La Gibecière à Mots

  • George Sand (1804-1876)
    Quelque part dans le Berry, Landry et Sylvain sont jumeaux et inséparables. Mais Landry doit partir travailler dans une autre ferme que celle de leurs parents, laissant en grande souffrance Sylvain. Un jour où ce dernier disparaît, Landry le retrouve grâce à Fanchon Fadet, surnommée la petite Fadette,une fille maigre et sale et qui se comporte comme un garçon. En remerciement, Landry devra danser avec la petite Fadette lors de la fête de Saint Andoche...
    Installée à la campagne, George Sand s'inspire de celle-ci. A travers la vie aux champs des deux jumeaux, de leur lien, de leur différence et de leur relation avec la petite Fadette dont la mauvaise réputation n'est plus à faire, elle nous confronte à la "peur de ceux qui ne sont pas comme nous"...

  • Georges Sand (1804-1876)
    Poussé par son beau-père, Germain doit se remarier. Veuf et père de trois jeunes enfants, il n'accepte que pour le bien-être de ceux-ci. Il s'en va donc rencontrer une veuve, dans la contrée d'à côté, et en profite pour accompagner une jeune bergère, Marie, chez son nouveau maître. Ils sont rattrapés en chemin par Petit Pierre, l'un des enfants de Germain, qui refuse de quitter son père...
    "La mare au diable" fait partie de ce qu'on peut nommer les romans champêtres de George Sand. Elle y célèbre son pays : le Berry, ses paysans, leurs coutûmes et, bien sûr, les amours champêtres !

  • Indiana

    George Sand




    George Sand (1804-1876)








    "Par une soirée d'automne pluvieuse et fraîche, trois personnes rêveuses étaient gravement occupées, au fond d'un petit castel de la Brie, à regarder brûler les tisons du foyer et cheminer lentement l'aiguille de la pendule..."




    Une jeune femme mariée à un ancien colonel de l'empire passe sa vie ennuyeuse et triste entre son mari, son cousin et sa femme de chambre. Mais l'arrivée d'un jeune et beau voisin va bouleverser tout ce petit monde...



    Indiana, une histoire de sentiments dans laquelle le coeur est malmené par ses propres faiblesses, ses violences, ses maux...


    C'est le premier roman d'Aurore Dupin publié sous le pseudonyme : George Sand.

  • La ville noire

    George Sand

    George Sand (1804-1876)





    "- Pourquoi es-tu triste, mon camarade ? De quoi es-tu mécontent ? Tu es jeune et fort, tu n'as père ni mère, femme ni enfants, partant aucun des tiens dans la peine. Tu travailles vite et bien. Jamais tu ne manques d'ouvrage. Personne ici ne te reproche de n'être pas du pays. Au contraire, on t'estime pour ta conduite et tes talents, car tu es instruit pour un ouvrier : tu sais lire, écrire et compter presque aussi bien qu'un commis. Tu as de l'esprit et de la raison, et par-dessus le marché, tu es le plus joli homme de la ville. Enfin tu as vingt-quatre ans, un bel âge ! Qu'est-ce qu'il te faut donc, et pourquoi, au lieu de venir te promener et causer avec nous le dimanche, te tiens-tu à l'écart, comme si tu ne te croyais pas l'égal des autres, ou comme si tu ne les jugeais pas dignes de toi ?


    Ainsi parlait Louis Gaucher, l'ouvrier coutelier, à Etienne Lavoute, dit Sept-Epées, le coutelier-armurier. Ils étaient assis au soleil, devant une des cinq ou six cents fabriques qui se pressent et s'enchevêtrent sur les deux rives du torrent, à l'endroit appelé le Trou-d'Enfer. Pour s'entendre parler l'un l'autre au bord de cette violente et superbe chute d'eau, il leur fallait l'habitude qu'ils avaient de saisir la parole humaine à travers le bruit continuel des marteaux, les cris aigres des outils et le sifflement de la fournaise."





    Etienne, dit Sept-Epée, est un jeune coutelier, parmi tant d'autres, de la Ville Noire. Il a l'ambition de s'élever car il est un bon ouvrier. Sept-Epée aime aussi la jeune ouvrière papetière Tonine qui a pour désir de soulager ses prochains. Mais il a peur du mariage qui briserait peut-être ses rêves...

  • Mauprat

    George Sand

    George Sand (1804-1876)





    "Sur les confins de la Marche et du Berry, dans le pays qu'on appelle la Varenne, et qui n'est qu'une vaste lande coupée de bois de chênes et de châtaigniers, on trouve, au plus fourré et au plus désert de la contrée, un petit château en ruine, tapi dans un ravin, et dont on ne découvre les tourelles ébréchées qu'à environ cent pas de la herse principale. Les arbres séculaires qui l'entourent et les roches éparses qui le dominent l'ensevelissent dans une perpétuelle obscurité, et c'est tout au plus si, en plein midi, on peut franchir le sentier abandonné qui y mène, sans se heurter contre les troncs noueux et les décombres qui l'obstruent à chaque pas. Ce sombre ravin et ce triste castel, c'est la Roche-Mauprat.


