• Et ils dansaient le dimanche Nouv.

    Arrivée à Lyon un jour de 1929, Szonja n'a aucune idée de ce qui l'attend. Si elle est montée dans le train, c'était pour suivre sa cousine et fuir une Hongrie sans avenir. Sa vie est immédiatement happée par la production de viscose, qui bat son plein et réclame de la main-d'oeuvre : en France, les femmes apprécient cette nouvelle « soie » bon marché. La Sase pourvoit à l'existence de chaque recrue : une place à l'usine, une chambre à l'internat, la chapelle et quelques commodités, un maigre salaire. Postée plus de dix heures par jour à l'atelier, surveillant la transformation de la matière visqueuse en fil dans les vapeurs chimiques, elle résiste, passivement, mais aussi grâce à Elsa, la fortunata, qui la soustrait à l'enfermement et bientôt à la violence de Jean, épousé à la va-vite. Grâce à elle, elle est peu à peu adoptée par un groupe d'Italiens actifs. Le dimanche, la petite troupe sait faire la fête : on grille les poissons pêchés dans la rivière, on danse. On parle politique aussi. Depuis février 1934 et les licenciements, les manifestations donnent l'occasion de se retrouver à Lyon dans les cortèges. Szonja comprend qu'elle ne peut faire défaut aux camarades, ni à Marco dont elle a éveillé les sentiments, ni au Front populaire qui se renforce. L'issue, c'est leur horizon collectif et solidaire.

  • Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu'il s'apprête à partir à la rivière. La scène qu'il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance. Tout va très vite, et c'est en état de choc qu'il apprend l'arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s'est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche.
    Entre déni, culpabilité, colère et chagrin, commence alors une effarante plongée dans les ténèbres pour cet être taciturne, dont la vie se déroulait jusqu'ici de sa maison à l'usine. Son environnement brutalement dévasté, il prend la mesure de sa solitude.
    C'est le début d'une longue et bouleversante quête, véritable objet de ce roman hypnotique. Au terme de ce parcours quasi initiatique, Thierry sera amené à répondre à la question qui le taraude : comment n'a-t-il pas vu que son unique ami était l'incarnation du mal ?
    Avec ce magnifique portrait d'homme, Tiffany Tavernier, subtile interprète des âmes tourmentées, interroge de manière puissante l'infinie faculté de l'être humain à renaître à soi et au monde.

  • L'établi

    Robert Linhart

    L'Établi, ce titre désigne d'abord les quelques centaines de militants intellectuels qui, à partir de 1967, s'embauchaient, « s'établissaient » dans les usines ou les docks. Celui qui parle ici a passé une année, comme O.S. 2, dans l'usine Citroën de la porte de Choisy. Il raconte la chaîne, les méthodes de surveillance et de répression, il raconte aussi la résistance et la grève. Il raconte ce que c'est, pour un Français ou un immigré, d'être ouvrier dans une grande entreprise parisienne.
    Mais L'Établi, c'est aussi la table de travail bricolée où un vieil ouvrier retouche les portières irrégulières ou bosselées avant qu'elles passent au montage.
    Ce double sens reflète le thème du livre, le rapport que les hommes entretiennent entre eux par l'intermédiaire des objets : ce que Marx appelait les rapports de production.

  • De la Seconde Guerre mondiale aux années de plomb, Salvatore Messana fit preuve d'un zèle remarquable pour mener l'inverse d'une vie bien rangée. Tour à tour marin, gangster et ouvrier, il n'est jamais le dernier pour s'encanailler : c'est bien là tout son charme.Vagabondeur professionnel, il fait ses gammes en volant des camions, entre deux balades en vespa. Après un passage derrière les barreaux, il côtoie la classe ouvrière milanaise. Il devient un véritable maître dans l'art de la perception d'indemnités de licenciement, et plume ses chefs les uns après les autres, avec une grâce savoureuse. Difficile de ne pas s'enthousiasmer pour un tel individu, chez qui la lutte des classes prend des allures de partie de Monopoly, où le jackpot n'est finalement jamais très loin de la case prison!

    Gianni Giovannelli est né à Ferrara en 1949, et a exercé la profession d'avocat à Milan. Il a écrit un grand nombre d'articles sur des sujets juridiques et littéraires, avec un certain goût pour la polémique. Il a publié en Italie les ouvrages Svaraj Gandharva e Volta (1985) et Confessioni di un uomo malvagio (1988). Il a également écrit sous le pseudonyme de Palmiro Lettera al Giudice Forno (1981) et Poesie dalla latitanza (1982).

