• Mystérieuse. C'est ainsi qu'est né ce petit livre : de la perplexité d'élèves de Première désireux de faire connaissance avec la Philosophie durant leurs vacances d'été. S'il existe en effet beaucoup de manuels et d'ouvrages scolaires, aucune initiation préalable ne répond à cette situation unique et singulière.
    L'auteur a donc tenté de combler une lacune en guidant le plus agréablement possible l'élève qui vient de terminer sa Première vers des travaux plus documentés, plus précis et, bien sûr, vers les textes fondamentaux des grands philosophes. Ces trente mini-leçons, correspondant aux trente jours d'un mois d'été, constituent, du fait des circonstances de leur composition, le testament philosophique de l'auteur à l'usage des jeunes générations.
    La langue claire, élégante et mesurée, le ton souriant de cet ouvrage sans pesanteur le destinent à tous ceux qui s'intéressent aux enjeux de la réflexion philosophique. Puissent-ils y prendre plaisir et tomber sous son charme !

  • Les deux textes - Le tournant théologique de la phénoménologie française (1991) et La phénoménologie éclatée (1997) - qui constituent cet ouvrage ont ouvert une des plus fortes polémiques philosophiques. Dominique Janicaud y met en lumière une évolution dans le développement de la phénoménologie française que rien ne laissait apparemment présager. De Sartre à Merleau-Ponty ou au premier Derrida, celle-ci se situait dans la ligne du programme des fondateurs de la phénoménologie, soucieux des seuls phénomènes. A partir des années 1970 s'opère une singulière ouverture au transcendant, à l'absolu et à l'originaire qui, pour ne pas être entièrement étrangère à certaines orientations antérieures, n'en scellait pas moins une alliance avec des préoccupations de type théologique ou religieux. Les questions posées par ce livre ont gardé leur acuité, tant la phénoménologie demeure partagée entre la tentation d'une philosophie première et des perspectives plus modestes, plus fidèles à l'inspiration phénoménologique d'origine - être une " méthode ".

  • La Puissance aujourd'hui : ni le savoir ni les machines, mais le dynamisme qui les connecte et dont un autre nom est la «techno-science». Le rationnel : plus qu'une garantie de cohérence - l'organisation de cette expansion. Irréversible, universelle, de plus en plus autonome, cette nouvelle phase de la puissance du rationnel mène au bord de l'incalculable ; son processus tend à dépasser toute volonté humaine et investit jusqu'au langage.
    Ce livre traite donc de la question la plus actuelle, la plus directement menaçante pour la vie et pour l'esprit : la dynamique de l'accroissement de la puissance. Il choisit d'éclairer les risques présents à partir d'une réflexion critique sur leurs origines rationnelles. Une phénoménologie du Complexe de Puissance s'y double d'une généalogie de sa rationalité. Interrogation en grande partie suscitée par Heidegger et reprise ici par un philosophe de tradition française.
    En rupture avec le technicisme ambiant et toutes les formes de scientisme, y compris celle qui voudrait élever la Nouvelle Science à la hauteur d'un mythe, La puissance du rationnel vient poser de front ces questions vitales : pourquoi la science a-t-elle été mise au service quasiment exclusif de la puissance ? comment éviter que la surpuissance ne capte toutes les ressources du rationnel ? y a-t-il encore des chances inédites à l'avant-garde de la pensée ?