    Il n'y a pas longtemps que le dernier des Mauprat, à qui cette propriété tomba en héritage, en fit enlever la toiture et vendre tous les bois de charpente ; puis, comme s'il eût voulu donner un soufflet à la mémoire de ses ancêtres, il fit jeter à terre le portail, éventrer la tour du nord, fendre du haut en bas le mur d'enceinte, et partit avec ses ouvriers, secouant la poussière de ses pieds, et abandonnant son domaine aux renards, aux orfraies et aux vipères. Depuis ce temps, quand les bûcherons et les charbonniers qui habitent les huttes éparses aux environs passent dans la journée sur le haut du ravin de la Roche-Mauprat, ils sifflent d'un air arrogant ou envoient à ces ruines quelque énergique malédiction ; mais, quand le jour baisse et que l'engoulevent commence à glapir du haut des meurtrières, bûcherons et charbonniers passent en silence, pressant le pas, et, de temps en temps, font un signe de croix pour conjurer les mauvais esprits qui règnent sur ces ruines."





    Le Berry au XVIIIe siècle : les Mauprat, famille seigneuriale du Berry, sont scindés en deux branches diamétralement opposées : Les Mauprat "coupe-jarrets", la branche aînée, véritable bande de hors-la-loi et les Mauprat "casse-tête", la branche cadette qui cultive la sagesse et la bonté. Bernard, le petit-fils des Mauprat "coupe-jarret" sauve sa cousine Edmée, l'héritière des Mauprat "casse-tête", des violences de son grand-père et de ses oncles. Bernard devient amoureux d'Edmée...





    Les idées de Jean-Jacques Rousseau arriveront-elles à rendre meilleur Bernard ?


    "Mauprat" oppose le socialisme au féodalisme, la bonté à la cruauté.

  • George Sand (1804-1876)

    "Sédentaire par devoir, tu crois, mon cher François, qu'emporté par le fier et capricieux dada de l'indépendance, je n'ai pas connu de plus ardent plaisir en ce monde que celui de traverser mers et montagnes, lacs et vallées. Hélas ! mes plus beaux, mes plus doux voyages, je les ai faits au coin de mon feu, les pieds dans la cendre chaude et les coudes appuyés sur les bras râpés du fauteuil de ma grand'mère. Je ne doute pas que tu n'en fasses d'aussi agréables et de plus poétiques mille fois : c'est pourquoi je te conseille de ne pas trop regretter ton temps, ni ta peine, ni tes sueurs sous les tropiques, ni tes pieds glacés sur les plaines neigeuses du pôle, ni les affreuses tempêtes essuyées sur mer, ni les attaques de brigands, ni aucun des dangers, ni aucune des fatigues que tous les soirs tu affrontes en imagination sans quitter tes pantoufles, et sans autre dommage que quelques brûlures de cigare à la doublure de ton pourpoint.
    Pour te réconcilier avec la privation d'espace réel et de mouvement physique, je t'envoie la relation du dernier voyage que j'ai fait hors de France, certain que tu me plaindras plus que tu ne m'envieras, et que tu trouveras trop chèrement achetés quelques élans d'admiration et quelques heures de ravissement disputés à la mauvaise fortune."

    Lors de l'hiver 1838/39, George Sand séjourne dans l'île de Majorque avec ses enfants et Frédéric Chopin. Elle admire les paysages et l'architecture mais le courant ne passe pas avec les habitants...

  • George Sand (1804-1876)
    Champi : En vieux français, enfant abandonné dans les champs et, par extension, tout enfant abandonné par ses parents.
    François La Fraise est justement un de ces champis et n'a de cesse de rendre heureuse la femme qui le considère comme un fils : Madeleine dont il tombera amoureux en grandissant. Bon travailleur, garçon sage, il diffère des autres champis que l'on dit paresseux, menteurs, voleurs..
    En 1845 que George Sand se métamorphose en "dame de Nohant". C'est à la campagne qu'elle puise dorénavant son inspiration. A l'opposé de Balzac qui ne voit chez les paysans que grossièreté, George Sand veut y voir une certaine noblesse.

