• Le tumulte de Paris

    Eric Hazan

    Paris n'est plus ce qu'il était : oui, c'est vrai, et heureusement ! Que ne dirait-on pas s'il était resté comme au temps où Diderot allait chaque soir rêver sur son banc au Palais-Royal ? Paris est un organisme vivant qui change sans cesse depuis lors et même avant, en mal ici, en bien ailleurs. Ce livre est une incitation à ouvrir les yeux, à tendre l'oreille pour percevoir le tumulte de cette capitale indomptable, du périphérique à la place Vendôme, du marché d'Aligre au marché de Belleville, du tabac au zinc, de Balzac à Sartre - Paris, tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change.

  • Places royales et faubourgs brumeux, enceintes, barricades et passages, c'est la trame serrée des quartiers parisiens qui organise cette déambulation proposée aux flâneurs des rues et des livres. On y voit naître, au rythme des enceintes successives, l'éclairage public, l'enfermement des pauvres et des fous, le numérotage des maisons, les terrasses de cafés et la police de proximité. Du Marais des Précieuses au XIe arrondissement des « branchés », on assiste aux migrations de la mode, à l'apparition de microvilles dans la ville, celles de Scarron, de Des Grieux, de Desmoulins, de Rubempré et de l'autre Lucien, le polytechnicien Leuwen, celles de Gavroche, de Baudelaire et de Manet, d'Apollinaire, celles encore de Nadja, de Doisneau ou d'Anna Karina.
    Mais les vrais héros du livre, ce sont des anonymes, les architectes du désordre qui, de génération en génération, se sont transmis l'art d'empiler les magiques pavés, au faubourg Saint-Antoine en prairial an III, au cloître Saint-Merry en juin 1832, au clos Saint-Lazare en juin 1848, à Belleville en mai 1871, au Quartier Latin en mai 1968, démontrant à chaque fois et plaignons ceux qui croient la série close la force de rupture de Paris.

  • Dans les années 1790, pour le grand leader whig Charles James Fox, la Révolution française était "l'événement le plus important qui se soit jamais produit dans le monde". Depuis, avec le passage de l'actualité à l'Histoire, la Révolution a gardé son pouvoir de fascination. Le sujet n'est pas neutre : une importante école historique considère la Révolution comme un trouble malencontreux venu bouleverser de façon sanglante le mouvement général vers le libéralisme.
    Le présent livre s'inscrit dans une tout autre lignée, pour qui la Révolution a changé à jamais la façon de penser et de vivre du monde occidental. Il est construit comme un récit qui donne à entendre les deux voix de la Révolution : celle des assemblées, des personnages célèbres, et celle du peuple, des anonymes, des femmes, des paysans, que l'on perçoit tantôt comme un bruit de fond et tantôt comme un grondement assourdissant.
    Ces deux voix se mêlent aux moments d'incandescence révolutionnaire, en juillet 1789, en août 1792 où la royauté est abattue, en mai-juin 1793 lors de la chute de la Gironde. Et quand ces voix se font discordantes, alors viennent les moments les plus sombres, jusqu'au drame du 9 thermidor. "Les héritiers des thermidoriens qui nous gouvernent sans discontinuer depuis lors cherchent à travestir l'histoire de la Révolution.
    Contre eux, gardons vivante la mémoire, gardons l'inspiration de ce moment où l'on put entendre que les malheureux sont les puissances de la terre, que l'essence de la république et de la démocratie est l'égalité, et que le but de la société est le bonheur commun".

  • Eric Hazan nous convie à une traversée de Paris, du sud au nord, d'Ivry à Saint-Denis. Au fil des pas, il mêle son histoire personnelle et celle de la ville dans son entassement d'époques et d'événements. Il note les évolutions et les changements à l'oeuvre, observe l'architecture, évoque la littérature et le cinéma tout en revenant sur ses souvenirs de chirurgien et d'éditeur.

  • La barricade

    Eric Hazan

    Barrer la rue pour ouvrir la voie.

