Sciences humaines & sociales

  • Comment penser le mal au XXIe siècle ? Le tsunami du 26 décembre 2004 et la commémoration en 2005 de trois grandes catastrophes qui ont marqué l'Occident dans sa manière de se représenter le mal - Auschwitz ; Hiroshima et Nagasaki ; le tremblement de terre de Lisbonne (1er novembre 1755) - mettent à l'épreuve la pensée de la catastrophe. Le mal 'naturel' est-il contingent ? L'homme est-il responsable du mal ? À en juger par les réactions au tsunami, tout se passe comme si, de 1755 à aujourd'hui, le mal soulevait les mêmes interrogations. Cependant, quand le mal moral rejoint les sommets qu'a connus le XXe siècle, on ne sait plus l'évoquer qu'en termes d'atteintes à l'ordre naturel du monde. Cela augure mal de notre capacité à faire face aux catastrophes futures.

  • Sommes-nous en dictature ? Non. Sommes-nous en démocratie ? Non plus. Les puissances d´argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées. Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste. En réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique conçue par les Grecs anciens et qu´ont oubliée les politologues : la domination d´une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l´ensemble des citoyens.
    Si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie : cela suppose de reconnaître l´oligarchie pour ce qu´elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.
    Car la crise écologique et la mondialisation rebattent les cartes de notre culture politique : l´Occident doit apprendre à partager le monde avec les autres habitants de la planète. Il n´y parviendra qu´en sortant du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante. Si nous échouons à aller vers la Cité mondiale, guidés par le souci de l´équilibre écologique, les oligarques nous entraîneront dans la violence et l´autoritarisme.
    Au terme de ce récit précisément documenté mais toujours vivant, le lecteur ne verra plus la politique de la même façon.

  • Cioran (1911-1995) laisse une oeuvre unique par la richesse de la pensée, par cette sorte de tentative désespérée pour renforcer à coup d´aphorismes et de prophéties le club toujours suspect des pessimistes.
    Docteur ès gabegie, dépossédé de son pays et de sa langue, Cioran - sujet roumain devenu grand écrivain français - n´a pas écrit des pages issues d´une expérience abstraite, mais d´une vie ardemment déchirée entre puissance de l´ombre et pressentiment du divin.
    De cette lutte contre soi est née une oeuvre noire, mais qui irradie et console ; une oeuvre féconde qui, loin d´être un code de l´agonie ou un culte du malheur, appareille la joie et la douleur.
    Une oeuvre qui correspond à la définition des « éjaculations mystiques » selon Littré : « Prières courtes et ferventes qui se prononcent à quelque occasion passagère, comme si elles se jetaient vers le ciel. »

  • L'histoire, celle bâtie par les hommes, est toujours racontée comme une aventure qui ne concerne qu'eux. Pourtant, les animaux ont participé et participent encore abondamment à de grands événements ou à de lents phénomènes. Leurs manières de vivre, de sentir, de réagir ne sont jamais étudiées pour elles-mêmes, comme s'il n'y avait d'histoire intéressante que celle de l'homme. Comme s'il existait en nous une difficulté à s'intéresser aux vivants que nous enrôlons, mais que nous traitons comme des objets, indignes de participer à la marche de l'histoire. L'histoire vécue par les animaux est néanmoins, elle aussi, épique, contrastée, souvent violente, parfois apaisée, quelquefois comique. Elle est faite de chair et de sang, de sensations et d'émotions, de douleur et de plaisir, de violences subies et de connivences partagées. Elle n'est pas sans répercussion sur la vie des hommes, à tel point que ce sont leurs interactions, leurs destins croisés qu'il faut désormais prendre en compte. Elle est donc loin d'être anecdotique et secondaire. Il faut se défaire d'une vision anthropocentrée pour adopter le point de vue de l'animal, et fournir ainsi une autre vision de l'histoire, qui ne manquera pas d'intéresser notre monde inquiet de la condition faite aux animaux.
    ÉRIC BARATAY

