Robert Laffont (réédition numérique FeniXX)

  • Ce n'est pas un manifeste; seulement la remise en ordre d'idées reçues, la réhabilitation d'un peuple épars, d'une caste discrète.

  • Marie de Saint-Exupéry était très proche de son fils sur lequel elle a exercé une grande influence. M. Persane-Nastorg, qui a personnellement connu la mère de St-Ex, fait revivre pour nous cette grande dame, profondément attachante et humaine, dont la personnalité éclaire d'un jour nouveau celle du créateur du Petit Prince.

  • Avant d'épouser, en 1791, le tragédien Joseph Talma, Julie Carreau fut l'une des femmes les plus célèbres de son temps. Elle reçut dans son salon les plus beaux esprits de l'époque et fut comparée à Ninon de Lenclos.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De l'apparition de la vie aux dernières technologies de pointe, en passant par les extinctions massives d'espèces, la science puise ses indices pour dessiner l'avenir : dans 3 ou 4 milliards d'années, la Terre et son étoile redeviendront poussière. Mais, en attendant, l'espèce humaine pourrait-elle être victime d'une catastrophe naturelle comme celle qui frappa les dinosaures il y a 65 millions d'années ? Ou va-t-elle, tout simplement, ployer sous la puissance de ses techniques qui, après avoir attaqué sa planète, font aujourd'hui irruption au plus profond de son intimité, les gènes ? Des thèmes abordés au 7e festival Science-Frontières, à Puy-Saint-Vincent, qui réunissait, en janvier 1990, une centaine de savants, artistes et journalistes autour des Fins du monde. Frederika Van Ingen retrace ici les scénarios, au fil d'une aventure qui commence avec celle de la Vie, et où l'homme d'aujourd'hui joue le rôle inconfortable de l'équilibriste...

  • Ninon de Lenclos fut l'égérie, l'initiatrice et l'amie des hommes les plus célèbres de son temps, de Molière à Richelieu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Quarante ans après Alexis Carrel, Jean Fourastié dit ce qu'il pense de la condition humaine. Dans tous les domaines, depuis 1935, les sciences ont réduit notre ignorance sur l'homme ; il n'en reste pas moins l'inconnu, l'étrange, le mystérieux. Jean Fourastié a rouvert le dossier de l'homme. Biologie, informatique, crises morales et philosophiques, il ne néglige aucune des nouvelles données pour décrire la condition de l'homme aujourd'hui. Il peut ainsi proposer une réflexion neuve sur les moyens dont l'homme dispose pour percevoir et orienter son destin individuel et collectif. Il montre comment il faut, loin des préjugés idéologiques, développer partout l'esprit expérimental. Comment il est nécessaire aussi de tenir compte du « surréel ». Cette réflexion de Jean Fourastié est ainsi une réponse à notre interrogation sur l'avenir de l'homme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'Éternel Féminin se meurt. Dans le monde de demain, les femmes différeront bien plus les unes des autres qu'elles ne différeront dans leur ensemble, des hommes. Comment les découvertes de la biologie, de la génétique vont-elles retentir sur l'image de la femme, sur la maternité, sur la vie sexuelle ? La science propose, les sociétés disposent. Dans quelle mesure nos sociétés accepteront-elles les mutations des rôles féminins que la science va permettre ? Les femmes découvrent avec enthousiasme le travail. comme une manière d'appartenir au monde et d'agir sur lui : que réserve à ces bataillons de futures travailleuses, de plus en plus qualifiées, la société de loisir qui se prépare ? Assisterons-nous à un tragique rendez-vous manqué des femmes avec le travail ? À l'heure de la « cover-girl » et de la télévision, que devient la femme comme consommatrice et créatrice de culture ? À quelles conditions pourra-t-elle à son tour créer un humour, un érotisme, une pensée philosophique ? Évitant les simplifications abusives du prophétisme ou de la science-fiction, Évelyne Sullerot pose des questions lourdes d'implications idéologiques auxquelles toute femme, tout homme aussi bien, devrait s'exercer à répondre.

