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  • Conçus pendant la Seconde Guerre mondiale, les "enfants de guerre" doivent leur appellation aux circonstances. La rencontre de leurs géniteurs n'aurait jamais eu lieu si ce conflit n'était pas survenu. Ils sont le fruit d'une relation intime entre une Française et un soldat allemand ou un prisonnier français et une Allemande.
    La guerre n'empêche pas les histoires d'amour.
    En revanche, leur naissance non désirée est vécue comme un traumatisme, elle s'entoure de honte, d'opprobre et d'ostracisme social. Rien d'étonnant à ce que ces enfants portent longtemps le sentiment d'être coupable d'être nés.
    Mes "enfants de guerre" souffrent de se sentir différents, de n'être pas aimés pour ce qu'ils sont et de subir le poids de leur origine. Être l'enfant du malheur est une infirmité lourde à porter qui leur procure une indicible douleur. S'ils n'ont pas connu les mauvais traitements physiques, la plupart ont souffert à minima de carences affectives ou/et de mauvais traitements psychologiques. Au-delà de la diversité des itinéraires, ils ont dû se construire à travers les figures de la mère fautive, du père absent dont ils ignorent tout, leurs questions demeurant toujours sans réponse, et du sentiment de leur propre rejet. Tous ont dû s'adapter à un tuteur plus ou moins bienveillant à leur égard, le pire étant d'être considéré "enfant de boche" au sein de sa propre famille. Quoi qu'ils fassent, ils restent durablement la preuve de la "faute" maternelle. Pourtant, ils sont les symboles de l'innocence, au même titre que tous les enfants.

  • Cette recherche s'appuie sur l'analyse des 1173 dossiers de cartes de combattant volontaire de la Résistance, conservés dans les archives départementales des cinq départements bretons.
    Ce panel permet à la fois de mettre en lumière une majorité d' « oubliées » de l'histoire et de décrypter les spécificités de la résistance féminine.
    Singularités et ressemblances surgissent de ces parcours de femmes demeurés pour la plupart anonymes et qui ont oeuvré dans la Résistance sans avoir commis d'actes particulièrement héroïques, sauf exception. Alors que rien ne les prédestine à jouer un rôle actif dans la clandestinité, elles s'engagent le plus souvent dans le sillage de leur père, de leur mari ou de leur frère. Une fois leur décision prise, elles assument toutes les conséquences de leurs actes clandestins, y compris le risque de mourir. 431 feront l'objet d'au moins une arrestation, 201 seront déportées en Allemagne et parmi elles, 33 ne reviendront pas.

    L'index proposé dans la seconde partie présente en quelques lignes l'itinéraire de ces 1173 résistantes bretonnes. Citer leur nom à toutes, sans exception, quelle que soit l'importance de leurs actions dans la résistance, s'est imposé pour honorer leur mémoire.

  • C'est à l'occasion de sa rencontre en 1970 avec Roger Huguen qu'Henriette Le Belzic lui remet ce qu'elle nomme "ses Mémoires".
    Il s'agit d'un recueil de 29 pages dactylographiées, dans lesquelles elle relate sa période de captivité depuis son arrestation le 10 novembre 1941 jusqu'à sa libération le 22 avril 1945.

    Présenté par Isabelle Le Boulanger.
    Ce recueil, écrit "peu après les évènements" sans que l'auteure n'en précise la date ni à qui elle en destine la lecture, est conservé aux archives départementales des Côtes-d'Armor.
    Ce témoignage constitue, avant tout, un vibrant hommage à toutes ses camarades de déportation et, en particulier, à celles qui ne sont jamais revenues.
    Henriette Le Belzic ne s'attache qu'à l'essentiel : rappeler que ces femmes ont lutté pour la défense des valeurs républicaines et montrer leur capacité de résistance face à la bestialité de leurs bourreaux.
    Si l'arrière-plan dépeint l'horreur des geôles et des camps de concentration de Ravensbrück et Mauthausen, Henriette Le Belzic fait la part belle aux liens de solidarité très forts qui l'unissent à ses compagnes d'infortune, à leurs petites victoires contre les nazis qui, dans ce contexte si impitoyable, sont autant d'actes de résistance héroïques.
    Magnifique parole brute, ce texte tout en sobriété et pudeur est un formidable hymne à la vie.

  • Déportés et victimes de la répression nazie en Bretagne : leurs enfants parlent Nouv.

    En Bretagne ce sont environ 4 000 déportés dans les cinq départements dont approximativement 500 femmes et une cinquantaine d'enfants de moins de 15 ans. Parmi eux, 1 850 environ auraient succombé. Les survivants la plupart du temps très malades et affaiblis font face aux contrôles sanitaires et administratifs, vécus souvent comme des interrogatoires. Les déportés doivent alors se séparer de leurs camarades de souffrance et réintégrer le domicile familial. Le retour des femmes particulièrement véhicule nombre de fantasmes et de représentations négatives. Elles sont perçues comme étant de moeurs légères et susceptibles de porter des maladies vénériennes. Tous ces motifs provoquent un repli sur soi des déportés, hommes et femmes. Aujourd'hui Isabelle Le Boulanger s'attache à la parole des descendants de déportés. Ces témoignages sont la transmission de la mémoire de la déportation des intéressés à leurs enfants ainsi que de l'impact du traumatisme sur la vie du déporté...

  • Au printemps 1937, les évènements qui ont lieu en Espagne laissent présager un exode massif de civils. Le gouvernement français se trouve dans l'obligation de prendre des mesures d'urgence pour l'accueil de cette population qualifiée de "réfugiés".
    Cette étude retrace les conditions de vie de ces réfugiés espagnols en Bretagne, depuis leur arrivée dans cette région inconnue, jusqu'à leur départ.
    Deux évènements majeurs de l'histoire européenne et mondiale, exogènes et de caractère géopolitique mettent un terme à l'expérience humanitaire menée en France entre 1937 et 1939 : la fin de la guerre civile en Espagne et le début de la Seconde Guerre mondiale. Après la victoire franquiste, ne demeurent en France que les Républicains espagnols, désormais vaincus. Ils chercheront à s'intégrer à la société française et, à l'éclatement du conflit mondial, s'engageront en masse dans la Résistance.

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