• Hitchcock dit à propos de Psychose : « Je faisais de la direction de spectateur. » Cette boutade qu'on peut rapprocher du « calcul du spectateur » cher à Eisenstein, est une invitation à repenser les rapports entre création et réception au cinéma. De quelle manière la réception s'inscrit-elle dans le film même, sans son texte ou sa texture ? On cherche les adresses au récepteur, les signes ou les configurations qui prescrivent des attitudes aux spectateurs. On examine ces marques dans des films précis (Hitchcock, Oshima, Gus van Sant, cinéma expérimental, etc.). On pose aussi la question générale de l'interaction de la création avec la réception, y compris pour les images 3D les plus récentes.

  • "Au début de l'ère soviétique, de jeunes cinéastes contribuèrent brillamment à la théorie du cinéma et, plus particulièrement, à la théorie du montage cinématographique. Attrapant au vol le mot français « montage », Kouléchov fit le premier pas, suivi par son ami Poudovkine dont les textes sont négligés à tort. Mêlant la théorie au manifeste militant, Vertov franchit un autre pas. Enfin, Eisenstein apporta à cette construction une esthétique de haute volée. Chacun de ces auteurs expose son regard sur sa propre pratique et simultanément un regard sur le cinéma comme art du film."

  • "Intrigant, excitant, contrasté : tel apparaît le Japon au regard étranger. Telle est aussi son esthétique. Elle s'étend entre le kitsch et le zen, le grotesque et le minimal, et décline toutes sortes de formes et de valeurs. La peinture à l'encre ravit par ses taches évanescentes, le kawaii par sa joyeuse provocation. Le monde est conquis, au-delà du succès des mangas. Récemment, au Petit Palais, les oiseaux de Jakuchû ont impressionné, et le mot kawaii est entré au Petit Robert. Ce livre à la fois personnel, historique et philosophique propose une méditation sur l'esthétique japonaise en « mode flottant », conçue comme un jeu complexe et nuancé entre tradition résistante et désir d'invention."

  • L'image est aujourd'hui consommée comme si elle n'était qu'une sorte de milieu transparent d'une incontestable réalité. On a assassiné les dessinateurs de Charlie Hebdo comme si leurs caricatures n'étaient pas des dessins...
    « Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre », disait Charb... Le feutre de Charb disparaît ; la caricature disparaît en tant que telle.
    Dans cet ouvrage, Dominique Chateau nous permet de comprendre le mécanisme symbolique qui fonde le déni de la représentation, et de saisir le contexte politico-culturel où il agit, jusqu'à accompagner et justifi er parfois les actes les plus odieux. Sans néanmoins oublier qu'il accompagne tout autant notre vie quotidienne et, tout particulièrement, la pratique de l'audiovisuel et de l'Internet.
    Cette enquête sur le déni de la représentation a croisé la série ininterrompue, jusqu'à ce jour, d'événements tragiques qui, aff ectant non seulement les êtres humains, mais aussi le patrimoine de l'humanité, manifestent diversement l'oubli de la représentation, tout en sachant qu'elle existe, ou que sans elle l'image n'existe pas.

  • L'adhésion à l'art contemporain, non pas en tant que genre, concurrent de l'art classique et de l'art moderne, mais en tant qu'il est art et quand il l'est : voilà l'idée traversière qui anime cet essai composé de fragments plus ou moins brefs.
    L'auteur y défend une attitude esthétique pour laquelle l'objectivité de l'oeuvre et des sensations qu'elle procure l'emporte sur toute prétention au jugement par avance.
    L'art n'est jamais donné a priori, il est à conquérir a posteriori, lorsque la rencontre entre le donné d'un médium et la singularité d'un artiste réussit. Cela suppose qu'une visée ontologique rivalise avec l'attraction culturelle. Cela suppose aussi que soit requalifiée la singularité de la rencontre avec l'oeuvre et grâce à elle la surprise qu'elle rend possible, son pouvoir toujours imprévisible de proposer une sollicitation à penser, à élaborer. Requalifier donc le pouvoir de l'oeuvre : tel est le souci majeur, dont cet ouvrage se fait puissamment l'écho, en même temps que la tâche la plus urgente dont il représente un possible exemple.

