Stock (réédition numérique FeniXX)

  • 5 000 nouveaux produits chaque année dans les supermarchés européens, 9000 aux États-Unis ; 64 000 marques nouvelles en France en 1988, 68 000 dépôts de brevets, etc. La guerre de la nouveauté fait rage dans l'économie des pays riches, elle est devenue une véritable obsession. Des milliers d'hommes et de femmes passent leurs journées à rechercher de nouvelles formes, de nouveaux noms, de nouvelles performances, dans des domaines aussi variés que l'automobile ou les éponges de cuisine, la lessive ou les boissons gazeuses. L'auteur nous emmène dans les coulisses d'un monde qu'il a pratiqué pendant de longues années : services marketing des grandes entreprises, agences de publicité, studios de design, hypermarchés, etc. Dans les groupes de créativité, en manches de chemise, on délire doucement pour libérer en soi l'inspiration. Mais il y a aussi des séances de tests, où l'on fixe une caméra sur la rétine du consommateur-cobaye, d'autres où on le passe au détecteur de mensonge. Les grandes réussites, aussi bien que les échecs spectaculaires de l'innovation, sont racontés (ainsi la faillite retentissante du nouveau Coca-Cola en 1985, ou encore l'échec du yaourt à boire en 1979, devenu succès sept ans plus tard avec une nouvelle présentation). L'auteur va plus loin et, avec un regard aigu doublé d'un goût certain de la provocation, il nous montre qu'aujourd'hui rien n'échappe à la loi de la nouveauté : pas plus la politique que la science, la philosophie et même la religion. Un récit plein de vie, en même temps qu'une remarquable analyse des mentalités d'aujourd'hui.

  • Le récit croisé d'une passion échevelée entre un poète, romancier et dramaturge italien, Gabriele D'Annunzio, séducteur impénitent, génial et parfaitement décadent, et sa compatriote Eleonora Duse, la plus grande comédienne de son temps.

  • L'homme a soumis à son pouvoir les forces de la nature, mais il n'est pas encore arrivé à contrôler les forces sociales, à maîtriser le changement, et à le planifier selon les lois de sa raison. L'anthropologie appliquée, qui se veut scientifique, s'est donné justement pour tâche cet élargissement du pouvoir de l'homme, de la nature physique à la nature sociale. De là son importance actuelle. Roger Bastide étudie, dans ce livre, les postulats de cette anthropologie appliquée, ses limites et ses méthodes d'action.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Loin d'Hagondange. Retraité, il recrée son petit atelier et essaie de se cacher qu'il a raté sa vie, toute entière consacrée au travail. Dans son ombre, sa femme a rêvé, et continue à rêver, de campagne et d'une vie de bonheur sollicité. Deux « vieux » face à leur réalité, la réalité désespérante du quotidien de ceux à qui la société ne laisse aucune espérance : une vie sans qualité... à moins d'une prise de conscience. Marianne attend le Mariage. Le père est ouvrier à l'usine et la mère « au foyer » ; ils ont trois enfants : Marianne, ouvrière lucide, Jean-Luc qui fait son service militaire et y apprend à rentrer dans le rang, et Chantal, lycéenne, qui tente de refuser la vie tracée. Décidément, c'est une famille « comme une autre » mais la vie de tous les jours, la leur, se mêlant aux événements extérieurs, va bouleverser ce bel ordonnancement. Jusqu'où ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'idée de ce travail est née d'une observation qui a attiré par hasard l'attention du Dr Pierre Rentchnick. En étudiant les maladies des chefs d'États, celui-ci a remarqué, par « sérendipité », - phénomène qui consiste à trouver ce qu'on ne cherche pas - que le nombre d'orphelins était étonnamment élevé parmi ceux qui gouvernent le monde et, poussé par la curiosité, il a constaté le même phénomène parmi les hommes éminents de l'art et de la science : philosophes, savants, écrivains, peintres, sculpteurs, musiciens. Dans la première partie de ce livre, Pierre Rentchnick évoque les faits qui l'ont frappé et les examine à la lumière de données psychologiques inspirées en grande partie de la psychanalyse. Ces problèmes soulèvent principalement des questions d'ordre historique : quel est le rôle de la personnalité dans l'histoire ? Quelle est la portée historique du vécu intrapsychique d'un leader politique ? La biographie psychanalytique est-elle réalisable ? Le professeur Pierre de Senarclens s'interroge Sur les perspectives et les limites de l'approche psycho-biographique. Quel est l'écho de la dimension du manque dans l'inconscient, chez des orphelins par exemple ? Comment les connaissances psychanalytiques aident-elles à le comprendre, à saisir les forces opérant à ce niveau, à appréhender l'emprise des fantasmes et plus précisément du fantasme de manque ? Que suggèrent-elles et que peut-on dégager du matériel psychanalytique pour expliquer certains faits troublants recueillis par Pierre Rentchnick ? Le professeur André Haynal tente d'y répondre. Partant de disciplines différentes - l'Histoire et la psychanalyse - les trois auteurs se demandent si les orphelins ont effectivement une place prépondérante dans le destin de l'humanité. Leurs points de vue sur cette question ne sont pas nécessairement concordants, mais leur réflexion parallèle jette les fondements de nouvelles interrogations sur des problèmes controversés qui embrassent à la fois l'Histoire et l'intériorité.