  • L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville, s'étend à perte de vue. C'est là qu'une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L'un d'entre eux est chargé d'étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l'usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais lorsqu'il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine. Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • Au coeur des Pyrénées, dans la vallée de la Himone, coule la Lisette, cours d'eau paisible dont la beauté n'est altérée que par la présence de l'usine Laely et de ses rejets toxiques. C'est sur la rive, non loin de ce monstre de ferraille, que le corps d'une jeune femme brûlée au troisième degré est retrouvé. L'hypothèse de l'accident chimique est sur toutes les lèvres. Convaincus qu'il ne peut en être autrement, Mélanie, une saisonnière idéaliste en manque de combats, et son compagnon Abdel, ouvrier de l'usine et lascar repenti, vont se mettre en quête d'une justice que personne ne semble vouloir appliquer. Au fil d'une écriture tranchante, une imprévisible spirale de violence va déferler sur les personnages. Seule la nature, majestueuse, pourra rivaliser avec la noirceur de l'âme humaine.

    Né en 1985, Sylvain Matoré est psychologue. Grand lecteur (Steinbeck, Kerouac, Burroughs...) passionné depuis toujours par l'écriture, il est passé par la musique avant de prendre la plume. Il est l'auteur de Cercles paru chez Alma en 2014. Son deuxième roman, Emprisonnés est paru aux éditions Le mot et le reste en 2019.

  • L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités. - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'État.
    Chaque thème est censé constituer un « plateau », c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
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    Mille plateaux est paru en 1980.
    Des mêmes auteurs : L'Anti-OEdipe (Capitalisme et schizophrénie 1)

  • Qu'est-ce que l'inconscient ? Ce n'est pas un théâtre, mais une usine, un lieu et un agent de production. Machines désirantes : l'inconscient n'est ni figuratif ni structural, mais machinique. - Qu'est-ce que le délire ? C'est l'investissement inconscient d'un champ social historique. On délire les races, les continents, les cultures. La schizo-analyse est à la fois l'analyse des machines désirantes et des investissements sociaux qu'elles opèrent. - Qu'est-ce qu'OEdipe ? L'histoire d'une longue « erreur », qui bloque les forces productives de l'inconscient, les fait jouer sur un théâtre d'ombres où se perd la puissance révolutionnaire du désir, les emprisonne dans le système de la famille. Le « familialisme » fut le rêve de la psychiatrie ; la psychanalyse l'accomplit, et les formes modernes de la psychanalyse et de la psychiatrie n'arrivent pas à s'en débarrasser. Tout un détournement de l'inconscient, qui nous empêche à la fois de comprendre et de libérer le processus de la schizophrénie.

    La première édition de L'Anti-OEdipe est parue en 1972.
    Des mêmes auteurs : Mille plateaux (Capitalisme et schizophrénie 2)

  • Sortie d'usine

    François Bon

    'C'est d'abord un livre, Sortie d'usine, qui, en 1982, « s'impose comme un coup de force » selon le mot de Pierre Bergounioux. Le roman faisait en quatre semaines le tour d'une aliénation vécue de l'intérieur, évoquant le plus terrible - accident, mutilation, aliénation au travail - et surtout le plus profond des existences ouvrières : mort à soi-même, enfermement dans une vie parallèle qui ne croise jamais le chemin de son destin. François Bon dressait ainsi, dans une langue rare, heurtée, l'inventaire des abandons et des oublis, au premier rang desquels celui de vivre. Il affichait la mécanisation de l'homme amputé de ses sensations, rendu sourd, indifférent au monde par l'agression trop forte d'un univers réglé, minuté, totalitaire. (Dominique Viart, François Bon. Étude de l'oeuvre, Bordas, 2008).

  • Clous

    Agota Kristof

    Après les trois romans de sa trilogie, Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge, son dernier roman Hier, ses nouvelles C'est égal et son récit autobiographique L'Analphabète, nous pouvons lire aujourd'hui les poèmes d'Agota Kristof (1935-2011). Peu avant sa mort, elle les avait sortis de ses archives pour qu'ils soient édités. Clous rassemblent les poèmes hongrois de jeunesse dont elle a intensément regretté la disparition au moment de quitter la Hongrie en 1956. Elle les a reconstitués de mémoire, en a ajouté de nouveaux, a choisi leur titre français mais ne les a pas traduits. Source d'inspiration de plusieurs proses, les poèmes sont restés inédits.Ce livre bilingue constitue leur édition originale en hongrois et leur première traduction en français. Ils sont accompagnés de quelques poèmes écrits directement en français. On y retrouve le style tranchant d'Agota Kristof, ses thèmes, la perte, l'éloignement et la mort, mais aussi, largement déployés, la nature et l'amour.

