• Philosophe majeur de la Renaissance, libre penseur et voyageur infatigable, Giordano Bruno (1548-1600) fut brûlé vif par l'Inquisition pour ne pas avoir voulu se repentir de ses "hérésies". Quatre cents ans après sa mort paraît pour la première fois en France cet opuscule qui résume son itinéraire intellectuel : métaphysique, cosmologie et gnoséologie se mêlent aux savoirs ésotériques de son temps. La magie est ici considérée non pas comme un moyen d'opérer des prodiges, mais plutôt comme un effort pour pénétrer l'ordre et le fonctionnement secrets de l'univers : ponctué d'images frappantes, abondant en anecdotes diverses, ce texte se livre aussi à une satire de la doctrine et des jugements de l'Église et de toutes les autorités usurpées.

  • Des liens possède une valeur quasi testamentaire : avant d'être entièrement accaparé par sa défense devant l'Inquisition, Bruno présente ici sa dernière pensée libre. Chaînon essentiel de la philosophie brunienne, cet ouvrage fait le lien entre sa pensée abstraite et une réflexion de nature politique ou civile. Constitué de paragraphes brefs, ce court traité préfigure les ouvrages des moralistes du XVIIe siècle en mettant au jour les secrets ressorts qui règlent les rapports humains.

  • Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d'Aristote et de Ptolémée et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son honneur par des docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme desdits docteurs et c'est avant tout le Bruno "inventeur de philosophies nouvelles" comme l'appelle James Joyce, qui apparaît ici.

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