Parascolaire

  • L'Histoire de ma vie peut être lue comme on le ferait d'un recueil d'anecdotes passionnantes, n'ayant de lien entre elles que les hasards de la succession du temps. Si la lecture se fait plus pressante, elle dévoile un écrivain qui compose son discours en même temps qu'il dessine son autoportrait. Casanova se montre alors aux prises avec les mêmes lancinantes questions : celle de la différence des sexes, celle de l'autorité, celle du temps.
    Il ne veut pas les résoudre en les prenant de front. Quand il s'y aventure c'est l'échec et, bientôt la descente dans le sordide et l'horreur. Il préfère le plus souvent fabriquer, pour les tourner et même pour ne plus les voir, des masques toujours plus sophistiqués et plus habiles, qu'il réussit même à dérober à l'attention du client.
    Alors qu'il se met sans cesse en avant, comme s'il tenait le premier rôle sur les planches qu'il ne peut quitter, il prend soin, dans le même temps, de nous égarer et de rendre invisibles les solutions de son énigme, insérées qu'elles sont dans la subtile architecture de son récit.
    Il nous faut l'écouter avec patience et le saisir, au détour des phrases ou des chapitres, dans ces détails qu'il laisse traîner comme par mégarde et qu'il recouvre par la rapidité de son style, de ses aventures et de ses voyages.

  • Les travaux du psychanalyste Jacques Lévine irriguent en profondeur depuis de nombreuses années la réflexion et la recherche pédagogique. On trouvera dans ce livre ses principaux apports et des témoignages essentiels de ses collaborateurs.
    À l'écoute des professionnels de l'éducation et convaincu qu' éduquer est une affaire complexe, qui met en jeu des personnes dans une relation toujours à réélaborer, Jacques Lévine a exploré, comme nul autre, les rapports de la pédagogie et de la psychanalyse.
    Ainsi, sa démarche préconise-t-elle un dialogue entre ces deux domaines, dialogue ouvert en permanence pour que l'enseignant et l'éducateur, plus lucides, mieux armés, capables d'entendre ce que disent leurs élèves sans renoncer à ce qu'ils ont à leur apporter, puissent toujours plus inventer eux-mêmes leur propre vie, leur propre métier, leurs propres méthodes. Il faut souligner que ce dialogue entre la pédagogie et la psychanalyse ne se fait au détriment de personne : la psychanalyse reste une ascèse exigeante qui requiert une longue formation et travaille avec ses procédés propres ; la pédagogie reste un métier spécifique centré sur la transmission, exigeant des connaissances solides sur les contenus à enseigner et une inventivité toujours plus poussée pour relever le défi de la réussite de tous.
    Et dans ce dialogue, les travaux de Jacques Lévine fonctionnent comme des « opérateurs d'ouverture ». Ils déverrouillent les pratiques enkystées dans les habitudes. Ils libèrent de bien des angoisses. Ils n'assujettissent pas, mais rendent leur vrai pouvoir à tous les professionnels de l'éducation.

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