• Valjean, l'ancien forçat devenu bourgeois et protecteur des faibles ; Fantine, l'ouvrière écrasée par sa condition ; le couple Thénardier, figure du mal et de l'opportunisme ; Marius, l'étudiant idéaliste ; Gavroche, le gamin des rues impertinent qui meurt sur les barricades ; Javert, la fatalité imposée par la société sous les traits d'un policier vengeur... Et, bien sûr, Cosette, l'enfant victime. Voilà comment une oeuvre immense incarne son siècle en quelques destins exemplaires, figures devenues mythiques qui continuent de susciter une multitude d'adaptations.

  • Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d'un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
    Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu'il a commis. Car le propos de l'auteur n'est pas d'entrer dans un débat mais d'exhiber l'horreur et l'absurdité de la situation dans laquelle se trouve n'importe quel homme à qui l'on va trancher le cou dans quelques heures.
    Ce roman - aux accents souvent étrangement modernes - a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s'identifier au narrateur dont il partage tour à tour l'angoisse et les vaines espérances. Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
    Quiconque aura lu ce livre n'oubliera plus jamais cette saisissante leçon d'écriture et d'humanité.

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  • « Qu'est-ce que les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les Mémoires d'une âme » (Préface).

    Peu d'oeuvres poétiques se réfèrent plus ouvertement à leur contexte historique et biographique que celle-ci. Publiées en 1856, Les Contemplations portent la marque d'un double deuil : la perte de la fille du poète, Léopoldine, et la mort symbolique que représente l'exil. Mais ce qui s'y joue touche à la puissance de la parole poétique : par la contemplation, plongée aux tréfonds de soi d'où doit émerger la poésie, Hugo fait du déchirement un acte créateur et du verbe lyrique l'instrument d'une recherche d'absolu.

  • Victor Hugo, écrivain engagé, entreprend ici un vaste réquisitoire social. Loin de n'être que le récit de la réhabilitation d'un forçat évadé victime de la société, Les Misérables sont avant tout l'histoire du peuple de Paris. Jean Valjean, et le lien qui l'unit à Cosette, en est le fil conducteur et le symbole. Homme du peuple par excellence, damné et accablé par les humiliations successives, Jean Valjean prend sur lui le péché du monde et l'expie. Dans son effort incessant pour se racheter, il assume un destin tragique qui nous renvoie le reflet de l'humanité en marche.
    Hugo retrace ici avec force les misères et les heures glorieuses des masses vivantes qui se retrouvent. Les événements se précipitent, les personnages se rencontrent, se heurtent, s'unissent parfois, à l'image de Cosette et de Marius. L'histoire du forçat évadé et de la petite miséreuse symbolisent quelque chose de plus grand : avec Les Misérables, Hugo réalise enfin l'esprit du peuple.

  • Victor Hugo, écrivain engagé, entreprend ici un vaste réquisitoire social. Loin de n'être que le récit de la réhabilitation d'un forçat évadé victime de la société, Les Misérables sont avant tout l'histoire du peuple de Paris. Jean Valjean, et le lien qui l'unit à Cosette, en est le fil conducteur et le symbole. Homme du peuple par excellence, damné et accablé par les humiliations successives, Jean Valjean prend sur lui le péché du monde et l'expie. Dans son effort incessant pour se racheter, il assume un destin tragique qui nous renvoie le reflet de l'humanité en marche.
    Hugo retrace ici avec force les misères et les heures glorieuses des masses vivantes qui se retrouvent. Les événements se précipitent, les personnages se rencontrent, se heurtent, s'unissent parfois, à l'image de Cosette et de Marius. L'histoire du forçat évadé et de la petite miséreuse symbolisent quelque chose de plus grand : avec Les Misérables, Hugo réalise enfin l'esprit du peuple.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Victor Hugo Les Contemplations Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce que le proscrit qui, dans Châtiments, vient de fustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ; mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties - « Autrefois », « Aujourd'hui » - sont séparées par la césure tragique de l'année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l'écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d'un mort ».
    Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu'elle emprunte à la biographie de l'écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l'universel, c'est que le poète précisément dépouille ici l'écorce individuelle pour atteindre à l'intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d'une âme.

    Edition de Ludmila Charles-Wurtz.

