices de style ou Zazie dans le métro, un poème, Si tu t'imagines, qui devint une chanson légendaire, Raymond Queneau fut aussi un grand explorateur de la littérature. Poèmes, romans, essais, journal... L'oeuvre de Queneau combine l'agrément immédiat de la lecture et le caractère inépuisable de ses replis. Il y a un public de Raymond Queneau ; il y a une influence de Raymond Queneau qui s'exerce sur toute une génération d'écrivains. Comment cette oeuvre singulière parvient-elle à ordonner, dans son flot, des sources aussi diverses et surprenantes que le surréalisme, l'étude des « fous littéraires », la défense et illustration d'un « néofrançais », les jeux rhétoriques, la Pataphysique, les mathématiques, Boileau et Joyce, Bouvard et Pécuchet... ? Deux règles d'or s'imposent à Raymond Queneau : la règle de plaire et celle de penser.

  • Ce livre est fait de chats, de chameaux, de singes, de mouches, de lions, de chenilles, de pagures et d'une écriture malicieuse. Suivant la tradition des bestiaires, il donne à voir et à comprendre les bêtes (et les hommes). D'un animal à l'autre, court le fil tendu du Diable : incarnation des désirs, force du rêve, il offre aux bêtes le pouvoir magique de changer de peau ; au texte, il offre un lien et des rebondissements. Dans ce zoo en cavale, les animaux se croisent et se recroisent, tressant de leurs aventures le roman cocasse et furieux de la faune. P.F.

  • Observer, se souvenir, inventer. Se souvenir d'avoir observé, se souvenir de s'être souvenu, inventer des souvenirs, se souvenir d'inventions..., dans l'idée de façonner des personnages et de raconter leurs aventures. En quoi les histoires inventées usent ou abusent-elles de l'expérience intime ? Quel chemin prend le souvenir pour devenir fiction ? Quelles voies droites ou détournées empruntent les petites affaires, les petits bonheurs de tous les jours : faits de langue, expressions, détails de comportement, points du corps, lapsus... choses plus négligées que négligeables prenant, en littérature, le statut de matériau ? Des ans et des ânes (Zanzânes, pour les intimes) organise, rythme, rapproche, classe et déclasse, combine, exploite... les pièces à conviction des histoires qu'on invente. J.-J.

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