  • Dominique Janicaud est mort brutalement, le 18 août 2002, à Èze, en faisant l'ascension du Chemin Nietzsche qui monte vers le village depuis la plage où il était venu prendre un bain de mer et méditer, tôt le matin, comme il en avait l'habitude. Il avait 64 ans. Il venait de publier son dernier grand livre, Heidegger en France, en septembre 2001, avec un retentissement considérable, ponctué par de nombreux débats. Nul doute que la mort ait empêché qu'un tel bilan soit effectué pour la période allant de 1990 à 2002. Or cette période correspond à une créativité intense et à une accélération de ses publications. Au cours de nos lectures, lentement, nous est apparue l'existence d'une pensée spécifique du dernier Janicaud, une pensée peut-être plus sereine, accomplie, singulière. Celle d'un philosophe en pleine activité créatrice, traçant son chemin, le regard tourné vers l'avenir et, certainement, vers de nombreux projets que nous ne connaîtrons jamais. Janicaud était l'un des plus grands penseurs du temps et du destin. Notre recueil commence au moment exact où se termine celui qui nous a servi de modèle, À nouveau la philosophie, c'est-à-dire en 1990. En étudiant la masse des articles publiés ou écrits entre 1990 et 2002, nous faisons l'expérience du mouvement et de la diversité, nous suivons l'activité de création intense d'un esprit toujours plus soucieux de liberté et d'exploration. Nous avons voulu donner à lire une cohérence et un fil conducteur. Nous avons seulement cherché à méditer sur un testament muet, avec l'intention de faire vivre la pensée et l'héritage de Dominique Janicaud.

    Edition de Marc Herceg et Anne-Marie Arlaud-Lamborelle.

  • Il était une fois un enfant pauvre de Souabe. Par la seule force de sa pensée et l'acharnement, de son travail personnel, il devint mondialement célèbre et conquit l'intelligentsia de l' "ennemi héréditaire", la France. Comment Heidegger a-t-il pu occuper, durant plus d'un demi-siècle, la position privilégiée de philosophe à la mode et de maître à penser à Paris, capitale de l'intelligence et de la culture ?
    Malgré l'abondance des traductions, des interprétations et des interventions polémiques, on n'avait jamais tenté d'écrire en français l'histoire complète de la réception, singulièrement mouvementée et imprévisiblement féconde, de la pensée sans doute la plus originale du XXe siècle.
    Récit et analyses s'articulent pour retracer les phases principales d'une aventure intellectuelle multiforme nullement réductible à une réception passive et où l'on retrouve les grandes figures intellectuelles du dernier demi-siècle, de Sartre à Ricoeur, de Lacan à Char, de Levinas à Derrida. Document et témoignage, cette fresque historique et philosophique entend aussi offrir des instruments critiques pour enrichir le débat sur la portée d'une pensée toujours controversée.

  • L'étonnante réception de la pensée. de Heidegger en France se poursuit et ne cesse de s'enrichir de nouvelles précisions ou interprétations. Les Entretiens menés par Dominique Janicaud viennent compléter son Récit, premier volume de Heidegger en France.

    D'abord recueillis à titre d'apports documentaires, ces dialogues ont révélé leur intérêt propre, leur vivante diversité, leur portée historique et philosophique.
    Entre les deux cas extrêmes du doyen des interlocuteurs, Walter Biemel, étudiant de Heidegger dès les années quarante, et la cadette, Nicole Parfait, auteur d'une thèse sur l'engagement politique du Maître, le lecteur verra s'étager les représentants de générations et de sensibilités fort différentes : admirateurs, détracteurs, traducteurs, érudits, écrivains, interprètes d'aspects très variés de l'oeuvre (les incidences politiques bien entendu, mais aussi l'histoire de la métaphysique, l'éthique, la poésie, la critique littéraire, l'herméneutique, l'esthétique, la théologie).

  • Les recherches phénoménologiques d'expression Française manifestent actuellement un véritable foisonnement qui doit encourager l'interprète à s'interroger sur les raisons et les limites de cette vitalité.
    Tel est, en premier lieu L'objet de cet essai qui commence par dresser un bilan du débat suscité par la question de savoir si la phénoménologie française a été le théâtre d'un " tournant théologique ". Plutôt que de raviver la polémique à ce propos, on tente ensuite d'élargir et d'approfondir une réflexion critique sur la méthode en phénoménologie. D'où quelques perplexités : comment faire bon usage de " l'athéisme méthodologique " ? comment éviter les avatars et les surenchères d'une restauration de la " philosophie première " ? Comment articuler ou désarticuler phénoménologie et herméneutique ? Le dernier chapitre, en forme de manifeste " pour une phénoménologie minimaliste ", dégage les conditons d'une approche renouvelée des proximités de prime abord inaccesibles qui font la richesse de notre être-au-monde.
    Eclatée, la phénoménologie dispose encore de cette chance.