  • Sygmunt Stein, militant communiste juif en Tchécoslovaquie, bouleversé par les procès de Moscou qui ébranlent sa foi dans le régime de Staline, débarque en Espagne, à Albacete, le fief des Brigades internationales, pensant retrouver dans le combat contre Franco l'étincelle qui ranime ses idéaux. Mais le jeune homme déchante très vite. Quelques jours suffiront pour renverser ses convictions manichéennes ; tout ce qu'il croyait combattre dans le fascisme, il le retrouve dans son propre camp, à commencer par l'antisémitisme qui ronge les esprits (il est membre de la brigade Botwin).Nommé commissaire de la propagande à ses dépens, il nous livre un regard sans concessions sur la hiérarchie de la peur qui fait tourner les Brigades internationales, les exécutions, les fausses rumeurs, et même les orgies des " bouchers " faisant régner la terreur.Paru en 1956 en yiddish, ce témoignage saisissant de la guerre d'Espagne sera resté dans l'ombre, pour le plus grand profit de la légende de Brigades internationales. Sa publication aujourd'hui jette une lumière glaçante sur les véritables faits et gestes des hommes de Moscou: depuis André Marty, grande figure du parti communiste français, surnommé le boucher, jusqu'aux montages et aux ruses de la propagande soviétique, incarné par la Pasionaria, Dolorès Ibarruri.Postface de Jean-Jacques Marie, historien de l'URSS.

  • L'idée que nous " descendions " du singe via des créatures aussi pittoresques que notre ancêtre cro-magnon n'est toujours pas pleinement acceptée.
    Nous sommes pourtant soumis, comme les autres animaux, au grand jeu de l'évolution. c'est ce que montre ici, en toute simplicité, mais avec toutes les références scientifiques requises, un spécialiste de " biologie évolutive ". pourquoi y a-t-il de plus en plus de myopes ? faut-il combattre la fièvre ? la polygamie est-elle liée au régime politique ? l'homosexualité a-t-elle des origines biologiques ? la crise d'adolescence est-elle une invention récente ? pourquoi l'aîné est-il plus favorisé que le cadet ? les hommes et les femmes pensent-ils de la même façon ? la théorie de l'évolution, en donnant des explications qui remontent parfois très loin dans le passé, apporte sur ces sujets comme sur bien d'autres un regard neuf et passionnant : nul doute qu'à la lecture de ce livre, cro-magnon serait devenu un adepte de la biologie évolutive.

  • Au terme d'une minutieuse enquête, menée en Russie, en Ukraine et en Israël, Myriam Anissimov nous offre le compte rendu détaillé du parcours de l'auteur de Vie et Destin. Vassili Grossman (1905-1964) a acquis progressivement la conscience de la tragédie

  • Depuis quelques décennies, un nombre grandissant de philosophes ont manifesté un intérêt accru pour la question du don. D'abord pour mettre en cause la toute puissance du marché qui étend son emprise. Mais au-delà de cette inquiétude liée à une situation historique, nombre de penseurs ont construit une réflexion sur le monde - sur l'être - comme donné. On tend alors à rattacher cette " donation originaire " à une éthique de la gratuité. Gratuité pure, geste unilatéral : telle est la pensée du don qui, selon des styles et des arguments propres, domine chez J. Derrida, E. Levinas, J.-L. Marion et bien d'autres. Il était sans doute temps de se défaire de toutes les pensées du don un peu trop pieuses, devenues envahissantes dans la philosophie française de tradition phénoménologique. Confrontant le travail de ces philosophes au célèbre Essai sur le don de Marcel Mauss, Marcel Hénaff montre que le don est d'abord et avant tout une procédure de reconnaissance publique entre groupes au moyen de ces biens compris comme symboles d'une alliance.