    Comment les barricades fleurissent-elles ? En quoi bouleversent-elles la cartographie des villes ? Quelle tribune offrent-elles aux insurgés ? Depuis les guerres de Religion jusqu'à la Commune, ces amas d'objets disparates ont accompagné les revendications sociales et politiques des Français. Curieusement, que les barricades aient été victorieuses ou non, on semble avoir retranché leurs héros et leurs héroïnes du récit officiel. À Paris ou à Lyon, ce sont pourtant ces gamins, étudiants et cantinières, ces aristocrates ou prolétaires, maîtres fugaces d'un quartier de la ville, qui ont fait de la barricade un obstacle à la souveraineté.
    Un essai édifiant, qui fait singulièrement écho aux insurrections contemporaines.

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  • Que nous apporte, en 2014, l'histoire des soulèvements, insurrections, révolutions passées ? Des lois historiques, des traditions à perpétuer, des anniversaires à commémorer ? Non, rien de tout cela. Il n'est pas question dans ce livre de placer les insurrections de l'histoire et celles à venir sur la même flèche du temps orientée vers un avenir radieux.
    Il s'agit de repérer, depuis la Révolution française jusqu'aux récentes révolutions tunisienne et égyptienne, des points de convergence, des séquences récurrentes, des moments que l'on retrouve quasi identiques à des époques et dans des pays différents.
    Un exemple parmi bien d'autres : chaque fois qu'une insurrection victorieuse débouche sur la formation d'un gouvernement provisoire, ce gouvernement travaille à récupérer puis à abattre le mouvement révolutionnaire.
    La question étant de savoir si une insurrection est aujourd'hui possible ou probable, le propos est centré sur le déclenchement insurrectionnel/révolutionnaire - ce qui advient ensuite, le déroulement des révolutions, est une autre affaire, même s'il est influencé par la manière dont les choses ont commencé. Le moment initial, l'instant décisif a ses particularités qui justifient d'en faire un sujet à lui seul.
    Les mouvements insurrectionnels évoqués dans ce livre sont nombreux : on y rencontre les Trois Glorieuses de juillet 1830, les journées de juin 1832 immortalisées par Les Misérables, juin 1848 en France et le printemps des peuples, la Commune de Paris, la révolution russe de 1905, celle de 1917, l'insurrection spartakiste de 1919 à Berlin, la révolution chinoise de 1927, la révolution espagnole de 1936, la révolution cubaine, la Révolution culturelle à Shanghai, mai 1968, l'insurrection zapatiste.
    Ces événements ne sont pas rangés dans l'ordre chronologique, et chacun d'eux est parfois raconté à un stade différent dans des chapitres distincts (en espérant que le lecteur s'y retrouvera !) Le fil directeur - ou l'angle de vue si l'on préfère - est clair : que nous enseignent toutes ces histoires, quelles leçons en tirer pour notre temps ? C'est sur ce fil que se rangent les chapitres du livre : l'histoire est-elle une source légitime ? la politisation est-elle une condition du déclenchement insurrectionnel ? le « rapport de forces » est-il une notion utile pour en évaluer les chances ? le processus constituant est-il une fatalité ? l'organisation d'avant-garde est-elle ou non nécessaire ?
    Ce livre n'a pas la prétention d'apporter des réponses définitives mais seulement d'inciter à réfléchir à ces questions si importantes pour le temps qui vient.

  • Balzac, Paris

    Eric Hazan

    • Fabrique
    • 23 January 2018

    Pourquoi Paris, pourquoi pas la constellation provinciale, Issoudun et Guérande, Saumur et Fougères, Besançon et Sancerre ? C'est que Paris est à la fois l'épicentre de la Comédie humaine et "une fille, une amie, une épouse" pour Balzac. Le livre mêle d'ailleurs ces deux aspects : en même temps qu'on voit se déployer la ville de Ferragus, de Diane de Maufrigneuse, de De Marsay et de Rastignac, on suit l'existence de Balzac dans Paris, ses déménagements sous la pression des créanciers, ses démêlés avec ses éditeurs, ses malheurs au théâtre, ses journaux, ses courses dans les rues entre ses imprimeurs, ses marchands de café et ses nombreux amis.
    Il est par moments comme fondu dans la foule de ses personnages, ducs et pairs, actrices, espions, journalistes, poètes et banquiers. Réaliste, Balzac ? "J'ai maintes fois été étonné que la grande gloire de Balzac fût de passer pour un observateur ; il m'avait toujours semblé que son principal mérite était d'être visionnaire, et visionnaire passionné. Tous ses personnages sont doués de l'ardeur vitale dont il était animé lui-même.
    Toutes ses fictions sont aussi profondément colorées que les rêves", c'est Baudelaire qui le dit, et c'est aussi ce qui ressort de ce livre, exploration de la cathédrale balzacienne et quête sur son architecte.

