• Illustratrice talentueuse mais psychologiquement fragile, Hen a enfin trouvé un équilibre
    dans sa vie. Elle déménage avec son mari dans une jolie petite ville proche de Boston et sympathise avec ses voisins, Mira et Matthew. Mais à l'occasion d'un dîner, Hen
    repère dans le bureau de Matthew un trophée sportif lié à un ancien meurtre non élucidé et qui l'a véritablement obsédée par le passé. Hen sait maintenant qui est le tueur. Pire
    encore, elle comprend très vite que Matthew sait qu'elle sait. À moins que tout cela ne soit
    le symptôme d'un nouvel épisode psychotique... ou alors une simple coïncidence.

  • Les défenses Nouv.

    Sujet à une psychose brutale et non identifiée, le neurologue Camilo Escobedo est interné dans un hôpital psychiatrique. Du jour au lendemain, il se retrouve le patient de ses propres collègues et internes. Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il souffre d'une maladie auto-immune récemment découverte. Celle-là même qu'il a longtemps étudiée et qui l'a toujours fasciné : la maladie dont est atteinte la jeune fille dans L'Exorciste.
    Cette histoire, c'est celle, véridique, du docteur Escudero. En relatant la vie de ce neurologue, Gabi Martínez donne à lire le système de santé et la réalité sociale de Barcelone. C'est le combat singulier, dans un monde globalement corrompu, d'un personnage inoubliable.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu'on dit asémantique parce qu'elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ? Pourrait-il y avoir quelque chose de musical dans les phénomènes auxquels la psychanalyse a à faire, et spécialement, dans le cas de la mélancolie ?

    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi-Strauss, Silvia Lippi construit un parallèle entre psychanalyse et free jazz fondés tous deux sur l'improvisation. La notion de rythme permet d'envisager une modalité de la cure qui n'oppose pas le discours maniaque aux exigences d'un ordre symbolique extrinsèque et forcément répressif. Il ne s'agit plus d'interpréter, mais de rythmer : le jazz a montré que des rythmes et des tempos différents n'empêchent pas l'émergence d'un discours commun entre les éléments du groupe.

    L'auteure propose une approche psychanalytique des psychoses, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation et rompt avec une conception déficitaire de cette structure clinique. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • Entre passage à l'acte et acting out, le ménage n'a jamais été fait malgré les efforts de Jacques Lacan. Pourtant les incidences thérapeutiques, juridiques et sociales sont considérables. Il s'agit ici de contribuer à une clarification nécessaire.

    On passe notre temps à agir avec des conséquences tantôt mineures, tantôt graves ; des actes médico-légaux aux conflits les plus ordinaires. La question de l'acte constitue une des questions cliniques les plus difficiles, les plus délicates, les plus énigmatiques que les praticiens ont à affronter. Ce séminaire inédit de Marcel Czermak propose un certain nombre d'apports aux thèses qui ont pu être celles de Jacques Lacan sur cette question. Son objectif est d'aider les médecins, les juristes, les psychanalystes à avoir un coup d'oeil plus éclairé devant ce qu'on appelle un acte, c que ce soit au quotidien ou dans les conjonctures les plus graves de la vie sociale.

  • De la destruction de l'objet à l'exaltation dans la haine, dix-sept psychanalystes explorent cette problématique en parcourant la riche clinique du bébé et de l'adolescent. 

    Confrontés à la destructivité des uns, à l'exaltation des autres, à l'association des deux chez de nombreux sujets, ils s'interrogent en effet, individuellement ou en groupe, sur leur capacité d'empathie ainsi que sur leurs contre-attitudes ou leurs contre-transferts. Comment « faire face » aux phobies d'impulsion en périnatalité ou à la destructivité et à la radicalité meurtrière de l'adolescent ? De Prométhée à Frankenstein en passant par Francis Bacon, la culture nous éclaire-t-elle ? La destructivité surgirait-elle lorsque l'exaltation devient trop forte ? Quelles formes prend la destructivité dans la rencontre psychanalytique ? Telles sont quelques-unes des questions que les auteurs abordent en mobilisant leur sublimation personnelle et culturelle.