  • En imposant Hernani, chef-d'oeuvre du drame romantique, à la Comédie-Française, temple du classicisme, Victor Hugo fut à l'origine de l'une des plus célèbres batailles de l'histoire littéraire. «Tissu d'extravagances», fruit d'un «esprit humain affranchi de toute règle et de toute bienséance», selon la censure, Hernani marquait l'avènement d'un théâtre mariant le sublime au trivial et investi par le lyrisme, l'épique et la politique.
    Drame historique retraçant l'accession à l'Empire de Charles Quint, comédie d'intrigue mettant en scène un roi, un vieillard et un bandit épris de la même femme, tragédie héroïque sous-tendue par la loi de l'honneur aristocratique, Hernani incarne le mélange des genres. Consacrant le triomphe de l'avant-garde artistique, la création de cette pièce flamboyante, au printemps 1830, entérinait la révolution française du goût.

  • « ...Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l'éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire mais sachant penser. Un hiver, l'ouvrage manqua. L'homme, la fille et l'enfant eurent froid et faim. L'homme vola. Il en résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l'enfant et cinq ans de prison pour l'homme. Il fut envoyé faire son temps à la Maison Centrale de Clairvaux.
    On va voir ce que la Société en a fait. » Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n'est plus simplement romancier ou poète. Il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.

    Présentation et notes par Emmanuel Buron.

  • L'angleterre a connu, cent quarante ans avant la france, une révolution, un parlement régicide, une république et une restauration fertile en règlements de comptes.
    Victor hugo a choisi ce dernier épisode pour brosser un tableau épique de l'aristocratie anglaise à travers la destinée extraordinaire de gwynplaine, l'homme qui rit.
    A la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous les romans de hugo. c'est aussi le plus riche de toutes les obsessions de son auteur. on a cru pouvoir, à son propos, citer freud et le surréalisme.
    Le bateau pris dans la tempête, la vision du pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'ursus, les machinations du traître barkilphedro, la chirurgie monstrueuse d'hardquanonne, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.

  • Édition enrichie (Introduction, notes et chronologie)Sorti du libre élan mystique, le gothique, comme on l'a dit sans le comprendre, est le genre libre. Je dis libre, et non arbitraire. S'il s'en fût tenu au même type, s'il fût resté assujetti par l'harmonie géométrique, il eût péri de langueur. [...] Comment compter nos belles églises au xiiie siècle ? Je voulais du moins parler de Notre-Dame de Paris. Mais quelqu'un a marqué ce monument d'une telle griffe de lion, que personne désormais ne se hasardera d'y toucher. C'est sa chose désormais, c'est son fief, c'est le majorat de Quasimodo. Il a bâti, à côté de la vieille cathédrale, une cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l'autre, aussi haute que ses tours. Si je regardais cette église, ce serait comme livre d'histoire, comme le grand registre des destinées de la monarchie. [...] La grande et lourde église, toute fleurdelysée, appartient à l'histoire plus qu'à la religion. Elle a peu d'élan, peu de ce mouvement d'ascension si frappant dans les églises de Strasbourg et de Cologne. Les bandes longitudinales qui coupent Notre-Dame de Paris arrêtent l'élan ; ce sont plutôt les lignes d'un livre. Cela raconte au lieu de prier. [...] Notre-Dame de Paris est l'église de la monarchie ; Notre-Dame de Reims, celle du sacre.
    Jules Michelet, Histoire de France, iv, 8, « Eclaircissements : la Passion comme principe d'art au Moyen Age » (1833).
    Présentation et notes par Jacques Seebacher.

  • L'Art d'être grand-père est un livre majeur par son ampleur, sa diversité, son architecture et l'entrelacement de ses thèmes, mais souvent ignoré du fait d'un titre réducteur qui suggère une succession de « recettes » pour séduire et amadouer les petits-enfants. Il s'agit en fait, comme toujours chez Victor Hugo, d'une somme qui se développe infiniment, et déborde sans cesse le cadre initial. Si le grand-père Hugo parle bien à ses petits-enfants et se réapproprie en leur nom le territoire de l'enfance (y compris l'apprentissage de la langue, les refrains et les chansons), l'oeuvre ne ressemble en rien à une suite d'enfantillages. Et c'est sans doute le message principal de ce recueil : la poésie destinée aux enfants se doit d'être de la poésie pour tous, avec sa part d'obscurité, son emportement, voire son érudition.

