Éditions des femmes-Antoinette Fouque

  • « Abul-Amet, je suis une pauvre fille opprimée et maltraitée ; je sais que votre vaisseau va mettre à la voile dans quelques jours ; voulez-vous me donner un petit coin pour que je me réfugie en Grèce ? Vous êtes bon et généreux, à ce qu'on dit ; vous me protégerez. » G. S.

    Pour échapper à un mariage arrangé qui lui fait horreur et à sa mère qui la bat, la jeune vénitienne Mattea prétend être éprise d'Abul, le fabricant de soie perse avec qui commerce son père. Alors que son entourage chrétien se récrie qu'elle ne peut se perdre avec un musulman, l'adolescente s'en remet à lui pour échapper à son triste sort.

    D'une voix malicieuse, Dominique Blanc donne chair et souffle, accompagnée au clavecin, à la novella comique de 1835 que George Sand a construite avec art sur ces fondations tragiques.

  • « Admirable texte », notait Fiodor Dostoïevski dans son « Journal d'un écrivain » à propos de « La Marquise », où l'autrice « dépeint un jeune caractère féminin, droit, intègre, mais inexpérimenté, animé de cette fière chasteté qui ne se laisse pas effrayer ni ne peut être sali même par le contact avec le vice ». Mariée trop tôt et mal, la marquise reste, malgré son veuvage et sa beauté « désenchantée à jamais ».

    « Je pris les hommes en aversion et en dégoût. Leurs hommages m'insultèrent ; je ne vis en eux que des fourbes qui se faisaient esclaves pour devenir tyrans. Je leur vouai un ressentiment et une haine éternels. » G.S.

    Au soir de sa vie, pourtant, la marquise se confie et avoue avoir aimé : « Une fois, une seule fois dans ma vie, j'ai été amoureuse, mais amoureuse comme personne ne l'a été, d'un amour passionné, indomptable, dévorant... »

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