  • La folie douce, qui s'oppose à la folie furieuse, c'est un moment d'égarement, de déraison, d'extravagance, de délire. Ça ne prête guère à conséquence, mais ça dérange les bonnes moeurs. Alors que la violence et le passage à l'acte sur autrui ou soi-même relèvent de l'inacceptable, il convient de penser l'accueil social de la folie comme un espace de création et d'invention.  

    Comment accompagner, soutenir, valoriser les psychotiques afin que leurs productions, quelles qu'elles soient, trouvent leur place dans l'espace de la culture, au sens où Freud la déploie, selon des voies socialement acceptables ? Qu'elles soient considérées comme faisant signe d'un sujet et non d'un dysfonctionnement ?

    À partir de récits de vies singulières, telles Jeannot et son plancher, Glenn Gould et la musique, Marcel Bascoulard, le clochard céleste..., ou parfois tirés de son expérience clinique quand les patients tentent, à leur façon et avec les moyens du bord, de vivre parmi les autres en élaborant leurs propres solutions,  Joseph Rouzel poursuit une nécessaire élaboration théorique des liens entre psychose et création.

  • Les interrogations sur le métier de psychanalyste sont nombreuses. Quelle peut ou doit être sa formation ? Quel est son rapport avec la médecine (mais aussi avec la psychologie ou la philosophie) ? Qu'en est-il du contre-transfert ? Du désir de l'analyste ? Peut-on, selon le voeu de Ferenczi, parvenir à une « métapsychologie des processus psychiques de l'analyste » ? Doit-on d'ailleurs viser à cela ? Jusqu'à quel point les formes de son action peuvent-elles varier, en fonction de la singularité des cas, de la mutation des discours sociaux, de l'apparition de nouvelles pathologies ? 

    Plus encore que la psychanalyse d'un point de vue idéal, c'est le psychanalyste au travail, dans sa pratique quotidienne, que questionnent les auteurs. Leur perspective n'est pas métapsychanalytique. Ils n'adoptent pas une position de surplomb qui les ferait théoriser, de l'extérieur, sur leur métier. Au contraire, ils montrent que la pratique analytique elle même ne se soutient que de la position que prend l'analyste par rapport à son acte et d'un désir qui se remet toujours en question.

  • L'adjectif « phorique » nous vient du grec ancien (phorein) et veut dire « porter », aussi bien porter un petit enfant qui ne peut se porter tout seul, qu'un objet pour le déplacer d'un endroit à un autre. La fonction phorique caractérise tout ce qui relève explicitement de cette action de portage, soit une partie non négligeable des activités humaines liées aux problématiques de dépendances.

    Pierre Delion revient sur ce concept qu'il a forgé, en écho au concept de holding développé par Winnicott, dans l'élaboration d'une psychopathologie transférentielle spécifique des enfants autistes et psychotiques, concept qui se révèle pertinent pour explorer les fonctions parentales. En s'appuyant sur le développement « normal » de l'enfant, il en mesure toute l'importance dans le soin aux enfants et aux adultes présentant un développement entravé.

    Pour lui, la fonction phorique ne peut être détachée d'une réflexion institutionnelle qui aidera l'équipe soignante à mettre en place les bons opérateurs pour en faciliter l'émergence. Il permet de réélaborer en profondeur la politique de soins psychiques, mais son utilité peut être étendue à toutes les situations de dépendance dans la relation humaine (éducatif, pédagogique, juridique, sociétal...).

  • La problématique de tout adolescent est d'avoir à guérir de son enfance. Pour cela, il s'engage dans un intense « travail de création », qui est au coeur même de l'expérience adolescente, de ses préoccupations et parfois de ses revendications face aux adultes.

