• L'ouverture de Heidegger à la pensée orientale, d'abord timide, devient manifeste durant la dernière période de sa vie.
    Avec les interlocuteurs japonais, l'écoute se transforme en un véritable dialogue.
    Examinant le versant asiatique de celui-ci, surtout l'École de Kyôto, l'étude de Bernard Stevens souligne comment l'herméneutique heideggeriennne a fourni les outils grâce auxquels toute une génération de penseurs d'Orient a pu participer aux débats philosophiques contemporains, ouvrant des horizons inédits à la réflexion.
    Un essai d'une grande clarté, qui jette un pont solide et durable entre l'Europe et l'Asie.

  • Parmi les grands intellectuels japonais du XXe siècle, Maruyama Masao (1914-1996), historien des idées, sociologue et philosophe, est l'un des plus significatifs. Homme lucide et engagé, il n'a cessé de se battre contre toute forme d'autoritarisme ou de nationalisme. 1945 est sans doute le point de départ de sa réflexion tant la guerre a été vécue comme un traumatisme. À partir de là, il a cherché à développer une conscience politique susceptible de faire face aux malheurs successifs de son pays : l'accession au pouvoir des militaires, le bombardement atomique d'Hiroshima, les luttes pour le rétablissement de la liberté face à un occupant américain.
    C'est dans cet esprit qu'il s'attelle à la fondation d'une véritable science politique japonaise, et qu'il entreprendra ses grands travaux sur l'histoire des idées au Japon : l'époque d'Edo et les prémisses d'une modernité autochtone, la crise identitaire de l'époque Meiji, le militarisme du XXe siècle, puis l'ambiguïté et les promesses de l'époque contemporaine. Ses analyses de l'ultranationalisme japonais se révéleront ainsi être un parfait complément aux études d'Hannah Arendt sur les totalitarismes européens.
    Avec lui, nous comprenons que les notions de démocratie, de modernité et d'autonomie politique ne sont pas des idéologies d'importation mais bien des valeurs universelles que le Japon a intériorisé à sa manière.

  • Les mouvements bouddhistes sont nombreux en Occident et en France particulièrement. Ils appartiennent aux diverses écoles tibétaines, aux écoles zen japonaises ou vietnamiennes ou encore au Theravâda. Cependant, il existe un mouvement, la communauté bouddhiste Triratna, un des plus importants dans le monde anglo-saxon mais ignoré en France. Or le Triratna est, parmi tous les mouvements bouddhistes, présent en Occident mais aussi en Inde, celui qui connaît la progression la plus spectaculaire. Quelles peuvent donc être les raisons de ce succès ? Voici sa présentation ainsi que celle de la figure charismatique de son fondateur : Sangharakshita.

  • La croissance économique spectaculaire que connaît l'Asie orientale depuis les années 1980 semble bien confirmer que le foyer de l'économie mondiale s'est définitivement déplacé, non seulement " depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique ", mais bien de l'Occident vers l'Extrême-Orient.
    Il semble que le Japon, dont les performances économiques sont nettement plus anciennes, a joué à l'égard du reste de la région un rôle à la fois de modèle et de moteur. Il a proposé la création d'un système original dont nous aimerions suggérer ici les présupposés idéologiques. Peut-être, pour reprendre quelques titres journalistiques récents, est-ce aujourd'hui " la fin de l'exception japonaise " ou même son " déclin ", étant donné la récession économique durable que connaît le pays depuis le début des années 1990.
    Il n'en reste pas moins que l'histoire du Japon, depuis maintenant plus de cent cinquante ans, a indubitablement apporté au monde de l'inédit, dont s'alimente aujourd'hui la région est asiatique, Chine comprise, en prenant le relais de la croissance rapide et dont il serait temps que les intellectuels européens cherchent à interroger la nature s'ils souhaitent ne pas rester à la périphérie du monde tel qu'il se construit aujourd'hui, ni à la traîne de l'histoire telle qu'elle se poursuit désormais.

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