  • Nouvelle présentation L'influence de la philosophie sur le cinéma peut être observée sous trois éclairages :
    - la manière dont le cinéma représente le philosophe - les tentatives pour adapter à l'écran les textes philosophiques ;
    - la capacité enfin du cinéma à philosopher.
    Cinéma et philosophie en dresse un bilan à la fois historique et critique et témoigne d'une phase nouvelle de la théorie du cinéma. Dominique Château synthétise ici les contributions de Bergson, Benjamin, Eisenstein, Epstein, Bazin, Merleau-Ponty, Mitry, Cavell, Deleuze, Schefer entre autres et s'arrête sur les propositions de philosophie du cinéma qui considèrent ce médium comme un phénomène historique lié à la modernité, un domaine d'expression spécifique ou encore un objet d'expérience où la philosophie autant que le cinéma sont mis à l'épreuve. Les grandes tendances de la philosophie moderne (phénoménologie, philosophie analytique, déconstruction, Gender Studies...) sont ici présentées sous l'angle de leur apport à la théorie du cinéma. Le livre s'achève enfin sur l'examen d'un projet d'une véritable esthétique du cinéma.

    Dominique Château est professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a publié notamment : Citizen Kane d'Orson Welles (L'interdisciplinaire, 1993), La Question de la question de l'art (Presses Universitaires de Vincennes, 1994), Arts plastiques : archéologie d'une notion (Jacqueline Chambon, 1999) et Qu'est-ce que l'art ? (L'Harmattan, 2000).



    Le « cinéma philosophique ». La philosophie du phénomène cinématographique. La phillosophie du « phénomène filmique ». L'expérience philosophique du cinéma. Le cinéma au défi des grandes tendances philosophiques. Esthétique et cinéma.

  • Ce livre concerne deux manières de penser : la dialectique et l'antinomie. Il étudie la dialectique de Hegel, en son unicité et sa radicalité, expose sa critique et considère sa régression à l'antinomie ou encore son fantasme qui ne cesse de hanter la philosophie. Ce débat mobilise, outre Aristote et Platon, Kierkegaard, Nietzsche, Benjamin, Lyotard, Marx, Peirce et quelques autres.

  • Insaisissable artiste...
    Il semble, en effet, fuir toute définition. son rôle social affiche une prétention à l'exception, il incarne une posture humaine qui ruse avec toute normalisation, et il prétend rechercher une singularité qui ne souffre de se fixer qu'en s'inventant à chaque instant. or, cet état à la fois de plénitude et d'ambiguïté correspond à un moment très précis de l'histoire. avant, le type de l'artiste s'est formé au rythme de la spécialisation de son activité, après, à l'ère postmoderne, il semble subir une crise qui fait peser un doute sur sa persistance.
    Il s'agit, dans ce livre, de retracer la courbe de cette évolution : la montée progressive de la maturation de la posture d'artiste, jusqu'à l'apogée de l'artiste-roi, puis sa chute, sinon attestée, du moins annoncée. soit, entre le presque-artiste et le post-artiste, le plein-artiste qui, outre d'avoir régné, est le fantasme que visa le premier et continuera de hanter le second.

  • La fiction est une pensée par mondes possibles. Elle est dans chacun de nos petits mensonges, soutient nos voeux et peuple nos rêves. Elle fonde les utopies et nourrit les idéologies. Elle culmine avec les romans ou les films qui, peu ou prou, créent de l'étrange. Qu'est-ce qu'un monde possible ? Une sorte de récit complet, répond le logicien. Comme lui, on peut partir des propositions fictionnelles pour s'interroger sur le monde qu'elles présupposent ; on peut aussi considérer directement les mondes entiers qui instaurent la fiction comme pensée par mondes possibles.

  • La subjectivité, au sens premier, est une catégorie ontologique.
    John R. Searle l'illustre par le mal de dos en tant qu'il est ressenti par quelqu'un. Le film n'a pas mal au dos... Il ne souffre pas, il n'a pas de conscience. Pourtant, il représente de multiples façons la subjectivité, celle des personnages ou de son auteur. et le spectateur peut en faire l'expérience. Ce livre. considérant le cinéma à l'égard des registres divers de la subjectivité (en son sens philosophique) et des propriétés spécifiques du film.
    Propose de considérer les signes filmiques qui suggèrent au spectateur un travail de la subjectivité. Il propose aussi de cheminer de l'extérieur vers l'intérieur. du choc premier de la subjectivité avec le monde vers les mondes imaginés, plus ou moins oniriques, et l'expression personnelle d'un auteur, en passant par la représentation du ressenti interne. du sentiment, et par l'hallucination. Il s'agit d'égrener les figures de la subjectivité filmique, mais aussi de caractériser, à l'occasion de leur analyse et de leur taxinomie.
    Une théorie de la manière dont la subjectivité, en participant du film, lui confère le statut d'une forme.