  • Jean Rhys, née Ella Gwendoline Rees Williams, est pour bien des lecteurs, en France et dans le monde, un écrivain-culte. Sa sincérité conquiert, sa ténacité étonne. Tenue pour morte pendant près de trente ans, redécouverte avec la parution de son dernier livre, un chef-d'oeuvre (La Prisonnière des Sargasses, 1966), elle eut une vie de misère et d'errance. En 1939, après avoir publié cinq ouvrages, Jean Rhys disparaissait de la scène littéraire. Elle n'écrira plus que quelques nouvelles et un roman, retour hanté aux lieux de son enfance (dans les Antilles anglaises), sur lequel elle s'acharna pendant dix ans. A soixante-dix ans passés, elle connut enfin une gloire dont elle fit peu de cas. De Rive gauche (1927) à Bonjour, minuit (1939), Jean Rhys poursuit une longue confession tout entière rassemblée autour d'un sentiment de vide et de solitude. Anna, Sasha, Maria... sont autant de versions d'elle-même. Nulle part la situation d'échec où elles vivent n'est aussi fortement ressentie que dans le rapport homme-femme qui est le thème le plus constant de cette oeuvre. Le secret de la vie ne serait-il pas, comme Jean Rhys a la tentation de conclure, « de ne jamais s'engager trop loin, ni trop profondément » ? Christine Jordis revient sur ce destin unique dont elle analyse très subtilement les contradictions et l'itinéraire secret. Elle insiste sur les échos qu'éveille en elle, comme en chaque lecteur, cette oeuvre lucide qui décrit avec intensité la difficulté d'être, les faiblesses de la passion et l'obstination de l'amour. En arrière-fond, la nostalgie pour un éden perdu, les îles lointaines des West Indies.

  • Les ouvrages théoriques sur la psychanalyse ne manquent pas. Mais sujet tabou, chasse gardée des analystes, la représentation de la psychanalyse par ceux qui l'ont vécue, tout comme sa pratique, n'avait jusqu'à ce jour fait l'objet d'aucune réflexion, d'aucune enquête. Le livre de Dominique Frischer vient enfin combler cette lacune. L'auteur, psychosociologue et elle-même analysée, a recruté par annonces une centaine de volontaires qui lui ont parlé longuement de leur analyse et surtout des résultats de la cure... Mieux être incontestable, amélioration infime ou aggravation indéniable, les opinions divergent. Y aurait-il de bons et de mauvais analystes, ou bien la psychanalyse serait-elle une thérapeutique qui ne convient qu'à certains ? Comment savoir si la psychanalyse permettra de faire naître l'être merveilleux que chacun croit porter en soi ? Cela donne un livre passionnant, foisonnant, riche d'humanité et de souffrance, mais où les questions impertinentes sont nombreuses : le rôle de l'argent est-il vraiment primordial ? Pourquoi les cures, qui du temps de Freud ne duraient que quelques mois, dépassent aujourd'hui douze ans et davantage ?... Bref, en s'intellectualisant à l'extrême, la psychanalyse n'a-t-elle pas un peu oublié sa vocation thérapeutique, pour devenir un élément du cursus particulièrement prisé des classes aisées ? Comment expliquer la fuite hors de la réalité politique d'un grand nombre d'anciens militants passés par le divan ?