  • Depuis les années 60, insensiblement et comme par imprégnation lente, la langue de la politique, la langue publique c'est-à-dire médiatique se modifie. Elle est devenue, au cours des années 90 l'idiome qui explicite et qui légitime le néolibéralisme. De modernité à social en passant par performant, réforme, crise, croissance ou diversité, Eric Hazan montre la transformation, «l'essorage» dit-il, d'expressions isolées, de tournures, de formes syntaxiques qui sont peu à peu vidés de leur sens, c'est-à-dire de leur force subversive ou politique. Cette langue a une dynamique propre, elle est performative : plus elle est parlée, et plus ce qu'elle défend - sans jamais l'exprimer clairement - a lieu. « Il s'agit de faire le tableau, écrivait Marx, d'une sombre oppression que toutes les sphères sociales exercent les unes sur les autres, d'une maussaderie générale mais inerte, d'une étroitesse d'esprit faite d'acceptation et de méconnaissance, le tout encadré par un système de gouvernement qui, vivant de la conservation de toutes les vilenies, n'est lui-même que la vilenie au gouvernement. »

  • à travers les lignes

    Eric Hazan

    La situation du Livre, l'islam en France, Paris, l'histoire révolutionnaire du xixe siècle, Israël, Nuit debout : pendant les quinze dernières années, Hazan a écrit sur ces sujets et sur d'autres, dans les médias les plus divers depuis Le Monde jusqu'au site Lundi matin. Classé par ordre chronologique, cet empilement peut produire un effet kaléidoscopique dont le sens serait comme émietté. Mais il peut aussi montrer ce que donne le passage du temps sur des points qui restent actuels au fil des années. Il témoigne en tout cas d'une certaine obstination, d'une position constamment animée par le souci de subvertir « nos valeurs » et les fondements de l'ordre établi.

  • Depuis plusieurs années, il ne se passe guère de mois sans qu'un étudiant ou une étudiante ne vienne à la Fabrique pour nous poser des questions sur l'édition indépendante, « engagée » comme ils disent. Ils sont en fin de licence ou en maîtrise, souvent dans la filière « métiers du livre » ou bien en science politique ou en histoire. Le projet de ce livre, c'est d'elles et eux qu'il vient, de leur intérêt, leur questionnement et leurs doutes.
    - Comment fonder une maison d'édition à partir de rien - combien d'argent faut-il, dans quel local, avec quel imprimeur, quel banquier, quel distributeur ?
    - Ensuite, comment s'y prendre pour ébaucher un catalogue, pour le développer, quelle relation avec quels auteurs, quel travail sur les textes ?
    - Sans négliger les questions matérielles :
    établir le budget des livres, tenir un plan de trésorerie, un budget annuel... L'éditeur doit marcher sur ses deux jambes, mener de front la partie intellectuelle et la partie matérielle du métier, qui se complètent et se renforcent mutuellement.
    - Les livres une fois imprimés, il faut les faire connaître - à la fois aux médias, aux libraires, dont le soutien est décisif, et pour finir aux lecteurs, en utilisant les moyens les plus traditionnels (contact direct et par les représentants) et les autres (site internet, newsletters, etc.). Et puis il faut les vendre !
    Ce livre est mené sous forme d'un dialogue avec Ernest Moret, étudiant en philosophie qui connaît bien la Fabrique où il a été stagiaire.
    Cette forme a permis de mêler des notions d'ordre général et des idées et des anecdotes tirées de l'expérience personnelle d'Eric Hazan, dans l'édition d'art puis à la Fabrique.
    Sans compter les suggestions et critiques issues de l'équipe même de la Fabrique - car ce qui ressort clairement de ce livre, c'est que l'édition est avant tout un travail collectif.
    Eric Hazan

