FeniXX réédition numérique (Les Belles Lettres)

  • Il n'y a pas d'Indochine, c'est vingt-cinq récits de voyages. En Europe, en Amérique du Nord, en Asie, en Afrique, et en France. Il se compose de réalités rarement, sinon jamais décrites dans les livres de voyages. Mais aussi de moralités : sur l'homme, l'idéalisme, la maffia, les retournements de veste, Napoléon, Bourguiba, et bien d'autres sujets. Il y est également question de postérité. Qu'est-ce que la postérité ? On le découvre peu à peu, de même que l'auteur, au fur et à mesure de ses voyages. Qu'est-ce qui fait que tel ou tel écrivain reste ? Et d'abord, ne restent-ils pas tous ? La postérité existe-t-elle, d'ailleurs ? Souvent, se posant ces questions, l'auteur se métamorphose. On le verra en crocodile pour une causerie avec Chateaubriand, en Lord Carnavon devant les pyramides d'Égypte, en prix Nobel à quatre-vingt-douze ans, en Arc de Triomphe qui marche. Comme son titre l'indique, Il n'y a pas d'Indochine ne parle pas un instant de ce pays. Du reste, dit quelque part l'auteur, l'Asie est introuvable.

  • Pour la première fois dans l'histoire de France, une république a un style. C'est le style Cinquième, comme Cinquième République. Né sous Pompidou, après une légère décadence sous Giscard, il connaît son apothéose sous M. Mitterrand. Le principe du style Cinquième, c'est la culture. Et elle cherche à nous intimider. Toute personne qui n'aime pas la culture est un monstre, dit-elle. Voilà comment elle est devenue un moyen de gouvernement. Les intellectuels, qui sont ses fantassins, font la morale aux artistes. Et même ils prennent leur place. Les malheureux ! Ils ignorent que l'art est un vieux crocodile qui ne se laissera pas faire.

  • « Je déteste l'esthétisme. Avec ses questions de style, un écrivain est un peu plus un athlète qu'un sportif, qui est un chichiteux de ses muscles. Donnerai-je la clef ? Dirai-je que désirer gouverner la France c'est une obsession de ses poètes ? Que je vengerai Chateaubriand et Barrès, que je réaliserai Lamartine ? Je n'ose pas. En tout cas, je couche à l'Élysée. » Telle est la politique que va mener Frédéric Marcassin, le narrateur et tout nouveau président de la République. Cela commence par quelques extravagances. Et même cela continue. Entre deux lois, deux orgies, Frédéric Marcassin se repose en donnant des soupers auxquels participent Montesquieu, Goethe, Verlaine, Stendhal, M. Pickwick, le chat Murr et bien d'autres. Il fait de plus en plus de calembours. Il plaisante, et il tue. Il rit, et il cache une blessure. Si ses mémoires ont pour titre Confitures de crimes, c'est bien entendu parce qu'il commet quelques meurtres, et qu'il a un coeur de confiture.

  • Un recueil de poèmes d'une double inspiration, mélancolique et satirique avec des thèmes variés.

  • D'une inspiration souvent mélancolique et d'une expiration parfois gaie, car la poésie doit, à certains moments, feindre de ne pas avoir remarqué la tragédie si elle veut pouvoir l'apercevoir, et être légère si elle veut ne pas se noyer dans la profondeur, qui n'est parfois que l'autre nom de la pesanteur, la poésie de Charles Dantzig a pu être qualifiée de fraternelle, d'ironique, de déchirante et tendre, de regardeuse du monde ; comme il vous plaira. « Les toiles de Jouy » est son troisième recueil de poèmes, après « Le Chauffeur est toujours seul » et « Que le siècle commence ».

  • En une trentaine de chapitres traitant de façon réelle ou imaginaire la vie et l'oeuvre de Proust, des artistes et des écrivains lui rendent hommage.

  • Qu'est-ce que le cliché ? Les deux personnages de ce livre, un écrivain et un peintre, qui conversent dans un appartement de Montmartre, essaient de le définir. Le cliché, selon eux, est une image usée, qui a la prétention d'être poétique. Et c'est sans doute cette prétention qui le rend si important, si puissant. La vie imite l'art, dit-on en répétant Oscar Wilde. C'est possible. On dirait qu'elle imite surtout le cliché.

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