  • L'édition se porte bien ; la littérature, mal. En cherchant les ventes massives, les succès publicitaires, les éditeurs sont sur le point de manquer le passage périlleux entre l'art et l'industrie où, avant eux, bien des métiers ont vu sombrer leurs traditions. Le livre ne peut concurrencer sur leur propre terrain les formes nouvelles d'expression et de distraction, le cinéma et la télévision dont la carrière commence à peine. Nous vivons la plus grande révolution mentale depuis celle de Gutenberg qui avait enchaîné à sa technique les progrès de la culture. L'oeuvre écrite, avec sa dimension unique, paraît étriquée, supporte mal le partage, déchoit si elle veut rivaliser en séduction facile. Elle n'a plus d'avenir que dans une très grande exigence de la pensée et du style, exigence qui ne conduit pas toujours aux gros tirages. La chance de la littérature est d'organiser elle-même son repli, et non pas de s'épuiser en sorties massives, privilège qu'elle doit laisser à des publications qui n'ont aucun rapport avec elle reportages, livres d'art, guides - devenus sous-produits de la civilisation de l'image. Ce livre anti-livre était une gageure et a dû attendre dix ans avant de trouver un éditeur. L'auteur porte des jugements sévères sur la corporation qui filtre les entrées dans la carrière littéraire à laquelle il se croyait destiné. La, deuxième partie de l'ouvrage est consacrée à l'analyse d'une vocation manquée, ou d'une ambition satisfaite, selon le jugement qu'on portera sur cet essai polémique.

  • Pour remédier à l'inflation intellectuelle occidentale, il nous manque de pouvoir réconcilier l'intelligence avec la poussée obscure et inépuisable de l'instinct. Faire de nos pulsions nos alliées, apprendre à les regarder en face sans peur et sans témérité pour les mieux conquérir... tel est le cheminement proposé par l'auteur qui pourrait faire siens ces propos de Michel Foucault : "... jamais la psychologie ne pourra dire la vérité sur la folie, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie..."

  • Combien sont-ils aujourd'hui, à pouvoir témoigner directement sur Proust, pour l'avoir bien connu vivant ? Une demi-douzaine peut-être. Et c'est bien le seul reproche que mérite Louis Gautier-Vignal avec ce livre : d'avoir attendu si longtemps pour l'écrire. Mais il n'est jamais trop tard pour parler de Marcel Proust quand on a été l'un de ses familiers et que l'on sait de quoi l'on parle, précisément. Car Louis Gautier-Vignal fut dans l'intimité de l'auteur de « Swann », de 1913 jusqu'à l'heure fatale de 1922, c'est-à-dire dans le même temps que Céleste Albaret était au service de Proust elle aussi. Et ce « Proust connu et inconnu », tardif comme le « Monsieur Proust » de la gouvernante, apporte à celui-ci maintes confirmations et vient le compléter admirablement, non seulement par de précieuses informations (le fameux « asthme » du grand écrivain y est expliqué de façon très précise et toute nouvelle), mais par un éclairage de l'oeuvre à la lumière d'une connaissance vécue et vraie de l'homme, des sources et de l'époque. Autant dire que l'on imagine assez que, tout comme le livre de Céleste, l'ouvrage de Louis Gautier-Vignal fera grincer quelques dents, dans la mesure où il semble de bon ton, aujourd'hui, de trancher d'autant mieux, pour ce qui touche à la connaissance de Marcel Proust et de son oeuvre, que l'on tire son autorité de sa petite invention personnelle ou de fausses idées reçues.