  • Paris sous tension

    Eric Hazan

    Parmi les textes réunis dans ce livre, certains sont historiques : la défense de Paris contre les Alliés en mars 1814, les journées de juin 1848 et leur oubli programmé, la photographie des quartiers sous l'Occupation, le Paris de Baudelaire...
    D'autres sont plus liés à la ville actuelle :
    Les noms de ses rues et ce qu'ils portent comme éclairage sur les édiles successifs, la manière dont l'apartheid parisien ménage des communautés fermées à l'américaine, les modifications de la ville dans les dix dernières années ou encore les projets de Grand Paris.
    Ce qui réunit ces textes apparemment éclatés, c'est qu'ils ont en commun de parler de la tension propre à Paris, de la force de rupture de Paris. Bien qu'il soit devenu habituel de considérer que Paris « gentryfié », glacé, vidé de sa substance populaire, est devenu inoffensif, la conviction qui porte ces textes est que la nouvelle couche située au-delà du périphérique va lui rendre - conformément à la tradition de cette ville depuis Charles V - tout son potentiel de subversion.

  • Paris magnum

    Eric Hazan

    Avec leurs racines dans le photoreportage, les images de Magnum sur Paris sont dominées par la présence humaine. Peu de monuments donc, mais des portraits des grands artistes et intellectuels (Sartre, Barrault, Duras, Piaf, Dior ou Giacometti) ; des lieux parisiens "photogéniques" habités (cafés, étalages, fêtes foraines et... défilés de mode) avec la prééminence de la rue ; un grand sujet collectif, la foule, traité, à intervalles réguliers, par les manifestations (Front populaire, Libération de Paris, Mai 68 ou CPE) ; une nette influence du cinéma dans les compositions.
    Ce livre rassemble environ 270 images prises par 46 photographes entre 1932 et 2014, depuis les photos inaugurales de Cartier-Bresson jusqu'aux derniers clichés de Pinkhassov. La cohérence de l'ouvrage résulte d'une conception de la photographie variant au fil du temps et de l'évolution de la ville et de ses habitants mais gardant quelque chose de l'esprit, hors de toute convention, des pères fondateurs de l'agence.

  • Bruit obsédant des sirènes de police sur le boulevard barbès, bourdonnement des hélicoptères d'assaut au-dessus de la jungle des philippines, sifflement des f16 dans le ciel de palestine, grondement des chars ébranlant le sol à grozny et à tikrit, vacarme des bulldozers blindés défonçant les maisons à rafah, explosions des bombes sur bagdad et des autobus à jérusalem, aboiements des chiens d'attaque qui accompagnent les équipes de sécurité dans le métro parisien.

  • Charles Louis Fremont est né en 1855 sur les contreforts de la Butte Montmartre et a vécu dans le XVIIIe arrondissement jusqu'à sa mort en 1930. Issu d'une famille modeste, il doit travailler à partir de ses 17 ans dans l'atelier de son père.
    En 1885, il est engagé comme photographe à l'Hôtel Dieu, dans le service du gynécologue Gaillard, où il fait la connaissance de Pasteur. C'est à cette époque qu'il prend ses premiers clichés photographiques, activité qu'il pratiquera assiduement jusqu'à la fin de sa vie, partageant son temps entre recherches scientifiques et photographie. Savant et inventeur autodidacte, Charles Fremont est nommé chef du laboratoire de mécanique à l'École des Mines en 1902.
    Grand amoureux de Paris, il en a photographié les rues, les devantures des boutiques, les scènes de vie quotidienne, les monuments, les grands événements de son temps comme les funérailles de Pasteur, l' Exposition universelle de 1900 ou encore la construction du Sacré-Cour. Il s'est aussi passionné pour la vie populaire en immortalisant les fêtes foraines, les lutteurs de foire, les cabarets, ou les défilés de carnaval. Un très beau témoignage inédit sur un Paris que Charles Fremont lui-même sent disparaître et dont il a pu, grâce à la photographie, garder la mémoire pour les générations qui lui succèderaient.

