• Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal.
    Le livre est impressionnant par « une masse de faits et d'idées à méditer, et de perspectives singulièrement larges sur le plus lointain passé de l'humanité » (Febvre encore). Il annonce tant les maîtres-livres de l'auteur sur la technologie, que son livre illustré sur la Préhistoire de l'art occidental (1965) ou encore son chef d'oeuvre qui sut toucher un large public cultivé au-delà des spécialistes, Le Geste et la parole, dans lequel l'auteur interroge l'avenir de l'homme en prenant appui sur son passé à l'échelle paléontologique.

  • Après les deux volumes d'evolution et techniques (l'homme et la matière et milieu et techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, andré leroi-gourhan, dans le geste et la parole, dont technique et langage est le premier volume, offre une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. l'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable " paléontologie du langage ". la notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • «L'homme préhistorique ne nous a laissé que des messages tronqués. Il a pu poser sur le sol un caillou quelconque à l'issu d'un long rituel où il offrait un foie de bison grillé sur un plat d'écorce peint à l'ocre. Les gestes, les paroles, le foie, le plateau ont disparu ; quant au caillou, sauf un miracle, nous ne le distinguerons pas des autres cailloux environnants. » André Leroi-Gourhan ne distingue pas la religion de la magie faute de matériaux mais précise qu'il existe « des préoccupations de caractère mystérieux»parce que l'homme depuis ses premières formes, à la différence de l'animal, a développé la réflexion «c'est-à-dire l'aptitude à traduire par des symboles la réalité matérielle du monde qui l'entourait».
    /> Religion ou magie, l'emploi de ces termes est justifié par différentes traces qui semblent ne pas relever d'un simple usage matériel, telle celle de l'ocre dans l'habitat de l'homme de Néanderthal. L'auteur parle ainsi de rites religieux comme d'une «aptitude à traduire par des symboles la réalité matérielle du monde environnant». Un classique de la paléontologie. Les planches illustrant cet ouvrage ont été réalisées par R Humbert d'après les documents de l'auteur.

  • Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • Le préhistorien et ethnologue que fut andré leroi-gourhan livre ici les premières synthèses de sa recherche qui devait déboucher sur l'ouvrage désormais classique : le geste et la parole.
    Théoricien, andré leroi-gourhan retrouvant la tradition des artistes-ingénieurs de la renaissance savait aussi tailler un silex, manier d'anciens métiers à tisser et utiliser toutes les autres techniques qu'il a passé sa vie à décrire, classer, suivre dans leurs lentes évolutions historiques. c'est l'incroyable aventure de l'esprit humain et de sa capacité à transformer la nature sous les contraintes de la matière que leroi-gourhan explore ici.
    Et la grande héroïne de cette histoire, c'est la main.

  • A travers l'analyse des techniques de la chasse et de l'agriculture, de la cuisine et de l'habitation, le grand préhistorien et ethnologue que fut andré leroi-gourhan nous livre sa compréhension de l'univers techno-économique.

    " la technologie doit d'abord être vécue, pensée ensuite si le besoin s'en fait sentir (. ). il est bon d'avoir récolté un sac de pommes de terre avec un bâton pointu avant d'envisager la description des outils agricoles, et rien ne fait mieux désirer la découverte des métaux qu'un arbre abattu et débité avec une hache de silex. " fidèle à ce conseil, l'auteur du geste et la parole éclaire ici tous les pans de la vie en société et fait prendre conscience de l'industrieuse alliance entre la main et le milieu.

  • Si la préhistoire est bien la science dont le but est l'étude de l'homme d'avant l'écriture, leroi-gourhan, par la place centrale qu'il lui a accordée tout au long de son itinéraire scientifique, peut apparaître à juste titre comme l'un des fondateurs de cette discipline.
    De ces hommes préhistoriques il ne reste cependant que des traces encore amenuisées par l'action du temps. et l'abondance des documents livrés par les fouilles du passé ne doit pas faire illusion : extraits de leur contexte sans indication précise sur leur situation dans le site et sur leurs relations avec les autres objets, ces documents ne nous apportent guère d'autre renseignement que celui de leur existence.
    L'apport de leroi-gourhan est, à cet égard, de première importance, puisqu'aux méthodes de fouilles qui s'attachaient à la détermination chronologique des vestiges, il substitua le décapage horizontal qui dévoilait les techniques, le savoir-faire, les déplacements même de l'homme préhistorique. tout cela n'apportait cependant que trop peu de renseignements sur leur univers mental, et il faut souligner ce que l'analyse de leurs créations esthétiques a pu nous apporter à ce sujet.
    Ici encore, leroi-gourhan s'est brillamment illustré en proposant une interprétation d'ensemble de l'art préhistorique qui a ouvert des voies qu'il ne saurait plus être question d'ignorer désormais. les textes rassemblés pour la première fois ici intéressent précisément ces deux aspects, complémentaires pour la préhistoire, de la recherche archéologique et de l'approche esthétique. ils restituent l'essentiel de la pensée d'andré leroi-gourhan dans ces domaines sur lesquels il a travaillé de façon soutenue pendant presque toute sa carrière scientifique, et constituent donc une source d'information de première importance pour tous ceux que l'étude de nos origines intéresse.
    A ce titre, il se devait d'ouvrir la collection l'homme des origines.

  • On connaît A.Leroi-Gourhan préhistorien, on ignore souvent qu'au début de sa carrière il fut ethnologue et qu'il fit en 1937 un séjour de deux ans au Japon. Il en ramena un matériau très riche, donné à lire ici pour la première fois. Matériau sur l'origine de la civilisation japonaise, étude de la vie sociale et religieuse ; esthétique de la vie courante (l' « Esprit du Thé », étude des jardins, de l'architec-ture, etc...) ; formes populaires et art religieux du Japon.

