• L'ami arménien

    Andreï Makine

    • Grasset
    • 6 January 2021

    A travers l'histoire d'une amitié adolescente, Makine révèle dans ce véritable bijou de littérature classique un épisode inoubliable de sa jeunesse.
    Le narrateur, treize ans, vit dans un orphelinat de Sibérie à l'époque de l'empire soviétique finissant. Dans la cour de l'école, il prend la défense de Vardan, un adolescent que sa  pureté, sa maturité et sa fragilité désignent aux brutes comme  bouc-émissaire idéal. Il raccompagne chez lui son ami, dans le quartier dit du « Bout du diable » peuplé d'anciens prisonniers, d'aventuriers fourbus, de déracinés égarés «qui n'ont pour biographie que la géographie de leurs errances. »
    Il est accueilli là par une petite communauté de familles arméniennes venues soulager le sort de leurs proches transférés et emprisonnés en ce lieu, à 5 000 kilomètres de leur Caucase natal, en attente de jugement pour « subversion séparatiste et complot anti-soviétique » parce qu'ils avaient créé  une organisation clandestine se battant pour l'indépendance de l'Arménie.
    De magnifiques figures se détachent de ce petit « royaume d'Arménie » miniature : la mère de Vardan, Chamiram ; la soeur de Vardan, Gulizar, belle comme une princesse du Caucase qui enflamme tous les coeurs mais ne vit que dans la dévotion à son mari emprisonné ; Sarven, le vieux sage de la communauté...
    Un adolescent ramassant sur une voie de chemin de fer une vieille prostituée avinée qu'il protège avec délicatesse, une brute déportée couvant au camp un oiseau blessé qui finira par s'envoler au-dessus des barbelés : autant d'hommages à ces « copeaux humains, vies sacrifiées sous la hache des faiseurs de l'Histoire. »
    Le narrateur, garde du corps de Vardan, devient le sentinelle de sa vie menacée, car l'adolescent souffre de la « maladie arménienne » qui menace de l'emporter, et voilà que de proche en proche, le narrateur se trouve à son tour menacé et incarcéré, quand le creusement d'un tunnel pour une chasse au trésor, qu'il prenait pour un jeu d'enfants, est soupçonné par le régime d'être une participation active à une tentative d'évasion...
    Ce magnifique roman convoque une double nostalgie : celle de cette petite communauté arménienne pour son pays natal, et celle de l'auteur pour son ami disparu lorsqu'il revient en épilogue du livre, des décennies plus tard, exhumer les vestiges du passé dans cette grande ville sibérienne aux quartiers miséreux qui abritaient, derrière leurs remparts, l'antichambre des camps.

  • 'Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaîté, Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début, pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre, entrerait dans une petite ville frontalière. [...]. Elle pousserait la porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après toute une vie."' Ce roman, superbement composé, a l'originalité de nous offrir de la France une vision mythique et lointaine, à travers les nombreux récits que Charlotte Lemonnier, 'égarée dans l'immensité neigeuse de la Russie', raconte à son petit-fils et confident. Cette France, qu'explore à son tour le narrateur, apparaît comme un regard neuf et pénétrant sur le monde.

    1 autre édition :

  • Aux confins de l'Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s'étendent des terres qui paraissent échapper à l'Histoire... Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l'immensité de la taïga ? C'est l'aventure de cette longue chasse à l'homme qui nous est contée dans ce puissant roman d'exploration. C'est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu'il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée. La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu'à l'horizon émerge l'archipel des Chantars : là où une " autre vie " devient possible, dans la fragile éternité de l'amour. Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d'une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l'Académie française en 2016.