  • Ces Notes ont été prises pendant les mois de mai et juin 2006 en Cisjordanie, période considérée comme calme, où l'on ne tuait guère chaque semaine qu'une demi-douzaine de jeunes gens. La réalité, c'est qu'il n'y a jamais de situation calme en Palestine, il y a la violence quotidienne que subit tout un peuple, parfois avec patience et ailleurs non. Il n'y a pas davantage de " conflit israélo-palestinien ", il y a un peuple qui essaie de résister comme il peut aux colons et à l'armée. Prises dans la rue, sur les marchés, chez les familles de prisonniers, dans les villages isolés, chez les responsables politiques, ces Notes cherchent à restituer le fonctionnement au jour le jour et la raison d'être de la grande machine bureaucratique militaire qu'on désigne sous le terme assez abstrait et même trompeur d'occupation.

  • Que s'est-il passé depuis que l' " entreprise france ", comme on dit maintenant à l'elysée, a changé de propriétaire, le 6 mai au soir ? dans cette chronique des cent jours du sarkozysme triomphant " sans tabou ni complexe ", on assiste à l'installation d'un nouveau système.
    Derrière des mots neutres - bouclier fiscal, tva sociale, franchise médicale -, il s'agit d'enrichir les riches en faisant payer les pauvres. derrière l'hommage à guy môquet et aux martyrs du vel d'hiv, on rafle les sans-papiers qui n'ont pas " vocation " à rester parmi nous. l'oligarchie de la finance, de l'armement et du show-biz se resserre autour du président de tous les français et l'asservissement des médias cimente le consensus ambiant.
    Mélangeant à dessein les sources les plus variées, s'aidant d'entretiens avec jacques rancière (sur la notion de populisme), alain badiou (sur la trahison chez les anciens maoïstes), et daniel bensaïd (sur l'actualité du marxisme), eric hazan donne à voir une évidence, que chacun est plus que jamais tenu de taire : la guerre civile continue.


  • professionnels du consensus généralisé, philosophes télévisuels, prêcheurs de la paix des tombeaux, adeptes de la version policière du politique : telles sont quelques-unes des cibles d'eric hazan dans faire mouvement, entretiens conduits avec une complicité sans complaisance par le philosophe mathieu potte-bonneville.
    ces entretiens montrent comment une existence en zigzags professionnels peut se dérouler sur une ligne droite politique. ils retracent quelques voies empruntées pour se défaire des fausses alternatives, de l'idéologie des fins et des travestissements de l'histoire. on y trouvera des discussions animées sur la démocratie, sur la notion de peuple juif, sur la révolution, le colonialisme, la palestine.
    on y reconnaîtra au passage des influences - marx, gramsci, foucault, rancière - et des dégoûts partagés. faire mouvement, ou comment faire surgir du dissensus dans les plaines de la domination.

  • In this book, the Parisian writer Eric Hazan takes you for a stroll through Paris as it was for his famous forebears Balzac, Stendhal, Hugo, and Nerval. A Paris that sparkles in the fresh, airy watercolours and drawings collected by the architect Destailleur, now housed in the Prints and Photographs Department of the Bibliothèque Nationale de France. Despite the city's enduring medieval look, the Paris illustrated here is stirred by a revolutionary spirit, a city that crowned emperors and twice restored the monarchy.This is the capital as it was before Haussmann's major transformations: from the Marais and the Latin Quarter to the Faubourg Saint-Germain and the Palais Royal, from the Pont des Arts and the Pont Neuf to the theatres on the Boulevards and the Louvre. In these views, the inhabitants ride about on horses or fish in the Seine, flounder in muddy streets, or sit outside in one of the newfangled sidewalk cafés to watch the world go by.