  • « Je suis un cannibale, habillé en costume ou avec une blouse blanche, je fabrique des traitements pour des gens plutôt riches avec la matière corporelle de gens pauvres, vous appelez ça comment ? »Un cannibale en costume : ainsi Georges, ingénieur dans lindustrie pharmaceutique, se décrit et décrit son travail un travail qui le dégoûte, mais quil ne sait pas quitter.Le monde de lentreprise est un monde cannibale où tout le monde mange tout le monde : engloutissement des ressources naturelles ; les salariés se dévorent entre eux et se dévorent eux-mêmes. Beaucoup seffondrent ; dautres bricolent, pour retisser des liens de solidarité nécessaires à la vie en communautéUne enquête qui met au jour les tragédies vécues chaque jour dans le secret des ateliers et des bureaux.

    David Courpasson est sociologue, professeur à lEM Lyon Business School et à lUniversité de Cardiff (UK). Il est lauteur de plusieurs ouvrages (notamment, avec Jean-Claude Thoenig, Quand les cadres se rebellent, Paris, Vuibert, 2008, et LAction contrainte. Organisations libérales et domination, Paris, Presses universitaires de France, 2000).

  • Janesville

    Amy Goldstein

    Le 23 décembre 2008, en pleine crise économique, la dernière voiture General Motors produite à l'usine de Janesville sort de la chaîne de montage, avant que celle-ci ne ferme ses portes pour toujours. Lorsque le géant américain de l'industrie automobile annonce la fermeture, les habitants ne veulent pas y croire. Janesville a toujours su se remettre des aléas économiques de l'histoire. C'est avec empathie et émotion qu'Amy Goldstein dresse alors le portrait quotidien des habitants de la ville : employés licenciés ou retraités, travailleurs sociaux, entrepreneurs locaux, médecins, figures syndicalistes, politiques et religieuses. Au-delà du choc des milliers d'emplois qui disparaissent, Amy Goldstein donne un récit attentif de la ville et ses habitants, et démontre la force de toute une communauté, déterminée à trouver les ressources pour se réinventer.
    Janesville. Une histoire américaine est une histoire humaine : celle d'une ville industrielle des Etats-Unis qui tente de se relever après la fermeture de sa plus grande usine.

  • " Une lecture choc et fascinante. " L'Humanité
    " Il y a des exercices pour s'entraîner à la vérité : par exemple, avoir peur. Ou avoir faim. Et puis il y a des exercices pour s'entraîner au mensonge : vivre en groupe, faire des affaires. [...] Klaus était pour la première fois à la tête des affaires familiales. Il n'avait pas peur, n'avait pas faim, n'était pas amoureux. Chaque jour offrait ainsi une nouvelle occasion de mentir. "

    " Il avait éliminé la grande faiblesse de l'existence, il avait fait disparaître la fragilité primaire de l'espèce : il n'avait pas la moindre inclination pour l'amour ni l'amitié ! Et, tandis qu'il marchait en pleine rue, désarmé, observant le dessus de ses vieux souliers marron, ces souliers que Klober qualifiait par moquerie d'irresponsables, à cet instant Walser se sentait autant en sécurité – et en même temps aussi menaçant – que s'il avait avancé dans la rue à bord d'un char. "

    Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre. Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant un tableau de George Grosz, le lecteur est saisi, hypnotisé par la virtuosité d'un très grand écrivain. Ceci n'est pas un roman, ceci est un coup de poing !

  • Contrairement aux idées reçues, nous ne vivons pas dans

    un monde « post-industriel » mais dans une société « postdigitale

    ». Nous arrivons à la fin d'un cycle marqué par la transformation

    numérique et le triomphe de l'Internet grand public.

    Un nouveau paradigme voit le jour avec le boom technologique

    de l'industrie et le retour en grâce des usines.

    Placée sous le signe de l'urgence écologique, de l'accélération

    du progrès et de la fusion de l'espace cyberphysique, la décennie

    2020 va bouleverser en profondeur la vie des entreprises

    et des individus. Mieux, elle va offrir à l'Europe une opportunité

    unique de briller dans la compétition mondiale grâce

    à une industrie nouvelle génération qui favorisera une croissance

    durable, des emplois d'avenir et la modernisation de son

    économie.