  • Avant d'entrer dans une classe de philosophie, est-ce que je sais ce que je vais y faire, ce que je vais y étudier ? Pas vraiment. Aucune discipline n'est aussi mystérieuse. C'est ainsi qu'est né ce petit livre : de la perplexité d'élèves de Première désireux de faire connaissance avec la Philosophie durant leurs vacances d'été. S'il existe en effet beaucoup de manuels et d'ouvrages scolaires, aucune initiation préalable ne répond à cette situation unique et singulière. L'auteur a donc tenté de combler une lacune en guidant le plus agréablement possible l'élève qui vient de terminer sa Première vers des travaux plus documentés, plus précis et, bien sûr, vers les textes fondamentaux des grands philosophes. Ces trente mini-leçons - correspondant aux trente jours d'un mois d'été - constituent, du fait des circonstances de leur composition, le testament philosophique de l'auteur à l'usage des jeunes générations. La langue claire, élégante et mesurée, le ton souriant de cet ouvrage sans pesanteur le destinent à tous ceux qui s'intéressent aux enjeux de la réflexion philosophique. Puissent-ils y prendre plaisir et tomber sous son charme.

  • Félix Ravaisson (1813-1900), à qui Bergson avait déjà su rendre hommage dans une célèbre notice publiée au terme de La pensée et le mouvant, se voit maintenant mieux reconnu comme la figure la plus marquante de la philosophie française du XIXe siècle et comme un authentique penseur.
    Annonciateur du "positivisme spiritualiste" dont l'oeuvre de Bergson a été le couronnement, ne mérite-t-il pas d'être étudié pour lui-même ? C'est ce que tente ce livre en adoptant une méthode généalogique : l'ascendance spiritualiste de Bergson est établie à partir de la filiation qui le relie incontestablement à son principal maître, sans négliger des attaches moins apparentes. Ainsi, à propos de l'habitude, une étude liminaire articule une confrontation entre Ravaisson et Maine de Biran.
    Puis, après un examen critique de la Notice de Bergson, l'étude présente la philosophie de Ravaisson et en dégage le statut métaphysique. Une suite d'épreuves et une ultime contre-épreuve visent à préciser dans quelle mesure le bergsonisme, malgré son évidente originalité, reste tributaire des sources dont l'ouvrage fait le constat et l'analyse. Les textes inédits de Ravaisson, publiés en appendice, révèlent l'intérêt du vieux maître pour les travaux d'Henri Bergson et attestent les qualités d'une pensée trop peu connue.

  • Ce second volume constitue une introduction vivante à la pensée de Heidegger. Il se compose d'entretiens, avec tous ceux qui furent à un moment concernés par la pensée du philosophe. Commentateurs ou traducteurs, disciples ou non, ils s'expliquent sur leur rapport à cette pensée. Ces 18 entretiens sont conduits avec Kostas Axelos, Walter Biemel, Jean-François Courtine, Françoise Dastur, Michel Deguy, Jacques Derrida, Eliane Escoubas, Jean-Pierre Faye, Claude Geffré, Gérard Granel, Jean Greisch, Philippe Lacoue-Labarthe, Jean-Luc Marion, Edgar Morin, Roger Munier, Jean-Luc Nancy, Nicole Parfait, Claude Roels.