  • En compagnie d'un piéton amoureux de Paris, Eric Hazan, parcourons le Paris de Balzac, Stendhal, Hugo ou Nerval, un Paris qui resplendit ici dans les tons frais et joyeux des aquarelles et dessins réunis par l'architecte Destailleur et conservés au département des Estampes et de la Photographie de la BNF. Ce Paris aux allures de cité encore médiévale, qui enchaîne les révolutions, couronne les empereurs et restaure par deux fois la monarchie, c'est le Paris d'avant Haussmann : du Marais au Quartier latin, du faubourg Saint-Germain au Palais-Royal, du pont des Arts au pont Neuf, des théâtres des Boulevards au Louvre, on circule à cheval, on pêche dans la Seine, on patauge dans la boue de rues sans trottoirs, on court les théâtres, on s'installe aux toutes nouvelles terrasses des cafés.

  • Intermittente par nature et devenue symbole des combats de rue, la barricade est le lieu d'histoires singulières, souvent poignantes. Amas d'objets disparates, barriques (dont elle tire son nom), planches, moellons, charrettes, elle offre à un peuple d'ouvriers, d'enfants, de cantinières le moyen de s'opposer au pouvoir, bouleversant à chaque fois l'espace de la ville. Journée des barricades de 1570, barricades de la Fronde ou des canuts, barricades de la Commune : l'histoire de France, et plus encore celle de Paris, est marquée par ces objets hétéroclites et provisoires.
    Dans un récit documenté et foisonnant, Eric Hazan livre une passionnante histoire de la révolte populaire dont la barricade est devenue l'emblème.

  • Le premier plan de séparation de la Palestine historique en deux États, l'un pour les Juifs et l'autre pour les Arabes, date de. 1937.
    Trois quarts de siècle plus tard, on n'est pas plus avancé : malgré les résolutions de l'ONU, les innombrables cycles de négociations, les mille et une missions de diplomates américains, sans compter toutes les souffrances et le sang versé, aucune « solution » n'est en vue du côté des deux États.
    Ce n'est pas par hasard, montrent Hazan et Sivan dans ce livre : c'est que la partition n'est tout simplement pas possible : un vrai État palestinien n'est pas possible, et un État hébreu viable à long terme non plus.
    La partition est un simulacre pour maintenir le statu quo, ce n'est pas une solution, c'est un discours. Remplaçons, disent Hazan et Sivan, la partition par le partage, la mise en commun de l'espace entre le Jourdain et la mer. Ils montrent que cette idée ne sort pas d'un chapeau : elle date des années 20, où les meilleurs parmi les intellectuels juifs, de Arendt à Sholem et Buber, luttaient dans Brit Shalom pour un État commun où tous les habitants de cet espace seraient égaux et jouiraient des mêmes droits.
    Ils démontent un par un les arguments des adversaires de l'État commun, dont certains sont de mauvaise foi, et d'autres, qui méritent une discussion approfondie, peuvent être réfutés. Ils expliquent pour la première fois au public français que partout dans le monde, de Sydney à Londres en passant par Haïfa et Tel Aviv, des colloques, des groupes de réflexion, des universitaires se réunissent pour discuter de l'État commun (One State, chez les Anglo-Saxons).
    Il est largement temps que la France rattrape son retard sur ce sujet, n'en déplaise à ceux qui voient dans les mots d'« État commun » un simple slogan antisémite.
    Avec ce livre est offert un DVD d'Eyal Sivan, réalisé pour la circonstance : Sivan a interviewé plus de 40 personnes, qui vont d'un rabbin dans une colonie extrémiste à l'ancien maire adjoint de Jérusalem en passant par des enseignants à l'université de Bir Zeit et des réfugiés des camps palestiniens.
    Émouvant et édifiant, sur la prétendue « haine » entre les peuples et l'impossibilité de vivre ensemble.

  • Il existe bien un antisémitisme en France aujourd'hui : les néo nazis, les négationnistes, les nostalgiques du pétainisme... pas grand monde, et sans grande influence. Mais quand on fait état d'une « montée » de l'antisémitisme, c'est pour stigmatiser la jeunesse des quartiers populaires, les Arabes et les Noirs, qui ne sont pas antisémites : ils sont solidaires des Palestiniens opprimés, ce qui n'est pas la même chose. Le livre explore les motifs et les méthodes de ceux qui cultivent et exploitent cet amalgame pervers.

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