    Convaincu du pouvoir fédérateur et de la modernité de l'industrie,

    Nicolas Petrovic nous invite à une plongée passionnante

    dans un univers méconnu du grand public : l'usine du

    xxie siècle, peuplée de jumeaux numériques, d'imprimantes 3D

    et d'innovations révolutionnaires. En appelant à un réveil

    des énergies, il trace des perspectives concrètes pour faire de

    l'Europe un « Nouveau Continent », à la pointe de la santé, de

    l'agroalimentaire, du transport et des énergies renouvelables.

    Nicolas Petrovic est Président de Siemens France et Belgique.

    Il a été directeur général d'Eurostar International Ldt. à Londres et

    a occupé différentes fonctions managériales au sein du groupe SNCF.

    Cet ouvrage est son premier essai.

     

  • La fermeture d'une usine, quelque part en France, dans une ville de province. Avec des mots simples, un rythme, un ton, Patricia Cottron-Daubigné peint, tel un chemin de croix où l'on inspire à chaque halte, la destruction, au jour le jour, d'un groupe d'hommes et de femmes et de leur lieu de travail.
    « Celle qui écrit, qui porte la parole des ouvriers d'ici, qui essaie, je, roule vers la ville, petite ville dans la plaine, une image de province, moderne un peu. Sur la droite, on sait qu'il y a les usines, la forme des bâtiments et les fumées ; les HLM aussi, à côté, hauts. À gauche les clochers. Cela a pu résumer les vies, longtemps, l'espace sa répartition, son temps croisé. Le temps nouveau, ils ont peur, ils, les ouvriers, ceux avec qui je parle, ceux que je vais raconter, ils ont peur, le temps nouveau qui vient sera peut-être un temps mort. »

  • Comment on freine

    Violaine Schwartz

    Taille 2.
    100 % viscose.
    Made in Bangladesh.
    Lavage 30o.
    Repassage doux.
    Chlore interdit.

  • Pun Ngai a mené une analyse ethnographique dans une usine d'électronique dans la province de Guangdong en Chine du sud, au cour de la zone économique spéciale de Shenzhen ouverte aux capitaux étrangers. Pun Ngai éclaire le point de vue du travailleur, ses perspectives, ses expériences, ses rêves, son désir de consommation et le quotidien de l'usine. Elle souligne les actes de transgression. Son analyse repose sur l'idée que les douleurs chroniques des ouvrières sont autant des actes de résistance que de soumission aux conditions de travail. L'auteur suggère qu'une révolution sociale silencieuse est en marche en Chine et que ces jeunes travailleuses migrantes en sont les vecteurs. Ce livre est à la fois un témoignage et un traité de sociologie sur la condition ouvrière en Chine.

  • Pour les industriels, les enjeux de production sont colossaux en matière d'efficacité au service des clients comme dans l'amélioration des résultats économiques.

    Ce qui oblige tous ces professionnels à améliorer leur performance tout en répondant à des demandes économiques, écologiques, sociales... C'est alors une suite de défis à relever et de moyens à mettre sous contrôle.

    Mettre en place un système de management de la performance permettra de relancer rapidement la compétitivité d'un site, sans investissement spécifique, et de générer des bénéfices.

    Mais au-delà de ces résultats quantifiables, cet ouvrage présente une façon innovante d'impliquer tout un chacun dans la mise en place de solutions permettant de traiter en profondeur les problèmes rencontrés sur le terrain par les équipes.

    Forts de leurs expériences dans des domaines industriels très variés, et à l'aide d'outils immédiatement opérationnels, les auteurs démontrent d'une façon concrète la pertinence à s'engager dans une démarche d'amélioration de la performance.

  • « On avait volé mon vélo et la nuit tombait. Je marchais très vite, la tête baissée, enfoncée jusqu'aux yeux dans le col de mon manteau. Il gelait à vous fendre les os. Il y avait une lame de rasoir par terre, c'était la deuxième que je voyais ce soir-là, et ça ressemblait à une sorte de mauvais présage. Auparavant, j'avais trouvé un nez de clown écrasé, que des rafales de vent faisaient avancer devant moi comme une petite bestiole rouge et folle. J'ai essayé de faire le rapprochement entre cet accessoire grotesque et les lames de rasoir, lorsqu'une voiture qui longeait le trottoir s'est arrêtée à ma hauteur. Elle était couverte de neige. La vitre du conducteur s'est baissée, dévoilant une énorme tête chauve et moustachue, dont les yeux luisants me fixaient avec insistance. J'ai fait semblant de ne pas l'avoir remarquée, et j'ai poursuivi mon chemin en accélérant un peu l'allure. »