  • La science-fiction a souvent exploré l'idée d'un « lecteur de cerveaux », appareil qui permettrait de lire directement la pensée dans le cerveau. Plusieurs articles scientifiques récents reprennent et discutent un tel projet. Les chercheurs ici rêvent et

  • Comment éliminer la mouche qui empêche son ami le jardinier de dormir ? C'est la question que se pose le protagoniste de la fable de La Fontaine ' L'Ours et l'Amateur des jardins '. L'animal répond : en écrasant l'insecte au moyen d'un pavé. Et le poète de qualifier l'Ours de mauvais raisonneur.
    Afin de mesurer la portée philosophique de cette leçon, il faut identifier le défaut du raisonnement de l'Ours ; et, pour cela, développer un concept de raison pratique qui échappe à l'alternative ruineuse d'une raison instrumentale, simple puissance de calcul au service de nos volontés arbitraires, et d'une raison pure qui n'aurait pas à tenir compte des fins humaines. L'Ours de la fable n'agit pas sans raisonner, pas plus qu'il ne manque de principes ; il agit selon une rationalité unilatérale, sur la base d'une définition incomplète des buts à atteindre par son intervention.
    Se dessine alors une troisième voie, qui consiste à concevoir la raison pratique comme une capacité à déterminer l'action à accomplir par le truchement d'une délibération pondérée. C'est cette troisième voie que veulent explorer les essais qui composent ce volume. Ils sont répartis en quatre sections : philosophie de l'histoire, philosophie politique, philosophie juridique, philosophie morale.

  • Pourquoi la notion de risque, venue du domaine de la navigation et du jeu, peut-elle aujourd'hui s'appliquer à des actions aussi diverses qu'implanter une maison sur les flancs d'un volcan, avoir des rapports sexuels non protégés ou manger du poulet ? Ce

  • Il est beau, brillant et brave.
    Sa vie est un roman d'aventures, une traversée du xixème siècle. mais c'est aussi l'histoire exemplaire d'un homme qui construit sa carrière sur le mépris des hommes -et qui gagne. " ce général avait les états de service d'un chacal ", écrit victor hugo. il peut trahir, tricher, tuer, tout est légitime dès lors que l'ambition coïncide avec le service de l'etat. c'est ainsi qu'achille de saint-arnaud sert la monarchie de juillet, la république, l'empire.
    Il mène en algérie une guerre de pillage et d'extermination. elle lui vaut son bâton de maréchal. il assied louis napoléon sur son trône en massacrant les parisiens. l'empereur le couvre d'honneurs. il meurt en crimée, victorieux, en héros et en saint. pour sainte-beuve, il est "l'exemple idéal à offrir à la jeunesse française " : l'honneur de saint-arnaud se confond alors avec celui de son pays. l'honneur - ou le déshonneur ?.

  • L'Islam nous accuse. On mesure, dans ses griefs, le poids des troubles du dernier demi-siècle, décolonisation, conflit palestinien, question du Cachemire, mobilisation contre le communisme. Mais y a-t-il des causes plus lointaines, des blessures plus profondes ? Le discours islamiste le dit, invoque le Prophète et la génération fondatrice, énumère la litanie des offenses subies quatorze siècles durant, invite les peuples musulmans à n'en rien oublier, y trouve les raisons compulsives de ses combats.
    Il ne s'agit pas de balayer ce discours identitaire, mais de constater qu'il est tenu par de jeunes générations musulmanes plus au fait de l'Occident honni que des traditions de l'Islam. On met donc en lumière dans un premier temps certains des mécanismes fondamentaux de l'État islamique ancien et de ses rapports avec la foi - mécanismes irréparablement brisés par la modernité. On insiste ensuite sur l'ampleur de l'esprit de ' réforme ', d'adaptation à la modernité depuis le XIXe siècle, et sur son échec aussi surprenant que relatif. Dans une conclusion à deux voix, les auteurs tombent enfin d'accord sur le modernisme des mouvements islamistes, et sur l'héritage tiers-mondiste qu'ils pervertissent.

  • La très grande bibliothèque est née dans les polémiques.

    Les amoureux des livres et les partisans de la lecture sur ordinateur se sont vivement affrontés. L'architecture avec ses quatre tours de verre et son jardin bizarrement enterré en bord de Seine a été violemment contestée. Et, bien sûr, le coût du dernier des grands travaux de François Mitterrand a été dénoncé.