  • Un regain de la philosophie est-il en train de se produire ? Loin de s'éteindre sous la poussée des sciences humaines, la recherche est plus vivante et diverse que jamais ; la « mort de Dieu » et celle de la métaphysique n'ont point précipité la philosophie au tombeau ; les philosophes, pourtant de nature inquiète et portés à la mauvaise conscience, ont cessé de déserter. Retrouvant la rigueur spécifique de leur discours, ils s'attachent de nouveau à la défendre et à l'illustrer ; et même des scientifiques éminents, brisant une tradition de mépris, se tournent vers la réflexion philosophique.
    Toutes proportions gardées, on ne revient à la philosophie, comme à la démocratie, qu'à la mesure de la banqueroute des idéologies totalisantes et des systèmes prétendument salvateurs. Et si l'on s'enquiert des semences d'une nouvelle sagesse, c'est que s'étendent à l'horizon planétaire les dévastations culturelles et morales produites par d'incroyables régressions mentales ; fanatismes religieux, abrutissements télé-vidéo-médiatiques, intoxications activistes. L'enjeu philosophique n'est pas un lieu privilégié soustrait à l'intérêt de la communauté humaine tout entière : c'est bien le sort des hommes et l'inscription de quelque chose comme un sens dans le tumulte d'une histoire marquée par le destin de puissance de la rationalité.

  • Se promener, c'est mener plus loin les pas mais aussi la pensée, comme l'atteste toute une tradition qui, issue de l'Antiquité - Aristote bien sûr, mais aussi Socrate aux bords de l'Illisos, Epicure en son jardin, les Scolastiques à l'ombre de leurs cloîtres - se poursuit jusqu'à Derrida en passant par Nietzsche et Heidegger.
    Toute promenade n'est pas philosophique. Pourtant se promener - se mettre en marche sur un chemin (et dans la méthode qu'affectionne la philosophie comme discipline, résonne la racine grecque odos, chemin) ou sortir des sentiers battus - recèle une dimension de décision et de liberté où se noue l'alliance de la philosophie et de la promenade. Certaines promenades sont liées au lieu, au travail de la mémoire ou de l'imagination ; d'autres, hors de toute topologie, plongent dans l'immémorial, affrontent la solitude, l'immensité et la mort.
    D'abord en compagnie de ces " ombres amies " - Aristote, Kant, Nietzsche, et Heidegger - qui vivent en nous plus intensément que nombre de nos contemporains, l'auteur s'est risqué ensuite à des " reconnaissances solitaires ", explorations entre soleil et mort, de pensées sans retour. D'un bout à l'autre, une même quête questionnante guide les pas comment concilier l'idéal d'une vie bonne, soucieuse de mesure avec la marche forcée que nous imposent, tel un destin inexorable, les avancées de la Surpuissance - mais aussi l'existence irréversible ? Comment tracer la bonne limite - celle qui va permettre de surprendre l'illimité - face à la techno-science qui tend sans cesse à les reculer ? Comment inaugurer quelque chose comme une nouvelle sagesse face à la hauteur des nouveaux pouvoirs ? face aussi à la mort.
    Hölderlin avait déjà pressenti que la modernité est " vacance du partage ". C'est justement cette vacance qu'il nous faut affronter. D'où l'appel final en désespoir de cause - à la plus divine des qualités humaines : l'intelligence. Ces essais pleins d'alacrité baignent dans la fraîche lumière d'un départ matinal où, à nouveau, philosophie et vie font ensemble un bout de chemin.

  • Cet essai, qui s'inscrit dans la tradition des méditations philosophiques sur le temps et la condition humaine, s'organise autour d'une thèse centrale : il n'y a de temps que "montré", c'est-à-dire mesuré. le temps, pour nous, n'est jamais pur, mais c'est la mesure qui fait apparaître le temps. emergence du temps à partir de la mesure qui, au demeurant, ne se limite pas au temps des horloges : la temporalité ne se déploie qu'en fonction de décisions humaines qui sont autant d'inventions de rythmes, et dont les conséquences sont éthiques, - puisque les mesures du temps modèlent le séjour humain, en permettant de le contrôler, mais aussi de l'habiter. se situant par rapport aux grandes interprétations classiques et contemporaines de la temporalité - y compris celle de derrida et celle de ricoeur -, d. janicaud a choisi de suivre un axe critique, un axe historique, et un axe proprement philosophique.

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