  • Au-delà des frontières

    Andreï Makine

    • Grasset
    • 30 January 2019

    Quelles blessures ont inspiré au  jeune Vivien de Lynden, nouvel enfant  du siècle obsédé par la décadence  de l'Occident, son apocalyptique manuscrit Le Grand  Déplacement ?
    Pour faire publier ce brûlot, la mère du jeune auteur s'adresse à  un écrivain, ami de Gabriel Osmonde. Ce dernier, que Vivien s'était  choisi pour maître à penser, porte sur le monde un regard plus profondément  désenchanté que le jeune néo-hussard brûlé au feu de  son idéalisme.
    Et voilà que cette femme, revenue de toutes les utopies humanitaires  les plus valorisantes, guettée par un vide existentiel dont le  suicide lui semble l'unique issue, comprend qu'il faut sortir du jeu,  quitter la scène où tout le monde joue faux, tiraillé par la peur de  manquer et la panique de la mort.
    Une autre voie est possible. Une autre vie aussi. Chacun n'a-t-il  pas droit à sa « troisième naissance », au-delà des frontières que l'on  assigne à l'humaine condition ?

  • Une femme aimée

    Andreï Makine

    Oleg Erdmann, cinéaste, voue une passion à Catherine II de Russie. Héroïne de son film, l'impératrice offre de multiples visages : cruelle nymphomane, tsarine républicaine, séductrice des philosophes... De son premier amour brisé à un incroyable voyage secret en Europe, Oleg traque la vérité de la Grande Catherine. Sous le vernis de l'Histoire, il découvre le drame d'une femme qui ne cherchait qu'à aimer.

  • La musique d'une vie. Le premier concert du jeune pianiste Alexeï Berg est annoncé pour le 24 mai 1941. Fin du long purgatoire que sa famille a vécu durant les années de terreur. Promesse d'oubli, de célébrité future, de nouvelles rencontres parmi la jeunesse dorée de la capitale... Or ce concert n'aura pas lieu. La vie d'Alexeï se jouera sur une partition différente, marquée par l'amour sans nom, par la familiarité avec la mort, par la découverte de la dignité des vaincus. Car ce 'roman-destin' est d'abord un éloge de l'indomptable force de l'esprit, de la résistance intérieure. Et c'est aussi une histoire pleine d'un charme profond, qu'on lira et qu'on relira, un vrai joyau.

  • Le destin de Dmitri Ress pourrait être mesuré en longues années de combats, de rêves et de souffrances. Ou bien à l´intensité de l´amour qu´il portait à une femme. Ou encore en blessures, d´âme et de corps, qu´il a reçues, happé par la violence de l´affrontement entre l´Occident et la Russie. Cette pesée du Bien et du Mal serait juste, s´il n´y avait pas, dans nos vies hâtives, des instants humbles et essentiels où surviennent les retrouvailles avec le sens, avec le courage d´aimer, avec la grisante intimité de l´être.
    Dans un style sobre et puissant, ce livre transcrit la mystérieuse symphonie de ces moments de grâce. Les héros de Makine les vivent dans la vérité des passions peu loquaces, au coeur même de l´Histoire et si loin des brutales clameurs de notre monde.

  • Ce départ pour Saint-Pétersbourg annonce un de ces voyages mystérieux où nous cherchons non pas à changer de pays mais à changer notre vie. Choutov, écrivain et ancien dissident, espère fuir ainsi l´impasse de sa liaison avec Léa, éprouver de nouveau l´incandescence de ses idéaux de jeunesse et surtout retrouver la femme dont il était amoureux trente ans auparavant.

    Son évasion le mènera vers une Russie inconnue où, à la fois indigné, abasourdi et condamné à comprendre, il découvrira l´exemple d´un amour qui se révélera la véritable destination de son voyage.

    Dans ce livre dense et puissant, Makine fait renaître le destin passionnant de sa patrie, loin des clichés qui accompagnent la douloureuse émergence de la " nouvelle Russie ". Ses personnages expriment par leur engagement la justesse de la célèbre parole de Dostoïevski sur la beauté appelée à sauver le monde.