  • Dans la forêt, chaque arbre s'élève, d'un même mouvement que ses semblables, à la fois contrarié par leur présence, qui lui dispute l'air et le soleil, et comme inspiré, guidé, par leur élan. Dur effort pour échapper à tout ce qui, en bas, retient, paralyse, étouffe. L'arbre en porte la marque, sous la forme de noeuds qui lui donnent son aspect particulier, sa singularité. Mais, plus haut, tous les arbres confondent uniformément leur feuillage. Ce qui nous autorise à parler, après bien des poètes, de la forêt humaine, c'est que, dans celle-ci, comme dans l'autre, on se trouve au sein d'une multitude où chacun se dresse dans son irréductibilité. Mais c'est aussi parce que, de temps en temps, une voix unanime, vaste comme la rumeur que le vent tire des frondaisons mêlées, s'y élève. « Solitaire, solidaire », a écrit Albert Camus. La formule, qui se lit aussi à l'envers, appartient à l'arbre de la forêt et appartient à l'homme. Elle définit l'alternance sur laquelle notre vie est fondée ; elle indique que ces deux états opposés débouchent l'un sur l'autre. Elle sert ici de conclusion au livre d'un homme qui a vécu directement la plupart des faits importants de ce temps, en différents lieux de la terre. Il a fait le tour de la forêt. Il n'y a pas trouvé d'autre vérité, d'autre morale. P.G.

  • Chef-d'oeuvre prestigieux, « La Flûte Enchantée » de Mozart présente cette particularité d'être un des opéras les plus joués au monde alors que chacun s'accorde à en déclarer le sujet tantôt dénué de sens, tantôt rigoureusement incompréhensible. Partant de l'analyse musicale pour remonter à celle du livret, à l'examen des circonstances qui en ont préparé et entouré la composition et à l'étude des traditions maçonniques dont l'ouvrage est le reflet, le professeur Chailley s'est attaché à en découvrir la signification, à en éclairer tous les aspects et à en éliminer toutes les obscurités ; il peut alors consacrer la dernière partie du livre à une explication détaillée et minutieuse de l'oeuvre elle-même, texte et musique. Ayant prouvé l'inconsistance de la légende selon laquelle la « stupidité » de l'intrigue serait due à un changement de plan en cours de rédaction, il démontre la cohérence de la pièce sur le plan symbolique, dégage la signification cachée des personnages et des situations, les relie aux grands mythes cosmiques des traditions ésotériques dont ils sont l'émanation. « La Flûte Enchantée » apparaît ainsi comme un ensemble rigoureusement construit, où la musique et le texte se complètent et s'éclairent mutuellement, le livret traduisant à sa façon les mythes les plus anciens et les plus hautes aspirations de l'humanité auxquelles la musique de Mozart a su rendre leur dimension universelle.

  • Musset, Chopin furent ses amants célèbres, mais savait-on l'ardente passion de George pour l'avocat républicain Michel de Bourges, sa longue liaison avec le graveur Manceau, sa tendre aventure épistolière avec l'auteur de Madame Bovary, Gustave Flaubert ? Elle fut l'amie des plus illustres créateurs, se trouva mêlée aux trois grands soubresauts de la politique au XIXe 1830, 1848, 1871, hésitant en politique entre enthousiasme passionné et prudence paysanne. Travailleuse acharnée, femme de tête si souvent traitée de "bas-bleu", George ne dédaignait pourtant ni la cuisine, ni la couture, n la broderie, ni la confection des marionnettes, ni les soins d'éducation à ses enfants, puis à ses petites-filles. L'amante échevelée de Venise, la fumeuse de houka, l'avocate de l'égalité des droits des femmes dans le mariage fut une femme avant tout généreuse et humaine. Il fallait le regard d'une autre femme, généreuse et humaine elle aussi Huguette Bouchardeau, pour expliquer les doutes de l'adolescente, l'étroitesse de sa vie de femme mariée, la culpabilité de ses amours vagabondes pour comprendre que l'envie et le bonheur d'exister ont toujours été plus forts chez George Sand que le désir de gloire ou l'amour du pouvoir.

