• À la Libération, Gaston Criel s'intalle à Paris et fréquente les milieux littéraires par l'intermédiaire de Jean Paulhan, qui le présente à Sartre (la légende raconte que le pape de l'existentialisme avait fixé à un paquet de Gauloises par mois le loyer qu'il demandait au poète désargenté pour la chambre qu'il lui louait rue Bonaparte). Pendant deux ans, à partir de 1945, il est le secrétaire de Gide.

    Peu avant l'Armistice de 1940, Robert Raynaud, le narrateur, est mobilisé. Il n'atteindra jamais le front car il est fait prisonnier et envoyé dans un camp de travail en Allemagne. En dépit de l'amertume de la situation, il y expérimente la camaraderie, les veillées pleines d'alcool. Puis arrive la Libération, ce temps suspendu, onirique, où Paris, que Raynaud regagne, est soudain transfiguré par la liesse et la fête. Errant des grands boulevards à Saint-Germain-des-Prés, dans un Paris tour à tour joyeux et mélancolique, il s'essaie pour survivre à tous les petits boulots – vendeur, assistant d'édition, etc. Jusqu'au moment où la paternité vient le conforter dans son nihilisme.

    Dans
    L'Os quotidien, Gaston Criel passe du désespoir au rire avec une insolence narquoise et nous transporte au cœur des illusions et des désillusions de l'après-guerre, sans concession aucune. Il dépeint des existences chaotiques et met crûment à nu les êtres. Premier écrivain français à avoir écrit sur le jazz, il en fait sonner le rythme et les variations : du jazzman il a le souffle puissant, du poète, le verbe acerbe et l'ironie mordante. Il pousse dans L'Os quotidien un cri vibrant, empli de rage et de sarcasme, qui laisse éclore une tendresse délicate pour les êtres et une ardeur à la jouissance des choses. Afin de restituer l'humanité dans toutes ses contradictions.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Circus » n'est jamais rien d'autre qu'une application logique de cette constatation : la sexualité décrite cosmologiquement (car si le sexe est mesurable chez Criel, c'est en années-lumière) conduit à son autodestruction et à sa négation. Par un paradoxe inéluctable, le sexe comme objet de « littérature » inséminé au texte dans des proportions précisément éjaculatoires, mirifiques, constellaires ne pouvait se résoudre que dans un anéantissement. À vrai dire, Gaston Criel ne cesse jamais de faire l'amour avec lui, et c'est dans cette insolite copulation qu'il faut voir ce qui constitue l'originale transgressivité de Circus. En plongeant la main dans les orifices les plus broussailleux de la névrose, Gaston Criel, en un mépris qui ne cesse pas d'être drôle, en a ramené autre chose que ce qu'on croyait qu'il cherchait : du Verbe, neuf et vagissant, tout à fait étranger à la matrice où il était en gestation clandestine. Par où enfin il nous provoque et nous scandalise. Michel Covin

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Corolle de tes lèvres où s'ouvrirait mon coeur, si l'épine de tes bras n'arrêtait de ses veines le sang qui bat pour toi. Je sillonne ta chair des pulpes de mes rêves où je laisse traîner le parfum des soirs bleus. Jardin propice aux précieuses caresses j'admire ton reflet sous mes doigts voyageurs, tactilité durable d'essences essentielles." Un recueil en prose du poète et romancier français Gaston Criel (1913-1990).

  • Publiée pour la première fois en 1952, « La grande foutaise » décrit, avec rage et lyrisme, les espoirs et les échecs d'un révolté permanent. De ces révoltés d'autant plus dangereux, que leur révolte ne repose pas sur une idéologie mais sur un refus du quotidien.

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