    L'auteur s'appuie sur la trajectoire de créateurs célèbres (Arthur Rimbaud, Frida Kahlo, Charlotte Salomon...) pour mettre en évidence les processus psychiques à l'oeuvre à l'adolescence. Plus que pour tout autre, la démarche de l'adolescent est d'exercer son pouvoir créateur qui le conduit, non sans risque, sur le chemin des bordures psychiques dans un vacillement des positions imaginaires et symboliques, non sans risque. Saisir cette nécessité interne qui pousse à essayer, à innover, à inventer, permet d'entendre ce qui fait la spécificité de cet âge. Au lieu de chanter l'action des autres, l'adolescent est comme le poète, celui qui marche en avant pour montrer la route et se déployer. Ainsi, pour pallier le vide ressenti, l'ennui, la passivité, il faut amener l'adolescent moderne en position de créativité, afin que puisse surgir une invention de lui-même, un « style » qui était là potentiellement mais invisible jusque-là, y compris pour le sujet lui-même.

  • Premier prix dans la catégorie des essais et ouvrages scientifiques décerné lors du Salon du livre Plumes & Ancres sociales (organisé par l'IRTS de Normandie-Caen 2016)

    Le travail des professionnels du champ de l'éducation et/ou du soin consiste avant tout à accompagner des sujets dits « psychotiques » dans des formes d'expression socialement acceptables, au-delà des diktats de la normalisation. Cela exige qu'ils s'adonnent, eux aussi, à un certain délire, que Joseph Rouzel qualifie d'asile poétique, pour ne pas laisser leur champ d'intervention se pétrifier, sous les coups de procédures, protocoles, normes ISO, évaluations par le chiffre... La prise en compte des psychoses demande d'assumer une posture subversive.

    « Ce livre est une sorte d'hommage à la psychose. Alexandre Grothendieck éclaire la pratique éducative et psychanalytique de Joseph Rouzel, autant que Victor et Henriette mettent un point d'orgue à sa `biographie' sur un mode qui fait bouger les lignes... Le clinicien se fait ici passeur du psychotique dont, finalement, nous avons à apprendre. Les noms de psychotiques célèbres ici convoqués, dont la liste peut être élargie, montrent que cette contribution n'est pas qu'un vain mot ou une métaphore gentille. Ils sont de fait si nombreux et leur contribution est telle que nous ne pouvons pas imaginer ce que serait le monde sans eux - dans ce qu'il a de meilleur et dans ce qui nous permet de l'habiter. » Marie-Jean Sauret

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • « La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
    Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.

    L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'oeuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès

    Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.

    Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.

     Mise en vente le 16 février 2012

  • Comment l'enfant (et l'adolescent) devient-il un sujet, acteur de sa vie, pour habiter le lien social avec ses contemporains ? Comment le néolibéralisme, de mutation en mutation, affecte-t-il les conditions requises pour ce processus anthropologique ?

    À partir de l'évolution des symptômes de l'enfant, de sa place dans la société, de l'accueil qui lui est réservé, l'auteur, en tant que praticien de la psychanalyse, chercheur, enseignant et militant (politique, syndical, associatif), s'interroge sur la logique qui préside à ces mutations et qui produit des mauvais traitements à l'égard de l'enfance. Il explore les solutions que les sujets formatés par l'idéologie de l'époque trouvent pour se loger dans le monde. Il en vient ainsi à dessiner quelques perspectives cliniques nouvelles.

    Dans cette réflexion, la psychanalyse constitue à la fois un appareil de lecture et un « poumon artificiel », et le désir de l'analyste, une chance pour la singularité de chaque analysant. L'éthique de la psychanalyse, parce qu'elle est au service de cette singularité, appelle à livrer la bataille politique pour l'enfant.

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques. À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • Le discours des sciences humaines décrit, errant parmi les foules normalisées, un homme voué à la solitude, régime contemporain des subjectivités. Mais il n'éclaire en rien le statut, la fonction et la signification de cette solitude. N'est-il pas plus pertinent de parler des solitudes ?

    L'idée d'une solitude contemporaine est problématique du point de vue de la psychanalyse, car elle ne peut être cernée sans la référer à l'Autre. Ce nouage permet de penser des formes possibles de la solitude.