  • Quelles furent les causes du dérapage militaire et totalitaire des années 1914-1945 ? Comment expliquer le succès du marxisme au XXe siècle ? Doit-on toujours craindre la croissance de l'État et le totalitarisme ? Ou peut-on, au contraire, accepter sans terreur un nouveau développement de l'interventionnisme étatique comme solution à la crise économique mondiale ? Délaissant la discussion abstraite et les affrontements de doctrines, Emmanuel Todd apporte une réponse neuve et originale à ces questions traditionnelles : la « tentation totalitaire » est, comme le suicide, l'alcoolisme, la schizophrénie et les accidents de la route, un phénomène de pathologie sociale. Seule l'étude simultanée de ces phénomènes parents permet de définir et de comprendre les transformations mentales du XXe siècle, et en particulier la tendance à l'autodestruction, dominante pendant les années 1900-1950. Cette analyse alerte, irrespectueuse et solidement documentée permet également de situer de façon rigoureuse et originale les diverses cultures européennes les unes par rapport aux autres et d'identifier les tendances actuelles de leur évolution.

  • Terres vivantes, L'Afrique noire est mal partie, L'utopie ou la mort... Tout au long de ces ouvrages, devenus aujourd'hui des classiques, René Dumont a retracé ses expériences, livré le cheminement et les fruits d'une réflexion qui apparaît comme une des plus riches de notre temps. Dans ce livre, en revanche, il se penche sur lui-même, c'est-à-dire tout à la fois sur son métier, agronome, et sur l'idéal qui l'anime : lutter contre le redoutable fléau de la faim. Aussi, le professeur, chez lui, est-il indissociable de l'homme d'action. René Dumont enseigne à l'« Agro » de Paris de 1933 à 1974. Mais, de 1929 à 1932, il travaille autour d'Hanoï, dans la rizière tonkinoise, où il découvre l'oppression coloniale, et il étudie les campagnes de la Chine et de l'Inde, où se dévoile à lui le problème de la faim auquel il va consacrer sa vie. C'est pourquoi, au lendemain de la guerre, il est sollicité par divers gouvernements comme conseiller en matière de politique agricole, ce qui le conduit à déborder sur de multiples disciplines difficiles à maîtriser simultanément - économie, sociologie, politologie. De solides empoignades le confrontent à Ben Bella, Sekou Touré, Bourguiba, Fidel Castro, Norodom Sihanouk. Il sera mieux suivi en Chine, au Nord-Vietnam, en Zambie et en Tanzanie. La famine mondiale, cependant, qui s'accroît jour après jour, témoigne de l'échec de notre génération. René Dumont, aujourd'hui, est mondialement célèbre, mais il sait que le combat auquel il a consacré son existence ne souffre aucun répit. Aussi n'est-ce pas le moindre mérite de ce livre, familier et généreux, passionné et passionnant, que de nous inciter à la plus nécessaire des prises de conscience.

  • C'est la condition faite à la femme en Égypte, au Soudan, en Syrie, en Irak, que l'auteur s'attache à décrire ici, avec une précision et un réalisme purement scientifiques. Enfant, la femme d'Orient n'est acceptée qu'à contrecoeur ; jeune fille, on lui fait redouter le mariage et, pour l'empêcher d'avoir trop de goût pour les choses de la chair, on mutilera ses organes génitaux. Par contrecoup, l'homme qu'elle épousera - de force ou, à tout le moins, sans qu'elle ait son mot à dire - aura beaucoup de difficultés à la satisfaire et cherchera dans le haschich un surcroît d'excitation qui n'aura pour effet que de rendre encore plus malaisés les rapports entre époux... Cette condition, cruelle, tragique, est un véritable « drame ». Elle fait de la femme une paria sexuelle et toute la vie sociale s'en trouve profondément perturbée. Ici et là, un mouvement s'amorce pour libérer la femme de l'Orient arabe de ces coutumes archaïques. Avec ce livre, Youssef El Masry a voulu apporter sa pierre à cette oeuvre d'émancipation.