  • Véra est l'un de ces êtres que Dostoïevski appelait 'héros de l'extrême frontière'. Engagés à corps perdu dans leur quête spirituelle ou amoureuse, ils se débattent à la limite de la folie mais aussi de la vérité souveraine. Celle, charnelle et cosmique,

  • Ce chuchotement dans lequel j'avais cru reconnaître ta voix me rappela une soirée lointaine, dans cette ville qui brûlait derrière notre fenêtre avec sa moustiquaire déchirée. Je me souvenais que ce soir-là, la proximité de la mort, notre complicité face à cette mort m'avaient donné le courage de te raconter ce que je n'avais encore jamais avoué à personne : l'enfant et la femme cachés au milieu des montagnes, des paroles chantées dans une langue inconnue... Je me savais à présent incapable de dire la vérité de notre temps. Je n'étais ni un témoin objectif, ni un historien, ni surtout un sage moraliste. Je pouvais tout simplement reprendre ce récit interrompu alors par la nuit, par les routes qui nous attendaient, par les nouvelles guerres. Je commençai à parler en cherchant seulement à préserver le ton de notre conversation nocturne d'autrefois, cette amertume sereine des paroles à portée de la mort.

  • Je n'écrirais pas ce livre si je ne croyais pas profondément à la vitalité de la France, à son avenir, à la capacité des Français de dire « Assez ! »

  • L'amour humain

    Andreï Makine

    Elias Almeida est angolais. Petit, il a vu sa mère se prostituer pour le nourrir, puis être arrêtée et torturée. Quand elle meurt, il s'engage auprès des révolutionnaires marxistes et part en URSS, dans un camp d'entraînement. Dans les rues de Moscou, il rencontre Anna. Elle épousera un apparatchik. Il repartira pour lutter en Afrique. Ils se reverront plusieurs fois. Elias n'oubliera jamais cette femme tant aimée.

  • Tout devait être exactement ainsi, elle le comprenait à présent : cette femme, cet adolescent, leur indicible intimité dans cette maison suspendue au bord d'une nuit d'hiver, au bord d'un vide, étrangère à ce globe grouillant de vies humaines, hâtives et cruelles. Elle l'éprouva comme une vérité suprême. Une vérité qui se disait avec cette transparence bleutée sur le perron, le frémissement d'une constellation juste au-dessus du mur de la Horde, avec sa solitude face à ce ciel. Personne dans ce monde, dans cet univers ne savait qu'elle se tenait là, le corps limpide de froid, les yeux largement ouverts... Elle comprenait que, dite avec les mots, cette vérité signifiait folie. Mais les mots à cet instant-là se transformaient en une buée blanche et ne disaient que leur bref scintillement dans la lumière stellaire...

  • Les héros de ce livre appartiennent à un autre monde : le pays du grand blanc, au bord du fleuve Amour. Un petit village de Sibérie où l'on est obligé parfois de sortir d'une isba ensevelie sous la neige en creusant un tunnel vers la lumière du jour. Dans ces lieux de silence, la vie pourrait se confondre avec de simples battements de coeur si chaque mouvement de l'âme n'apportait sa révélation. Alors, le désir naît, de la sensualité des corps comme de la communion avec la nature offerte. L'amour a l'odeur des neiges vierges dans la profondeur de la taïga. Soudain, tout est bouleversé. L'Occident fait signe. D'abord un train qui passe, le mythique Transsibérien. Puis un film français, vision d'une existence éblouissante, appel peuplé de grandes actions et de créatures sublimes. Le vertige d'une autre histoire née sur les rives Amour, aux berges de l'adolescence.

  • "C'est alors que, d'une voix presque éteinte, en acceptant l'échec et ne demandant plus rien, je parlai de Jacques Dorme. Je réussis à dire sa vie en quelques phrases brèves, nues. Je me trouvais dans un état d'abattement tel que j'entendais à peine ce que je disais. Et c'est dans cet état seulement que je fus capable d'exprimer toute la douloureuse vérité de cette vie. Un aviateur venu d'un pays lointain rencontre une femme du même pays que le sien et, pendant très peu de jours, dans une ville dont il ne restera bientôt que des ruines, ils s'aiment ; puis il part au bout de la terre pour conduire les avions destinés au front, et meurt, en s'écrasant sur un versant de glace, sous le ciel blême du cercle polaire. Je l'avais dit autrement. Non pas mieux, mais plus brièvement encore, plus près de l'essence de leur amour."