  • Elle et Lui

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Ma chère Thérèse, puisque vous me permettez de ne pas vous appeler Mlle, apprenez une nouvelle importante dans le monde des arts, comme dit notre ami Bernard. Tiens ! ça rime ; mais ce qui n'a ni rime ni raison, c'est ce que je vais vous raconter.
    Figurez-vous qu'hier, après vous avoir ennuyée de ma visite, je trouvai, en rentrant chez moi, un milord anglais... Après ça, ce n'est peut-être pas un milord ; mais, pour sûr, c'est un Anglais, lequel me dit en son patois :
    - Vous êtes peintre ?
    - Yes, milord.
    - Vous faites la figure ?
    - Yes, milord.
    - Et les mains ?
    - Yes, milord ; les pieds aussi.
    - Bon !
    - Très bons !
    - Oh ! je suis sûr !
    - Eh bien ! voulez-vous faire le portrait de moi ?
    - De vous ?
    - Pourquoi pas ?
    Le pourquoi pas fut dit avec tant de bonhomie, que je cessai de le prendre pour un imbécile, d'autant plus que le fils d'Albion est un homme magnifique. C'est la tête d'Antinoüs sur les épaules de... sur les épaules d'un Anglais ; c'est un type grec de la meilleure époque sur le buste un peu singulièrement habillé et cravaté d'un spécimen de la « fashion » britannique."

    Thérèse (Elle) et Laurent (Lui) sont deux artistes peintres qui s'aiment passionnément mais leurs différences tourmentent cet amour...

  • George Sand (1804-1876)
    "Je ne suis point né d'hier, disait en 1828, le père Etienne. Je suis venu dans ce monde, autant que je peux croire, l'année 54 ou 55 du siècle dernier."
    "Les maîtres sonneurs" est découpé en 32 chapitres que George Sand nomme veillées. Lors de ces veillées, le berrichon Etienne Depardieux - surnommé Tiennet - raconte sa jeunesse avec ses amis Brulette, Joset, Huriel et Thérence.
    Tout en nous faisant connaître son pays de prédilection, le Berry, avec une excursion dans le Bourbonnais, George Sand nous permet de pénétrer de mystérieuses fraternités comme celles des bûcherons, des muletiers ou des sonneurs.
    "Les maîtres sonneurs'" est un roman champêtre, géographique et musical.

  • George Sand (1804-1876)





    "La question est de savoir s'il y a des fées, ou s'il n'y en a pas. Tu es dans l'âge où l'on aime le merveilleux et je voudrais bien que le merveilleux fût dans la nature, que tu n'aimes pas moins.


    Moi, je pense qu'il y est ; sans cela je ne pourrais pas t'en donner.


    Reste à savoir où sont ces êtres, dits surnaturels, les génies et les fées ; d'où ils viennent et où ils vont, quel empire ils exercent sur nous et où ils nous conduisent. Beaucoup de grandes personnes ne le savent pas bien, et c'est pourquoi je veux leur faire lire les histoires que je te raconte en t'endormant."





    Destinés à ses petites-filles, ces contes furent publiés en 2 volumes (1873 et 1876) dont le second fut le dernier ouvrage publié de son vivant.


    L'art et la manière d'amuser et de livrer des leçons de vie grâce au merveilleux...





    1er volume : Le château de Pictordu - La reine Coax - Le nuage rose - Les ailes du courage - Le géant Yéous.


    2e volume : Le chêne parlant - Le chien et la fleur sacrée - L'orgue du Titan - Ce que disent les fleurs - Le marteau rouge - La fée poussière - Le gnome des huîtres - La fée aux gros yeux.

  • Lélia

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    « Qui es-tu ? et pourquoi ton amour fait-il tant de mal ? Il doit y avoir en toi quelque affreux mystère inconnu aux hommes. À coup sûr tu n'es pas un être pétri du même limon et animé de la même vie que nous ! Tu es un ange ou un démon, mais tu n'es pas une créature humaine. Pourquoi nous cacher ta nature et ton origine ? Pourquoi habiter parmi nous qui ne pouvons te suffire ni te comprendre ? Si tu viens de Dieu, parle et nous t'adorerons. Si tu viens de l'enfer... Toi venir de l'enfer ! Toi si belle et si pure ! Les esprits du mal ont-ils ce regard divin, et cette voix harmonieuse, et ces paroles qui élèvent l'âme et la transportent jusqu'au trône de Dieu ?
    Et cependant, Lélia, il y a en toi quelque chose d'infernal. Ton sourire amer dément les célestes promesses de ton regard. Quelques-unes de tes paroles sont désolantes comme l'athéisme : il y a des moments où tu ferais douter de Dieu et de toi-même. Pourquoi, pourquoi, Lélia, êtes-vous ainsi ? Que faites-vous de votre foi, que faites-vous de votre âme, quand vous niez l'amour ? Ô ciel ! vous, proférer ce blasphème ! Mais qui êtes-vous donc si vous pensez ce que vous dites parfois ? »

    Sténio, jeune poète est amoureux fou de Lélia qui lui paraît mystérieuse et incompréhensible. Lélia est-elle amoureuse de Sténio ? Il ne saurait le dire : l'attitude de Lelia est si déroutante et puis il y a Trenmor, un ancien bagnard qui accompagne très souvent la jeune femme... Sténio est jaloux.