  • C'est la condition faite à la femme en Égypte, au Soudan, en Syrie, en Irak, que l'auteur s'attache à décrire ici, avec une précision et un réalisme purement scientifiques. Enfant, la femme d'Orient n'est acceptée qu'à contrecoeur ; jeune fille, on lui fait redouter le mariage et, pour l'empêcher d'avoir trop de goût pour les choses de la chair, on mutilera ses organes génitaux. Par contrecoup, l'homme qu'elle épousera - de force ou, à tout le moins, sans qu'elle ait son mot à dire - aura beaucoup de difficultés à la satisfaire et cherchera dans le haschich un surcroît d'excitation qui n'aura pour effet que de rendre encore plus malaisés les rapports entre époux... Cette condition, cruelle, tragique, est un véritable « drame ». Elle fait de la femme une paria sexuelle et toute la vie sociale s'en trouve profondément perturbée. Ici et là, un mouvement s'amorce pour libérer la femme de l'Orient arabe de ces coutumes archaïques. Avec ce livre, Youssef El Masry a voulu apporter sa pierre à cette oeuvre d'émancipation.

  • Quelles furent les causes du dérapage militaire et totalitaire des années 1914-1945 ? Comment expliquer le succès du marxisme au XXe siècle ? Doit-on toujours craindre la croissance de l'État et le totalitarisme ? Ou peut-on, au contraire, accepter sans terreur un nouveau développement de l'interventionnisme étatique comme solution à la crise économique mondiale ? Délaissant la discussion abstraite et les affrontements de doctrines, Emmanuel Todd apporte une réponse neuve et originale à ces questions traditionnelles : la « tentation totalitaire » est, comme le suicide, l'alcoolisme, la schizophrénie et les accidents de la route, un phénomène de pathologie sociale. Seule l'étude simultanée de ces phénomènes parents permet de définir et de comprendre les transformations mentales du XXe siècle, et en particulier la tendance à l'autodestruction, dominante pendant les années 1900-1950. Cette analyse alerte, irrespectueuse et solidement documentée permet également de situer de façon rigoureuse et originale les diverses cultures européennes les unes par rapport aux autres et d'identifier les tendances actuelles de leur évolution.

  • Terres vivantes, L'Afrique noire est mal partie, L'utopie ou la mort... Tout au long de ces ouvrages, devenus aujourd'hui des classiques, René Dumont a retracé ses expériences, livré le cheminement et les fruits d'une réflexion qui apparaît comme une des plus riches de notre temps. Dans ce livre, en revanche, il se penche sur lui-même, c'est-à-dire tout à la fois sur son métier, agronome, et sur l'idéal qui l'anime : lutter contre le redoutable fléau de la faim. Aussi, le professeur, chez lui, est-il indissociable de l'homme d'action. René Dumont enseigne à l'« Agro » de Paris de 1933 à 1974. Mais, de 1929 à 1932, il travaille autour d'Hanoï, dans la rizière tonkinoise, où il découvre l'oppression coloniale, et il étudie les campagnes de la Chine et de l'Inde, où se dévoile à lui le problème de la faim auquel il va consacrer sa vie. C'est pourquoi, au lendemain de la guerre, il est sollicité par divers gouvernements comme conseiller en matière de politique agricole, ce qui le conduit à déborder sur de multiples disciplines difficiles à maîtriser simultanément - économie, sociologie, politologie. De solides empoignades le confrontent à Ben Bella, Sekou Touré, Bourguiba, Fidel Castro, Norodom Sihanouk. Il sera mieux suivi en Chine, au Nord-Vietnam, en Zambie et en Tanzanie. La famine mondiale, cependant, qui s'accroît jour après jour, témoigne de l'échec de notre génération. René Dumont, aujourd'hui, est mondialement célèbre, mais il sait que le combat auquel il a consacré son existence ne souffre aucun répit. Aussi n'est-ce pas le moindre mérite de ce livre, familier et généreux, passionné et passionnant, que de nous inciter à la plus nécessaire des prises de conscience.

empty