  • Les fleurs

    Victor Hugo

    «Prostitution, vice, crime, qu'importe! La nuit a beau s'épaissir, l'étincelle persiste. Quelque descente que vous fassiez, il y a de la lumière. Lumière dans le mendiant, lumière dans le vagabond, lumière dans le voleur, lumière dans la fille des rues. Plus vous vous enfoncez bas, plus la lueur miraculeuse s'obstine.» «D'abord destiné au septième livre de la troisième partie des Misérables, et originellement intitulé 'Les Fleurs', ce texte, qui comporte sept chapitres (numérotés de III à IX), a été retiré du manuscrit, écarté mais non oublié, l'auteur souhaitant le réserver pour un autre projet, 'mon travail sur L'Âme ', note-t-il. Preuve que ces pages, venues du roman de 1862, portées par les silhouettes difformes des voleurs et des escarpes, se détachent et regardent vers un autre horizon ; elles désignent un plan supérieur, idéal, spirituel et métaphysique, auquel Hugo entendait sans doute consacrer les dimensions d'un livre. Retenons simplement l'impératif qui s'en dégage : scruter le fond de l'âme. Et pour ce faire, procéder par degrés, aller du fini à l'infini, de l'immanent au transcendant.» (Henri Scepi).

  • 93 conclut le dialogue que Hugo a poursuivi toute sa vie avec la Révolution. 93, c'est la Convention, « assemblée qui a eu un duel avec la royauté comme Cromwell et un duel avec l'univers comme Annibal » et qui a « tranché le noeud gordien de l'histoire ».
    Immense fresque épique, 93 est aussi l'histoire de trois hommes. Lantenac, l'homme du roi et de tout l'honneur de l'ancienne France. Cimourdain, le génie austère et implacable de la Révolution. Entre eux Gauvain, neveu de Lantenac et fils spirituel de Cimourdain, aristocrate passé au peuple, que Cimourdain fera guillotiner pour avoir permis la fuite de Lantenac et qu'il suit aussitôt dans la mort. « Au moment où la tête de Gauvain roulait dans le panier, Cimourdain se traversait le coeur d'une balle... Ces deux âmes s'envolèrent ensemble, l'ombre de l'une mêlée à la lumière de l'autre. »

  • Ruy Blas

    Victor Hugo

    La reine d'Espagne exile don Salluste pour avoir séduit une de ses suivantes et refusé de l'épouser. Afin de se venger, celui-ci substitue son valet Ruy Blas à un grand seigneur et fait du laquais le Premier ministre. Avec un dossier étudiant le drame romantique, théâtralité et romanesque, personnages et mélancolie.

  • Gilliat se rejeta en arrière, mais put à peine remuer.
    Il était comme cloué. de sa main gauche restée libre il prit son couteau qu'il avait entre ses dents, et de cette main, tenant le couteau, s'arc-bouta au rocher, avec un effort désespéré pour retirer son bras. il ne réussit qu'à inquiéter un peu la ligature, qui se resserra. elle était souple comme le cuir, solide comme l'acier, froide comme la nuit...
    Brusquement une large viscosité ronde et plate sortit de dessous la crevasse...
    On distinguait au côté opposé de ce disque immonde le commencement de trois autres tentacules, restés sus l'enfoncement du rocher. au milieu de cette viscosité il y avait deux yeux qui regardaient.
    Ces yeux voyaient gilliat.
    Gilliat reconnut la pieuvre.

  • Un recueil poétique majeur de Hugo, suivi d'un parcours littéraire « Les Mémoires d'une âme ». Dans une édition conforme aux nouveaux programmes de français du lycée, incluant notamment des prolongements artistiques et culturels et un dossier Nouveau bac.

    L'oeuvre.
    Dans ce recueil, écrit après la mort de sa fille, Hugo exprime sa souffrance, en communion avec celles des autres hommes. Ce faisant, il libère le vers et amorce une révolution poétique.

    Le parcours « Les Mémoires d'une âme ».
    10 poèmes pour analyser comment le poète romantique épanche son âme dans ses vers et y exprime les interrogations et les tourments de toute conscience.

    Le dossier.
    /> Toutes les ressources utiles au lycéen pour étudier l'oeuvre dans le cadre des nouveaux programmes :
    - un avant-texte pour situer l'oeuvre dans son contexte.
    - au fil du texte, la rubrique « Des clés pour vous guider ».
    - après le texte :
    - des repères sur l'oeuvre.
    - un groupement de textes complémentaires « Survivre à la mort d'un enfant ».
    - des sujets types pour l'écrit et l'oral du nouveau bac français.