  • Définir l'art est le propos de ce livre. Définir veut dire : réfléchir sur les conditions réelles de l'existence de l'art. La sociologie fait naturellement candidature pour guider cette tâche. La théorie de Bourdieu, avec sa notion de champ artistique, trace une piste à moitié satisfaisante; elle relègue l'oeuvre au rang d'épiphénomène et l'artiste au statut d'adepte d'une illusion fermée sur elle-même. Le modèle du fait social total, au contraire, ouvre l'horizon d'une définition de l'art qui rend compte à la fois de son rôle social et de sa spécificité comme investissement d'individu dans la promesse de l'oeuvre. Elle conjugue la distance théorique avec le projet de saisir l'objet intérieur, en se mettant à la place de ceux qui y consacrent leur vie. Elle peut, par là même, entrer en dialogue avec la philosophie de l'art.

  • Nouvelle présentationL'influence de la philosophie sur le cinéma peut être observée sous trois éclairages :
    - la manière dont le cinéma représente le philosophe - les tentatives pour adapter à l'écran les textes philosophiques ;
    - la capacité enfin du cinéma à philosopher.
    Cinéma et philosophie en dresse un bilan à la fois historique et critique et témoigne d'une phase nouvelle de la théorie du cinéma. Dominique Château synthétise ici les contributions de Bergson, Benjamin, Eisenstein, Epstein, Bazin, Merleau-Ponty, Mitry, Cavell, Deleuze, Schefer entre autres et s'arrête sur les propositions de philosophie du cinéma qui considèrent ce médium comme un phénomène historique lié à la modernité, un domaine d'expression spécifique ou encore un objet d'expérience où la philosophie autant que le cinéma sont mis à l'épreuve. Les grandes tendances de la philosophie moderne (phénoménologie, philosophie analytique, déconstruction, Gender Studies...) sont ici présentées sous l'angle de leur apport à la théorie du cinéma. Le livre s'achève enfin sur l'examen d'un projet d'une véritable esthétique du cinéma.

    Dominique Château est professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a publié notamment : Citizen Kane d'Orson Welles (L'interdisciplinaire, 1993), La Question de la question de l'art (Presses Universitaires de Vincennes, 1994), Arts plastiques : archéologie d'une notion (Jacqueline Chambon, 1999) et Qu'est-ce que l'art ? (L'Harmattan, 2000).
    Le « cinéma philosophique ». La philosophie du phénomène cinématographique. La phillosophie du « phénomène filmique ». L'expérience philosophique du cinéma. Le cinéma au défi des grandes tendances philosophiques. Esthétique et cinéma.

  • Quelque chose qui n'est pas esthétique ou n'a pas vocation à l'être, le devient : telle est l'esthétisation. Son processus est aujourd'hui en cours : c'est l'état de notre monde postmoderne dont les prémices furent aperçues par Walter Benjamin au creux de la modernité, à l'ère de la « reproduction mécanisée » et de l'émergence de l'art de masse. L'esthétisation de l'art est une conséquence tardive de l'esthétisation du monde. L'art est devenu un véhicule de l'esthétisation du monde, un document du monde réfracté par son esthétisation, mais aussi la source de nouvelles représentations qui participent de cette réfraction. Dans ce livre, on illustre ce processus par la série de films Die Hard construite autour du mythe christique du héros américain solitaire, par le kitsch dans l'art contemporain lorsqu'il réalise l'esthétisation du dispositif artistique et à l'occasion d'un examen des relations entre le cinéma et l'art contemporain.

  • L'héritage de l'art, c'est non seulement la collection des oeuvres, mais aussi le concept d'art, la définition de l'intérêt spécifique qui sous-tend tout le phénomène artistique. Dans les dénégations avant-gardistes du patrimoine, le concept d'art est encore à l'oeuvre ; et dans le rejet post-moderne de l'avant-garde, son héritage est rémanent.

  • L'effet d'image tel quel est l'objet de ce livre. Non point les effets de sens que produisent les images ou qui les accompagnent, mais le phénomène brut de la ressemblance. En deçà de l'iconographie, s'ouvre le royaume de l'iconicité dont Peirce a donné la théorie la plus puissante. La base de ce travail est sémiotique, son horizon esthétique : de l'étude de la nature de signe des images à la compréhension de leur rôle privilégié dans l'art.


  • La constitution de l'esthétique en discipline autonome s'opère aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les philosophes britanniques identifièrent les principaux problèmes dont elle se nourrit, tandis que les philosophes allemands poursuivirent cette recherche en l'impliquant dans une réflexion épistémologique, et lui conférèrent un statut aujourd'hui remis en cause.

