• Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • Dans un monde marqué par la peur, voire la haine, de celui qui vient bouleverser nos repères familiers, chercher à penser une politique qui fasse de l'accueil une valeur centrale revient à s'exposer, au mieux, à la raillerie, au pire, à l'hostilité. Il faut en prendre le risque tant le règne de la barbarie est à nos portes. La barbarie sait s'accoutrer pour tromper. Elle sait emprunter d'autres visages, se parer d'autres noms : ceux de la sauvegarde de "notre" identité, de la préservation des valeurs et des principes qui font notre singularité, tant le risque serait grand que les "passants" , pauvres et démunis, ne viennent mettre en péril notre modèle social auquel nous proclamons un indéfectible attachement.
    Le choix du cosmopolitisme ici défendu tient à ce qui peut être considéré comme un propre de l'humanité, soit le fait de vivre exposés les uns aux autres, et non enfermés dans des cultures et des identités. Notre essentielle vulnérabilité justifie que nous tissions des solidarités, que nous montrions de la considération à l'égard d'autrui. Considération qui est au fondement de l'exigence cosmopolitique comme de l'idéal démocratique.

  • L'auteur dénonce les idées reçues sur le libéralisme politique. Contrairement à Michea, il refuse de se plier à l'injonction de ne pas séparer le libéralisme politique du libéralisme économique.
    La liberté de l'homme n'est pas la même que celle de la finance. Il ne peut y avoir de liberté s'il n'y a pas d'égalité. Or, l'économie reconstruit les inégalités.
    La liberté dont parle la philosophie politique libérale n'est pas celle que revendique la théorie économique néo-classique. Le libéralisme politique perd sa portée émancipatrice s'il n'adjoint pas au primat de la souveraineté individuelle, les valeurs d'égalité et de solidarité.
    L'attention accordée à l'égalité peut sembler excessive mais elle vise à montrer la compatibilité avec la liberté.
    Quant à la place accordée à la solidarité, elle est nodale. Sans elle, la connivence entre libéralisme et socialisme, qui dessine un autre avenir que celui de la globalisation néo-libérale, est privée de fondements.

  • Une défense du cosmopolitisme comme outil de résistance aux dérives identitaires et de transformation concrète de la vie en commun. Elle appelle à créer des dispositifs démocratiques différents du modèle de gouvernance planétaire, affranchis des frontières pour réparer les injustices de la naissance.

  • Originale et engagée, l'oeuvre de Ronald Dworkin (1931-2013) s'impose désormais à l'égal de celles de John Rawls et de Jürgen Habermas. Connu d'abord comme philosophe du droit, avec entre autres Prendre les droits au sérieux (1977), il a développé une philosophie politique propre, notamment dans Justicepour les hérissons (2011).

    C'est ce parcours de pensée que retrace Alain Policar. Outre sa puissante réflexion sur le droit proposant une alternative au positivisme et au réalisme juridiques, Dworkin opte pour le choix moral de l'égalité et tente de trouver un fondement métaphysique aux valeurs qu'il défend.

    La volonté de ne pas séparer le droit, la morale et la politique est une de ses positions constantes. Elle lui permet d'apporter des réponses concrètes aux interrogations des démocraties contemporaines (avortement, discrimination positive, justice sociale).

    La première monographie en langue française consacrée à ce philosophe américain, actif débatteur et interlocuteur des plus grands auteurs contemporains, dont John Rawls et Isaiah Berlin à propos de la compatibilité de la liberté et de l'égalité.

  • Encensé par les uns, décrié par les autres, toujours invoqué mais rarement défini, le libéralisme serait-il la nouvelle Hydre de Lerne des sciences politiques ? Quelles sont les notions fondamentales sur lesquelles il s'appuie, son histoire, ses textes fondateurs ? Quelles controverses a-t-il suscité et suscite-t-il toujours ?

    Attentif à la longue durée, cernant au plus près l'évolution des concepts, Alain Policar signe une somme majeure qui démonte les idées reçues et les fausses évidences. Il montre qu'avec les écrits de Locke, Montesquieu, John Stuart Mill et d'autres, la philosophie libérale entend d'abord substituer le « gouvernement des lois » au pouvoir personnel et arbitraire du monarque de droit divin. Le libéralisme politique, c'est une vision des valeurs et des institutions indispensables à la protection des libertés publiques et des droits individuels : en cela, il s'oppose radicalement tant au capitalisme qu'à l'ultralibéralisme qui voit en l'État une menace pour les libertés individuelles. Mais, pour être fidèle à ses promesses, il doit accorder un soutien attentif aux plus démunis et renforcer l'universalisme moral, socle de sa fonction émancipatrice.

    Une étude qui renouvelle notre connaissance des idées politiques.

  • Comment concilier les exigences de la liberté individuelle et de la réforme sociale ? Cette question posée au début du XXème siècle est plus actuelle que jamais, et ce n'est pas sans raison que l'on redécouvre aujourd'hui l'oeuvre de Célestin Bouglé (1870-1940). Parmi les maîtres de l'école française de sociologie, il fut aussi un militant pacifiste, dreyfusard et pionnier de l'éducation populaire. Il développe une conception du vivre-ensemble dont le pivot est l'Etat républicain, qui définit les conditions de la tolérance entre des sujets ayant des conceptions différentes de ce qui est moralement bon. Ce respect des différences, qui l'amène à combattre la philosophie des races, lui permet de fonder une philosophie de la solidarité déplaçant l'idéal de l'égalité tel qu'on le pensait jusque-là ; l'idée de l'égalité des hommes ne concerne pas la façon dont la nature les a faits, mais bien celle dont la société doit les traiter.

  • Qu'est-ce que la justice sociale ? Comment concilier son postulat de base (chaque individu compte autant qu'un autre) et la reconnaissance des différences ? Quelles seraient les conditions d'un universalisme raisonnable ? Autant de questions qui "hantent" le débat politique contemporain, notamment en France.
    Le présent ouvrage fournit l'ensemble des instruments intellectuels et références nécessaires à qui se préoccupe ou doit traiter des conditions de l'existence en commun d'individus ayant des pratiques culturelles et des valeurs morales différentes. A partir d'une relecture critique des courants utilitariste, libertarien ou communautarien et d'un examen attentif de travaux marquants, comme ceux de Rawls et des théoriciens de la démocratie délibérative, son auteur jette les bases d'un questionnement plus spécifique sur l'altérité, l'ethnicité ou le multiculturalisme.
    Rédigé avec clarté et rigueur, ce livre de synthèse s'adresse aux étudiants LMD des départements de sciences humaines et sociales (notamment en sociologie et philosophie), aux étudiants des IEP et des écoles de commerce et à ceux qui préparent les concours (CAPES, Agrégation, Professorat des écoles, Conseillers principaux d'éducation). Les enseignants du secondaire et du supérieur devraient également trouver un intérêt particulier à ce type de questionnement, présenté sous forme de manuel.

  • Ce n'est pas par une ruse de l'histoire mais par sa logique même que le cosmopolitisme apparaît aujourd'hui comme le stade suprême et globalisé de la démocratie. En effet, ces deux concepts fondamentaux reposent sur le même idéal, les mêmes valeurs et la même anthropologie.

    1 autre édition :

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