    Des prolongements artistiques et culturels.
    Une sélection de 6 oeuvres, en lien avec le recueil et le thème du parcours, et des outils pour les analyser.

    Et un guide pédagogique.
    Sur www.classiques-et-cie.com. En accès gratuit réservé aux enseignants, il inclut tous les corrigés : des questionnaires au fil du texte, des sujets de bac, des lectures d'images.

  • Victor Hugo Le Dernier Jour d'un condamné « V. Hugo a écrit d'admirables poëmes, il a écrit d'admirables romans et d'admirables drames ; mais, pour nous, son oeuvre capitale - quand le bourreau aura été chassé -, ce sera d'avoir aidé à chasser le bourreau.
    « Il y a quelque chose de plus grand qu'un grand poëte ou un grand romancier, c'est un sage. Il y a quelque chose de plus beau, de plus enviable que l'imagination, c'est le coeur. » C'était au temps où Joseph de Maistre voyait en la peine de mort la clef de voûte de l'édifice social. Mais Pierre Larousse avait raison de se féliciter de l'efficacité de ce livre étrange. Hugo réinvente son art pour servir la plus noble des causes. Qui est-il, ce condamné ? Quel crime a-t-il commis ? Nous ne le saurons pas. De la main, de la plume, il suffit qu'il nous conduise vers son avenir immédiat. Comment penser l'homme quand l'homme décide de la mort de l'homme oe édition de Guy Rosa.

  • «Voici deux romans du même poète, l'un archiconnu, l'autre presque ignoré, rassemblés par les nécessités de l'édition et les contingences de la recherche, séparés dans l'histoire par plus de trente années, par la quasi-totalité de l'oeuvre lyrique et épique, par la masse énorme des Misérables. Contemporains l'un de la révolution de Juillet, l'autre des premiers temps de la Première Internationale. L'un passe pour un roman historique, mais l'action en fait dériver le sens de Reims à Paris, de la légitimité du sacre à la prophétie révolutionnaire, de la mort de Louis XI à toute Renaissance, suspens de l'histoire, avènement du Peuple. L'autre vaut comme roman élémentaire, "naturaliste" en un sens étrange, mais le temps du récit le ramène à la Restauration, son lieu national n'est autre que l'exil, sa fatalité n'est pas la verroterie de l'espérance, mais la clôture d'un regard noyé, indifférent à l'éclosion printanière, au rut de la nature. Notre-Dame de Paris fournit la décoration du sombre vestibule d'entrée de Hauteville-House, maison-poème, Les Travailleurs de la mer sont ce qu'on voit du haut de la bâtisse, de ce look-out impératif où règnent, par-dessus les dogmes et les lois, la transparence des choses, plus haut que les commodités bourgeoises et les fantaisies mobilières du génie, la nudité de l'écriture, au-delà des symboles pesants et des caprices familiaux, le silence de la fatalité intérieure : l'abîme du coeur humain. Tombe en plein ciel, caverne retournée, Moi révulsé en un indicible On, en une distance d'auteur qui a cessé de dénoncer, renoncé à signaler et feint de se résigner à indiquer.» Jacques Seebacher.

  • Dans un XIXe siècle encore à écrire, un jeune écrivain du nom de Victor Hugo s'insurge de la destruction de l'ancienne France et de ses monuments.
    Texte de jeunesse qui témoigne de l'acuité précoce de son auteur, Guerre aux démolisseurs nous met face à un homme engagé dans les débats de son temps, et dont le diagnostic sévère laisse le lecteur toujours aussi dubitatif. Quelle place pour la protection du passé dans une époque obsédée par le progrès industriel ?
    Victor Hugo met ici toute sa verve pour répondre à cette question et se fait le défenseur de ce qui constitue rien de moins que l'âme et l'histoire d'un pays : ses monuments. Le texte d'Hugo fascine en ce qu'il pose les jalons d'un débat ancien de presque deux siècles, qui reste aujourd'hui encore plus que jamais d'actualité.

  • Les Contemplations, écrit Hugo, « c'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête éperdu au bord de l'infini ».
    Face à la perte de sa fille Léopoldine et à la mort symbolique que représente l'exil, Hugo inscrit la parole subjective dans la marche de l'histoire et fait du déchirement un acte créateur. De la célèbre « Réponse à un acte d'accusation », où le poète pose en révolutionnaire de la langue, aux poèmes sur le deuil, il offre une réflexion poignante sur les pouvoirs de la littérature contre la destruction et le passage du temps. Tombeau à la mémoire d'une âme disparue, Les Contemplations (1856) marquent le sommet de l'oeuvre poétique de Victor Hugo.