  • Andreï Makine, né en Sibérie, a publié notamment Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d'une vie (prix RTL-Lire 2001), Une femme aimée (prix Casanova 2013), et tout récemment L'Archipel d'une autre vie. Son œuvre est traduite en plus de quarante langues. Il est entré à l'Académie française en 2016.

  • « Je n´aurais jamais imaginé un destin aussi ouvert sur le sens de la vie. Une existence où se sont incarnés le courage et l´instinct de la mort, l´intense volupté d´être et la douleur, la révolte et le détachement. J´ai

  • Catherine the Great's life seems to have been made for the cinema. Countless love affairs and wild sexual escapades, betrayal, revenge, murder - there is no shortage of historical drama. But Oleg Erdmann, a young Russian filmmaker, seeks to discover and portray the real Catherine, her essential, emotional truth.When he is dropped from the film he initially scripted - his name summarily excised from the credits - Erdmann is cast adrift in a changing world. A second chance beckons when an old friend enriched by the capitalist new dawn invites him to refashion his opus for a television serial. But Erdmann is made acutely aware that the market exerts its own forms of censorship. While he comes to accept that each age must cast Catherine in its own image, one question continues to nag at him. Was the empress, whose sexual appetites were sated with favours bought with titles and coin, ever truly loved? In his search for an answer, Erdmann will find a love of his own that brings the fulfilment that filmmaking once promised him.

  • Défendre cette femme... Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage. Aimer cette femme dont tant d'hommes n'ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir. C'est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. L'effervescence du XVIIIe siècle européen se trouve confrontée à la violente vitalité de la Russie moderne. La quête d'Erdmann révèle ainsi la véritable liberté d'être et d'aimer.

  • Locked behind the Iron Curtain, a young boy grows up bewitched by his French grandmother's memories of Paris before the Great War. On her balcony overlooking the Siberian steppes, Charlotte Lemonnier fires her grandson's imagination with tales of the great flood in 1910, of Proust playing tennis in Neuilly and the President dying in the arms of his mistress, of avenues lined with chestnut trees and elegant cafes.Charlotte's vision of a paradise lost, though, is overlaid by her subsequent experience. As her grandson grows older, he learns how this remarkable woman survived the Russian revolution's aftermath, Stalin's purges and the horrors of the Second World War, gaining from her a portrait of the country drawn with an outsider's eye. Yet for all the monstrosities of his native land, he realises he is proud to be Russian. Torn between two cultures, as an adolescent he turns his back on all things French. Then in his twenties he abandons the Soviet Union and eventually reaches Paris - where a startling revelation awaits him.This luminous, haunting novel traces a sentimental and intellectual journey that embraces the dramatic history of this century.

  • As a child, Elias Almeida loses both his parents during the Angolan uprising against colonial rule. As an adult and professional revolutionary, he bears witness to mankind at its pitiless worst. Yet he continues to believe in a better world and in the redeeming power of love -- even though he cannot be with the woman he loves, who rescued him from thugs one snowy night on the streets of Moscow. Spanning forty years of Africa's past as a battleground between East and West, this powerful novel explores the heights and depths of human nature as it tells a profoundly affecting story of sacrifice and idealism.

  • In Soviet Russia the desire for freedom is also a desire for the freedom to love. Lovers live as outlaws, traitors to the collective spirit, and love is more intense when it feels like an act of resistance. Now entering middle age, an orphan recalls the fleeting moments that have never left him - a scorching day in a blossoming orchard with a woman who loves another; a furtive, desperate affair in a Black Sea resort; the bunch of snowdrops a crippled childhood friend gave him to give to his lover. As the dreary Brezhnev era gives way to Perestroika and the fall of Communism, the orphan uncovers the truth behind the life of Dmitri Ress, whose tragic fate embodies the unbreakable bond between love and freedom.

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