    Version 1833

  • George Sand (1804-1876)

    "Parmi les nombreux protégés du favori Concini, don Antonio d'Alvimar, Espagnol d'origine italienne, qui signait Sciarra d'Alvimar, fut un des moins remarqués, et cependant un des plus remarquables par son esprit, son instruction et la distinction de ses manières. C'était un fort joli cavalier, dont la figure n'annonçait pas plus de vingt ans, bien qu'à cette époque il en déclarât trente. Petit plutôt que grand, robuste sans le paraître, adroit à tous les exercices, il devait intéresser les femmes par l'éclat de ses yeux vifs et pénétrants et par l'agrément de sa conversation, aussi légère et aussi charmante avec les belles dames qu'elle était nourrie et substantielle avec les hommes sérieux. Il parlait presque sans accent les principales langues de l'Europe, et n'était pas moins versé dans les langues anciennes.
    Malgré toutes ces apparences de mérite, Sciarra d'Alvimar ne noua, dans les nombreuses intrigues de la cour de la régente, aucune intrigue personnelle ; du moins, celles qu'il put rêver n'aboutirent pas. Il a avoué depuis, en intime confidence, qu'il eût voulu plaire à Marie de Médicis ni plus ni moins, et remplacer, dans les bonnes grâces de cette reine, son propre maître et protecteur, le maréchal d'Ancre.
    Mais la balorda, comme l'appelait Léonora Galigaï, ne fit point d'attention au petit Espagnol et ne vit en lui qu'un mince officier de fortune, un subalterne sans avenir. S'aperçut-elle, au moins, de la passion feinte ou vraie de M. d'Alvimar ? C'est ce que l'histoire ne dit pas et ce que d'Alvimar lui-même n'a jamais su.
    Que, par son esprit et les agréments de sa personne, cet homme eût été capable de plaire si Concini n'eût pas occupé les pensées de la régente, c'est ce qu'il n'est pas impossible de supposer. Le Concini était parti de plus bas et n'était pas moitié si intelligent que lui. Mais d'Alvimar avait en lui-même un obstacle à la haute fortune des courtisans, un obstacle que son ambition ne pouvait vaincre."

    Le vieux marquis Sylvain de Bois-Doré, protestant converti et ancien compagnon du roi Henri IV, vit tranquillement dans son château de Briantes (Berry) ; il est amoureux de sa jeune voisine Lauriane de Beuvre. Sur la demande de son cousin Guillaume, Sylvain offre son hospitalité à un certain M. de Villareal, espagnol et farouche catholique...
    Tomes I et II.

  • George Sand (1804-1876)
    Cela ne pourrait être qu'une simple, ou plutôt deux histoires d'amour (voire trois !)... contrariées... par l'argent ou l'égalité sociale mais George Sand se lance dans une plaidoirie pour ses propres idées socialistes et... utopistes, un monde sans classe et sans conflit !
    C'est également une description sans compromis de la société paysanne. La conclusion aurait plu à Jean-Jacques Rousseau.

  • George Sand (1804-1876)

    "Nous étions réunis à la campagne un soir d'hiver. Le dîner, gai d'abord, comme l'est toujours un repas qui réunit de vrais amis, s'attrista vers la fin au récit de l'un de nous, médecin, qui avait eu à constater une mort violente et dramatique dans la matinée. Un fermier des environs, que nous connaissions tous pour un homme honnête et sensé, avait tué sa femme dans un accès de jalousie trop fondée. Après les questions précipitées que fait toujours naître un événement tragique, après les explications et les commentaires, vinrent naturellement les réflexions sur la nature du fait, et je fus surpris de voir comme il était diversement apprécié par des esprits que semblaient relier entre eux, à beaucoup d'autres égards, les mêmes idées, les mêmes sentiments, les mêmes principes.
    L'un disait que le meurtrier avait agi avec toute la lucidité de son jugement, puisqu'il avait eu la conscience de son droit ; l'autre affirmait qu'en se faisant justice à lui-même un homme de moeurs douces avait dû être sous l'empire d'une démence passagère. Un autre haussait les épaules, regardant comme une lâcheté de tuer une femme, si coupable qu'elle fût ; un autre encore regardait comme une lâcheté de la laisser vivre après une trahison flagrante.
    Je ne vous dirai pas toutes les théories contradictoires qui furent soulevées et débattues à propos de ce fait éternellement insoluble : le droit moral de l'époux sur la femme adultère au point de vue légal, au point de vue social, au point de vue religieux, au point de vue philosophique ; tout fut affirmé passionnément ou remis en question avec audace sans que l'on pût s'entendre. Quelqu'un demanda en riant que l'honneur ne le contraignît pas à tuer la femme dont il ne se souciait en aucune façon, et il ajouta une proposition assez spécieuse.
    - Faites une loi, dit-il, qui oblige l'époux trompé à trancher publiquement la tête de sa coupable moitié, et, parmi ceux de vous qui se montrent implacables en théorie, je parie qu'il n'y aura personne à qui une pareille loi ne fasse jeter les hauts cris.
    Un seul de nous n'avait pris aucune part à la discussion. C'était M. Sylvestre, un vieillard fort pauvre, fort doux, aimable optimiste au coeur sensible, au socialisme berquinisé, voisin discret, dont nous riions un peu, que nous aimions beaucoup et dont nous savions le caractère absolument respectable."