  • Le problème est ouvert depuis des siècles... Platon, dans le Cratyle, professe que les mots sont les choses mêmes. C'est une opinion exactement inverse qu'a adopté la quasi-unanimité des linguistes modernes. Depuis Ferdinand de Saussure (1906) en passant par les maîtres français : Meillet, Dauzat (1912), Vendryes (1921), jusqu'à M. Aurélien Sauvageot (1964), la règle, devenue de rigueur (Paul-Valéry Dixit..., en le déplorant) dans l'enseignement des lettres françaises, est que le son d'un mot n'a aucune influence sur son sens, lequel est le résultat d'une convention. Sous les noms d'onomatopée et d'harmonie imitative, une place presque négligeable a été laissée à l'opinion adverse (jugée par Vendryes comme prêtant à sourire) qui, de son côté, n'a cessé d'être celle, instinctivement, des poètes, prosateurs, orateurs, de tous ceux qui veulent la communication, par le langage, des pensées, sentiments et passions. Cette position est considérée par les professeurs comme un « préjugé tenace » (Meillet) des « beaux esprits » (Sauvageot). C'est ce préjugé tenace que notre ouvrage a entrepris de justifier comme une vérité essentielle trop longtemps méconnue par des spécialistes qui se sont trop exclusivement consacrés à l'étymologie et aux arcanes de leur chère « dérivation ». La démonstration en est faite, philosophiquement, comme effet de la pulsion expressive à laquelle est soumis tout état de conscience d'une certaine acuité et, d'autre part, par les moyens illimités dont cette pulsion dispose pour se satisfaire, par l'usage de l'analogie et du symbole généralisé par l'intercommunabilité des impressions sensibles. Abordant ce problème avec l'expérience de quarante ans d'édition et d'années d'étude du vocabulaire français, il met en oeuvre la méthode statistique dans la recherche du sens des sons à commencer par les sons élémentaires, voyelles et ; consonnes prises une à une et ensuite dans leurs combinaisons. Le livre est passionnant et la masse des mots dont il fourmille à titre d'exemples le rend très attrayant.

  • Un livre de plus sur les travailleurs immigrés ? Et en pleine crise encore ! Au moment où l'immigration se ralentit, où le chômage est le problème important... - Oui, un livre de plus, mais un livre différent, sur un sujet peu connu, peu développé jusqu'ici : l'histoire politique des travailleurs immigrés, sa liaison avec la vie politique des pays d'origine, son organisation en France ; les luttes propres des travailleurs immigrés, en même temps que leur participation à la lutte des classes France. Livre d'histoire donc, et d'analyse - mais c'est aussi un livre d'actions, un livre, d'actualité. Les travailleurs immigrés ont un rôle stratégique d'autant plus important aujourd'hui que la crise est plus aiguë, que la division entre les travailleurs est une arme plus redoutable aux mains de l'État et du patronat. La réflexion sur l'histoire politique de l'immigration débouche ainsi sur une réflexion plus large : qu'est-ce que la solidarité prolétarienne ? Qu'est-ce que l'internationalisme aujourd'hui ? Quel rôle jouent-ils et doivent-ils jouer dans la stratégie révolutionnaire ? Ce livre ne prétend pas apporter des réponses définitives. Son but est d'informer et surtout de faire réfléchir, réagir, agir.

  • Le livre d'Éliane Perasso tranche sur toute la littérature inspirée par les mouvements féministes, c'est un livre neuf. D'abord, le sujet dépasse le problème de la condition féminine et des objectifs à atteindre : avortement, divorce, salaires, etc. C'est la civilisation qui est ici visée. L'auteur pense que l'Occident doit entamer sa révolution culturelle sous peine de mort. C'est l'exister politique, « le droit de cité » de la femme qui constitue l'axe de sa révolution culturelle. Éliane Perasso envisage d'ailleurs l'avènement de celles qui, selon Mao, « représentent la moitié du ciel », avec la sérénité que lui donne sa philosophie politique. « La guerre des sexes n'aura pas lieu », dit-elle. Il n'empêche que « la libération s'arrache ». L'auteur ne cache pas son indignation. Avocat, elle retrouve sa passion et son combat. « Je me révolte, donc nous sommes. » Elle nous apprend que dans notre culture - à l'heure où les verrous de l'étique sociale sont levés - la femme est encore interdite de séjour. Alors que 6 millions et demi de femmes exercent une activité économique et représentent 53 % du corps électoral, il est scandaleux qu'elles ne soient représentées au Parlement que par 2 % d'élues. : Dans ces pages, Éliane Perasso se révèle à la fois pamphlétaire, juriste, philosophe et leader politique. Elle plaide à la barre des procès de notre civilisation : Condorcet contre Proudhon. Condorcet a gagné. Si les partis politiques entendent cette plaidoirie des temps modernes, nous pourrons reprendre le serment de Jules Ferry : « Oui nous sommes un grand siècle. »

