• La faiblesse de la pensée politique, qui caractérise notre époque, tend à isoler toujours plus la propriété intellectuelle de l'environnement et à la séparer du public et de l'intérêt général.
    Pourtant, c'est bien l'intérêt général, le public et l'espace public qui fondent la propriété intellectuelle en général et la propriété littéraire et artistique en particulier.
    Le monopole d'exploitation conféré à un auteur ne peut se justifier que par l'intérêt général que lui porte son public et qui le récompense ainsi de son travail.
    Impraticable pour la vie de l'esprit, le champ de la nature s'est opposé au champ de la culture et nos sociétés démocratiques reposent sur ce postulat que l'état de nature précède l'état politique.
    Réconcilions environnement et culture, étendons le champ de la légitimité démocratique à l'espace naturel, concevons la « propriété » intellectuelle, non plus tant comme autant de collections de propriétés privées, mais comme la structure d'un espace public.
    Ainsi pourrions-nous étendre cette « propriété » intellectuelle refondée, en conférant des droits intellectuels au bénéfice de personnes privées ou publiques qui réaliseraient un travail particulier au bénéfice de l'espace naturel, à savoir l'espace du vivant, dans l'intérêt général.
    Il ne s'agit plus d'avoir ou de posséder, mais bien d'être en conscience dans un espace commun partagé par tous et respectant notre environnement.

  • Penseurs, rêveurs, artistes, historiens, chercheurs, acteurs engagés, les auteurs de cet ouvrage sont issus de milieux les plus divers. Ils nous confient leurs questionnements, leurs inquiétudes et leurs doutes, mais aussi leurs espoirs. L'ensemble de leurs contributions a pour objectif de fournir au citoyen des pistes pour réfléchir non seulement à l'océan, avenir de l'humanité, mais également et surtout au rôle que chacun peut tenir pour le sauvegarder.
    L'océan couvre plus des deux tiers de la Terre. Jadis vide d'occupants, les hommes se le sont peu à peu approprié. Au fil des ans, ils l'ont utilisé pour se déplacer et y ont prélevé toutes les ressources possibles (poisson, sable, algue, pétrole, gaz, énergie marine, métaux...). Aujourd'hui, l'océan ne va pas très bien :
    La surpêche se poursuit inexorablement, la biodiversité marine s'appauvrit quasiment partout sous l'effet des pollutions, l'exploitation industrielle de la mer se développe à mesure que la technique progresse. L'espace maritime est désormais à la merci de tous les prédateurs, il suffit d'y mettre le prix ! Hors du contrôle des citoyens, éliminé du champ de l'intérêt collectif, les lobbies s'en sont accaparés pour privatiser ses ressources, avec la complicité des États qui bien souvent, ont démissionné en leur laissant les mains libres.
    Il est peu probable que cette situation s'améliore sans une réaction résolue des citoyens du monde. Il est primordial qu'ils soient associés à l'espace océan, comme ils peuvent l'être, en bonne démocratie, à la chose publique. L'espoir naîtra de cet effort commun !

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