• Les pesticides sont des produits dangereux. Pour cette raison, ils comptent parmi les substances chimiques les plus surveillées et ce, depuis des décennies. Des agences d'évaluation des risques contrôlent leur mise sur le marché et assurent une toxico-vigilance de leurs effets sur la santé.
    Comment alors expliquer l'accumulation de données épidémiologiques qui attestent la sur-incidence de pathologies chroniques - maladies neurodégénératives, hémopathies malignes, cancers - parmi les populations humaines les plus exposées, et en particulier les agriculteurs ?
    Pourquoi des résultats aussi inquiétants sont-ils si peu de répercussion sur les autorisations de mise en vente ?
    Le sociologue Jean-Noël Jouzel a mené l'enquête en France et aux États-Unis pour comprendre ce qui conduit les agences d'évaluation à ignorer volontairement certaines données scientifiques lorsqu'elles n'ont pas été élaborées selon les normes de la toxicologie réglementaire.
    Les industriels ont bien compris le profit qu'ils pouvaient tirer de cette routine normative. Ils ont en effet tout intérêt à suivre ce cadre, disposant par ailleurs des ressources matérielles nécessaires pour s'y conformer.

  • Consommateurs ou travailleurs, nous sommes quotidiennement exposs de nombreuses molcules de synthse, aux effets parfois dangereux. Pourtant, l'mergence de pathologies affrentes ces substances, fausses couches ou cancers par exemple, reste controverse. partir du cas, aux tats-Unis et en France, d'une famille de solvants toxiques, ...

  • La sous-reconnaissance des maladies liées au travail constitue aujourd'hui, en France comme dans d'autres pays industrialisés, un fait social massif. Qu'il s'agisse de cancers provoqués par l'exposition à des produits toxiques, de troubles musculo-squelettiques induits par des postures répétitives ou par le port de charges lourdes, ou d'atteintes psychologiques associées à certains modes de management, les effets du travail sur la santé restent un problème insuffisamment pris en charge par les pouvoirs publics. Les dispositifs devant assurer leur reconnaissance et leur indemnisation ne fonctionnent pas de façon satisfaisante, rendant en grande partie invisibles les origines professionnelles de nombreuses maladies et décès.

    Cette situation n'est pas nouvelle. Elle perdure depuis le début du XXe siècle malgré l'adoption, dans plusieurs pays occidentaux, de législations permettant d'indemniser les pathologies engendrées par les conditions de travail. Remarquablement résistantes à l'épreuve du temps, ces lois fondatrices structurent en effet toujours aujourd'hui le soubassement légal et épistémique de la reconnaissance des maladies professionnelles, continuant à s'avérer incapables de réparer correctement les maux du travail.

    Cet ouvrage rassemble des contributions d'historiens et de sociologues qui étudient les raisons de cette inertie, et donnent à voir les causes de la sous-reconnaissance chronique des maladies professionnelles, depuis les débats fondateurs jusqu'aux controverses contemporaines sur les dégâts que le travail peut induire pour la santé physique et mentale. Ces recherches ouvrent des pistes de réflexion pour revoir les modalités de la réparation de ces dégâts, et sortir de l'impasse que ceux-ci, depuis plus d'un siècle, occasionnent pour la justice sociale dans nos sociétés.

  • Les scandales sanitaires qui ont secoué la France et les pays occidentaux au cours des dernières décennies ont mené à la création d'agences chargées d'évaluer les risques en matière de santé publique et d'environnement, tandis que les injonctions à une expertise toujours plus indépendante, transparente, objective et scientifique se sont multipliées.

    Pourtant, les pratiques restent souvent éloignées de ces impératifs. Compromis toujours « impur » entre science et politique, l'expertise résulte largement de luttes se jouant bien en amont, autour de la production de connaissances, qui mobilise une multitude d'intervenants : chercheurs, agents administratifs, collectifs de victimes, industriels, lobbyistes, journalistes, lanceurs d'alerte, etc.

    À destination des praticiens, étudiants et enseignants, ce premier dictionnaire consacré à l'expertise sanitaire en décrit les usages, notions et concepts en quelque 40 notices. S'appuyant sur les recherches les plus récentes, il rend compte à la fois des contextes institutionnels dans lesquels l'expertise s'inscrit et des acteurs qui y participent ou en subissent les conséquences.

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