• Septembre 1914. Un jeune journaliste, correspondant du Matin, est envoyé sur le front de Champagne. On vient d'apprendre que la cathédrale de Reims est sous la menace des canons allemands. Le débutant rapporte une série d'articles dont l'un commence ainsi "Ils ont bombardé Reims et nous avons vu cela."
    C'est tout simple, un reportage : des faits, et une plume.
    Cette plume, c'est celle d'Albert Londres qui sera pendant plus de vingt ans le voyageur sans bagage de la presse française, envoyé spécial sur tous les continents : sort des travailleurs africains au Congo, des prostituées de Buenos Aires, des Juifs de Palestine, ou des pêcheurs de perles du golfe Persique, rien de ce qui est humain ne lui paraît hors sujet.
    Un talent, une verve, un goût inentamé pour la vérité. Dans une profession où se sont illustrés Mac Orlan, Béraud, Kessel, il est devenu "le patron".
    Cet ouvrage présente les reportages hors de France d'Albert Londres : La Chine en folie (1922), Le Chemin de Buenos Aires (1927), Terre d'ébène (1929), Le Juif errant est arrivé (1930), Pêcheurs de perles (1931).

  • Pékin

    Albert Londres

    Partager les émotions des premiers écrivains-voyageurs et retrouver les racines d'un monde intemporel. Dans un empire chinois livré aux guerriers, pirates et autres trafiquants, Albert Londres (1884-1932) affiche une humeur désinvolte : l'allure rapide, la réplique amusante, tout laisse entendre qu'une belle comédie se joue à Pékin, pourtant menacée par les seigneurs de la guerre. Loin du ton mélodramatique qui prédomine dans le reportage de guerre contemporain, cette voix décalée, restée étonnamment moderne, renouvelle notre regard sur le monde. Texte extrait de La Chine en folie, reportage publié dans l'Exelsior en 1922. (Deuxième édition) EXTRAIT Qui veut acheter le Palais d'Été ? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées ? C'est à vendre. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Loin du ton mélodramatique, en Chine, Albert Londres n'y va pas par quatre chemins. » (Bibliomonde) A PROPOS DE L'AUTEUR Albert Londres nait à Vichy en 1884. Il passe son enfance à la Villa Italienne, pension de famille tenue par ses parents. Il dévore les oeuvres d'Hugo et Baudelaire. Il entre au Matin. Le 1er août 1914, la guerre est déclarée. Il devient correspondant de guerre. Ses papiers font sensations, son style détonne : plutôt que de se réfugier derrière l'objectivité, il écrit à la première personne. Il raconte ce qu'il voit, ce qu'il ressent et ce qu'il sait. Il parcourt l'Espagne, puis l'Italie, et met en évidence les bouleversements apportés par le bolchevisme et le nationalisme qui agitent les esprits en Europe. Au Proche-Orient, au Liban, en Syrie, en Égypte, il traite du problème de la domination franco-britannique. Il réussit à entrer dans la toute jeune U.R.S.S. Il enquête sans complaisance, décrit le régime naissant et raconte les souffrances du peuple. En Inde, il se fait l'écho du vent de rébellion qui souffle sur ce vaste pays encore sous domination britannique; et en Chine, il dépeint un invraisemblable chaos.

  • En 1920, au prix de mille difficultés - et de mille détours -, Albert Londres parvient à s'infiltrer dans la Russie des soviets. Il lui faut en effet cinquante-deux jours pour se rendre de Paris à Petrograd (Saint-Pétersbourg). En France, son reportage fait sensation. Son journal, Excelsior, annonce à la une: "M. Albert Londres est le premier journaliste français qui ait réussi à pénétrer jusqu'au coeur de la République des soviets".

  • En 1925, albert londres " trempe sa plume " dans une plaie méconnue : l'enfermement des malades mentaux tel qu'on le pratique à l'époque.
    Mêlant à sa manière toujours vivante et faussement naïve descriptions, portraits et interviews, londres (après avoir même tenté, pour les besoins de son enquête, de se faire passer pour fou) dresse l'état des lieux des hôpitaux psychiatriques de la france de l'entre-deux-guerres : locaux vétustes, absence de soins, mauvais traitements... le bilan que fait le reporter après sa tournée des asiles est lourd et provoquera un tollé dans le milieu de la psychiatrie.