    Les fureurs ont redoublé en 1998 lorsque le nouveau site du quartier Tolbiac a ouvert ses portes aux chercheurs. Tous les malheurs ont alors paru s'abattre sur cette bibliothèque : les pannes informatiques, les incidents techniques, les crises sociales.

    Aujourd'hui, cette bibliothèque, l'une des premières du monde, fonctionne bien.

    A lire le récit précis et passionnant de François Stasse, on va de surprise en surprise. On apprend en particulier que la nouvelle Bibliothèque nationale de France n'est pas du tout celle qui avait été décidée à l'origine. Au-delà des difficultés apparues lors de la période de rodage, on découvre les véritables qualités mais aussi les défauts de cet immense outil culturel. Arrivé au terme de l'histoire, on se pose avec l'auteur l'angoissante question finale : à l'heure de la révolution numérique, était-ce bien cette bibliothèque-là qu'il fallait réaliser ?

  • Terre de conquêtes, de violences et de métissages, le Sud de l'Afrique fascine : ce furent d'abord les pionniers africains, nomades ou défricheurs, qui découvrirent et transformèrent ces immensités. Puis des voyageurs d'Occident abordèrent le cap de Bonne-Espérance, croyant y voir briller les feux de l'Inde. Ceux qui vinrent ensuite convoitaient le bétail, la terre, le diamant et l'or. L'histoire de l'Afrique du Sud est celle d'un long peuplement qui, depuis des siècles, redessine les frontières et bouleverse les identités.
    Dans la fournaise de ce creuset, les hommes mêlent leurs sangs et leurs croyances, forgent leurs différences : Noirs et Blancs, Coloureds, Indiens, Afrikaners, Zulu, Khoesan... Qui sont-ils, ou plutôt qui veulent-ils être ?
    Cette histoire africaine est aussi hantée par les multiples visages de la domination et de la soumission. L'apartheid, cet idéal délirant d'ordonnancement du monde, de mise en fiche de l'identité humaine, voulait arrêter le temps, celui qui métisse les peaux et mélange les cultures. Mais l'histoire a repris son cours. Comme un défi à son passé, l'Afrique du Sud continue de s'inventer.

  • De l'Antiquité à nos jours, de la découverte du gorille à celle des cultures des chimpanzés, cette fascinante histoire des relations entre hommes et grands singes dévoile les comportements surprenants des bonobos, chimpanzés, gorilles et orangs-outans et

  • Comment dessiner une vue d'ensemble du monde social lorsque les cloisonnements disciplinaires et l'hyperspécialisation du savoir poussent les chercheurs à étudier des parcelles de plus en plus restreintes de ce monde ? Si cette fragmentation est une conséquence du processus de différenciation sociale qu'ils s'attachent à penser, elle est aussi ce qui les empêche d'en faire une lecture globale.
    Une question centrale donne pourtant aux sciences humaines et sociales un socle commun : pourquoi les individus font-ils ce qu'ils font ? Et elles y répondent d'autant mieux qu'elles parviennent à saisir les pratiques des acteurs au croisement de leurs expériences passées incorporées et des contextes de leurs actions présentes. Si la plupart des chercheurs en conviennent, peu s'accordent toutefois sur les cadres pertinents dans lesquels les acteurs doivent être situés pour analyser telle ou telle dimension de leurs pratiques. Soumettre les notions de « champ », de « monde », de « système » ou de « cadre de l'interaction » à l'examen critique, c'est dès lors oeuvrer à leur jonction théorique.
    Bernard Lahire s'efforce ici de marquer une distance par rapport à l'état actuel des sciences humaines et sociales et aux clivages qui les traversent en nous donnant la possibilité d'entrevoir l'unité cachée d'un espace en apparence très morcelé.

