• Aussi bien sociologue, historien ou philosophe qu'économiste, Thorstein Veblen (1857-1929) est une figure majeure de l'histoire des sciences humaines et sociales. Ce livre vise à faciliter l'accès du public francophone à sa pensée en en proposant une lecture systématique. Après avoir restitué le parcours de Veblen, il présente les différents volets de son travail : il revient sur son projet d'une science économique évolutionnaire, sur sa contribution au développement d'une approche institutionnaliste des dynamiques économiques avant d'interroger le type de critique sociale dont relève sa théorie de la classe de loisir. Il analyse enfin ses idées politiques et les enjeux pratiques de sa réflexion.

    Cet ouvrage veut ainsi rendre compte de la façon dont le travail de Veblen se situe au carrefour de plusieurs disciplines des sciences sociales. Mais il a aussi pour ambition d'éclairer la manière qu'a Veblen d'articuler réflexion scientifique et critique sociale. Cela implique, notamment, de montrer en quoi son oeuvre peut être relue dans les termes d'une théorie et d'une critique du pouvoir économique. La notion de théorie du pouvoir permet d'articuler entre elles les différentes facettes du travail de Veblen et d'apporter un éclairage sur son actualité.

  • Les partisans de la démocratie radicale ont développé une critique de la démocratie représentative, mettant en avant une priorité du politique sur le social ainsi que la centralité du conflit. Ils n'ont cependant pas produit une réflexion suffisante sur les conditions de la participation politique. C'est ce à quoi s'attelle ce livre, en s'inspirant du pragmatisme de Dewey et de sa définition de la politique démocratique en termes d'expérimentation.
    Après avoir dégagé l'ossature de la pensée de Dewey, ce livre en interroge certains des points aveugles en puisant à la source des travaux de Charles Wright Mills. Puis il en examine une des actualisations récentes.
    Tout en montrant les richesses du pragmatisme deweyen qui déconstruit certains clivages stériles en philosophie politique et permet de penser la dynamique de formation des liens civils, ce livre met en relief certaines limites de l'expérimentalisme démocratique.

  • Ce livre retrace le parcours théorique de la notion de dépendance dans la philosophie féministe contemporaine, de la critique du fonctionnement du concept dans la rhétorique de l'État libéral aux modalités de son inclusion dans une théorie de la justice. Deux axes se dégagent, qui convergent dans une tentative de redéfinition de la notion d'autonomie : les relations de dépendance constituent le point de départ de l'éthique du " care " ou de la sollicitude, qu'il s'agira de présenter ici ; elles ont en outre suscité des reformulations importantes des théories de la justice sur la base d'une anthropologie politique qui cherche à prendre acte de la constitution relationnelle des agents moraux. L'enjeu de ces réflexions n'est donc pas simplement de réévaluer la notion de dépendance, mais aussi de fournir un fondement normatif à l'inclusion des personnes dépendantes dans la communauté morale et politique, voire d'élaborer une conception renouvelée de la citoyenneté. Marie Garrau est agrégée de philosophie et ATER à l'Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, où elle poursuit une thèse consacrée aux usages de la notion de vulnérabilité dans la philosophie politique contemporaine, sous la direction de Ch. Lazzeri. Alice Le Goff est agrégée de philosophie et ATER en sciences politiques à l'Université de Versailles-Saint- Quentin. En 2009, elle a soutenu une thèse de philosophie politique sous la direction de Ch. Lazzeri et intitulée : " Démocratie délibérative et démocratie de contestation : repenser l'engagement civique entre républicanisme et théorie critique ".

  • À quelles conditions une décision politique est-elle légitime en démocratie ? Certains philosophes contemporains affirment que seule une délibération publique et libre entre des citoyens égaux peut constituer le fondement de la légitimité politique dans nos sociétés contemporaines, complexes et pluralistes. C´est au terme d´un échange libre et argumenté de raisons et d´opinions que les citoyens peuvent se prononcer sur l´autorisation de la culture des OGM, choisir un système de retraite, trancher entre des dispositifs fiscaux, ou légaliser l´adoption homoparentale. Mais pourquoi et comment réaliser un tel idéal de gouvernement par le débat raisonné dans des démocraties représentatives de masse ? Développée dans les années 1980 en Europe et en Amérique, la « démocratie délibérative » s´est depuis imposée comme l´un des paradigmes dominants de la pensée politique contemporaine. Ce recueil propose une introduction à ce courant théorique en réunissant des textes fondamentaux, presque tous inédits en français. Leurs auteurs comptent aujourd´hui parmi les principales figures de la théorie démocratique.

  • La théorie de la reconnaissance a récemment fait l'objet d'un regain d'intérêt de la part de la théorie critique, qu'il s'agisse d'élaborer une grille d'analyse de la grammaire des conflits sociaux au prisme de la reconnaissance ou d'interroger les modes d'articulation entre reconnaissance et redistribution au sein des débats sur la justice sociale. La théorie de la reconnaissance a ainsi contribué à une revitalisation de la théorie critique, en se nourrissant, entre autres, de l'apport de la philosophie et de la sociologie françaises. L'enjeu de ce volume est d'examiner les usages de la philosophie et de la sociologie françaises par la théorie de la reconnaissance. Mais il vise également à mettre l'accent sur la façon dont la philosophie et la sociologie françaises attirent notre attention sur des dimensions souvent occultées des processus de reconnaissance - caractère agonistique des processus de construction identitaire, rôle de l'inconscient dans l'acceptation des normes, vulnérabilité des corps... L'exploration du dialogue entre sociologie et philosophie françaises et théorie critique peut ainsi contribuer au développement d'une approche plus riche de la reconnaissance car plus consciente de ses aspects à la fois positifs et négatifs dans la vie intersubjective et sociale.

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