• En août 2015 sont inaugurés les nouveaux travaux du canal de Suez. Des trompettes d'Aïda au yacht de l'impératrice Eugénie utilisé pour l'inauguration de 1869, c'est toute l'Égypte d'hier qui est alors mise en scène, celle qui a tant fait rêver l'Europe ; car pour l'Égypte, il s'agit bien avec son canal de Suez de faire à nouveau rêver le monde.

    Ce rêve est déjà poursuivi depuis l'Antiquité ; en 1869, le canal est enfin ouvert à la navigation. En reliant la mer Méditerrané à la mer Rouge, il bouleverse les routes maritimes et accélère les échanges entre l'Europe et l'Asie. Son histoire est celle des transformations du commerce mondial et de l'évolution des transports maritimes depuis l'invention du bateau à vapeur jusqu'aux énormes pétroliers et porte-conteneurs contemporains.
    Le canal de Suez offre aussi une lecture captivante de l'histoire de l'Égypte depuis deux siècles. Route des empires, il attise la rivalité franco-britannique au XIXe siècle, devient un un élément essentiel de la maîtrise de la Méditerranée lors des deux guerres mondiales, nourrit la lutte nationale et se transforme en frontière militaire avec les guerres israléo-arabes. Peu d'autres routes au monde ont soulevé autant de passion, de conflits géopolitiques et d'enjeux économiques.

    Caroline Piquet est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris-Sorbonne.

  • Vieux rêve poursuivi depuis l'Antiquité, le canal de Suez est ouvert à la navigation en 1869.
    Le percement de l'isthme égyptien, en reliant la mer Méditerranée à la mer Rouge, bouleverse les routes maritimes ; il met Londres à un mois de Bombay, et Marseille à quelques semaines d'Aden. Le canal de Suez devient ainsi la route principale entre l'Europe et l'Asie, accélérant les échanges entre les deux continents. Son histoire est aussi celle des transformations du commerce international et de l'évolution des transports maritimes depuis l'invention du bateau à vapeur jusqu'aux énormes pétroliers et porte-conteneurs contemporains.
    Si le canal accélère l'ouverture du marché asiatique à l'Europe, il favorise également les conquêtes politiques. Route des empires, il attise la rivalité franco-britannique au XIXe siècle, devient un élément essentiel de la maîtrise de la Méditerranée lors des deux guerres mondiales, nourrit la lutte nationale en Egypte et se transforme en frontière militaire avec les guerres israélo-arabes. Peu d'autres routes au monde ont soulevé autant de passions, de conflits géopolitiques et d'enjeux économiques.

  • A l'évocation de la Compagnie du canal de Suez, surgissent les figures de Ferdinand de Lesseps, du colonel Nasser ou encore de Claude François traversant le canal à la nage. Souvent dénoncée comme un " État dans l'État " par les Égyptiens, cette entreprise fut chargée d'assurer le creusement du canal maritime en 1859 et son exploitation à partir de 1869 ; elle s'affirma comme un outil de développement de la région mais aussi, dans le contexte des empires coloniaux et de l'émergence de l'État moderne en Égypte, comme un enjeu politique et culturel. L'histoire de la Compagnie du canal de Suez en Égypte débute véritablement à partir de 1888, date de la conférence de Constantinople qui affirme sa neutralité et son statut international pour ne plus constituer de litige entre le Royaume Uni et la France. Elle peut désormais se consacrer pleinement à l'exploitation commerciale de la concession jusqu'en 1956, date à laquelle Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez. Mobilisant des fonds privés inédits et des archives françaises ou étrangères, cet ouvrage étudie l'entreprise dans ses rapports avec les autorités politiques et dans son bilan économique pour l'Égypte. Il propose aussi un portrait riche et précis de l'action des ingénieurs et des ouvriers qui y contribuèrent. A travers l'urbanisme, l'éducation et les missions religieuses, il décrit enfin l'oeuvre " colonisatrice " de la compagnie. Il est ainsi question de l'histoire d'une entreprise prestigieuse où se mêlaient service maritime international et intérêt national égyptien, où l'on parlait français, arabe, italien et grec, métaphore à elle seule de ce que fut la Méditerranée aux XIXe et XXe siècles.

  • Première histoire globale sur la région des pays du Golfe, cet ouvrage permet de comprendre la nouvelle place que jouent ces pays dans le système international face aux changements économiques et politico-sociaux (pétrole, hautes technologies, contexte du Printemps arabe...).
    Réflexion sur ces nouvelles terres du libéralisme économique et politique à l'écart des clichés répandus.

  • Une jeune géologue se trouve confrontée à l'univers du travail aux Emirats arabes unis. Dans ce nouvel Eldorado de la croissance où se pressent les populations de tous les continents, la situation d'extraterritorialité des entreprises étrangères autorise les pires abus de pouvoir. Derrière les paillettes et le capitalisme clinquant, des hommes et des femmes se débattent avec les difficultés et luttent pour leur dignité.

  • Perdre la musique. Bien plus qu'une douleur, c'est un trou profond à l'âme qui se voit dépossédée de ce qui donnait un sens à l'existence.
    On perd la puissance motrice de la vie. On perd le lien avec le visage d'en face. L'autre, si près de vous, assis là, à quelques centimètres, s'est évanoui. L'autre n'est plus de votre univers qui désormais se limite à vous-même et un vous-même voué à l'immobilité.
    Fini les voyages par-dessus la terre et les échappées belles depuis son fauteuil, fini les changements de décor et les bulles de fantaisie qui faisaient la niaque aux ronrons du quotidien et aux rigueurs des hivers.
    L'absence de musique condamne à n'être que soi-même et seul au monde. C'est le début de l'Enfer : Nel mezzo del cammin di nostra vita mi ritrovai per una selva oscura, ché la diritta via era smarrita.
    Une femme perd la musique après l'avoir passionnément aimée. Refusant de céder au caprice de ses oreilles et de sombrer dans le désespoir, elle part à sa reconquête, bien décidée à réinventer le monde.
    Ce blanc qui sonne comme un silence, clin d'oeil à l'univers pictural de Kandinsky, est un superbe roman sur la perte et son dépassement et cette « petite musique en soi qui fait danser la vie ».

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