  • La pensée dominante assure que ce qui circule entre les hommes se définit essentiellement par l'échange marchand. Or le lien social n'est pas seulement fait de calculs et d'intérêts réciproques. Fondateur de la pensée libérale, Adam Smith l'avait pressenti il y a deux siècles, et avançait le concept de sympathie, puissant ressort de l'action humaine que les neurosciences mettent aujourd'hui en évidence. Plus tard, c'est Marcel Mauss qui posera les bases théoriques d'une véritable pensée du don.
    Sur le bénévolat, le don d'organes, certes ; mais aussi sur la famille, l'art, la justice et même, pourquoi pas, la rationalité instrumentale ; sur la théorie des jeux et l'analyse stratégique, que nous apprend aujourd'hui ce modèle du don ? Pourquoi le don est-il toujours et partout présent ? Même quand, apparemment, il n'a plus de raison d'être, nous constaterons qu'il est là, malgré tout. Car le don ne se réduit pas à la bienveillance qui fonde la morale, ni à la pitié ou la compassion de Schopenhauer décriée par Nietzsche. Le don est dangereux, comme le rappelle ce mot de Confucius : ' Pourquoi m'en veux-tu autant ? Je ne t'ai pourtant rien donné. ' Le don fait appel à une multitude de ' passions ' : honneur, prestige, image de soi... En se bornant à étudier la seule circulation marchande, les théoriciens du libéralisme occultent tout un pan de la réalité sociale et contribuent, sans le vouloir, à la désespérance générale.
    Fruit de dix années de recherches, cet ouvrage, en s'intéressant aux échanges humains qui ne passent pas par le marché ou la redistribution publique, veut nous aider à mesurer les limites de la mondialisation marchande.

  • « Longtemps, j´ai cru vivre dans une société », dit François Dubet, mais la représentation traditionnelle de la société s´épuise sous les coups de la mondialisation et de la modernité elle-même.
    Ainsi, la société n´est plus conçue comme le progrès de l´intégration d´une structure sociale, d´une culture nationale homogène et d´une souveraineté politique toute puissante. Désormais, les individus, de plus en plus mobilisés, sont chargés de faire ce que la société ne fait plus pour eux.
    Les sociétés ne disparaissent pas pour autant. Elles imposent des formes de domination. Elles continuent à déterminer les épreuves que les individus affrontent. Elles sont le cadre fondamental de la critique sociale et des mouvements sociaux.
    C´est ce « travail des sociétés » qu´il nous faut comprendre afin de construire les représentations et les forces politiques qui nous permettent de vivre ensemble.

    À travers une démonstration précise, claire et très pédagogique, cet essai magistral de François Dubet poursuit, après Le Déclin de l´institution, son travail sur la sociologie des sociétés. Une réflexion qui bouscule fortement les théories actuelles, en décrit les limites et les dépasse en proposant un nouveau modèle, un outil pour repenser l´avenir.

  • De la fin du Moyen ?`ge au tournant du XIXe siècle, le gibet trône en plein c?"ur de Paris comme de Londres ; la souffrance et le supplice, le spectaculaire de l?EURTMexécution sont parmi les pièces maîtresses du système pénal. Cette omniprésence de la peine de mort est-elle le signe d?EURTMune société violente ? D?EURTMun processus de civilisation encore inachevé ? Loin des idées reçues, ce livre révèle la place centrale et jamais démentie de l?EURTMexécution capitale dans l?EURTMhistoire culturelle de l?EURTMEurope. ?EUR l?EURTMappui d?EURTMarchives, de récits contemporains, de documents iconographiques, Pascal Bastien dresse une véritable cartographie de la mort à Londres et à Paris et redonne la voix aux suppliciés, tout en restituant le quotidien des bourreaux. On entend s?EURTMélever les clameurs de la foule et on comprend, enfin, que la peine capitale a pu constituer et préserver le lien social.

