• vaut-il encore la peine de lire ou de relire marx ? comment considérer une pensée dont la mise en pratique a connu un échec si retentissant qu'il invaliderait de fait la " philosophie " qui la fonde ? telle est l'interrogation inaugurale de gérard bensussan qui cherche à repenser l'entreprise marxienne de sortie hors de la philosophie et à en montrer l'ambition, les écueils et les promesses.
    trois grandes thèses directrices et polémiques conduisent l'argumentation de l'auteur, dont le but tend à réfuter un grand nombre d'idées reçues selon lesquelles, par exemple, il existerait un matérialisme ou une politique de marx. gérard bensussan préfère substituer à ces clichés de nouveaux concepts d'interprétation de l'oeuvre de marx. plus de vingt ans après le dictionnaire critique du marxisme qu'il a dirigé avec g.
    labica, l'auteur revient sur une pensée en excès qui a continué de l'accompagner dans ses lectures de schelling, rosenzweig ou levinas.

  • " autour de 1800, la philosophie a résolu la tâche qu'elle s'était elle-même proposée, connaître par la pensée la totalité.
    En se comprenant elle-même dans l'histoire de la philosophie, il ne lui reste plus rien à comprendre. parvenue au but, elle se structure en un système idéaliste unidimensionnel. si de ce sommet un pas de plus doit s'accomplir sans entraîner la chute dans l'abîme, il faut déplacer les fondements, il faut qu'un autre concept de la philosophie vienne au jour ", écrit rosenzweig dans son maître-livre, l'etoile de la rédemption.
    C'est cet " autre concept de la philosophie " que circonscrit le présent ouvrage, c'est de ce " déplacement des fondations " qu'il examine les conséquences. il ne s'agit pas seulement pour rosenzweig de critiquer l'ancienne métaphysique, mais aussi de questionner ses substituts modernes, l'histoire, la société, la politique, en travaillant à les réinscrire dans la temporalité, le langage et l'existence.

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