  • Un demi-siècle de pérégrinations entre les sciences m'a conduit à réaliser une certaine image de l'homme dont la mise à l'épreuve exige la ressaisie sur des matières et sous des angles différents... La recherche des premiers hommes et, dans ces hommes, celle du capital intellectuel, m'ont vu emprunter les différentes voies qui se sont offertes, aboutissant chaque fois à une vision différente de l'homme en question... Ce volume d'études menées au fil du temps reflète les multiples aspects de la démarche scientifique d'André Leroi-Gourhan. Ses premiers textes traitent d'art et d'esthétique et se réfèrent en particulier aux Eskimos et à l'Extrême-Orient. Puis l'auteur cherche à mieux définir l'ethnologie et la place qu'elle tient dans les sciences de l'homme. Les études suivantes sont consacrées à la préhistoire, à ses méthodes ainsi qu'aux principales fouilles opérées par André Leroi-Gourhan: s'en dégagent une vision ethnologique du passé et une archéologie du geste. Enfin les derniers essais rassemblés ici abordent l'art préhistorique comme moyen d'approche le plus sensible de la pensée de l'homme paléolithique.André Leroi-Gourhan est titulaire depuis plus de dix ans de la chaire de Préhistoire au Collège de France.


  • " l'homme préhistorique ne nous a laissé que des messages tronqués.
    il a pu poser sur le sol un caillou quelconque l'issu d'un long rituel oú il offrait un foie e bison grillé sur un plat d'écorce peint à l'ocre. les gestes, les paroles, le foie, le plateau ont disparu ; quant au caillou, sauf un miracle ; nous ne le distinguerons pas des autres cailloux environnants. il faut ajouter que les témoins chronologiques sont faciles à étudier par des recherches consciencieuses mais rapides.
    par contre, recueillir tous les indices possibles du comportement technique de la pensée implique des méthodes de fouille épuisantes parleur précision. " andré leroi-gourhan retient de nombreux indices témoignant sinon d'une religion, du moins de rites préhistoriques, d'une " aptitude à traduire par des symboles la réalité matérielle du monde environnant ". religion ou magie, l'emploi de ces termes est justifié par différentes traces qui semblent ne pas relever d'un simple usage matériel, telle celle de l'ocre dans l'habitat de l'homme de néanderthal.


  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il existe en France une longue tradition en paléontologie, depuis le début du XIXe siècle avec Cuvier. André Leroi-Gourhan renoue avec cette éminente tradition qui, à partir de l'étude de quelques fossiles, parvient à reconstituer l'évolution de l'espèce considérée.

    Le présent essai illustre cette ambition en prenant pour objets d'étude le rôle et la place du crâne dans l'équilibre du squelette: du poisson à l'homme apparaissent des constructions étroitement liées à la nature de chaque espèce, à ses moyens de locomotion et qui, en fin de compte, aboutissent à la libération de la main.

    " Le fait qui m'a frappé tout d'abord dans mes recherches paléontologiques est la simultanéité de l'apparition chez les vertébrés de la locomotion quadrupède dressée et de la différenciation dentaire... Le lien entre crâne et station y apparaît sans ambiguïtés, mais de manière à exciter la réflexion sur des voies inhabituelles ", note André Leroi-Gourhan.

    C'est à partir de ces observations que se dessinent alors les voies d'une paléontologie fonctionnelle.

    André Leroi-Gourhan est titulaire depuis plus de dix ans de la chaire de Préhistoire au Collège de France.

  • Partis en février 1937 au Japon pour une mission ethnographique de deux ans et demi, Arlette et André Leroi-Gourhan décident de consacrer l'été 1938 aux Aïnous de l'île du Hokkaïdo, peuplade qui intriguait énormément les anthropologues puisqu'on ne savait qui ils étaient, d'où ils venaient, ni à quelle famille se rattachait leur langue.

    Chasseurs-pêcheurs au mode de vie encore primitif qui ignoraient le travail du métal, les Aïnous semblaient appartenir à un type européen à la pilosité très marquée. Leurs longues barbes de prophète et la toison qui les recouvrait avaient déjà frappé La Pérouse au XVIIIe siècle.
    En 1938, les Aïnous sont largement métissés, conséquence de la colonisation japonaise, mais certains conservent encore leurs rituels, tel le culte de l'ours, et leurs traditions : les femmes aïnous, aux tatouages impressionnants qui leur dessinent de larges moustaches de guerriers, se livrent aux travaux agricoles tandis que les hommes pêchent le saumon, chassent la baleine et le grand ours brun.

    Dans ce Voyage chez les Aïnous, Arlette et André Leroi-Gourhan nous livrent un témoignage inédit ainsi qu'une étude ethnographique exceptionnelle sur un peuple en voie de disparition, maintenant quasiment intégré au mode de vie moderne, à la manière des Indiens d'Amérique du Nord.

  • Philosophie, économie, histoire, sociologie, littérature, histoire de l'art, psychanalyse ... autant de sciences humaines qui délimitent les champs du savoir. Autant de disciplines fondamentales présentes de bout en bout dans la collection "Quadrige", à travers les plus grands auteurs, les plus grands titres, les plus grands textes. Quadrige : des ouvrages d'hier et d'aujourd'hui qui sont aussi des textes pour demain.
    La collection se divise en quatre sections : -- Références (dictionnaires, histoire générale ...) jaune pantone 116 -- Textes (Bachelard, Bergson, Durkheim ...) rouge 2718 -- Essais (Laplanche, Levinas ...) bleu 2728 -- Manuels (Ellul, Denis ...) vert green c .

empty