Cherche Midi

  • « Le sport est comme un point d'un hologramme qui porte le tout de la société en lui, mais aussi sa singularité : le jeu, dont le péril de la dégénération en violence est contrôlé par l'arbitre. Il en est de même de la démocratie, contrôlée par le vote. Tout système vivant démocratique vit à la limite du danger. La démocratie elle-même manque du système qui lui permettrait d'empêcher un parti totalitaire de prendre le pouvoir. Nous sommes certes dans un monde où la violence délirante s'accroît, et il est curieux que le sport n'y soit pas plus entraîné. On ne lance pas des bombes dans les stades. » Edgar Morin aime le sport en tant qu'il procure de la joie au « peuple ». Il connait la liesse des stades, et particulièrement celle du Maracanã Mais c'est en sociologue qu'il nous livre son analyse critique du phénomène sportif. Infatigable combattant de la cause des opprimés, le penseur de la complexité s'exprime ici sur l'idéologie de la performance, le culte de la jeunesse et l'identité nationale.
    Face à une vision économique et sociale regrettable, qui peut faire du sport une aliénation, Edgar Morin nous rappelle que l'un des caractères fondamentaux de l'être humain, c'est d'être Homo ludens, l'homme du jeu.

  • Ce livre est d'abord celui d'un amoureux de Berlin, imprégné depuis son enfance par le cinéma berlinois des années 1920.
    Edgar Morin, dès la fin de la guerre, se passionne pour cette ville aux transformations successives - le Berlin dévasté, le Berlin reconstruit, les Berlin séparés, puis réunis. Avec son talent d'observateur unique, mais aussi d'éternel baroudeur, curieux et malin, il nous emmène dans ses pérégrinations hardies, du bureau d'Hitler ravagé, qu'il pénétra non sans malice en 1945, au Berlin-Est communiste de la guerre froide, où il se rendit pour un séjour cocasse avec des amis, dans la Celtaquatre Renault prêtée par Marguerite Duras.
    Ce livre est enfin l'expression de soixante-dix ans de mémoire d'un grand sociologue et penseur, mémoire d'une ville où se sont joués, à diverses reprises, le sort de l'Europe et celui du monde.

  • « 1945 : l'Allemagne était effondrée, décapitée, morcelée, dévastée, hagarde, terrorisée. Et c'était du Berlin désormais en ruines qu'était partie la puissance fabuleuse qui avait asservi l'Europe et déferlé jusqu'au Caucase et à l'Égypte. » Ce livre décrit les expériences et les rencontres incroyables d'Edgar Morin dans Berlin, d'abord dans la ville morte de l'été 1945, puis au cours de séjours successifs dans les années 1946, 1950, 1990, 2012 et 2013. Il assiste à la scission d'une ville en deux parties, puis, à partir de chacune d'elles, à la naissance de deux métropoles juxtaposées et opposées relevant de deux systèmes solaires étrangers et ennemis, dont naissent deux nations qui semblent stabilisées à jamais, la RDA et la RFA. Enfin, après la chute du mur, un nouveau Berlin en métamorphose ininterrompue.

    Voici le récit personnel, subjectif et objectif, de près de soixante-dix ans d'ébranlements et de transformations formidables dans la ville où se sont joués, à diverses reprises, le sort de l'Europe et celui du monde.

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