  • Les grosses forges sont apparues en Occident au XVe siècle et se sont développées au XVIe (le charbon de bois leur servait de combustible et le cours d'eau de force motrice). Par elles, le fer et la forêt eurent une histoire commune jusqu'à la fin du XIXe siècle. Dans beaucoup de régions françaises, les besoins en bois de feu modifièrent radicalement les structures de la forêt. La futaie aux arbres centenaires dut céder la place au taillis coupé à vingt ans. Et, de l'automne au printemps, la forêt, beaucoup plus peuplée et bruyante qu'aujourd'hui, s'animait du travail des bûcherons et des charbonniers. Ce monde de la forêt est décrit ici. Le loup y rôdait encore, les hommes y étaient de rudes gaillards, souvent en marge des lois, et ils ne furent pas absents des troubles qui marquèrent les soubresauts de la Révolution française. François Dornic, en parallèle, entre dans la vie quotidienne des « Maîtres de forges », ces pionniers de la révolution industrielle et montre en détail comment l'argent rencontrait la politique, comment les progrès techniques étaient une préoccupation comme les mariages avantageux. Il est enfin possible de voir la montée d'une nouvelle sidérurgie, au coke, née au XVIIIe siècle en Angleterre et introduite en France dans les années 1820-1830. Les hauts fourneaux au charbon de bois pourtant continuèrent longtemps de brûler dans les forêts. Ce livre est original parce qu'il aborde des domaines nouveaux, explorés depuis peu par les historiens : par exemple l'archéologie industrielle, qui cherche sur place les traces laissées par le travail des hommes. François Dornic suit aussi les premiers pas du capitalisme industriel dans ses opérations foncières et financières. Cet ouvrage est enfin une introduction à l'histoire des techniques qu'une riche iconographie vient compléter.

  • Dans le Hainaut belge, près de Mons, l'exploitation du gisement houiller a constitué la principale activité, jusqu'au milieu du 20e siècle. Les installations industrielles étaient l'occasion d'expérimenter des projets qui se situent au carrefour des utopies du 18e siècle et de la culture industrielle du 19e siècle.

  • 1883, Lowell, Massachusetts. Ouvrière dans une usine de textile près de la gare, Adeline Murray tombe amoureuse de son patron, James Peterson. Or, lorsque ses parents découvrent ce secret honteux, ils décident de l'envoyer chez une tante à Québec afin d'éviter un scandale. Le matin du départ, accablée par un profond chagrin, elle se sent incapable de
    monter dans le train et s'enfuit clandestinement.

    Après des jours de cavale, Adeline est recueillie par Colum, le fils du propriétaire d'un riche domaine. Sa grand-mère Anna prend sous son aile la jeune femme épuisée qui s'entête à garder le silence sur son passé. Alors qu'on unit son destin à celui de l'héritier de la famille dans l'espoir d'améliorer le sort des deux esseulés, cette alliance devient malheureuse et plonge la nouvelle mariée dans un cauchemar.

    Chavirée, Adeline entre au couvent pour sauver son honneur. Bien qu'elle y apprenne le métier d'infirmière et décroche un emploi gratifiant dans un hôpital, elle aspire encore à un amour épanoui. James éprouvait-il pour elle les mêmes sentiments ?
    Le reverra-t-elle un jour ?

  • Vaise a longtemps constitué une entité indépendante de Lyon, même si c'est dans ce quartier qu'ont été découvertes les traces les plus anciennes d'occupation datant de 3500 av. J.-C.

  • En octobre 1919, un procès d'assises bâclé a mis un point final à une affaire criminelle qui reste obscure.

    Dans les premiers jours de 1914, le patron d'une usine du Finistère travaillant pour le ministère de la Guerre disparaît. On a quelques raisons de penser qu'il a pris la fuite : Louis Cadiou faisait alors l'objet d'une enquête pour des malversations commises au détriment des poudreries nationales.

    Mais un mois plus tard, on retrouve son cadavre dans des conditions rocambolesques. Le même jour, le directeur technique de l'usine est arrêté. L'affaire Cadiou a commencé, feuilleton échevelé aux rebondissements spectaculaires, peuplé de fous, de mythomanes, d'affairistes véreux et de politiciens corrompus, miné par la guerre des polices, et plombé par le souvenir tout récent de cuirassés qui explosent. Elle tiendra la Bretagne en haleine et quittera rarement la une de tous les journaux de France, avant que la Grande Guerre n'impose son actualité.

    Aujourd'hui, cette affaire criminelle est tombée dans un oubli complet. Elle engageait pourtant la sécurité et l'efficacité de la marine de guerre. Rien de moins. Et si nous en savons si peu sur un cas aussi spectaculaire, c'est évidemment que des mains puissantes ont su refermer le couvercle. Hermétiquement...

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