    Sylvestre, après une vie bien remplie, abandonne tout et part pour l'Italie. A la frontière suisse, il rencontre un riche paysan, Jean Morgeron, et travaille pour lui. Une amitié naît entre les deux hommes. Sylvestre tombe amoureux de la soeur de Jean, Félicie...

  • Marianne

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Quand tu passes le long des buissons, sur ce maigre cheval qui a l'air d'une chèvre sauvage, à quoi penses-tu, belle endormie ? Quand je dis belle... tu ne l'es point, tu es trop menue, trop pâle, tu manques d'éclat, et tes yeux, qui sont grands et noirs, n'ont pas la moindre étincelle de vie. Or, quand tu passes le long des buissons, sans soupçonner que quelqu'un peut être là pour te voir paraître et disparaître, - quel est le but de ta promenade et le sujet de ta rêverie ? Tes yeux regardent droit devant eux, ils ont l'air de regarder loin. Peut-être ta pensée va-t-elle aussi loin que tes yeux ; peut-être dort-elle, concentrée en toi-même."
    Tel était le monologue intérieur de Pierre André pendant que Marianne Chevreuse, après avoir descendu au pas sous les noyers, passait devant le ruisseau et s'éloignait au petit galop pour disparaître au tournant des roches.
    Marianne était une demoiselle de campagne, propriétaire d'une bonne métairie, rapportant environ cinq mille francs, ce qui représentait dans le pays un capital de deux cent mille. C'était relativement un bon parti, et pourtant elle avait déjà vingt-cinq ans et n'avait point trouvé à se marier. On la disait trop difficile et portée à l'originalité, défaut plus inquiétant qu'un vice aux yeux des gens de son entourage. On lui reprochait d'aimer la solitude, et on ne s'expliquait pas qu'orpheline à vingt-deux ans, elle eût refusé l'offre de ses parents de la ville, un oncle et deux tantes, sans parler de deux ou trois cousines, qui eussent désiré la prendre en pension et la produire dans le monde, où elle eût rencontré l'occasion d'un bon établissement.
    La Faille-sur-Gouvre n'était pas une ville sans importance..."

    Marianne est une jeune femme de 25 ans, aisée et éprise de liberté. Pierre-André a dépassé la quarantaine et estime être un raté. Ils se connaissent depuis longtemps et cultivent une amitié. Mais n'est-ce seulement que de l'amitié ?

  • Jeanne

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Dans les montagnes de la Creuse, en tirant vers le Bourbonnais et le pays de Combraille, au milieu du site le plus pauvre, le plus triste, le plus désert qui soit en France, le plus inconnu aux industriels et aux artistes, vous voudrez bien remarquer, si vous y passez jamais, une colline haute et nue, couronnée de quelques roches qui ne frapperaient guère votre attention, sans l'avertissement que je vais vous donner. Gravissez cette colline ; votre cheval vous portera, sans grand effort, jusqu'à son sommet ; et là, vous examinerez ces roches disposées dans un certain ordre mystérieux, et assises, par masses énormes, sur de moindres pierres où elles se tiennent depuis une trentaine de siècles dans un équilibre inaltérable. Une seule s'est laissée choir sous les coups des premières populations chrétiennes, ou sous l'effort du vent d'hiver qui gronde avec persistance autour de ces collines dépouillées de leurs antiques forêts. Les chênes prophétiques ont à jamais disparu de cette contrée, et les druidesses n'y trouveraient plus un rameau de gui sacré pour parer l'autel d'Hésus."

    Toull, vieille cité gauloise de la Creuse : Jeanne, jeune bergère, a tout perdu le même jour : sa mère décédée et sa maison détruite dans un incendie... Trois hommes la désirent...

  • Isidora

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Il y a quelques années, un de nos amis partant pour la Suisse nous chargea de ranger des papiers qu'il avait laissés à la campagne, chez sa mère, bonne femme peu lettrée, qui nous donna le tout, pêle-mêle, à débrouiller. Beaucoup des manuscrits de Jacques Laurent avaient déjà servi à faire des sacs pour le raisin, et c'était peut-être la première fois qu'ils étaient bons à quelque chose. Cependant nous eûmes le bonheur de sauver deux cahiers qui nous parurent offrir quelque intérêt. Quoiqu'ils n'eussent rien de commun ensemble, en apparence, la même ficelle les attachait, et nous prîmes plaisir à mettre en regard les interruptions d'un de ces manuscrits avec les dates de l'autre ; ce qui nous conduisit à en faire un tout que nous livrons à votre discrétion bien connue, amis lecteurs. Nous avons désigné ces deux cahiers par les numéros 1 et 2, et par les titres de Travail et Journal. Le premier était un recueil de notes pour un ouvrage philosophique que Jacques Laurent n'a pas encore terminé et qu'il ne terminera peut-être jamais. Le second était un examen de son coeur et un récit de ses émotions qu'il se faisait sans doute à lui-même."