  • Lucrèce Borgia Nouv.

    À Ferrare, en Italie, la redoutable Lucrèce Borgia fait régner la terreur. Indifférente à la haine qu'elle suscite, mêlée à des affaires crapuleuses, la seule faiblesse de cette femme impitoyable est un jeune capitaine, Gennaro, dont elle est tombée amoureuse. Mais le destin est cruel, et Gennaro se révèle être le fruit des amours incestueuses de Lucrèce avec son frère, Jean Borgia. Gennaro ne sait rien de ses origines et Lucrèce va devoir tout faire pour le protéger alors que son époux, le duc de Ferrare, qui le prend pour son amant, a juré de le tuer.
    Créé en 1833 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, empruntant tout autant à la tragédie qu'au mélodrame, Lucrèce Borgia est sans doute l'un des plus sombres drames de Victor Hugo.
    Édition de Sophie Mentzel

  • « Quoi que fassent ceux qui règnent chez eux par la violence et hors de chez eux par la menace, quoi que fassent ceux qui se croient les maîtres des peuples et qui ne sont que les tyrans des consciences, l'homme qui lutte pour la justice et la vérité trouvera toujours le moyen d'accomplir son devoir tout entier.
    La toute-puissance du mal n'a jamais abouti qu'à des efforts inutiles. La pensée échappe toujours à qui tente de l'étouffer. Elle se fait insaisissable à la compression ; elle se réfugie d'une forme dans l'autre. Le flambeau rayonne ; si on l'éteint, si on l'engloutit dans les ténèbres, le flambeau devient une voix, et l'on ne fait pas la nuit sur la parole ; si l'on met un baîllon à la bouche qui parle, la parole se change en lumière, et l'on ne baîllonne pas la lumière.
    Rien ne dompte la conscience de l'homme, car la conscience de l'homme, c'est la pensée de Dieu. »

  • « ... Hugo, c'est l'histoire d'un homme qui souffre, s'échine, saigne, se fait cogner dessus par le destin, insulter par les hommes, méconnaître par les siens, pour tenir vraiment sa place, c'est-à-dire devenir, plutôt qu'un géant ou un ogre, un homme parmi les hommes. On imagine de loin Hugo comme un demi-dieu fabuleux, improvisant sur sa lyre en délire, un Grand Pan rataplan. Mais c'est d'abord un homme ; pas tellement le bonhomme Noël du lyrisme français : simplement un homme bon, courageux, et qui n'est si prodigieusement intéressant que parce qu'il est totalement désintéressé.
    [...] Lire Hugo, c'est faire le tour du monde et la conquête d'un siècle en quatre-vingts livres. C'est faire le tour d'un homme immense qui est aussi un homme grand...
    Le grand travailleur de la mer tend à la postérité cet immense coquillage de poèmes où nous entendons bruire les vagues et l'immensité. Il se fait homme-océan. Dans la prison de l'exil, il a ses coudées franches. Les courtisans des Tuileries sont peut-être à l'étroit. Hugo, lui, se sent au large. Au grand large. » Claude Roy.

  • Préface de Cromwell

    Victor Hugo

    Hugo est âgé d'à peine vingt-cinq ans lorsqu'il rédige, en 1827, la Préface de Cromwell. Acclamé par nombre de contemporains, le texte acquiert, par sa force et son autorité, une forme d'autonomie à l'égard du drame qu'il accompagne. Alors que la France est prise dans l'étau de la Restauration, Hugo défie tous les conservatismes et prône avec ferveur le renouveau d'un théâtre étouffé sous le carcan des conventions classiques.
    Le drame, ultime forme théâtrale, a désormais la responsabilité d'être politique et de se confronter aux préoccupations de l'époque. A cette fin, son esthétique doit être révolutionnée. Mélange des genres, souplesse de la langue, liberté créatrice de l'écrivain, intrusion du grotesque par contraste avec le sublime : tels sont les principes énoncés dans ce texte polémique qui propulsa Hugo comme chef de file de l'école romantique.
    Dossier 1. La préface théâtrale du XVIIe au XIXe siècle 2. Préfaces hugoliennes 3. Le grotesque dans le théâtre hugolien 4. De la querelle du Cid à la bataille d'Hernani.

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