    De la solitude originelle de l'enfant à celle de l'esclave, où la violence subie a produit des effets ravageants toujours actuels, en passant par la solitude radicale de la folie et enfin par la solitude réelle où le sujet est poussé aux limites du langage, la solitude contemporaine plurielle reste corrélative de l'implication du sujet dans le politique et l'histoire, qui scandent sa présence au monde. Des auteurs français et antillais font entendre les différentes variations de leurs voix.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la vie quotidienne de la Clinique de la Borde comme à ce qui la structure depuis le départ : la mise en place d'un collectif soignant. En quoi le fonctionnement collectif est-il particulièrement pertinent pour traiter les psychoses en institution ? Ce texte est traversé par une double exigence : penser la pratique, apprendre à penser à partir de la pratique. L'auteur propose des outils permettant de comprendre ce qu'est le collectif pour pouvoir l'inventer ailleurs. Ces outils sont philosophiques et issus des sciences sociales ; ils se mêlent ici à la présentation de ce qui fut l'expérience de La Borde.

  • Le symbole évoque une chose en son absence, il rassemble deux ou plusieurs éléments préalablement séparés. La symbolisation nécessite un travail psychique de transformation autour des termes : séparer, différencier, réunir. Elle n'est pas univoque mais polymorphe et surtout elle se transforme de façon continue en se complexifiant.

    Cet ouvrage parcourt les différentes modalités de la symbolisation dans les groupes thérapeutiques suivant l'âge ou la pathologie. Les auteurs portent une attention particulière à l'origine de la symbolisation, ancrée dans le corporel et la motricité, dénommée symbolisation primaire et différenciée de la symbolisation secondaire.

    Cet ancrage corporel est particulièrement repérable dans des expressions sensorielles et des affects parfois violents qui saturent les séances de groupes d'enfants par un excès difficile à représenter.

    Cet ouvrage se propose d'analyser dans quelles conditions cliniques le groupe favorise la symbolisation, le passage du corporel au langage, et comment les objets médiateurs peuvent ou non prendre place dans ce type de cadre-dispositif.

  • Polaire

    Marc Pautrel

    'Le temps est splendide, encore estival, les grands arbres, les pelouses, tout est d'un vert éclatant, vif, lumineux, euphorisant. Je marche, je la cherche autour du bâtiment, je ne la vois pas. Je croise des patients qui ont un air vraiment bizarre, qui errent seuls et me regardent avec hébétude, curiosité, agressivité peut-être. Certains sont silencieux, d'autres marmonnent tout bas, ils tournent en rond, ils marchent sans but, ils me semblent terriblement malheureux, nos regards se croisent, ils devinent que je ne suis pas des leurs. Une ou deux fois j'ai peur en les voyant qui avancent lentement dans ma direction. Aucune trace d'elle.'

  • L'ouvrage rapporte l'expérience pratique et théorique d'une femme clinicienne, accessible à tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui s'interrogent sur les fondements Dans cette lettre adressée aux jeunes cliniciens, quel que soit leur âge, l'auteure raconte ce que représente la clinique contem-poraine à la lumière de l'enseignement dispensé dans les formations. De nombreuses vignettes cliniques sont confrontées à la pensée de la clinique, non sans effet de surprise. L'entreprise est pleine d'humour mais ne cède en rien sur le sérieux des questions contemporaines : mot d'esprit, transfert, psychose, travail de l'inconscient et son invention nécessaire.

  • Pierre Bruno examine point par point les différentes dimensions de l'expérience de la cure analytique. Une psychanalyse, soit l'expérience d'une cure, suit la trajectoire d'un déchiffrement, celui de l'inconscient, jusqu'à faire l'épreuve du bord au-delà duquel cet inconscient devient réel, c'est-à-dire  ininterprétable. À ces confins, l'analysant (celui qui fait une analyse) se retrouve rebut de ce déchiffrement et c'est dans cette position qu'il trouve une satisfaction, impossible à imaginer avant d'être atteinte. Ce bord, l'expérience nous en instruit, est la coupure advenant de la castration de l'Autre maternel, en tant qu'elle nous soulage définitivement de l'imminence menaçante d'un rapport incestueux, et du même coup, ouvre le sujet à la contingence d'un amour en rien condamnable.

empty