  • En 1923, Albert Londres est déjà célèbre quand il décide d'enquêter sur le pénitencier de Guyane.
    Près de sept mille condamnés, surveillés par six cents fonctionnaires, vivent à Saint-1,aurem-du-,Maroni et sur les îles du Salut. Les conditions de vie des bagnards, telles qu'il les découvre et telles que son talent les restitue dans leur cruauté, ne sont abois guère connues. La publication de l'enquête dans le Petit Parisien s'achève par une lettre ouverte au ministre des Colonies. Ce reportage connaît d'emblée un retentissement considérable, et sa tétine sera si grande qu'en septembre 1924 le gouvernement décidera la suppression du bagne.

  • " Adieu Cayenne! " d´Albert Londres est un autre texte dont nous ne sommes pas peu fiers. Déjà qu´Albert Londres n´est plus vraiment lu de nous jours, voici en plus un livre peu connu parmi ses livres. Il raconte l´évasion de Dieudonné, anarchiste, membre supposé de la bande à Bonnot, du bagne de Cayenne. Londres vient jusqu´à Rio pour le rencontrer une deuxième fois, écouter son histoire ahurissante, et clamer son innocence auprès des autorités françaises qui le condamnèrent. Un récit d´une simplicité et d´une beauté saisissantes. Un grand roman humaniste.

  • Le succès de son reportage sur le bagne de Cayenne (Au bagne) décide Albert Londres à s'intéresser à d'autres geôles de la République.
    Il s'agit cette fois d'enquêter sur les bagnes militaires, situés pour la plupart en Afrique du Nord et dépendant du ministère de la Guerre. Malgré l'hostilité de la hiérarchie militaire, le grand reporter sillonne le Rif, recueillant les doléances des soldats bagnards. Sous le titre Biribi, son reportage est publié au printemps 1924. Pour répondre à la pression de l'opinion publique, le ministre de la Guerre se voit contraint d'envoyer sur place une commission d'enquête, et ce sera bien grâce à Albert Londres que les bagnes militaires et leurs odieux " travaux publics " seront définitivement supprimés en France.

  • En 1929, au faîte de sa gloire, Albert Londres décide d'entreprendre une grande enquête sur un sujet qu'il connaît mal : les juifs.
    Au terme d'un périple qui, de Londres à Prague, en passant par les ghettos de Pologne et de Transylvanie, le conduira jusqu'en Palestine, il rentre avec vingt-sept articles qui formeront la matière de ce livre : Le juif errant est arrivé. Dix-huit ans avant la création de l'État hébreux, Albert Londres se montre optimiste sur le sort des communautés juives de Palestine.

  • La Chine en folie Albert Londres Après un séjour au Japon en 1922, Albert Londres s'installe au Grand Hôtel de Pékin. La Chine d'alors, avec ses quatre cents millions d'habitants, est celle des seigneurs de guerre, des mercenaires, des bandits et des guerres civiles. Un moment déconcerté, puis stimulé par le chaos oriental, Albert Londres finit par trouver le ton juste pour décrire cette Chine en folie.

  • En 1925, albert londres " trempe sa plume " dans une plaie méconnue : l'enfermement des malades mentaux tel qu'on le pratique à l'époque.
    Mêlant à sa manière toujours vivante et faussement naïve descriptions, portraits et interviews, londres (après avoir même tenté, pour les besoins de son enquête, de se faire passer pour fou) dresse l'état des lieux des hôpitaux psychiatriques de la france de l'entre-deux-guerres : locaux vétustes, absence de soins, mauvais traitements... le bilan que fait le reporter après sa tournée des asiles est lourd et provoquera un tollé dans le milieu de la psychiatrie.

  • Quittant la France incognito pour l'Argentine, Albert Londres (1884-1932) se lance dans une minutieuse enquête sur la « traite des Blanches », ces prostituées venues d'Europe pour arpenter les trottoirs d'Amérique du Sud. En 1927, pour la première fois, il conçoit son enquête comme un livre, et non comme une suite d'articles réunis. Après avoir recueilli des renseignements auprès de proxénètes du milieu parisien, il se heurte à de nombreuses difficultés pour pénétrer celui de Buenos Aires. Il en viendra à bout grâce à ses contacts dans la communauté française qui compte alors un nombre appréciable de maquereaux et de filles. Les Trottoirs de Buenos Aires décrit le mode de vie et les codes des prostituées. Son livre sera salué par la critique et connaîtra un franc succès, et de nombreuses rééditions.