    Jacques, dans son cahier de travail et son journal, s'interroge beaucoup sur la femme. Il fait connaissance de sa voisine, la vertueuse Julie, dont il tombe amoureux. Mais son chemin croise celui de la courtisane Isidora... Laquelle choisir ?

  • George Sand (1804-1876)





    "- Croyez-moi, messer Jacopo, je suis un père bien malheureux. Je ne me consolerai jamais de cette honte. Nous vivons dans un siècle de décadence, c'est moi qui vous le dis ; les races dégénèrent, l'esprit de conduite se perd dans les familles. De mon temps, chacun cherchait à égaler, sinon à surpasser ses parents. Aujourd'hui, pourvu qu'on fasse fortune, on ne regarde pas aux moyens, on ne craint pas de déroger. De noble, on se fait trafiquant ; de maître, manoeuvre ; d'architecte, maçon ; de maçon, goujat. Où s'arrêtera-t-on, bonne sainte mère de Dieu ?


    Ainsi parlait messire Sébastien Zuccato, peintre oublié aujourd'hui, mais assez estimé dans son temps comme chef d'école, à l'illustre maître Jacques Robusti, que nous connaissons davantage sous le nom du Tintoret.


    - Ah ! ah ! répondit le maître, qui par préoccupation habituelle était souvent d'une sincérité excessive ; il vaut mieux être un bon ouvrier qu'un maître médiocre, un grand artisan qu'un artiste vulgaire, un... "





    Venise au XVIe siècle : Francesco et Valerio Zuccato font la honte de leur père Jacopo ; ils ont abandonné la peinture artistique pour se consacrer à la mosaïque. Pour Jacopo, les mosaïstes ne sont que de vulgaires artisans maçons ! La renommée de Francesco et Valério fait des jaloux prêts à tout pour prendre leurs places...

  • George Sand (1804-1876)

    "Chargé par mon père d'une mission très délicate, je me rendis, vers la fin de mai 1788, au château d'Ionis, situé à une dizaine de lieues dans les terres, entre Angers et Saumur.
    J'avais vingt-deux ans, et j'exerçais déjà la profession d'avocat, pour laquelle je me sentais peu de goût, bien que ni l'étude des affaires ni celle de la parole ne m'eussent présenté de difficultés sérieuses. Eu égard à mon âge, on ne me trouvait pas sans talents ; et le talent de mon père, avocat renommé dans sa localité, m'assurait, pour l'avenir, une brillante clientèle, pour peu que je fisse d'efforts pour n'être pas trop indigne de le remplacer. Mais j'eusse préféré les lettres, une vie plus rêveuse, un usage plus indépendant et plus personnel de mes facultés, une responsabilité moins soumise aux passions et aux intérêts d'autrui.
    Comme ma famille était dans l'aisance, et que j'étais fils unique, très choyé et très chéri, j'eusse pu choisir ma carrière ; mais j'eusse affligé mon père, qui s'enorgueillissait de sa compétence à me diriger dans le chemin qu'il m'avait frayé d'avance, et je l'aimais trop tendrement pour vouloir faire prévaloir mes instincts sur ses désirs.
    Ce fut une soirée délicieuse que celle où j'achevais cette promenade à cheval à travers les bois qui entourent le vieux et magnifique château d'Ionis. J'étais bien monté, vêtu en cavalier avec une sorte de recherche, et accompagné d'un domestique dont je n'avais nul besoin, mais que ma mère avait eu l'innocente vanité de me donner pour la circonstance, voulant que son fils se présentât convenablement chez une des personnes les plus brillantes de notre clientèle.
    La nuit s'éclairait mollement du feu doux de ses plus grandes étoiles."

    Just Nivières, un jeune avocat, est chargé par son père, également avocat, de résoudre une affaire assez simple au château d'Ionis. Sa cliente, Mme d'Ionis étant absente, c'est sa belle-mère qui accueille Just Nivières. Le soir, la bonne apporte, dans sa chambre, un ambigu afin qu'il puisse se restaurer. Mais pourquoi trois pains et trois carafes d'eau pour un seul homme ?