  • Les dirigeants politiques de gauche et d'extrême-gauche s'autoproclament l'avant-garde éclairée non seulement du prolétariat mais aussi de la masse des militants. L'auteur se demande si l'enthousiasme des militants de base n'est pas, trop souvent, utilisé par ceux qui, sous la haine avouée des exploiteurs, dissimulent (peut-être même à leurs yeux) une volonté de puissance. Or, cela, jusqu'ici, on « ne veut pas le savoir » ; on a « autre chose à faire »... Yvon Bourdet décrit d'abord et situe cette résistance à l'analyse. Il donne ensuite ses sources et ses preuves pour aboutir à un tableau raisonné des figures du militantisme et, finalement, à une définition de l'essence de la militance. Ce livre est une participation à la lutte pour une société sans exploitation de classe ; il est en effet primordial de distinguer les militants généreux de ceux qui ne cherchent qu'à prendre la place de la minorité exploiteuse. En cela cette étude - parce qu'elle démythifie en braquant un puissant projecteur sur une zone jusqu'ici laissée dans l'ombre - n'est pas démobilisante car seule la vérité est révolutionnaire.

  • Les dirigeants politiques de gauche et d'extrême-gauche s'autoproclament l'avant-garde éclairée non seulement du prolétariat mais aussi de la masse des militants. L'auteur se demande si l'enthousiasme des militants de base n'est pas, trop souvent, utilisé par ceux qui, sous la haine avouée des exploiteurs, dissimulent (peut-être même à leurs yeux) une volonté de puissance. Or, cela, jusqu'ici, on « ne veut pas le savoir » ; on a « autre chose à faire »... Yvon Bourdet décrit d'abord et situe cette résistance à l'analyse. Il donne ensuite ses sources et ses preuves pour aboutir à un tableau raisonné des figures du militantisme et, finalement, à une définition de l'essence de la militance. Ce livre est une participation à la lutte pour une société sans exploitation de classe ; il est en effet primordial de distinguer les militants généreux de ceux qui ne cherchent qu'à prendre la place de la minorité exploiteuse. En cela cette étude - parce qu'elle démythifie en braquant un puissant projecteur sur une zone jusqu'ici laissée dans l'ombre - n'est pas démobilisante car seule la vérité est révolutionnaire.

  • Le livre d'Éliane Perasso tranche sur toute la littérature inspirée par les mouvements féministes, c'est un livre neuf. D'abord, le sujet dépasse le problème de la condition féminine et des objectifs à atteindre : avortement, divorce, salaires, etc. C'est la civilisation qui est ici visée. L'auteur pense que l'Occident doit entamer sa révolution culturelle sous peine de mort. C'est l'exister politique, « le droit de cité » de la femme qui constitue l'axe de sa révolution culturelle. Éliane Perasso envisage d'ailleurs l'avènement de celles qui, selon Mao, « représentent la moitié du ciel », avec la sérénité que lui donne sa philosophie politique. « La guerre des sexes n'aura pas lieu », dit-elle. Il n'empêche que « la libération s'arrache ». L'auteur ne cache pas son indignation. Avocat, elle retrouve sa passion et son combat. « Je me révolte, donc nous sommes. » Elle nous apprend que dans notre culture - à l'heure où les verrous de l'étique sociale sont levés - la femme est encore interdite de séjour. Alors que 6 millions et demi de femmes exercent une activité économique et représentent 53 % du corps électoral, il est scandaleux qu'elles ne soient représentées au Parlement que par 2 % d'élues. : Dans ces pages, Éliane Perasso se révèle à la fois pamphlétaire, juriste, philosophe et leader politique. Elle plaide à la barre des procès de notre civilisation : Condorcet contre Proudhon. Condorcet a gagné. Si les partis politiques entendent cette plaidoirie des temps modernes, nous pourrons reprendre le serment de Jules Ferry : « Oui nous sommes un grand siècle. »