  • Dominique Chateau propose dans cet essai de considérer que le vécu d'une expérience esthétique comporte à titre d'aspect crucial un moment intuitif ; et que l'expérience comme acquis esthétique relève d'une théorie de l'expertise. Il rapproche les deux idées dans l'optique d'une sémiotique de l'esthétique notamment fondée sur la notion peircienne d'interprétant.

  • Ce livre examine le passage de la notion du montage au concept de montage. Comment, de notion de la pratique, « montage » est devenu l'étiquette d'un des plus importants concepts de la théorie du cinéma...

    De celle-ci, il s'agit, dans un premier temps de faire l'archéologie. Dans L'Encyclopédie de Diderot-D'Alembert, l'apparition du vocabulaire monter-montage retient l'attention, notamment parce que les deux sens de « monter », assembler et élever, contaminent le nom de montage, d'emblée.

    L'étape suivante de l'étude est celle où se forme le concept, où la notion se métamorphose en concept. On doit cela à Lev Kouléchov, tout jeune homme déjà remarquablement volontaire sur le plan théorique et pédagogique, aux alentours de 1917. Il entend des opérateurs français prononcer le mot « montage » et il l'attrape au vol, pour compléter editing (le mot anglais déjà usité) en visant un double gain, à la fois théorique et esthétique : le montage c'est le principe de l'élévation des parties assemblées à un tout ; c'est aussi le principe qui différencie artistiquement le cinéma, qui lui confère même son statut d'art.

    On fait peu référence à Kouléchov, pourtant son importance est considérable. Nombre de références, quand elle existent, montrent, en outre, qu'on ne le prend pas vraiment au sérieux - quand on ne l'accuse pas d'avoir conçu le film comme un mécano ou un jeu de construction. Non seulement la lecture de ses textes, heureusement publiés par François Albéra, nous détrompe, mais encore ses idées résistent quand on les confronte avec divers instruments méthodologiques (sémiologie, linguistique, musicologie). C'est ce que l'auteur propose dans la seconde partie du livre, outre quelques ajouts comme la théorie du fragment d'Eisentein, avant de tirer un bilan sur l'invention du concept de montage.

  • "Si le fragment dans l art évoque l étude historique ou théorique des formes du fragment, l art du fragment désigne plutôt un enjeu de l éthique artistique. Fragment évoque les petites formes, fragmentation, le montage des morceaux, une révolte contre la totalité, une sorte de suspens, un assemblage ouvert... Dans toutes ces modalités, que cet ouvrage considère ici en littérature, musique et cinéma, s instaure la variation entre frontières apparentes et frontières souterraines, entre limites de surface et déterminations sous-jacentes."

  • L'ontologie, qui dépouille le monde de ses accidents pour viser le noyau de l'être pur, produit une critique de la représentation. Certaine idéologie de l'image, qui met entre parenthèses l'image comme telle au profit de ce qu'elle évoque, penche aussi vers ce dépouillement. Des deux côtés, l'être et l'image, la critique de la représentation produit divers effets pratiques et intellectuels. L'examen en miroir de l'étrange théâtre des signes où l'être entre nu en scène, et où l'image ne paraîtrait que pour se fondre dans le décor, met en évidence le paradoxe d'un discours qui énonce son propre déni.

  • Instrument de la pensée ou objet de réflexion, la critique interroge la théorie. En philosophie générale comme en esthétique, leur interaction est nécessaire et féconde. Que serait une théorie sans esprit critique ? Le problème posé dans ce recueil explore, en les articulant, la théorie proprement dite -la philosophie-, certaines théories esthétiques et diverses réflexions induites des sciences humaines ou, plus directement, de l'art. Critique et théorie présente, outre des réflexions sur l'Ecole de Francfort, Benjamin, Sartre, la critique d'art, la psychanalyse, les arts plastiques et le cinéma, une traduction inédite d'un texte d'Adorno et la présentation des dernières pensées du Barthes des Leçons au Collège de France.

  • L'esthétique est partagée entre deux objets : l'art et le goût. Dominique Château réexamine ce double héritage, qui implique non seulement la relation de la philosophie à l'art (avant et après Hegel), la question du désintéressement, celle du Beau, mais encore l'histoire du nom de l'art et, dans son prolongement, les thèmes de la modernité, de l'avant-garde et du postmodernisme. L'auteur montre ainsi que la philosophie est légitimée à assumer la compréhension intellectuelle de l'art.

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