  • Nanon

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "J'entreprends, dans un âge avancé, en 1850, d'écrire l'histoire de ma jeunesse.
    Mon but n'est pas d'intéresser à ma personne ; il est de conserver pour mes enfants et petits-enfants le souvenir cher et sacré de celui qui fut mon époux.
    Je ne sais pas si je pourrai raconter par écrit, moi qui, à douze ans, ne savais pas encore lire. Je ferai comme je pourrai.
    Je vais prendre les choses de haut et tâcher de retrouver les premiers souvenirs de mon enfance. Ils sont très confus, comme ceux des enfants dont on ne développe pas l'intelligence par l'éducation. Je sais que je suis née en 1775, que je n'avais ni père ni mère dès l'âge de cinq ans, et je ne me rappelle pas les avoir connus. Ils moururent tous deux de la petite vérole dont je faillis mourir avec eux, l'inoculation n'avait pas pénétré chez nous. Je fus élevée par un vieux grand-oncle qui était veuf et qui avait deux petits-fils orphelins comme moi et un peu plus âgés que moi.
    Nous étions parmi les plus pauvres paysans de la paroisse. Nous ne demandions pourtant pas l'aumône ; mon grand-oncle travaillait encore comme journalier, et ses deux petits-fils commençaient à gagner leur vie ; mais nous n'avions pas une seule pelletée de terre à nous et on avait bien de la peine à payer le loyer d'une méchante maison couverte en chaume et d'un petit jardin où il ne poussait presque rien sous les châtaigniers du voisin, qui le couvraient de leur ombre. Heureusement, les châtaignes tombaient chez nous et nous les aidions un peu à tomber ; on ne pouvait pas le trouver mauvais, puisque les maîtresses branches venaient chez nous et faisaient du tort à nos raves."

    Nanon, devenue marquise de Franqueville, écrit ses Mémoires. A la veille de la Révolution qui commence à se faire entendre dans les villes, Nanon n'est qu'une petite paysanne, pauvre et illettrée, que son grand-oncle élève. En gardant son unique mouton, elle fait la connaissance d'un jeune novice : Emilien...

  • Spiridion

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Lorsque j'entrai comme novice au couvent des Bénédictins, j'étais à peine âgé de seize ans. Mon caractère doux et timide sembla inspirer d'abord la confiance et l'affection ; mais je ne tardai pas à voir la bienveillance des frères se changer en froideur ; et le père trésorier, qui seul me conserva un peu d'intérêt, me prit plusieurs fois à part pour me dire tout bas que, si je ne faisais attention à moi-même, je tomberais dans la disgrâce du Prieur.
    Je le pressais en vain de s'expliquer ; il mettait un doigt sur ses lèvres, et, s'éloignant d'un air mystérieux, il ajoutait pour toute réponse :
    « Vous savez bien, mon cher fils, ce que je veux dire. »
    Je cherchais vainement mon crime. Il m'était impossible, après le plus scrupuleux examen, de découvrir en moi des torts assez graves pour mériter une réprimande. Des semaines, des mois s'écoulèrent, et l'espèce de réprobation tacite qui pesait sur moi ne s'adoucit point. En vain je redoublais de ferveur et de zèle ; en vain je veillais à toutes mes paroles, à toutes mes pensées ; en vain j'étais le plus assidu aux offices et le plus ardent au travail ; je voyais chaque jour la solitude élargir un cercle autour de moi. Tous mes amis m'avaient quitté. Personne ne m'adressait plus la parole. Les novices les moins réguliers et les moins méritants semblaient s'arroger le droit de me mépriser.."

    Dans un monastère italien, Angel, novice, est le bouc émissaire du Père Hegesippe et des autres moines. Lui reproche-t-on d'être trop parfait ? Après un malaise dans la sacristie déserte, il entend une voix douce prier. Il rencontre alors le père Alexis, un moine solitaire...

  • Tamaris

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "En mars 1860, je venais d'accompagner de Naples à Nice, en qualité de médecin, le baron de la Rive, un ami de mon père, un second père pour moi. Le baron était riche et généreux ; mais je m'étais fait un devoir de lui consacrer gratis les premières années de ma carrière médicale : il avait sauvé ma famille de plus d'un désastre, nous lui devions tout. Il se vit contraint d'accepter mon dévouement, et il l'accepta de bonne grâce, comme un grand coeur qu'il était. Atteint, deux ans auparavant, d'une maladie assez grave, il avait recouvré la santé en Italie ; mais je lui conseillai d'attendre à Nice les vrais beaux jours de l'année pour s'exposer de nouveau au climat de Paris. Il suivait ma prescription ; il s'établissait là pour deux mois encore et me rendait ma liberté, dont, au reste, la privation s'était peu fait sentir, grâce au commerce agréable de mon vieux ami et au charme du voyage. Ayant quelques intérêts à surveiller en Provence, une petite succession de famille à liquider pour le compte de mes parents, établis en Auvergne, je m'arrêtai à Toulon et j'y passai trois mois, durant lesquels se déroulèrent les événements intimes que je vais raconter.
    M. de la Rive ayant déjà fait un séjour forcé de plusieurs semaines dans cette ville au début de son voyage, je m'étais lié avec quelques personnes, et le pays ne m'était pas complétement étranger. Parmi ces amitiés passagèrement nouées, il en était une dont le souvenir m'attirait particulièrement, et j'appris avec un grand plaisir, dès mon arrivée, que l'enseigne la Florade était passé lieutenant de vaisseau, et se trouvait à bord du navire de guerre la Bretagne, dans la rade de Toulon. La Florade était un Provençal élevé sur la mer et débarrassé en apparence de sa couleur locale, mais toujours Provençal de la tête aux pieds, c'est-à-dire très actif et très vivant d'esprit, de sentiments, de caractère et d'organisation physique. "