  • Les ouvrages théoriques sur la psychanalyse ne manquent pas. Mais sujet tabou, chasse gardée des analystes, la représentation de la psychanalyse par ceux qui l'ont vécue, tout comme sa pratique, n'avait jusqu'à ce jour fait l'objet d'aucune réflexion, d'aucune enquête. Le livre de Dominique Frischer vient enfin combler cette lacune. L'auteur, psychosociologue et elle-même analysée, a recruté par annonces une centaine de volontaires qui lui ont parlé longuement de leur analyse et surtout des résultats de la cure... Mieux être incontestable, amélioration infime ou aggravation indéniable, les opinions divergent. Y aurait-il de bons et de mauvais analystes, ou bien la psychanalyse serait-elle une thérapeutique qui ne convient qu'à certains ? Comment savoir si la psychanalyse permettra de faire naître l'être merveilleux que chacun croit porter en soi ? Cela donne un livre passionnant, foisonnant, riche d'humanité et de souffrance, mais où les questions impertinentes sont nombreuses : le rôle de l'argent est-il vraiment primordial ? Pourquoi les cures, qui du temps de Freud ne duraient que quelques mois, dépassent aujourd'hui douze ans et davantage ?... Bref, en s'intellectualisant à l'extrême, la psychanalyse n'a-t-elle pas un peu oublié sa vocation thérapeutique, pour devenir un élément du cursus particulièrement prisé des classes aisées ? Comment expliquer la fuite hors de la réalité politique d'un grand nombre d'anciens militants passés par le divan ?

  • Le problème est ouvert depuis des siècles... Platon, dans le Cratyle, professe que les mots sont les choses mêmes. C'est une opinion exactement inverse qu'a adopté la quasi-unanimité des linguistes modernes. Depuis Ferdinand de Saussure (1906) en passant par les maîtres français : Meillet, Dauzat (1912), Vendryes (1921), jusqu'à M. Aurélien Sauvageot (1964), la règle, devenue de rigueur (Paul-Valéry Dixit..., en le déplorant) dans l'enseignement des lettres françaises, est que le son d'un mot n'a aucune influence sur son sens, lequel est le résultat d'une convention. Sous les noms d'onomatopée et d'harmonie imitative, une place presque négligeable a été laissée à l'opinion adverse (jugée par Vendryes comme prêtant à sourire) qui, de son côté, n'a cessé d'être celle, instinctivement, des poètes, prosateurs, orateurs, de tous ceux qui veulent la communication, par le langage, des pensées, sentiments et passions. Cette position est considérée par les professeurs comme un « préjugé tenace » (Meillet) des « beaux esprits » (Sauvageot). C'est ce préjugé tenace que notre ouvrage a entrepris de justifier comme une vérité essentielle trop longtemps méconnue par des spécialistes qui se sont trop exclusivement consacrés à l'étymologie et aux arcanes de leur chère « dérivation ». La démonstration en est faite, philosophiquement, comme effet de la pulsion expressive à laquelle est soumis tout état de conscience d'une certaine acuité et, d'autre part, par les moyens illimités dont cette pulsion dispose pour se satisfaire, par l'usage de l'analogie et du symbole généralisé par l'intercommunabilité des impressions sensibles. Abordant ce problème avec l'expérience de quarante ans d'édition et d'années d'étude du vocabulaire français, il met en oeuvre la méthode statistique dans la recherche du sens des sons à commencer par les sons élémentaires, voyelles et ; consonnes prises une à une et ensuite dans leurs combinaisons. Le livre est passionnant et la masse des mots dont il fourmille à titre d'exemples le rend très attrayant.