  • Officiellement, il n'y a plus d'espaces coloniaux. L'ancien ordre mondial, celui des Empires dont la puissance se mesurait à l'aune de leurs possessions coloniales, s'est effondré dans la seconde moitié du XXe siècle. À ce titre, la décolonisation est un

  • De Bonaparte à de Gaulle, en passant par Boulanger, Clemenceau, Pétain ou Pinay, et jusqu'à Nicolas Sarkozy, les hommes providentiels ponctuent l'histoire de France. Indissociables des contextes de crise (ce qui les distingue des grands hommes), ils traduisent la rencontre entre le désir collectif d'un peuple et la prophétie d'un sauveur. Quels sont les ingrédients qui composent cette alchimie selon les différentes époques de l'histoire contemporaine ? Quelles circonstances mais aussi quels moyens, quel discours, quelle propagande, quelles images, quelle stratégie pour aboutir à cette figure indispensable qui s'impose à la nation tout entière ?Puis il faut passer de l'état de grâce, qui suit la prise du pouvoir, au culte de la personnalité, qui seul permet d'entretenir le mythe. Dès lors, comment cette figure idéale voire fantasmée du sauveur peut-elle se confronter aux enjeux du réel ? Comment évoluent son discours et sa représentation en situation de pouvoir ? Quels sont ses hérauts, ses thuriféraires, ses idolâtres, mais aussi ses caricatures et ses détracteurs ? Et comment enrayer l'effondrement du mythe, comment prévenir le chaos ? Enfin, quand le chêne s'abat, comment resurgit le mythe, comment se réinstalle pour la postérité la figure du sauveur ?

  • Mohammed VI, roi du Maroc, est désormais le premier banquier, le premier assureur, le premier entrepreneur de bâtiments de son pays. Il y joue un rôle dominant dans l'agro-alimentaire, l'immobilier, la grande distribution, l'énergie et les télécom. La fortune personnelle du souverain a quintuplé depuis son accession au trône, et le magazine Forbes le classe désormais parmi les personnalités les plus riches du monde. Que s'est-il donc passé au Maroc depuis l'avènement du fils d'Hassan II ?
    Par le biais des holdings que contrôle la famille royale, avec l'aide du secrétaire particulier de Sa Majesté et la complaisance de la Cour, c'est à une véritable mise en coupe réglée de l'économie du royaume que l'on assiste depuis plus de dix ans. Et si l'absolutisme royal selon Hassan II visait à assurer la pérennité de la monarchie, la structure de gouvernement mise en place par son fils est tout entière tendue vers l'accaparement privé.
    Au terme d'une minutieuse enquête de terrain, d'un examen fouillé des dossiers sensibles, de nombreuses rencontres avec les principaux témoins de cette royale prédation, voici ce système, et les hommes qui en tirent les ficelles, pour la première fois mis au jour. Voici comment le souverain d'un des régimes désormais les plus menacés par la vague démocratique dans les pays arabes a transformé ses sujets en clients, l'Etat en machine à subventionner les intérêts de la famille royale, et notre pays en complice d'un désastre politique et moral auquel contribue, à son corps défendant, le contribuable français.

  • Face à la crise, l´heure est à la rigueur. Les élus le répètent : les Français doivent se serrer la ceinture, toutes catégories professionnelles confondues.
    Toutes ? Non ! Une profession résiste encore et toujours aux régimes drastiques imposés par la conjoncture. Retraites avantageuses et cumulables, salaires confortables et innombrables « à-côtés », le personnel politique bénéficie, à l´heure des sacrifices, d´une situation privilégiée.
    Des responsables locaux au président de la République, des ministres aux parlementaires, il constitue un monde à part, une sorte de bastion imprenable et opaque qu´il est mal vu, en France, d´éclairer trop vivement. Derrière les indemnités affichées, se cachent nombre d´avantages et de « compléments » que les représentants de la République, en toute discrétion, n´hésitent pas à maintenir malgré les annonces de réforme.
    Démagogie ou simple devoir démocratique ? Ce petit guide pratique, précis, vous apprendra, non sans humour, à évaluer des rémunérations, connues ou cachées, d'une profession qui ne connaît pas la crise.
    Chers ou trop chers élus ? À chacun de juger.

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