    La Seyne - Tamaris, 1860. Le narrateur, jeune médecin en convalescence, est secrètement amoureux de Mme Martin (mais est-ce vraiment son nom ?) ; il ne croit pas en être digne, contrairement à son ami l'enseigne Hyacinthe la Florade qui veut l'épouser. Malheureusement, ce dernier est un véritable "coeur d'artichaut" qui tombe amoureux, ou le croit, de toutes les femmes qu'il rencontre ! De quoi le mettre dans des situations ambiguës. Le narrateur va tout tenter pour sortir la Florade de là...

  • George Sand (1804-1876)


    "Il faudrait trouver un nom à ce poème sans nom de la fabulosité ou merveillosité universelle, dont les origines remontent à l'apparition de l'homme sur la terre, et dont les versions, multipliées à l'infini, sont l'expression de l'imagination poétique de tous les temps et de tous les peuples.


    Le chapitre des légendes rustiques sur les esprits et les visions de la nuit serait, à lui seul, un ouvrage immense. En quel coin de la terre pourrait-on se réfugier pour trouver l'imagination populaire (qui n'est jamais qu'une forme effacée ou altérée de quelque souvenir collectif) à l'abri de ces noires apparitions d'esprits malfaisants qui chassent devant eux les larves éplorées d'innombrables victimes ? Là où règne la paix, - la guerre, la peste ou le désespoir ont passé, terribles, à une époque quelconque de l'histoire des hommes. Le blé qui pousse a le pied dans la chair humaine dont la poussière a engraissé nos sillons. Tout est ruine, sang et débris sous nos pas, et le monde fantastique qui enflamme ou stupéfie la cervelle du paysan est une histoire inédite des temps passés. Quand on veut remonter à la cause première des formes de sa fiction, on la trouve dans quelque récit tronqué et défiguré, où rarement on peut découvrir un fait avéré et consacré par l'histoire officielle...."


    George Sand nous entraîne dans le monde du bestiaire imaginaire issu des croyances et des peurs d'autrefois, des lavandières de la nuit aux fadets en passant par les meneux de loups...


    Suite aux "Légendes rustiques", un échange épistolaire au sujet d'une adolescente à l'intelligence limitée, Fanchette, qui a disparu. Considérée comme une charge par l'hospice qui l'avait recueillie, elle avait été abandonnée en pleine campagne.

  • Horace

    George Sand

    George Sand (1804-1876)

    "Les êtres qui nous inspirent le plus d'affection ne sont pas toujours ceux que nous estimons le plus. La tendresse du coeur n'a pas besoin d'admiration et d'enthousiasme : elle est fondée sur un sentiment d'égalité qui nous fait chercher dans un ami un semblable, un homme sujet aux mêmes passions, aux mêmes faiblesses que nous. La vénération commande une autre sorte d'affection que cette intimité expansive de tous les instants qu'on appelle l'amitié. J'aurais bien mauvaise opinion d'un homme qui ne pourrait aimer ce qu'il admire ; j'en aurais une plus mauvaise encore de celui qui ne pourrait aimer que ce qu'il admire. Ceci soit dit en fait d'amitié seulement. L'amour est tout autre : il ne vit que d'enthousiasme, et tout ce qui porte atteinte à sa délicatesse exaltée le flétrit et le dessèche. Mais le plus doux de tous les sentiments humains, celui qui s'alimente des misères et des fautes comme des grandeurs et des actes héroïques, celui qui est de tous les âges de notre vie, qui se développe en nous avec le premier sentiment de l'être, et qui dure autant que nous, celui qui double et étend réellement notre existence, celui qui renaît de ses propres cendres et se renoue aussi serré et aussi solide après s'être brisé ; ce sentiment-là, hélas ! ce n'est pas l'amour, vous le savez bien, c'est l'amitié..."

    Théophile, étudiant en médecine, rencontre Horace, un étudiant qui est persuadé que la gloire viendra toute seule. Les deux jeunes hommes deviennent amis. Théophile est aussi l'ami de Paul, élève du peintre Delacroix. Mais pourquoi Paul qui est un brillant élève veut-il abandonner la peinture ?

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