  • L'idée de ce travail est née d'une observation qui a attiré par hasard l'attention du Dr Pierre Rentchnick. En étudiant les maladies des chefs d'États, celui-ci a remarqué, par « sérendipité », - phénomène qui consiste à trouver ce qu'on ne cherche pas - que le nombre d'orphelins était étonnamment élevé parmi ceux qui gouvernent le monde et, poussé par la curiosité, il a constaté le même phénomène parmi les hommes éminents de l'art et de la science : philosophes, savants, écrivains, peintres, sculpteurs, musiciens. Dans la première partie de ce livre, Pierre Rentchnick évoque les faits qui l'ont frappé et les examine à la lumière de données psychologiques inspirées en grande partie de la psychanalyse. Ces problèmes soulèvent principalement des questions d'ordre historique : quel est le rôle de la personnalité dans l'histoire ? Quelle est la portée historique du vécu intrapsychique d'un leader politique ? La biographie psychanalytique est-elle réalisable ? Le professeur Pierre de Senarclens s'interroge Sur les perspectives et les limites de l'approche psycho-biographique. Quel est l'écho de la dimension du manque dans l'inconscient, chez des orphelins par exemple ? Comment les connaissances psychanalytiques aident-elles à le comprendre, à saisir les forces opérant à ce niveau, à appréhender l'emprise des fantasmes et plus précisément du fantasme de manque ? Que suggèrent-elles et que peut-on dégager du matériel psychanalytique pour expliquer certains faits troublants recueillis par Pierre Rentchnick ? Le professeur André Haynal tente d'y répondre. Partant de disciplines différentes - l'Histoire et la psychanalyse - les trois auteurs se demandent si les orphelins ont effectivement une place prépondérante dans le destin de l'humanité. Leurs points de vue sur cette question ne sont pas nécessairement concordants, mais leur réflexion parallèle jette les fondements de nouvelles interrogations sur des problèmes controversés qui embrassent à la fois l'Histoire et l'intériorité.

  • Jean Rhys, née Ella Gwendoline Rees Williams, est pour bien des lecteurs, en France et dans le monde, un écrivain-culte. Sa sincérité conquiert, sa ténacité étonne. Tenue pour morte pendant près de trente ans, redécouverte avec la parution de son dernier livre, un chef-d'oeuvre (La Prisonnière des Sargasses, 1966), elle eut une vie de misère et d'errance. En 1939, après avoir publié cinq ouvrages, Jean Rhys disparaissait de la scène littéraire. Elle n'écrira plus que quelques nouvelles et un roman, retour hanté aux lieux de son enfance (dans les Antilles anglaises), sur lequel elle s'acharna pendant dix ans. A soixante-dix ans passés, elle connut enfin une gloire dont elle fit peu de cas. De Rive gauche (1927) à Bonjour, minuit (1939), Jean Rhys poursuit une longue confession tout entière rassemblée autour d'un sentiment de vide et de solitude. Anna, Sasha, Maria... sont autant de versions d'elle-même. Nulle part la situation d'échec où elles vivent n'est aussi fortement ressentie que dans le rapport homme-femme qui est le thème le plus constant de cette oeuvre. Le secret de la vie ne serait-il pas, comme Jean Rhys a la tentation de conclure, « de ne jamais s'engager trop loin, ni trop profondément » ? Christine Jordis revient sur ce destin unique dont elle analyse très subtilement les contradictions et l'itinéraire secret. Elle insiste sur les échos qu'éveille en elle, comme en chaque lecteur, cette oeuvre lucide qui décrit avec intensité la difficulté d'être, les faiblesses de la passion et l'obstination de l'amour. En arrière-fond, la nostalgie pour un éden perdu, les îles lointaines des West Indies.

  • Un livre de plus sur les travailleurs immigrés ? Et en pleine crise encore ! Au moment où l'immigration se ralentit, où le chômage est le problème important... - Oui, un livre de plus, mais un livre différent, sur un sujet peu connu, peu développé jusqu'ici : l'histoire politique des travailleurs immigrés, sa liaison avec la vie politique des pays d'origine, son organisation en France ; les luttes propres des travailleurs immigrés, en même temps que leur participation à la lutte des classes France. Livre d'histoire donc, et d'analyse - mais c'est aussi un livre d'actions, un livre, d'actualité. Les travailleurs immigrés ont un rôle stratégique d'autant plus important aujourd'hui que la crise est plus aiguë, que la division entre les travailleurs est une arme plus redoutable aux mains de l'État et du patronat. La réflexion sur l'histoire politique de l'immigration débouche ainsi sur une réflexion plus large : qu'est-ce que la solidarité prolétarienne ? Qu'est-ce que l'internationalisme aujourd'hui ? Quel rôle jouent-ils et doivent-ils jouer dans la stratégie révolutionnaire ? Ce livre ne prétend pas apporter des réponses définitives. Son but est d'informer et surtout de faire réfléchir, réagir, agir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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