  • Depuis le début de la guerre de 1914-1918, Albert Londres se bat contre la censure. Le travail des correspoindants de guerre est réglemenenté de façon tatillonne. Le reporter s'insurge et ruse autant qu'il le peut. Parfois la censure interdit en totalité certains de ses reportages.
    C'est dans cet état d'esprit, rebelle et acharné à dire la vérité, que Londres couvrira jusqu'à la fin de 1918 la plupart des fronts de la Grande Guerre : France, Belgique, Italie, Allemagne bientôt occupée, etc.
    Tous les reportages d'Albert Londres concernant la guerre de 1914-1918 portent la trace de sa révolte "contre le bourragde de crâne". Il devient bientôt "indésirable" et se retrouve en tête d'une liste noire établie par l'état-major comme "mauvaise tête" ! Le haut commandement déposera même une plainte contre lui pour "insolence" et "insubordination" auprès de la direction du Petit Journal, qui soutiendra néanmoins le grand reporter.

  • En 1926, au retour d'un reportage en pologne, albert londres se lance dans un projet qui lui tenait à coeur depuis très longtemps : s'arrêter - pour une fois - à marseille, et faire le portrait de cette ville déjà cosmopolite, ouverte sur le monde, et qui n'a été jusqu'ici pour lui qu'une brève étape.
    Conçus dès le départ pour aboutir à un livre, les douze articles qui constituent ce reportage seront publiés dans l'été 1926

  • C'est dans ce texte mythique, souvent évoqué, qui raconte la « grande boucle » de 1924, qu'Albert Londres rend hommage aux « géants » du Tour de France.
    C'est la «grande boucle» de 1924 qui est ici superbement racontée, avec ses exploits, ses souffrances et ses drames.

  • En 1929, au faîte de sa gloire, Albert Londres décide d'entreprendre une grande enquête sur un sujet qu'il connaît mal : les juifs.
    Au terme d'un périple qui, de Londres à Prague, en passant par les ghettos de Pologne et de Transylvanie, le conduira jusqu'en Palestine, il rentre avec vingt-sept articles qui formeront la matière de ce livre : Le juif errant est arrivé. Dix-huit ans avant la création de l'État hébreux, Albert Londres se montre optimiste sur le sort des communautés juives de Palestine.

  • BnF collection ebooks - "Le voyageur de grand chemin prend rapidement l'habitude de circuler tout à son aise parmi des millions d'individus qui lui resteront parfaitement inconnus. Il va parmi ces foules, sans plus s'occuper d'elles que le poisson de l'immensité de la mer. Quel étonnement, en revoyant sa Patrie, d'entendre les passants parler tous votre langue! Ce sont vos frères, vos soeurs. On se promène en famille!..."

  • Extrait :
    "Le voyageur de grand chemin prend rapidement l'habitude de circuler tout à son aise parmi des millions d'individus qui lui resteront parfaitement inconnus. Il va parmi ces foules, sans plus s'occuper d'elles que le poisson de l'immensité de la mer. Quel étonnement, en revoyant sa Patrie, d'entendre les passants parler tous votre langue! Ce sont vos frères, vos soeurs. On se promène en famille!..."

  • "Pêcheurs de perles" est un reportage d'Albert Londres publié en 1931 suite à un voyage au Proche et Moyen-Orient pour aller à la rencontre des pêcheurs de perles. Tout en nous décrivant leur condition misérable, Albert Londres se livre à une description de la mer rouge et du golfe persique aussi pertinente que haute en couleurs.

  • C'est un port, l'un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers.

  • En 1929, Albert LONDRES parcourt l'Europe de l'Est et se rend en Palestine, pour se rendre compte de l'antisémitisme régnant. Il y rencontre le peuple juif et prend position pour la création d'un territoire juif en Palestine, conscient des difficultés à venir entre arabes et juifs Témoignage poignant avant la Shoah. Un des derniers du Grand Reporter.

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